Promenades dans toutes les rues de Paris/1

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AVERTISSEMENT


En publiant mes Promenades dans toutes les rues de Paris, je n’ai pas la prétention d’être un archéologue ou un historien. Je suis un simple observateur et un amoureux de Paris. Après avoir parcouru moi-même pendant plusieurs années les différentes rues de la Ville, je me suis rendu compte qu’on rencontrait à peu près toujours les mêmes gens dans les mêmes endroits, qu’en somme le Parisien ne sortait guère de son quartier habituel soit d’affaire soit de plaisir, et qu’il ignorait complètement sauf pour les traverser rapidement et parfois sous terre, en métro, ceux où il n’a pas l’habitude d’aller chaque jour.

Pourtant chaque quartier a son charme particulier et sa physionomie différente, et si tous ne sont pas également intéressants pour le visiteur ou l’étranger, tous présentent quelques curiosités soit historiques soit artistiques, et tous sont amusants à parcourir pour celui qui sait faire à l’occasion des études de mœurs. Le bourgeois de la rue St-Denis ne ressemble pas plus à celui des Batignolles que le péripatéticien de la rue de la Paix ne ressemble, en apparence du moins, à l’apache de Belleville ou au « Jésus du Sébasto » ; le rapin de Montmartre, pour celui qui sait voir, n’a aucun rapport avec l’étudiant du quartier latin ; et pour ma part, la « descente des Martyrs » ne m’a jamais rappelé la promenade solitaire du vieux savant dans les jardins du Luxembourg. Quel abîme entre le type que l’on rencontre du côté de la rue des Rosiers et celui de certains pieux quartiers de la rive gauche ! Quelle dissemblance entre l’habitant de la Butte-aux-Cailles et celui de la Plaine-Monceau, entre le promeneur des délicieux parcs des Buttes-Chaumont ou de Montsouris avec celui des Champs-Élysées ! Sans être badaud, tout cela est amusant à constater et à étudier. Les mouvements des rues, les divers incidents, les commérages sont différents dans chaque quartier, c’est un guignol continuel et varié : sachons en profiter. Pour cela il faut aller dans tous les quartiers, mais comme je l’ai dit plus haut on ne sort guère du sien. J’ai cru donc qu’il serait utile à l’amoureux de Paris de diriger ses pas dans tous les arrondissements de la Ville, de le guider dans les quartiers qu’il connaît à peine en attirant son attention sur les différentes curiosités qu’il rencontrera. Je n’aurai pas besoin de lui dire, j’en suis convaincu : « Faites ici une étude de mœurs », ou bien : « Admirez telle chose ». L’amoureux de Paris, auquel je dédie ce livre, s’il veut bien le prendre comme guide, étudiera et appréciera par lui-même et je ne me permettrai pas de le ranger dans la catégorie des visiteurs auxquels on répète, suivant la formule classique et légendaire : « Admirez la sérénité du Christ, et le poli de la colonne ! »

Mes Promenades dans toutes les rues ont été établies d’une manière pratique, et de façon que le visiteur, tout en passant partout, ne soit jamais obligé de revenir sur ses pas. Ceux qui ne voudraient pas s’astreindre à mes itinéraires fixes et dans lesquels toutes les rues s’enchaînent, n’auront qu’à chercher dans la table alphabétique la Rue qui les intéresse. Grâce au métro qui est à la portée de toutes les bourses on peut se rendre facilement maintenant dans tous les arrondissements.

Dans mes Promenades je me suis occupé avant tout et surtout du Vieux-Paris, mais j’ai pensé qu’il serait peut-être intéressant de noter, en outre, quelques hôtels modernes et de saluer au passage la demeure actuelle de quelques célébrités soit littéraires, soit artistiques, soit théâtrales, dont les noms, que nous voyons chaque jour sur la couvertures des livres, sur les livrets des expositions, sur les affiches, appartiennent un peu au domaine public et font la gloire, le plaisir et la joie de Paris. Ne voulant pas cependant faire ici une nouvelle édition du Tout-Paris ou d’un annuaire artistique, j’ai dû être très sobre à ce point de vue et c’est ici le cas de dire : J’en passe, et des meilleurs. Inutile d’ajouter que volontairement j’ai omis de citer les personnalités politiques, mondaines ou industrielles, ne voulant faire aucune réclame. J’ai été forcément obligé aussi dans cet ouvrage portatif d’être très bref sur certains monuments ou édifices publics d’une importance ou d’un intérêt si grand, que pour les étudier à fond, il faudrait d’immenses volumes.

J’ai cru aussi qu’il serait amusant de signaler au passage quelques enseignes anciennes et même modernes. Jadis ces enseignes étaient charmantes, égayaient les rues, et valaient mieux à coup sûr que ces hideuses pancartes de réclame qui s’étalent avec indécence place des Victoires et ailleurs, en détruisant les belles lignes de l’architecture. Parmi les enseignes modernes, j’ai signalé celles qui étaient amusantes, avaient un peu d’esprit parisien, ou un petit côté artistique.

Afin d’intéresser le promeneur j’ai dû mettre à profit le plus grand nombre possible d’ouvrages qui ont été écrits sur Paris, consulter les archives, les titres de propriété, les travaux remarquables des diverses sociétés privées, municipales, ou d’arrondissements qui s’occupent de l’histoire de Paris. Mon modeste travail n’est pas en effet un travail d’imagination et il est bien difficile, sinon impossible d’écrire à présent quoi que ce soit sur notre Capitale sans s’inspirer plus ou moins des travaux antérieurs. Pourtant on peut réunir et grouper d’une façon pratique les divers renseignements épars dans des centaines d’ouvrages ou des milliers de documents et c’est ce que j’ai tenté de faire pour la commodité du promeneur et l’intérêt de ses promenades. Pour ne pas alourdir mon ouvrage destiné à être portatif, il m’a été impossible de donner des références interminables, de citer toutes les sources particulières ou publiques où j’ai puisé mes renseignements, mais pour rendre à César ce qui appartient à César, je me suis fait un véritable plaisir de rendre hommage, dans le cours de mes Promenades, aux principaux devanciers que j’ai mis à contribution, et de remercier les amis qui ont bien voulu m’aider de leurs conseils ou de leurs souvenirs. Le véritable Amoureux de Paris n’est pas un être vulgairement jaloux et égoïste. Il sait qu’il possède une amie aussi incomparablement belle, le matin, lorsque le soleil se lève derrière les tours de Notre-Dame, que la nuit, lorsque la Seine scintille de mille points lumineux, et sa grande joie est d’essayer de faire comprendre et partager son amour.

En 1909, j’ai parcouru de nouveau toutes les rues de Paris, pénétré dans chaque impasse, traversé chaque passage pour me rendre compte des diverses modifications qui venaient d’avoir eu lieu. Hélas ! la pioche du démolisseur et la cognée du bûcheron ont continué à faire, en plusieurs endroits, leur œuvre néfaste. Pour ne parler que des démolitions les plus récentes, la Tour de Dagobert, l’Hôtel du Prévost, l’ancien Grenier à Sel, la Manufacture des Tabacs, plusieurs vieux et respectables hôtels ne sont plus, et le boulevard Raspail, impitoyable dans son alignement est venu transformer tout un quartier vénérable en renversant entr’autres l’ancien Hôtel des Conseils de guerre. Évidemment il faut s’incliner devant certaines exigences modernes de salubrité et d’alignement, mais il serait possible, me semble-t-il, d’éviter parfois certaines démolitions inutiles et regrettables. Pour arriver à ce résultat il faut que l’opinion publique s’intéresse à la question.

Mon but en publiant les Promenades dans toutes les rues de Paris est d’essayer de faire connaître et par conséquent de faire aimer davantage notre vieux et cher Paris dont Montaigne disait : « Je l’aime tendrement jusqu’à ses verrues et à ses taches ». Plus nous serons nombreux à l’aimer, plus nous serons armés pour le défendre contre le vandalisme moderne, empêcher certaines démolitions, nous opposer aux pancartes de certains malfaisants industriels ou à la surélévation grotesque de certains immeubles qui détruisent l’harmonie de la ligne, comme à la rue de Rivoli, à la place de l’Étoile et ailleurs. Je serai heureux si pour ma faible part je pouvais contribuer à mettre à la mode le goût et le respect, des vieilles maisons historiques ou artistiques, et je me demande pourquoi ce goût ne ferait pas tout à coup des progrès gigantesques comme en a fait, depuis bien peu d’années, celui des meubles anciens, des tapisseries et de certaines œuvres d’art négligées depuis longtemps. Déjà, heureusement, ce goût se réveille. La presse, les ouvrages de vulgarisation, la Commission municipale du Vieux-Paris, les différentes sociétés, en tête desquelles il faut citer en première ligne la Société des Amis des Monuments Parisiens, vaillante cohorte qui a remporté déjà plusieurs victoires, ont secoué l’opinion publique. On commence à s’émouvoir lorsque la spéculation essaie de détruire un intéressant souvenir du passé et nous venons récemment de voir l’effet bienfaisant de ce mouvement par la sauvegarde de l’Hôtel Biron et de son parc magnifique, dont le morcellement avait été sournoisement préparé. Il faut que tous les amoureux de Paris s’intéressent à ce mouvement et ne le laissent pas tomber.

Qui sait si parmi ceux qui voudront bien utiliser mes Promenades, il ne se trouvera pas un jour un généreux et intelligent Mécène qui, retrouvant un nom qui l’intéresse ou le touche de près, s’intéressera au sort d’une maison ou d’un vieil hôtel condamné et le sauvera d’une démolition ! Ce jour-là, je ne regretterai pas les heures passées à mon travail.

Marquis de Rochegude.
PROMENADES
DANS TOUTES
LES RUES DE PARIS


Ier ARRONDISSEMENT

LOUVRE
1er quartier : St-Germain-l’Auxerrois. 3e quartier : Palais-Royal.
2e quartier : Les Halles. 4e quartier : Place Vendôme.

Boulevard de la Madeleine (côté impair).

17. Cité Vindé (1484). Façade décorée de statues. À côté, enseigne en fer forgé. (Lanterne.) Mme de Balbi demeurait au 17 (ancien), en 1820.

11. À la marquise de Sévigné. (Enseigne.) Cercle de l’Union.

7. Horlogerie Le Roy, fondée au Palais-Royal en 1785. Le fameux horloger de xviiie siècle, mort en 1759, Julien Le Roy, eut un fils Pierre qui fut également horloger du Roi.

Le 24 février 1848, à l’angle de la rue des Capucines, un bataillon du 14e de ligne, provoqué par le coup de feu d’un des soldats du colonel Courant, fit une décharge meurtrière qui donna le signal de la Révolution.

Rue des Capucines (côté impair).

Formée en 1700. Rue Neuve-des-Capucines avant 1881. Le couvent des Capucines, fondé par Louise de Lorraine, femme de Henri III, se trouvait primitivement en face des Capucins de la rue St-Honoré. Il avait été installé là par Mme de Mercœur en 1606. Il fut déplacé en 1686, lors de la création de la place Vendôme, et transporté entre cette place et le boulevard, sur l’emplacement de l’ancien Marché aux chevaux des samedis, et les bastions Vendôme. Sous la première République, le couvent servit d’hôtel des Monnaies. L’église où avaient été enterrés Mme de Pompadour, le maréchal de Créqui, Louvois (dont le monument est actuellement dans la chapelle de l’Hôtel-Dieu de Tonnerre) devint le siège de la section de la place Vendôme, section dite des Piques en 1792, puis Robertson en fit une salle de spectacles fantasmagoriques. Les jardins furent occupés par le Cirque Franconi, un théâtre de jeunes comédiens et un panorama. Tout disparut lors du percement de la rue Napoléon (de la Paix aujourd’hui.) Le cercueil de Louise de Lorraine, fondatrice du couvent, qui des Capucines de la rue St-Honoré avait été transporté au nouveau couvent, fut de 1804 à 1807 au Père-Lachaise. Il est maintenant à St-Denis à côté du cercueil de Louis VII retrouvé sous la Restauration, à l’abbaye de Barbeaux, près Melun.

Dupleix mourut rue Neuve-des-Capucines en 1763. M. de Quélen, père de l’archevêque, y habitait en 1785. Le démagogue Babeuf y logea.

19 et 17. Hôtel de Castanier, directeur de la Compagnie des Indes (1726), de Mazade (1763), duc de Villequier d’Aumont (1787). Séquestré à la Révolution. Crédit Foncier depuis 1854.

15. Hôtel du financier Devieux (1726), comte de Mathan (1787), général de Septeuil (1848). Acquis par le Crédit Foncier (1858). (Fronton triangulaire dans la cour.)

11, 9, 7 et 5. Écuries de la duchesse d’Orléans en 1730. Au 5, beaux mascarons et écusson avec fleurs de lys.

Place Vendôme.

Primitivement Place des Conquêtes, puis Place Louis-le-Grand, Place des Piques pendant la Révolution. Place Vendôme, depuis le Directoire. Doit son nom à l’hôtel de Vendôme qui s’ouvrait rue St-Honoré, en face des Feuillants. Cet hôtel de Vendôme s’élevait sur l’emplacement de l’hôtel de Retz construit par Antoine de Gondi, hôtel où avait logé Charles IX en 1566 et 1574, et où mourut le premier duc de Retz en 1602. La duchesse de Mercœur, après avoir vendu aux d’Estrées la maison qu’elle occupait, rue des Bons-Enfants, acheta cet hôtel de Retz, le fît reconstruire en 1603 et le donna comme dot à sa fille lors de son mariage avec César, duc de Vendôme, fils légitimé d’Henri IV. L’hôtel, dès lors, s’appela hôtel de Vendôme. César de Vendôme y mourut en 1665, et son fils qui y était né en 1617 y mourut en 1669.

En 1685, le Roi, poussé par Louvois, fit acheter et démolir l’hôtel de Vendôme, et sur son emplacement et sur celui du couvent des Capucines déplacé, on commença les travaux pour l’édification d’une place à la gloire de Louis XIV. D’après les plans de Louvois, cette place, primitivement carrée dans les projets, devait être affectée à la Bibliothèque royale, aux Académies et aux ambassadeurs extraordinaires. Les travaux furent suspendus à la mort de Louvois en 1691. Harduin Mansart et Boffrand dessinèrent cette belle place octogonale. On construisit d’abord les façades, et l’État vendit pour y bâtir, à des particuliers, les terrains qui se trouvaient derrière. Les travaux ne furent terminés qu’en 1720 par les soins de Law et des autres financiers de l’époque. Cette place vit en 1721 le pompeux défilé de l’Ambassade turque. Le czar Pierre le Grand vint la visiter en 1717. Les Parisiens y donnèrent en 1745 les fameux « bals de bois », pour fêter le mariage du Dauphin avec Marie-Thérèse d’Espagne, et, en 1747, de nouvelles fêtes pour le remariage du Prince avec Marie-Josèphe de Saxe qui devait être la mère de Louis XVI. Pendant quelques mois la place fut le rendez-vous des agioteurs de la banque de Law expulsés de la rue Quincampoix. En 1792 on y brûla plusieurs centaines de volumes des titres de la noblesse et les archives de l’ordre du St-Esprit. Le 10 août 1792 on y exposa, sur des piques, neuf têtes dont celles de Suleau, de l’abbé Bougon, de M. de Solminhac et de M. du Vigier, anciens gardes du corps massacrés à la section des Feuillants. En 1793 on y célébra les funérailles de Lepelletier de St-Fargeau. En 1796 on y brisa solennellement les instruments qui avaient servi à la fabrication des assignats. Plus tard, la place servit de théâtre à des revues de troupe.

Sur cette place se tenait la fameuse foire St-Ovide. L’exposition du corps de saint Ovide que le pape Alexandre VI avait envoyé en 1665 au duc de Créqui, qui le fit placer au couvent des Capucines, attirait chaque année une foule considérable. Des forains en profitèrent pour faire des étalages de marchandises, et telle fut l’origine de cette foire qui, en 1771, fut transférée place Louis XV, où elle ne retrouva pas sa vogue. Elle fut détruite en 1777 par un incendie et disparut complètement en 1784.

En 1699 on inaugura sur la Place une statue équestre de Louis XIV, œuvre de Girardon. Elle fut abattue en 1792. La colonne d’Austerlitz a été fondue avec 1200 canons pris à l’ennemi : elle fut inaugurée en 1810. Les bas-reliefs représentent les principaux événements de la campagne de 1805. La colonne était, au début, surmontée d’une statue de Napoléon due à Chaudet. L’Empereur était représenté en costume romain.

En 1814 les royalistes essayèrent de renverser, avec des cordes, la statue sans y réussir, mais quelque temps après, elle fut enlevée et remplacée par le drapeau blanc, et la statue de Chaudet, brisée en morceaux, fut fondue, et servit à la fabrication de la statue d’Henri IV au Pont-Neuf. En 1833 on plaça sur la colonne une nouvelle statue de Napoléon due à Seurre. L’Empereur était représenté avec son costume populaire, habillé de la redingote et coiffé du petit chapeau. En 1865 on a replacé l’Empereur en costume romain (reproduction par Dumont de la première statue.) Le 21 mars 1871, les Amis de l’Ordre avaient organisé une manifestation. Ils se rendirent sans armes, place Vendôme, où ils furent accueillis par des coups de fusil des gardes nationaux réunis sur la place. (H. de Pène y fut blessé.) La colonne fut renversée en 1871 par les Communards sous la direction et la surveillance du peintre Courbet.

Cet attentat fut flétri par un ordre du jour du maréchal de Mac-Mahon, et la colonne fut rétablie sous son gouvernement. Le peintre Bon Boulogne mourut dans une maison de la place en 1717. Necker y habita, comme ministre de la République de Genève. Ducos était au 5 en 1793. Cabanis au 8 (ancien) en 1771. Vergniaud logeait au 7 (ancien). Le marquis de Marigny, frère de la Pompadour, habita la place. Son beau-père, M. Filleul, à qui le marquis venait de refuser un service d’argent, se tua devant l’hôtel de son gendre.

25. Là se trouvait avant la Révolution le Dépôt des Anciennes Chartes et Monuments historiques, établi par le garde des sceaux de Miromesnil. L’historiographe Moreau (1787). Appartenait en 1886 au comte de Beaussier.

23 et 21. Pierre Bullet, architecte, s’était réservé les terrains au nord de la Place. Il s’y construisit son hôtel. M. de Boullongne, intendant des ordres du Roi et plus tard contrôleur général, qui y fit peindre un salon par Lancret. Law. La maison de Law fut habitée par le trésorier Boucher, par Marquet de Montbreton, receveur général (1787). C’est le 23. La partie contiguë, c’est-à-dire le 21, passait à M. Dornay. L’Héritier de Brutelle, botaniste (1789). Marquis de Méjanes, bibliophile (1808). Le 21 appartenait en 1886 à M. le comte Pyrent de Laprade.

19. Ce pan coupé avait été acheté en 1700 par Rauch de Pennautier, trésorier des États du Languedoc, compromis dans l’affaire de la Brinvilliers. Acheté par Antoine Crozat, dit le Riche, qui y fit construire par P. Bullet un hôtel pour sa fille la comtesse d’Évreux. La maison de Mme d’Évreux fut occupée par les Crozat, par le maréchal d’Estrées, et plus tard par les écuries d’Orléans. Le comte de Cunha, ambassadeur du Portugal. Le banquier Pourra y était en 1787. Hôtel de Boutilers (1787). Fut hôtel de la Présidence de la Chambre des Députés, puis hôtel du Gouverneur du Crédit Foncier. Le Crédit Foncier en est propriétaire.

17. Deville, fermier général, condamné à la restitution. Construit par Bullet pour Crozat le Riche (1703). C’est le plus ancien hôtel de la place. Modifié en 1725 et occupé par le Président de Tuguy, fils de Crozat. Le maréchal duc de Broglie. Piccini, le compositeur, y était locataire en 1787. À cette époque il était passé de la comtesse de Béthune au fermier général Chalut de Vérin, qui y possédait un cabinet de tableaux. Servit de dépendance au Ministère de la Guerre quelque temps pendant la Révolution. En l’an VII hôtel de l’Administration centrale du Département, puis hôtel de la nouvelle administration préfectorale et résidence du Préfet de la Seine, jusqu’au transfert de cette administration à l’Hôtel de Ville en 1803. M. Frochot y habitait à cette époque. À servi quelque temps d’annexe au Ministère de la Justice dont il était séparé par le 15. (Bureaux du sceau.) Vendu en 1828 par Mme Desroches à J. Georges Schickler. Est encore aujourd’hui l’hôtel de M. le baron de Schickler.

15. Le terrain fut vendu en 1705 à Antoine Bitault, conseiller au Grand Conseil. Anne Baillet, seconde femme du duc Antoine-Charles de Gramont. Hôtel Lambesc (1728). Eut comme locataire le duc de Lauzun qui y composa ses mémoires au xviiie siècle, et le prince d’Andorre, ambassadeur de Naples. Caisse des Amortissements avant 1788, époque où elle fut réunie au Trésor Royal. Bureaux de la liquidation de la Dette publique, sous la direction de M. Denormandie. Une partie des sections de ce service fut transférée au 9 de la place, où tout le service fut réuni en l’an V. M. d’Arras, caissier avant la Révolution. Au début du xixe siècle famille d’Escayrac-Lauture. Les Pereire y installèrent le Crédit Mobilier. Aujourd’hui hôtel Ritz.

13 et 11. Cet îlot fut acquis en 1699 par Guillaume de la Vieuville. M. de Bruslon l’acheta en 1706 pour son oncle par alliance, Poisson de Bourvalais, fameux traitant des finances. Il fut chassé de son hôtel de la place par la Chambre de justice de 1716. La maison fut attribuée primitivement par le Régent au duc et à la duchesse d’Albret-Bouillon, mais dès 1718 l’hôtel devint celui de la Chancellerie de France. Les d’Aguesseau, les Lamoignon de Malesherbes, les Machault, les Feydeau de Brou, les Miromesnil, les Maupcou, etc., y siégèrent. Danton y logea comme ministre en 1792 avec sa première femme Gabrielle Charpentier. Ministère de la Justice. (Le mètre étalon que nous voyons sur la façade a été placé en 1848.)

9. L’emplacement (ainsi que celui du 7) était entre les mains de Mansart, qui le passe en 1707 à sa fille mariée à Lebas de Montargis. Revendu en 1708 à Lelay, seigneur de Villemaré, fermier général, qui y fit construire l’hôtel actuel. Quand vint le lit de justice de 1716, Villemaré fut taxé à 400 000 livres, mais il ne fut ni ruiné, ni même gêné. Lelay de Guébriant, son fils, loue l’hôtel à M. de Villette, trésorier des guerres, et à la duchesse d’Antin, veuve du petit-fils du surintendant des bâtiments. Il le vend en 1750 au fermier général Danzé, ancien cocher du marquis d’Argenson. Son neveu, Danzé d’Orsay, le cède en 1778 à Philippe de Joubert, trésorier général des États du Languedoc, qui y installe un cabinet d’histoire naturelle. Après transaction l’hôtel de Joubert devient propriété de l’État en l’an II. Les bureaux de la Liquidation de la Dette publique y sont complètement réunis en l’an V. Le comte de Fernion (1803), conseiller d’État et successeur de M. Denormandie dans la direction de la Liquidation de la Dette. Hôtel dit de l’Intendance. À la Restauration, l’hôtel repasse dans les biens de la Couronne, et est mis à la disposition d’Armand de Vitrolles. En 1818 l’hôtel est de nouveau Hôtel de l’Intendance et habité par le marquis de Maisonfort. Hôtel du Grand Veneur : le duc de Richelieu (1819), le marquis de Lauriston qui y mourut en 1828. M. de Montalivet, administrateur des domaines, y logea à diverses reprises et finalement de 1839 à 1848. Habité en 1848 par M. Vasin, député, liquidateur des biens de la liste civile. Quartier général de la première division militaire (1849). Le général Neumayer, puis le général Canrobert. Rentré dans le domaine de la Couronne après le 2 décembre, il redevint hôtel du Grand Veneur. Le maréchal Magnan. En 1866 la liste civile cède à la guerre la jouissance de l’hôtel. Le maréchal Canrobert (1866 à 1870). Le maréchal Baraguay d’Hilliers (1870). Le général Soumain pendant le siège. En 1870 l’hôtel est réuni au domaine de l’État et affecté régulièrement à la Guerre. Évacué pendant la Commune. Hôtel du Gouverneur militaire de Paris (1880). Généraux Clinchant, Lecointe, Saussier (1884), Zurlinden, jusqu’en 1899. Compagnie d’Assurances depuis 1900.

Les façades du 9 et du 7 sont classées comme monuments historiques.

7. Construit par Mansart qui le céda en 1707 à sa fille et à son gendre, Claude Lebas de Montargis. Hôtel dit de Créqui en 1713, bien qu’il n’ait jamais appartenu à la famille ducale de ce nom. Le Président Hénault, époux de Mlle de Montargis en 1714, y habita depuis 1719. L’abbé Alary y louait un appartement à l’entresol, et y fonda le célèbre Club de l’Entresol. Après Anne-Charlotte Lebas de Montargis l’immeuble passa à Nicolas Dedelay de Lagarde, qui était propriétaire en 1775, puis à sa veuve Élisabeth de Ligniville, puis à son petit-fils Dedelay de Blancmesnil. Il était interdit et Mme Joséphine Teixier de Hautetfeuille son épouse et tutrice donne l’immeuble à loyer au département de la guerre (1806). Famille Claret de Fleurieu (1823) qui le vend à l’État à la suite d’un jugement d’expropriation (1801). État-major de la Division et État-major de la Place de Paris depuis 1812. C’est là que Mallet fut arrêté par l’adjudant commandant Doucet dans l’escalier sur le palier de l’entresol.

5 et 3. Le terrain avait été adjugé primitivement à Jean de La Lande, valet de la garde-robe du Roi, à Heuzé de Vauloger, trésorier d’Alençon, et à Rosty. Le lot de La Lande s’étendait surtout derrière le 7, en bordure de la rue St-Honoré. Law acheta tout ce terrain en 1718, et en 1720, étant contrôleur des finances, il revendit sa maison inachevée au marquis de Coëtlogon (le 5 actuel) et les deux autres maisons inoccupées du lot à Mme de Parabère, et à M. de Fontpertuis. Personnellement il habita le nord-ouest de la place (le 23). En 1787 le 3 était hôtel d’Affry.

Le 5 et 3, propriété de Mme Bouchon et de M. Monlenard (1886), est actuellement l’hôtel Bristol. Le prince de Galles, aujourd’hui roi d’Angleterre, y descendait. C’est toujours une hôtellerie fréquentée par les princes, (roi de Grèce, reine de Portugal, etc.) Le roi de Portugal Don Carlos, qui périt assassiné le 1er février 1908, y descendit une dernière fois en novembre 1905. Le roi d’Angleterre (1909).

1. Gigot de Garville, administrateur des domaines (1787). Aujourd’hui hôtel meublé de Vendôme. Mme Bouchon propriétaire (1886).

2. Propriété en 1886 du marquis de Trévise.

4 et 6. Actuellement hôtel du Rhin, qui fut habité en 1848 par le prince président Louis Bonaparte avant son installation à l’Élysée. Le 4 était l’hôtel du comte de Lambertye en 1787. Le 6 était celui du fermier général Paulze à la même époque. Les 4 et 6 sont la propriété de M. Prudhomme (1886).

Au 6 habita Le Pelletier de St-Fargeau, conseiller au Parlement, mort en 1739. Il fut le grand-père du Conventionnel. L’hôtel fut occupé ensuite par sa fille, la princesse de Chimay, surnommée à la Cour la Dame de Volupté. C’est dans cet hôtel, où habitait alors son frère Le Pelletier des Forts, que fut apporté Le Pelletier de St-Fargeau, blessé au Café Février, par Paris, ancien garde du corps. Il y mourut le 20 janvier 1793 et son corps fut exposé sur le piédestal de la statue de Louis XIV (disparue alors). Le cortège des funérailles défila devant le corps le 22 janvier.

8. Fut vendu seulement en 1714 à Pierre Delpech, seigneur de Chaumont, économe de la maison de St-Cyr, et protégé de Mme de Maintenon. La maison fut occupée plus tard par le marquis de Bourgade. Le banquier Delarue (1803). Le duc de la Force sous l’Empire. Propriété de M. La Chambre (1886).

10 et 12. Hôtel d’Urbain Aubert, receveur général de Caen, condamné à rendre gorge en 1716 par la Chambre ardente.

Le 10 fut acquis, en 1776, par J.-L. de Maleteste, ancien conseiller au Parlement de Bourgogne. Ambassade de Venise (1776). Confisqué à la femme de Pont, émigrée. Comité des finances (1790-91). Services de l’Administration départementale du 7 février 1792 au 1er germinal an VII. Cette administration s’adjoignit de 1792 à l’an V, l’hôtel voisin n° 12. Le Crédit Algérien fondé en 1812. Le 10 est la propriété de Mlle Petit en 1886.

Le 12 fut hôtel Baudart de St-James, trésorier des dépenses du Ministère de la Marine. Cet hôtel était décoré par Lagrenée le jeune, un salon était l’œuvre de Bellanger. En 1787 il s’y trouvait un cabinet d’histoire naturelle. Hôtel Dodun (1788). Servit d’annexe de 1792 à l’an V à l’Administration départementale installée au 10. Chénier, membre de l’Institut (1803). Ambassade russe (1839 à 1866). Chopin y est mort (1849). (Inscription.) Reconstruit en 1858. Siège de la Compagnie maritime de Suez. Fut habité par Augustine Brohan. Le 12 est la propriété de Mme la princesse de Broglie (1886).

14. Le terrain faisait partie du lot appartenant à la Société Marneuf. Il passa en 1704 à Claude Paparel, trésorier des Guerres, condamné à mort en 1716 et gracié. Sa fille, qui épousa le marquis de La Farre, plus tard maréchal de France, eut la maison comme dot. M. de Souvré (1716). Salomon Le Clerc, écuyer de la Chambre de Madame (1719). André (1728). Le receveur Le Normand (1787). Appartenait avant la Révolution aux héritiers de Beaumont. M. Say. Mme la comtesse de Trédern, propriétaire actuellement.

16. Hôtel du financier Bouret. Mesmer avec son baquet magique y attira tout Paris. M. Ville, propriétaire (1886).

18 et 20. Le 18 était hôtel du financier Herlaut en 1703. Laissé à sa mort en 1710 à la femme du ministre Chamillart. Baronne de Feuchères. Le receveur Millon d’Inval était au 18 en 1787, et à cette époque le banquier Pache et Cie était au 20, qui était alors hôtel de Fitz

James. Aguado de Las Marismas. Le 18 fut Cercle des Mirlitons. En 1886 le 18 était la propriété de M. de Montgermont. Dans la cour du 20 se trouvait encore en 1905 un bas-relief provenant du château de Rosny, et attribué à Clodion. Il a été enlevé par M. Lebaudy, le propriétaire. Au 18, à la parfumerie Pinaud, se trouvent deux tableaux-enseignes de Chardin. Dans la cour du 20 se trouve le joli hôtel de M. Duveen (1908).

22. Le terrain fut vendu par la Compagnie Marneuf à Mme Luillier (1710) qui en fit donation à son fils Alexandre de Vieuxville(1714) qui le revendit à Jean Law, directeur de la Banque générale. L’architecte Boffrand s’y construisit un hôtel pour lui-même. Mme de Parabère y habita de 1720 à 1730. Alexandre de Ségur, président à mortier du Parlement de Bordeaux, qui y mourut en 1755. En 1757 l’hôtel est vendu à Léonard de Cluzel, fermier général. Ses héritiers le vendent en 1767 à Bertrand Dufresne, caissier de la Caisse d’escompte. Le financier Magon de la Balue qui périt sur l’échafaud en 1793. Le général Hulin (1807) qui y fut blessé à la mâchoire d’un coup de pistolet par Mallet. État-major de la Garde nationale (1871). M. de Lawœstine. Hôtel du baron de Gargan.

24. Le comte de Curzay, lieutenant du roi en Poitou. Thomas Quesnet, premier commis aux finances. Le receveur général Gigot d’Orcy (1787). En 1886 est la propriété de Mme la comtesse d’Orglandes.

26 et 28. M. de Noce, premier gentilhomme de la Chambre du Régent. René Boutin, receveur général d’Amiens, au commencement du xviiie siècle. Rousseau, notaire (1787). Le 26 est en 1886 propriété de M. Demanjay, et le 28 propriété de Mme veuve Vingham.

Rue des Petits-Champs (côté impair).

Ouverte en 1634 en partie. S’est appelée rue Neuve-des-Petits-Champs jusqu’en 1881.

99, 97 et 95. Hôtels du xviiie siècle. (Balcons.)

91. Balcon du xviiie siècle.

87. Hôtel du xviiie siècle. À l’Ancienne Levrette.

83. Hôtel du maréchal de Coigny (1700). Appartient actuellement à M. le sénateur Gotteron, ainsi que le 81 qui, avant la Révolution, appartenait à la famille Damiens.

77. Hôtel du xviiie siècle. (Au Mammouth.)

71. À la Gerbe dor. M. Pesard dit que l’architecte Chalgrin y habita.

61. Beau balcon.

57. Rousseau y habita une des mansardes au commencement de sa liaison avec Thérèse.

57. Rue de Ventadour (1667). Une partie de la rue existait en 1640 sous le nom de rue de Lyonne. Nom en souvenir de Mme de Ventadour qui fut gouvernante des enfants de France (Louis XV). Henri Monnier habita et mourut au 6 (ancien). Victorien Joncières est né dans une maison de la rue détruite par l’avenue de l’Opéra. L’acteur Lepeintre, des Variétés, qui se noya dans le canal St-Martin, dirigeait au 7 (ancien) un hôtel au moment de sa mort.

55. Hôtel Cesbron de Bonnegarde (1765).

49. Rue des Moulins. (Voir la note à la suite de la rue.)

47. Maison de rapport appartenant à Lulli, et laissée par lui à sa femme en 1687. Au Cadran Ovale (Wagner).

* N° 45. Hôtel du musicien Lulli, construit par Gittard en 1671, grâce à une somme d’argent empruntée à Molière. Il y habita jusqu’en 1683. Comte Dessoles sous la Restauration. (Voir les attributs de musique sur la façade de la rue Ste-Anne.)

Presque toutes les autres maisons de la rue des Petits-Champs sont anciennes. En passant, jeter un coup d’œil sur les : 35, 31, 27, 25, 19, 17, 15, 13 (enseignes lumineuses).

11. Hôtel de Pierre Pougin de Novion, secrétaire du Roi au commencement du xviiie siècle. (Autre façade, 16, rue de Beaujolais.) Habité par M. Victor Tissot, homme de lettres.

9. Tronçon de la rue Vivienne qui n’a que deux maisons, de forme assez curieuse d’ailleurs, dans le Ier arrondissement.

5. Passage des Deux-Pavillons. Bâti en 1820 par le comte Dervilliers.

Rue des Moulins.

Existait en partie en 1624 et s’appela rue Royale-St-Roch. Prolongée en 1667, elle a été diminuée en 1878 par l’avenue de l’Opéra. Sur son emplacement se trouvait une colline, où tournaient des moulins. Jeanne d’Arc s’y était établie en 1429. Cette colline des moulins qui s’appela butte St-Roch était double et factice. Les moulins disparurent vers 1668. Piron habita la rue (1765), il y mourut en 1773 (la première porte à droite en entrant par la rue des Petits-Champs). Un grand nombre de conventionnels y logèrent. Bonaparte en 1774 descendit à l’hôtel des Patriotes Hollandais, où s’étaient groupés les députés de la Corse. En l’an VII, M. J. Chénier était au 504 ainsi que Louvet.

5. Hôtel du comte de Gouy d’Arcy (1860).

3. Hôtel de Bazilière.

Comme le rappelle une inscription placée sur l’hôtel de Deux-Mondes, au 23 de la rue Thérèse, l’abbé de l’Épée habita une maison aujourd’hui disparue de la rue des Moulins. Il y ouvrit son école de sourds-muets en 1760, et y mourut en 1789 entouré de ses élèves. L’Empereur Joseph II, pendant son séjour à Paris, assista plusieurs fois aux leçons de l’abbé. Pereire avait déjà antérieurement imaginé un enseignement spécial pour les sourds-muets. L’hôtel Gluck d’Épreville démoli, qui appartint ensuite à M. de Sèze, l’avocat, se trouvait en face de la maison de l’abbé, dans la rue des Moulins, en montant à droite, au coin de la rue Thérèse.

6. La Présidente de Bussy au xviiie siècle.

8. Ancien hôtel meublé de la Côte d’Or. Ancienne demeure du baron d’Holbach, le philosophe matérialiste qui y recevait Diderot, Grimm, et tous les esprits forts de l’époque.

10. Appartenait à Lulli. (Mansarde.)

Rue de La Feuillade (côté impair).

Primitivement avant 1685 rue des Jardins. Doit son nom au maréchal (1625-1691) qui fit construire à ses frais une partie de la place des Victoires (1685).

3. Maison à mansardes.

Place des Victoires (côté sud de la place) (1685).

S’appela place des Victoires-Nationales en 1793.

La place est due à l’initiative de François d’Aubusson, comte puis duc de La Feuillade, colonel des Gardes Françaises, et maréchal de France. Il avait épousé Charlotte de Gouffier, sœur unique du duc de Rouannez, et sa fortune lui venait principalement de ce mariage. Il était très sincèrement animé de sentiments de gratitude et d’admiration pour Louis XIV, et c’est bien plus à ces sentiments honorables qu’à ceux d’une basse flatterie envers le Grand Roi que Paris est redevable de cette belle place.

La Feuillade, pour trouver un emplacement digne de la statue projetée du roi, commença par acheter l’hôtel de La Ferté-Senecterre. Cet hôtel avait été construit sur des terrains donnés par le roi au garde des sceaux Séguier, et cédé par ce dernier à La Vrillière, par Alphonse Lopez, prêteur d’argent, diplomate et favori de Richelieu (1640). Il fut acquis et reconstruit par le maréchal de La Ferté-Senecterre qui le vendit au maréchal de La Feuillade en 1681. Celui-ci, tout en conservant une partie pour lui-même, fit démolir ce grand hôtel qui s’étendait entre les rues de La Vrillière, des Petits-Pères, Vide-Gousset et Gatinat, rue qui se prolongeait alors jusqu’à la rue des Fossés-Montmartre (d’Aboukir). Le duc donna donc la moitié environ de la place. — La Ville, de son côté, fit pour plus de 400 000 livres de dépenses, sous les ordres du prévôt des marchands de Fourcy, et acheta l’hôtel d’Hémery. Cet hôtel d’Hémery avait été construit en 1639 par Patricelli d’Hémery, contrôleur général, beau-père de M. de La Vrillière. Il avait été occupé ensuite par les Hortman, alliés aux Colbert et par Charles Perrault. Il s’étendait derrière le 5 actuel. — Mansart fut alors chargé de la construction d’une place circulaire, et l’architecte Prédot eut l’entreprise des façades.

Au centre de la place fut inaugurée une statue en bronze de Louis XIV, œuvre de l’artiste hollandais Desjardins et don du maréchal de La Feuillade. Louis XIV à pied était représenté en costume de sacre. Il foulait une hydre à trois têtes, emblème de la Triple-Alliance, et était couronné par une Victoire. Au-dessous était l’inscription : « Viro Immortali », et d’autres inscriptions relatives à la conquête de la Franche-Comté, à la paix de Nimègue, à l’abolition des duels, à la destruction de l’hérésie, etc. Les bas-reliefs du piédestal représentaient la préséance de la France sur l’Espagne en 1663, la conquête de la Franche-Comté en 1668, le passage du Rhin en 1672 et la paix de Nimègue en 1678. Aux angles du piédestal se trouvaient les statues de quatre esclaves chargés de chaînes et représentant les nations vaincues. (L’Espagne, la Hollande, la Turquie et l’Allemagne.) Ces statues d’esclaves, enlevées en 1790, sont actuellement aux Invalides. La place était en outre décorée de quatre groupes de trois colonnes, et chacun de ces groupes était orné de médaillons et surmonté d’un fanal, dont l’éclairage était entretenu par une donation du maréchal. Ces colonnes portaient des inscriptions relatives à la bataille de Rocroy, au rétablissement de la discipline militaire, à la réforme de la justice, à la prise de Maastricht, à la bataille de Senef, à la soumission de Gênes, etc. Les voisins de la place firent une réclamation au sujet des fanaux. Ils prétendaient que cet éclairage attirait trop de monde la nuit dans ces parages, et qu’il en résultait du tapage. Peut-être, d’un autre côté, craignait-on le côté un peu ridicule de ces fanaux, car alors circulaient ces vers dus à un Gascon :

La Feuillade, sandis, je crois que tu me bernes
De placer le soleil entre quatre lanternes.

Toujours est-il qu’à partir de 1699 les fanaux ne furent plus allumés, et plus tard le Régent les fit enlever et les donna aux Théâtins. (On peut voir encore quelques-unes de ces colonnes dans la cathédrale de Sens. Quant aux médaillons qui les décoraient, quelques-uns sont conservés aujourd’hui dans la collection du roi d’Angleterre.) La statue elle-même fut abattue le 11 août 1792, et remplacée par une pyramide de bois dite des Victoires-Nationales. En 1810 on plaça sur la place une statue de Desaix par Dejoux. Le héros de Marengo, était fort peu drapé, et cette statue de Desaix, court vêtu, comme on disait, fut enlevée en 1815, et fit partie du bronze employé pour la statue d’Henri IV. En 1822 on inaugura sur la place la statue équestre actuelle de Louis XIV, œuvre de Bosio et fondue par Carbonneaux.

La place des Victoires était une station des cortèges de publication de paix. Elle fut visitée par Pierre le Grand en 1717. Elle fut, dès le début, habitée par des gens de finance et des maltôtiers. Les hôtels étaient occupés par Crozat, Claude le Gras, de Cormery, Hénault, Nivet, Pelet, financiers. L’architecte Prédot s’y logea. Bossuet y était en 1696. Le marquis de Marigny y avait son hôtel où il mourut en 1781 (hôtel de Massiac). Cambon y logea. Samuel Bernard avait son hôtel au 7 où il mourut en 1739. C’est dans cet hôtel, que se tint le Club Breton, lors de l’arrivée à Paris de l’Assemblée. L’hôtel de La Feuillade, reste de l’hôtel La Ferté-Senectere, fut bien réduit en 1694, et partagé ensuite en maisons bourgeoises. Law y habita, et ses bureaux furent installés dans les bâtiments donnant sur la place entre la rue La Feuillade et la rue Catinat. (Emplacement des 2 et 4.) En 1783, M. Charles, le futur époux de celle qui devint l’Elvire de Lamartine, habitait place des Victoires. Il construisit un aérostat rival de celui des Montgolfier et un public nombreux se pressait pour le voir suspendu sur la maison de l’inventeur. Les frais en avaient été couverts par les habitués du Café du Caveau au Palais-Royal. Cet aérostat fut lâché au Champ-de-Mars le 27 août 1783.

Le 3, emplacement de l’hôtel Crozat au commencement du xviiie siècle, a été surélevé, et a perdu tout son caractère, tout en détruisant la belle ordonnance de la place. Comme à la place Vendôme, et à la place Royale (des Vosges), les hôtels avaient été construits sur un plan uniforme. Depuis 1830 on a toléré malheureusement des constructions de plans différents et on a laissé s’étaler sur les façades des enseignes commerciales qui déshonorent cette belle place. Les règlements sont pourtant formels et il est dit dès 1685 dans le contrat de Prédot : « À l’avenir, le sieur Prédot et ceux qui auront droit de lui, seront tenus et obligés d’entretenir la dite façade en pareil état de symétrie, sans y rien changer. » Les pouvoirs publics bien qu’armés, ont fermé les yeux sur ces contraventions aux règlements et n’ont rien fait pour empêcher cet indécent débordement d’enseignes commerciales, et ces surélévations déplacées. Il serait temps que l’opinion publique s’intéresse à la question si nous ne voulons pas voir abîmer notre belle ville.

Au 1 de la place, s’ouvre la rue Catinat, rue Percée au xviie siècle, puis petite rue de La Vrillière, puis rue de la Banque. Nom en 1847 en l’honneur du maréchal (1637-1712). La rue allait jadis jusqu’à la rue des Fossés-Montmartre (d’Aboukir).

À quelques pas de la place, au 47 de la rue Étienne-Marcel, s’ouvre la rue Herold que nous allons visiter de suite, avant de parler de la rue Étienne-Marcel.

Rue Herold.

Porta au xiiie siècle le nom de rue des Vieux-Augustins, ainsi d’ailleurs que la rue d’Argout qui en est le prolongement. Les Augustins, venus d’Italie sous Louis IX, y avaient un moustier vers 1285 avant d’aller s’établir de l’autre coté de la Seine. En 1867 la rue prit le nom de rue d’Argout et en 1881 le tronçon qui nous intéresse ici s’appela rue Herold en l’honneur du compositeur (1791-1833). Après le 13 vendémiaire le baron de Batz habita l’hôtel de Beauvais qui se trouvait au 31 de la rue des Vieux-Augustins.

20. Ancienne maison de la rue Pagevin (bouillon Moreaux). Petit balcon au coin de la rue Étienne-Marcel. Emplacement au xviie siècle des écuries de l’hôtel d’Épernon qui longeait d’un côté la rue Pagevin et s’étendait jusqu’à la rue Coq-Héron. En 1713 ces écuries étaient devenues l’hôtel de Phélippeaux, marquis de Châteauneuf.

14. Emplacement d’un ancien hôtel Herualt au xviie siècle, puis hôtel meublé de la Providence vers 1793. Cet hôtel de la Providence (ancien 19 de la rue des Vieux-Augustins) était tenu en 1793 par Mme Grollier et c’est là que Charlotte Corday descendit le 11 juillet 1793. Le 13 elle acheta son couteau à l’arcade 177 du Palais-Royal, chez Badin, coutelier, et quitta l’hôtel le soir à six heures pour se rendre chez Marat. Le 14 de la rue Herold cessa d’être hôtel, et son voisin, le 12, qui était hôtel meublé de Francfort, hérita du souvenir de Charlotte, mais c’est bien au 14, démoli en 1893, que se trouvait l’hôtel historique. Le crâne de Charlotte Corday est chez S. A. I. le prince Roland Bonaparte, et la baignoire de Marat est au Musée Grévin (Lenôtre). Le 12 a été englobé dans la Caisse d’Épargne (Voir 19 rue du Louvre).

10. Maison où est né Herold en 1791. (Inscription.)

1. Ancienne inscription : Rue des Vieux-Augustins.

2. Ancienne maison, ainsi qu’au 13.

Rue Étienne-Marcel (côté impair).

Cette rue moderne a fait disparaître, moins une maison (le 47), toute la rue Pagevin qui commençait rue J.-J.-Rousseau pour finir place des Victoires. Cette rue, disparue en 1880, avait été formée en 1851 par les trois rues Verderet, Pagevin et du Petit-Reposoir. La rue Verderet ou Merderet de 1293 s’étendait de la rue Coq-Héron à la rue J.-J.-Rousseau. La rue Pagevin primitive allait de la rue Coq-Héron à la rue des Vieux-Augustins. La rue du Petit-Reposoir, qui s’appela aussi rue Breneuse, allait de la rue des Vieux-Augustins à la place des Victoires. La rue Étienne-Marcel a absorbé également la plus grande partie de la rue Mauconseil (entre la rue Française et la rue St-Denis) et une partie de la rue aux Ours (entre la rue St-Denis et le boulevard Sébastopol). Elle doit son nom au prévôt des Marchands, qui se signala par son audace révolutionnaire, fit une opposition très vive au Dauphin (Charles V) sous les yeux duquel il fit massacrer Jean de Conflans, maréchal de Champagne, et Robert de Clermont, maréchal de Normandie. À son tour il fut tué à coups de hache par Jean Maillart au moment où il allait livrer Paris à Charles le Mauvais (1358). On lui a élevé une statue près de l’Hôtel de Ville.

43. Hôtel des Postes.

29. Inscription rappelant que là se trouvait la partie de l’hôtel de Bourgogne, ancien hôtel d’Artois, dans laquelle avait été installé le théâtre dit de l’hôtel de Bourgogne. Les Confrères de la Passion, les Enfants Sans Souci, les Comédiens dits de l’hôtel de Bourgogne, (berceau de la Comédie-Française), la Comédie-Italienne et l’Opéra-Comique donnèrent là leurs représentations de 1547 à 1783.

17. Ancien magasin dit des statues de St-Jacques. Sur la façade donnant au coin de la rue Pierre-Lescot, statue du xive siècle provenant de St-Jacques-l’Hôpital. (Emplacement du cloître de l’Hôpital.)

13. Statues (voir 133, rue St-Denis.) Emplacement de St-Jacques-l’Hôpital.

Boulevard Sébastopol.
(Côté impair de la partie comprise entre la rue Étienne-Marcel et l’avenue Victoria, 1854.)

Inauguré en 1858. Primitivement boulevard du Centre.

61. Rue du Cygne (du xive siècle). La partie qui longe au nord l’église St-Leu est du second Empire. Doit son nom à une enseigne. Au 6, enseigne moderne du Beau-Cygne. Le 6 s’intitule Hôtel meublé du Cloître-St-Jacques, et rappelle le cloître de St-Jacques-l’Hôpital qui se trouvait au nord de la rue. Au 5, maison ancienne.

57. Presbytère de St-Leu.

55. Rue de la Grande-Truanderie (du xiiie siècle). Elle a été ouverte sur le fief de Thérouenne. Aux 16 et 18 existait avant 1820 la rue St-Jacques-l’Hôpital, sur l’emplacement du cloître St-Jacques-l’Hôpital. Gracchus Babeuf fut arrêté le 10 mai 1797 ainsi que Buonarroti, la veille du jour où devait éclater la fameuse conspiration, dans une maison aujourd’hui démolie de la rue de la Grande-Truanderie, au coin de la rue Verderet, c’est-à-dire à peu près sur l’emplacement du 32 actuel. Presque toutes les maisons du 15 au 29 ont été démolies en 1900. Pourtant la rue a conservé plusieurs vieilles maisons assez curieuses, comme le 6 et le 18. Au 20, se trouve une pharmacie de 1775, (statuette dans une petite niche.) Au 24 est le restaurant Pharamond, à l’enseigne de la Petite-Normande, réputé pour ses tripes à la mode de Caen. Les 28 et 30 sont anciens ainsi que les 45, 39 et 37 (Entrée du Heaume) 33, 11, 9 et 7, etc.

La rue de la Petite-Truanderie, jadis de l’Ariane et du Puits-d’Amour, construite en 1250, et qui s’ouvre maintenant au 2 de la rue Pierre-Lescot, était séparée de la rue de la Grande-Truanderie par la petite place de la Tour, où se trouvait le fameux puits d’amour disparu à la fin du règne de Louis XIV. Cette rue n’a plus qu’un côté et quatre maisons. Elle a perdu presque toute son originalité, et n’a conservé, comme la rue de la Grande-Truanderie, que son nom pittoresque, qui évoque le souvenir des truands et des ribaudes qui régnaient dans ce quartier.

41. Rue de la Cossonnerie. Existait déjà en 1182 et s’appelait Via Cochoneria. La partie entre la rue St-Denis et le boulevard Sébastopol date seulement de 1848. Elle se terminait au Marché aux Poirées (sol de la rue Pierre-Lescot). Elle doit son nom aux marchands de volailles, ou cossonniers, qui y avaient un marché. Dans cette rue habitait, en 1780, Quinquet, marchand apothicaire, qui introduisit la lampe qui a porté son nom. Au 4, enseigne des Trois-Maillets. Au 5, frise avec Page:Rochegude - Promenades dans toutes les rues de Paris, 1.djvu/41 Page:Rochegude - Promenades dans toutes les rues de Paris, 1.djvu/42 Page:Rochegude - Promenades dans toutes les rues de Paris, 1.djvu/43 Page:Rochegude - Promenades dans toutes les rues de Paris, 1.djvu/44 Page:Rochegude - Promenades dans toutes les rues de Paris, 1.djvu/45 Page:Rochegude - Promenades dans toutes les rues de Paris, 1.djvu/46 Page:Rochegude - Promenades dans toutes les rues de Paris, 1.djvu/47 Page:Rochegude - Promenades dans toutes les rues de Paris, 1.djvu/48 Page:Rochegude - Promenades dans toutes les rues de Paris, 1.djvu/49 Page:Rochegude - Promenades dans toutes les rues de Paris, 1.djvu/50 Page:Rochegude - Promenades dans toutes les rues de Paris, 1.djvu/51 Page:Rochegude - Promenades dans toutes les rues de Paris, 1.djvu/52 Page:Rochegude - Promenades dans toutes les rues de Paris, 1.djvu/53 Page:Rochegude - Promenades dans toutes les rues de Paris, 1.djvu/54 Page:Rochegude - 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