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Principes de la musique et méthode de transposition, 4e édition/p1/1a

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I.
ÉTUDE DE L’ÉCHELLE MUSICALE.



1. Entre les limites au delà desquelles les sons, tant au grave qu’à l’aigu, cessent d’être appréciables, nous pouvons discerner un nombre infini de sons, suivant une gradation insensible.

Or, parmi tous ces sons offerts par la nature, l’art en choisit un certain nombre, symétriquement espacés dans un ordre progressif. Ce système constitue ce que l’on appelle l’échelle musicale.

Échelle musicale.
2. Quoique le nombre des sons dont se compose l’échelle musicale, dans toute son étendue, soit très-considérable, nous avons vu (Premières notions) qu’on n’employait, pour les désigner tous, que les sept noms, UT ou DO [1], RÉ, MI, FA, SOL, LA, SI. — Note b. Noms des sons.
3. Ces noms s’appliquent, ainsi que nous l’avons dit (Premières notions), à certains sons s’élevant graduellement, et dont la succession non interrompue correspond à une portion de l’échelle générale. Lorsqu’on a épuisé la série des sons qui portent ces noms, on trouve une nouvelle série de sons, pareillement disposés, auxquels on applique les mêmes noms, dans le même ordre, à cause de l’analogie qui existe entre ces derniers et ceux qui leur correspondent dans la série précédente.
EXEMPLE :

xxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxx╭———— 2re série ———╮


xxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxx ut   ré   mi   fa   sol   la   si 


 UT   RÉ   MI   FA  SOL LA   SI


x╰———— 1e série —————╯

Quand cette seconde série est épuisée, on en recommence une troisième, puis une quatrième, et ainsi de suite, tant que l’intonation est appréciable.

De cette manière, il y a plusieurs sons qui se nomment ut ; plusieurs,  ; plusieurs, mi, etc.

 
4. L’ensemble de tous ces sons montant graduellement, ou suivant une progression inverse, prend le nom de gamme. — Note c. Gamme.
EXEMPLE :


etc.
ut ut
si si
la la
sol sol
fa fa
mi mi
ut ut
Gamme ascendante Gamme descendante


La gamme ne se compose donc, en réalité, que de sept sons, au delà desquels elle renaît dans un autre diapason [2]; en sorte que le huitième son d’une série devient le premier de la série suivante. Dès lors, sept noms suffisaient.

 
5. Chacun des sons de la gamme forme comme un des échelons de cette échelle, et, en conséquence, est appelé degré. Degrés.


EXEMPLE :

xxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxx╭————— 2re série — …


x1erd. 2ed.x 3ed. 4ed.x 5ed.x 6ed.x 7ed.x 8ed.x
xxxxxUTx xx xMIx xFAx SOLx xLAx xSI xxutx xx xmix xfax xetc.
xx xxxx xxxx xxxxx xxxxx xxxxx xxxx xxxx 1erd.x 2ed. 3ed. 4ed.x


x╰——————— 1e série ————————╯

6. Les degrés sont conjoints, quand les sons se succèdent, ainsi que cela a lieu dans l’exemple ci-dessus, en passant d’un degré quelconque au degré immédiatement supérieur ou inférieur, comme ut, , ou , mi, ou mi, fa, etc., suivant l’ordre ascendant ; ou bien ut, si, ou si, la, ou la, sol, etc., suivant l’ordre descendant. Degrés conjoints.
7. Les degrés sont disjoints, quand ils se succèdent d’une autre manière, c’est-à-dire, de telle sorte que l’on saute d’un degré à un autre non contigu, sans passer par les intermédiaires, comme serait, par exemple, la succession des degrés ut, mi, ou , sol, etc. Degrés disjoints.
8. La distance qui sépare un degré d’un autre degré quelconque se nomme intervalle. Des intervalles
en général.
9. Chaque intervalle reçoit un nom exprimant le nombre de degrés conjoints qui s’y trouvent contenus.

Ces noms sont : seconde, tierce, quarte, quinte, sixte, septième et octave [3], selon que l’intervalle renferme deux, trois, quatre, cinq, six, sept ou huit degrés conjoints.

10. Les sons correspondants et portant le même nom, dans deux séries consécutives, sont toujours à distance d’octave.
11. On appelle unisson [4], deux sons dont l’intonation est la même, deux sons formant un même degré. Unisson.
12. L’unisson est l’intervalle nul, ou, pour parler plus exactement, l’absence d’intervalle.


RÉSUMÉ.


A. L’ensemble de tous les sons du système musical symétriquement espacés, dans un ordre progressif, constitue l’échelle musicale.

B. On emploie, pour désigner les différents sons de l’échelle musicale, les sept syllabes ut (ou do), , mi, fa, sol, la, si.

C. Ces sept noms suffisent pour désigner tous les sons de l’échelle, parce que les mêmes noms s’appliquent à tous les sons d’une intonation analogue.

D. On nomme gamme une telle série de sons (ut, ré, mi, fa, sol, la, si, ut) se succédant sans interruption, soit en montant, dans l’ordre ci-dessus, soit dans l’ordre inverse, en descendant.

E. Les sons dont la gamme est formée sont appelés degrés.

F. Les degrés sont conjoints, quand ils se succèdent selon l’ordre qu’ils ont dans la gamme.

G. Ils sont disjoints, quand, pour aller de l’un à l’autre, on franchit plusieurs degrés.

H. La distance qui sépare un degré d’un autre degré quelconque se nomme intervalle.

I. Chaque intervalle est désigné par un nom particulier indiquant son étendue.

J. Ces noms sont : seconde, tierce, quarte, quinte, sixte, septième, octave ; ils se rapportent au nombre de degrés que renferme l’intervalle.

K. Deux sons dont l’intonation est la même forment un unisson.

L. L’unisson est l’absence d’intervalle.


EXERCICE.


RÉPONDRE AUX QUESTIONS SUIVANTES :



Qu’est-ce que l’échelle musicale ? — A.
Quels noms donne-t-on aux sons de l’échelle musicale ? — B.

Comment sept noms peuvent-ils suffire pour désigner
Queltous les sons de l’échelle musicale ?
— C.
Qu’est-ce qu’une gamme ? — D.
Qu’est-ce que les degrés de la gamme ? — E.
Quand les degrés sont-ils conjoints ? — F.
Quand sont-ils disjoints ? — G.
Comment nomme-t-on la distance qui sépare
Quel un degré d’un autre degré ?
— H.
Chaque intervalle n-est-il pas désigné par un nom particulier ? — I.
Quels sont les noms donnés aux intervalles ?
Quel Que signifient ces noms ?
— J.
Qu’est-ce que l’unisson ? — K.
L’unisson constitue-t-il un intervalle ? — L.


  1. Au XVIIe siècle un Italien, nommé Doni, substitua à ut la syllabe do, comme étant plus favorable à l’articulation du son et à l’émission de la voix dans la solmisation (l’action de solfier c’est-à-dire, chanter en nommant les notes).
       Cette réforme, dont l’usage s’est depuis lors répandu de l’Italie en France, peut être avantageuse au point de vue de la solmisation ; mais, dans le langage, nous préférons et maintiendrons l’ancienne dénomination.
  2. Ce mot signifie la série particulière des sons qui constitue l’étendue d’une voix ou d’un instrument.
        Diapason est, en outre, le nom qu’on donne à un petit instrument produisant un son fixe et déterminé d’après lequel les exécutants se mettent d’accord.
  3. Du latin octavus, huitième.
  4. Du latin unus, un, et sonus, son.