Première épître à Timothée - Crampon

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Première épître à Timothée
Version Chanoine Crampon - 1923


Note de Wikisource


Ce texte de la Bible dans la traduction d’Augustin Crampon, édition révisée de 1923, comporte quelques déviations et inexactitudes. Il est remplacé par un texte dont la conformité à l’édition papier a été contrôlée, et le lecteur est invité à s’y référer : Bible Crampon 1923.


Chapitre 1[modifier]

  1. Paul, apôtre du Christ Jésus selon la prescription de Dieu notre Sauveur et du Christ Jésus notre espérance,
  2. à Timothée, (son) véritable enfant en la foi : grâce, miséricorde, paix de la part de Dieu le Père et du Christ Jésus notre Seigneur !
  3. Je t’ai donc prié, en partant pour la Macédoine, de rester à Ephèse pour donner comme règle à certains de ne pas enseigner de doctrines étrangères
  4. et de ne pas s’attacher à des fables et à des généalogies sans fin, ce qui favorise plutôt des recherches extravagantes que le plan divin du salut qui (repose) sur la foi.
  5. Cette règle a pour but une charité venant d’un cœur pur, d’une bonne conscience et d’une foi sincère ;
  6. de quoi certains se sont écartés, et se sont tournés vers un vain bavardage,
  7. voulant faire les docteurs de la Loi, alors qu’ils ne comprennent ni ce qu’ils disent, ni ce dont ils se portent garants.
  8. Nous savons bien que la Loi est bonne, pourvu qu’on en fasse un usage légitime,
  9. sachant que la Loi n’est pas faite pour le juste, mais pour les gens sans loi et les rebelles, pour les impies et les pécheurs, pour les sacrilèges et les profanes, pour les parricides et les matricides, les homicides,
  10. les impudiques, les infâmes, les marchands d’hommes, les menteurs, les parjures, et pour quoi que ce soit encore qui va à l’encontre de la sainte doctrine.
  11. (Ceci dit) selon l’évangile de la gloire du Dieu bienheureux, qui m’a été confié.
  12. Je suis reconnaissant à celui qui m’a rendu fort, au Christ Jésus notre Seigneur, de ce qu’il m’a jugé digne de confiance, m’établissant pour le ministère,
  13. moi qui étais auparavant blasphémateur, persécuteur et insulteur. Mais il m’a été fait miséricorde, parce que j’avais agi par ignorance, n’ayant pas (encore) la foi ;
  14. et le grâce de notre Seigneur a surabondé avec la foi et la charité qui (est) dans le Christ Jésus.
  15. C’est là parole sûre et digne d’un entier assentiment, que le Christ Jésus est venu dans le monde pour sauver les pécheurs, dont je suis le premier.
  16. Mais c’est pour cela qu’il m’a été fait miséricorde, afin que le Christ Jésus fît voir, en moi le premier, toute sa longanimité, en exemple à ceux qui devaient croire en lui pour la vie éternelle.
  17. Au Roi des siècles, au Dieu immortel, invisible, unique, (soient) honneur et gloire dans les siècles des siècles ! Amen !
  18. Voilà la règle que je te remets, Timothée, (mon) enfant, suivant les prophéties faites précédemment à ton sujet, afin qu’en (accord avec) elles tu serves en bon soldat,
  19. avec foi et bonne conscience. Certains, pour avoir répudié cette (bonne conscience), ont fait naufrage dans la foi ;
  20. de ceux-là sont Hyménée et Alexandre, que j’ai livrés à Satan pour qu’ils apprennent à ne point blasphémer.

Chapitre 2[modifier]

  1. Avant tout, j’exhorte donc à faire des supplications, des prières, des requêtes, des actions de grâces pour tous les hommes,
  2. pour les rois et tous ceux qui sont constitués en dignité, afin que nous puissions mener une vie calme et tranquille, en toute piété et honnêteté.
  3. Cela est bon et agréable aux yeux de Dieu notre Sauveur,
  4. qui veut que tous les hommes soient sauvés et parviennent à la connaissance de la vérité.
  5. Car un seul (est) Dieu ; un seul aussi (est) médiateur entre Dieu et les hommes, le Christ Jésus homme,
  6. qui s’est donné lui-même en rançon pour tous : le témoignage (en est produit) au temps voulu,
  7. et c’est à cette fin que moi j’ai été établi prédicateur et apôtre, — je dis la vérité, je ne mens pas, — docteur des Gentils dans la foi et la vérité.
  8. Je veux donc que les hommes prient en tout lieu, levant des mains pures, sans colère ni dispute ;
  9. pareillement les femmes, (que je veux) en tenue décente, se parant avec pudeur et discrétion non pas de torsades, ni d’or, ni de perles, ni de vêtements coûteux, mais d’œuvres bonnes,
  10. — ce qui convient à des femmes qui font profession de piété.
  11. Que la femme reçoive l’instruction en silence, avec une entière soumission.
  12. Quant à enseigner, je ne (le) permets pas à la femme, ni de prendre autorité sur l’homme ; mais (elle doit) se tenir dans le silence.
  13. Car Adam a été formé le premier, Eve ensuite ;
  14. et ce n’est pas Adam qui a été séduit, mais c’est la femme qui, séduite, est tombée dans la transgression.
  15. Néanmoins elle sera sauvé par la maternité, pourvu qu’elle persévère dans la foi, la charité et la sainteté, unies à la modestie.

Chapitre 3[modifier]

  1. Sûre (est) la parole : Si quelqu’un aspire à l’épiscopat, il désire une belle fonction.
  2. Aussi faut-il que l’évêque soit irréprochable, marié une seule fois, sobre, circonspect, honnête, hospitalier, apte à l’enseignement,
  3. point buveur, point querelleur, mais doux, pacifique, désintéressé,
  4. gouvernant bien sa propre maison, tenant ses enfants dans une soumission unie à une entière honnêteté,
  5. — car si quelqu’un ne sait pas gouverner sa propre maison, comment aurait-il soin de l’Église de Dieu ? —
  6. point néophyte, de peur qu’enflé d’orgueil il ne tombe dans la même condamnation que le diable.
  7. Il faut encore qu’il ait bon témoignage des gens du dehors, de peur qu’il ne tombe dans l’opprobre et dans les pièges du diable.
  8. (Il faut que) les diacres pareillement (soient des hommes) honorables, point doubles dans leurs paroles, point adonnés au vin, point cupides,
  9. gardant le mystère de la foi dans une conscience pure.
  10. Qu’eux aussi soient éprouvés d’abord ; ensuite, qu’ils remplissent le service de diacre, s’ils sont sans reproche.
  11. (Il faut que) les femmes pareillement (soient) honorables, point médisante, sobres, dignes de confiance en tout.
  12. Que les diacres n’aient été mariés qu’une fois ; qu’ils gouvernent bien leurs enfants et leur propre maison.
  13. Car ceux qui remplissent bien le service de diacre s’acquièrent un beau rang et beaucoup d’assurance en la foi qui est dans les Christ Jésus.
  14. Je t’écris ces choses, tout en espérant aller bientôt vers toi ;
  15. (c’est), si je tarde, pour que tu saches comment il faut te comporter dans la maison de Dieu, qui est l’Église du Dieu vivant, colonne et base de la vérité.
  16. Et sans contredit, grand est le mystère de la piété, (le mystère de) celui qui a été manifesté en chair, a été justifié par l’Esprit, a été vu des anges, a été prêché chez les Gentils, a été cru dans le monde, a été ravi dans la gloire.

Chapitre 4[modifier]

  1. Mais l’Esprit dit formellement que dans les derniers temps certains abandonneront la foi, s’attachant à des esprits séducteurs et à des doctrines (inspirées par) des démons,
  2. (enseignées) par des menteurs hypocrites marqués au fer rouge dans leur propre conscience,
  3. qui proscrivent le mariage (et prescrivent) l’abstinence d’aliments créés par Dieu pour que les croyants, ceux qui ont reconnu la vérité, en usent avec actions de grâces.
  4. Tout ce que Dieu a créé, en effet, est bon, et il n’est rien qui soit à rejeter de ce qui se prend avec action de grâces,
  5. car c’est sanctifié par la parole de Dieu et la prière.
  6. En exposant cela aux frères, tu seras un bon ministre du Christ Jésus, nourri des paroles de la foi et de la bonne doctrine à la quelle tu t’es attaché.
  7. Quant aux fables profanes, contes de vieille femme, rejette-les. Mais entraîne-toi à la piété ;
  8. car (si) l’entraînement du corps est profitable pour un peu, la piété est profitable pour tout : elle a la promesse de la vie, de la (vie) présente et de la (vie) à venir.
  9. C’est là parole sûre et digne d’un entier assentiment,
  10. car si nous peinons et si nous luttons, c’est parce que nous avons mis notre espoir dans le Dieu vivant, qui est le Sauveur de tous les hommes, principalement des croyants.
  11. Voilà ce que tu dois prescrire et enseigner.
  12. Que personne ne méprise ta jeunesse ; mais sois un modèle pour les croyants par la parole, par la conduite, par la charité, par la foi, par la pureté.
  13. Jusqu’à ma venue, applique-toi à la lecture, à l’exhortation, à l’enseignement.
  14. Ne perds pas de vue le don spirituel qui est en toi, qui t’a été donné par action prophétique avec l’imposition des mains du collège des anciens.
  15. Aie cela à cœur et sois-y tout entier, afin que tes progrès soient évidents pour tous.
  16. Veille sur toi-même et sur (ton) enseignement ; mets-y de la persévérance ; car, ce faisant, tu te sauveras, toi et ceux qui t’écoutent.

Chapitre 5[modifier]

  1. Ne rudoie pas un vieillard, mais exhorte-le comme un père, les jeunes gens comme des frères,
  2. les femmes âgées comme des mères, les jeunes comme des sœurs en toute pureté.
  3. Honore les veuves qui sont réellement des veuves.
  4. Que si une veuve a des enfants ou des petits-enfants, qu’ils apprennent d’abord à agir avec piété envers leur propre famille et à payer de retour leurs parents, car cela est agréable à Dieu.
  5. Celle qui est réellement une veuve et une isolée a mis son espoir en Dieu, et elle persévère nuit et jour dans les supplications et les prières.
  6. Celle qui vit dans les plaisirs, (bien que) vivante, est morte.
  7. Donne-leur aussi ces avis, afin qu’elles soient sans reproche.
  8. Que si quelqu’un n’a pas soin des siens, surtout de ceux de sa famille, il a renié la foi et il est pire qu’un incroyant.
  9. Une veuve, pour être inscrite sur le rôle doit être âgée de soixante ans au moins, avoir été mariée une seule fois,
  10. être réputée pour ses bonnes œuvres, comme ayant élevé des enfants, exercé l’hospitalité, lavé les pieds des saints, assisté les malheureux, pratiqué toute bonne œuvre.
  11. Quant aux jeunes veuves, refuse-les, car, quand elles se sont détachées du Christ par désir sensuel, elles veulent se remarier,
  12. se rendant (ainsi) coupables pour avoir rompu la foi première.
  13. Au surplus, elles apprennent aussi à être oisives, en courant les maisons, et non seulement oisives, mais encore bavardes et indiscrètes, parlant de ce qu’il ne faut pas.
  14. Je veux donc que les jeunes (veuves) se remarient, qu’elles aient des enfants, qu’elles mènent une maison, qu’elles ne fournissent à l’adversaire aucun sujet de médisance ;
  15. car déjà certaines ont dévié pour suivre Satan.
  16. Si quelque (femme) croyante a des veuves (dans sa parenté), qu’elle les assiste, et que la communauté n’en porte pas la charge, de façon qu’elle puisse assister celles qui sont réellement des veuves.
  17. Que les anciens qui s’acquittent bien de la présidence soient jugés dignes d’être doublement rémunérés, principalement ceux qui peinent à la parole et à l’enseignement.
  18. Car l’Ecriture dit : Tu ne muselleras pas le bœuf qui foule le grain ; et : L’ouvrier a droit à son salaire.
  19. N’accueille pas d’accusation contre un ancien, si ce n’est sur (la déposition de) deux ou trois témoins.
  20. Ceux qui sont fautifs, reprends-les devant tous, pour que les autres aussi en conçoivent de la crainte.
  21. Je t’adjure devant Dieu, le Christ Jésus et les anges élus, d’observer ces (règles) sans prévention (contre personne), ne faisant rien par faveur.
  22. N’impose (trop) vite les mains à personne, et ne te rends pas complice des fautes d’autrui ; toi-même, garde-toi pur.
  23. Cesse de ne boire que de l’eau, mais prends un peu de vin à cause de ton estomac et de tes fréquentes indispositions.
  24. Il est des gens dont les fautes sont manifestes, antérieurement au jugement ; mais pour d’autres, c’est à la suite.
  25. Pareillement, les bonnes œuvres aussi sont manifestes, et celles pour lesquelles il en est autrement ne peuvent demeurer cachées.

Chapitre 6[modifier]

  1. Que tous ceux qui sont sous le joug comme esclaves tiennent leurs maîtres pour dignes de tout honneur, afin que le nom de Dieu et l’enseignement (de l’Église) ne soient pas blasphémés.
  2. Quant à ceux qui ont des croyants pour maîtres, qu’ils ne les traitent pas avec dédain parce qu’ils sont des frères, mais qu’ils les servent d’autant mieux que ce sont des croyants et des (gens) très aimés qui se chargent de faire le bien. Voilà ce que tu dois enseigner et recommander.
  3. Si quelqu’un enseigne des doctrines étrangères et ne s’attache pas aux saines paroles, celles de Notre Seigneur Jésus-Christ, et à l’enseignement conforme à la piété,
  4. c’est un orgueilleux qui ne sait rien, qui a la maladie des recherches et des disputes de mots, d’où naissent l’envie, les querelles, les propos injurieux, les mauvais soupçons,
  5. les discussion sans fin d’hommes pervertis d’esprit et dépourvus de la vérité, qui pensent que la piété est une affaire profitable.
  6. C’est bien une grande affaire profitable que la piété unie au désintéressement,
  7. car nous n’avons rien apporté en ce monde, comme nous n’en pouvons rien emporter.
  8. Si nous avons nourriture et vêtement, nous nous en contenterons.
  9. Pour ceux qui veulent devenir riches, ils tombent dans la tentation, le piège et une foule de convoitises insensées et funestes, qui plongent les hommes dans la ruine et la perdition.
  10. Car la racine de tous les maux, c’est l’amour de l’argent, et certains, dans cette convoitise, se sont égarés loin de la foi et se sont transpercés eux-mêmes de beaucoup de tourments.
  11. Pour toi, homme de Dieu, fuis cela ; recherche au contraire la justice, la piété, la foi, la charité, la patience, la douceur.
  12. Combats le bon combat de la foi, assure-toi la vie éternelle en vue de laquelle tu as été appelé et as fait la belle confession (de foi) devant un grand nombre de témoins.
  13. Je te recommande devant Dieu qui vivifie toutes choses, et devant le Christ Jésus qui a fait sa belle confession sous Ponce-Pilate,
  14. de garder le commandement sans tache, sans reproche, jusqu’à l’apparition de notre Seigneur Jésus-Christ,
  15. que fera voir en son temps le bienheureux et unique Souverain, le Roi de ceux qui exercent la seigneurie,
  16. qui seul possède l’immortalité, qui habite une lumière inaccessible, que nul homme n’a vu ni ne peut voir, à qui (sont) honneur et puissance éternelle. Amen !
  17. Aux riches du siècle présent prescris de n’être pas orgueilleux et de ne pas mettre leur espoir en des richesses instables, mais en Dieu, qui nous procure tout avec abondance pour que nous en jouissions,
  18. de faire le bien, de devenir riches en bonnes œuvres, de donner libéralement, de partager,
  19. s’amassant (ainsi) un trésor (qui sera) une bonne assise pour l’avenir afin de s’assurer la vie véritable.
  20. O Timothée, garde le dépôt, en évitant les vains discours profanes et les antithèses de la gnose au nom menteur.
  21. Certains qui la prêchent se sont écartés de la foi. Que la grâce (soit) avec vous !