Psychologie des foules/Table

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Alcan (p. TdM-200).


TABLE DES MATIÈRES



PRÉFACE. I


INTRODUCTION. – L’ère des foules. 1

Évolution de l’âge actuel. — Les grands changements de civilisation sont la conséquence de changements dans la pensée des peuples. — La croyance moderne à la puissance des foules. — Elle transforme la politique traditionnelle des États. — Comment se produit l’avènement des classes populaires et comment s’exerce leur puissance. — Conséquences nécessaires de la puissance des foules. — Elles ne peuvent exercer qu’un rôle destructeur. — C’est par elles que s’achève la dissolution des civilisations devenues trop vieilles. — Ignorance générale de la psychologie des foules. — Importance de l’étude des foules pour les législateurs et les hommes d’État.


LIVRE PREMIER


L’âme des foules.


CHAPITRE PREMIER. — Caractéristiques générales des foules – Loi psychologique de leur unité mentale.. 11

Ce qui constitue une foule au point de vue psychologique. — Une agglomération nombreuse d’individus ne suffit pas à former une foule. — Caractères spéciaux des foules psychologiques. — Orientation fixe des idées et sentiments chez les individus qui les composent et évanouissement de leur personnalité. — La foule est toujours dominée par l’inconscient. — Disparition de la vie cérébrale et prédominance de la vie médullaire. — Abaissement de l’intelligence et transformation complète des sentiments. — Les sentiments transformés peuvent être meilleurs ou pires que ceux des individus dont la foule est composée. — La foule est aussi aisément héroïque que criminelle.


CHAPITRE II. — Sentiments et moralité des foules. 23

§ 1. Impulsivité, mobilité et irritabilité des foules. — La foule est le jouet de toutes les excitations extérieures et en reflète les incessantes variations. — Les impulsions auxquelles elle obéit sont assez impérieuses pour que l’intérêt personnel s’efface. — Rien n’est prémédité chez les foules. — Action de la race. — § 2. Suggestibilité et crédulité des foules. — Leur obéissance aux suggestions. — Les images évoquées dans leur esprit sont prises par elles pour des réalités. — Pourquoi ces images sont semblables pour tous les individus qui composent une foule. — Égalisation du savant et de l’imbécile dans une foule. — Exemples divers des illusions auxquelles tous les individus d’une foule sont sujets. — Impossibilité d’accorder aucune créance au témoignage des foules. — L’unanimité de nombreux témoins est une des plus mauvaises preuves qu’on puisse invoquer pour établir un fait. — Faible valeur des livres d’histoire. — § 3. Exagération et simplisme des sentiments des foules. Les foules ne connaissent ni le doute ni l’incertitude et vont toujours aux extrêmes. — Leurs sentiments sont toujours excessifs. — § 4. Intolérance, autoritarisme et conservatisme des foules. — Raisons de ces sentiments. — Servilité des foules devant une autorité forte. — Les instincts révolutionnaires momentanés des foules ne les empêchent pas d’être extrêmement conservatrices. — Elles sont d’instinct hostiles aux changements et au progrès. — § 5. Moralité des foules. La moralité des foules peut, suivant les suggestions, être beaucoup plus basse ou beaucoup plus haute que celle des individus qui les composent. — Explication et exemples. — Les foules ont rarement pour guide l’intérêt qui est, le plus souvent, le mobile exclusif de l’individu isolé. — Rôle moralisateur des foules.


CHAPITRE III. — Idées, raisonnements et imagination des foules. 48

§ 1. Les idées des foules. — Les idées fondamentales et les idées accessoires. — Comment peuvent subsister simultanément des idées contradictoires. — Transformations que doivent subir les idées supérieures pour être accessibles aux foules. — Le rôle social des idées est indépendant de la part de vérité qu’elles peuvent contenir. — § 2. Les raisonnements des foules. — Les foules ne sont pas influençables par des raisonnements. — Les raisonnements des foules sont toujours d’ordre très inférieur. — Les idées qu’elles associent n’ont que des apparences d’analogie ou de succession. — § 3. L’imagination des foules. — Puissance de l’imagination des foules. — Elles pensent par images, et ces images se succèdent sans aucun lien. — Les foules sont frappées surtout par le côté merveilleux des choses. — Le merveilleux et le légendaire sont les vrais supports des civilisations. — L’imagination populaire a toujours été la base de la puissance des hommes d’État. — Comment se présentent les faits capables de frapper l’imagination des foules.


CHAPITRE IV. — Formes religieuses que revêtent toutes les convictions des foules. 60

Ce qui constitue le sentiment religieux. — Il est indépendant de l’adoration d’une divinité. — Ses caractéristiques. — Puissance des convictions revêtant la forme religieuse. — Exemples divers. — Les dieux populaires n’ont jamais disparu. — Formes nouvelles sous lesquelles ils renaissent. — Formes religieuses de l’athéisme. — Importance de ces notions au point de vue historique. — La Réforme, la Saint-Barthélemy, la Terreur et tous les événements analogues, sont la conséquence des sentiments religieux des foules, et non de la volonté d’individus isolés.


LIVRE II


Les opinions et les croyances des foules


CHAPITRE PREMIER. — Facteurs lointains des croyances et opinions des foules. 67

Facteurs préparatoires des croyances des foules. — L’éclosion des croyances des foules est la conséquence d’une élaboration antérieure. — Étude des divers facteurs de ces croyances. — § 1. La race. — Influence prédominante qu’elle exerce. — Elle représente les suggestions des ancêtres. — § 2. Les Traditions. — Elles sont la synthèse de l’âme de la race. — Importance sociale des traditions. — En quoi, après avoir été nécessaires, elles deviennent nuisibles. — Les foules sont les conservateurs les plus tenaces des idées traditionnelles. — § 3. Le temps. — Il prépare successivement l’établissement des croyances, puis leur destruction. — C’est grâce à lui que l’ordre peut sortir du chaos. — § 4. Les institutions politiques et sociales. — Idée erronée de leur rôle. — Leur influence est extrêmement faible. — Elles sont des effets, et non des causes. — Les peuples ne sauraient choisir les institutions qui leur semblent les meilleures. — Les institutions sont des étiquettes qui, sous un même titre, abritent les choses les plus dissemblables. — Comment les constitutions peuvent se créer. — Nécessité pour certains peuples de certaines institutions théoriquement mauvaises, telles que la centralisation. — § 5. L’instruction et l’éducation. — Erreur des idées actuelles sur l’influence de l’instruction chez les foules. — Indications statistiques. — Rôle démoralisateur de l’éducation latine. — Rôle que l’instruction pourrait exercer. — Exemples fournis par divers peuples.


CHAPITRE II. — Facteurs immédiats des opinions des foules. 89

§ 1. Les images, les mots et les formules. – Puissance magique des mots et des formules. – La puissance des mots est liée aux images qu’ils évoquent et est indépendante de leur sens réel. – Ces images varient d’âge en âge, de race en race. – L’usure des mots. – Exemples des variations considérables du sens de quelques mots très usuels. – Utilité politique de baptiser de noms nouveaux les choses anciennes, lorsque les mots sous lesquels on les désignait produisent une fâcheuse impression sur les foules. – Variations du sens des mots suivant la race. – Sens différents du mot démocratie en Europe et en Amérique. – § 2. Les illusions. – Leur importance. – On les retrouve à la base de toutes les civilisations. – Nécessité sociale des illusions. – Les foules les préfèrent toujours aux vérités. – § 3. L’expérience. – L’expérience seule peut établir dans l’âme des foules des vérités devenues nécessaires et détruire des illusions devenues dangereuses. – L’expérience n’agit qu’à condition d’être fréquemment répétée. – Ce que coûtent les expériences nécessaires pour persuader les foules. – § 4. La raison. — Nullité de son influence sur les foules. – On n’agit sur elles qu’en agissant sur leurs sentiments inconscients. – Le rôle de la logique dans l’histoire. – Les causes secrètes des événements invraisemblables.


CHAPITRE III. — Les meneurs des foules et leurs moyens de persuasion. 105

§ 1. Les meneurs des foules. – Besoin instinctif de tous les êtres en foule d’obéir à un meneur. – Psychologie des meneurs. –Eux seuls peuvent créer la foi et donner une organisation aux foules. – Despotisme forcé des meneurs. – Classification des meneurs. – Rôle de la volonté. – § 2. Les moyens d’action des meneurs. – L’affirmation, la répétition, la contagion. – Rôle respectif de ces divers facteurs. – Comment la contagion peut remonter des couches inférieures aux couches supérieures d’une société. – Une opinion populaire devient bientôt une opinion générale. – § 3. Le prestige. — Définition et classification du prestige. – Le prestige acquis et le prestige personnel. — Exemples divers. – Comment meurt le prestige.


CHAPITRE IV. — Limites de variabilité des croyances et opinions des foules. 128

§ 1. – Les croyances fixes. – Invariabilité de certaines croyances générales. – Elles sont les guides d’une civilisation. – Difficulté de les déraciner. – En quoi l’intolérance constitue pour les peuples une vertu. – L’absurdité philosophique d’une croyance générale ne peut nuire à sa propagation. – § 2. Les opinions mobiles des foules. – Extrême mobilité des opinions qui ne dérivent pas des croyances générales. – Variations apparentes des idées et des croyances en moins d’un siècle. – Limites réelles de ces variations. – Éléments sur lesquels la variation a porté. – La disparition actuelle des croyances générales et la diffusion extrême de la presse rendent de nos jours les opinions de plus en plus mobiles. – Comment les opinions des foules tendent sur la plupart des sujets vers l’indifférence. – Impuissance des gouvernements à diriger comme jadis l’opinion. – L’émiettement actuel des opinions empêche leur tyrannie.


LIVRE III


Classification et description des diverses catégories de foules


CHAPITRE PREMIER. — Classification des foules. 142

Divisions générales des foules. — Leur classification. § 1. Les foules hétérogènes. — Comment elles se différencient. — Influence de la race. — L’âme de la foule est d’autant plus faible que l’âme de la race est plus forte. — L’âme de la race représente l’état de civilisation et l’âme de la foule l’état de barbarie. — § 2. Les foules homogènes. — Division des foules homogènes. — Les sectes, les castes et les classes.


CHAPITRE II. — Les foules dites criminelles. 147

Les foules dites criminelles. — Une foule peut être légalement mais non psychologiquement criminelle. — Complète inconscience des actes des foules. — Exemples divers. — Psychologie des septembriseurs. — Leurs raisonnements, leur sensibilité, leur férocité et leur moralité.


CHAPITRE III. — Les jurés de cour d’assises. 153

Les jurés de cour d’assises. — Caractères généraux des jurys. — La statistique montre que leurs décisions sont indépendantes de leur composition. — Comment sont impressionnés les jurés. — Faible action du raisonnement. — Méthodes de persuasion des avocats célèbres. — Nature des crimes pour lesquels les jurés sont indulgents ou sévères. — Utilité de l’institution du jury et danger extrême que présenterait son remplacement par des magistrats.


CHAPITRE IV. — Les foules électorales. 161

Caractères généraux des foules électorales. — Comment on les persuade. — Qualités que doit posséder le candidat. — Nécessité du prestige. — Pourquoi ouvriers et paysans choisissent si rarement les candidats dans leur sein. — Puissance des mots et des formules sur l’électeur. — Aspect général des discussions électorales. — Comment se forment les opinions de l’électeur. — Puissance des comités. — Ils représentent la forme la plus redoutable de la tyrannie. — Les comités de la Révolution. — Malgré si faible valeur psychologique, le suffrage universel ne peut être remplacé. — Pourquoi les votes seraient identiques, alors même qu’on restreindrait le droit de suffrage à une classe limitée de citoyens. — Ce que traduit le suffrage universel dans tous les pays.


CHAPITRE V. — Les assemblées parlementaires. 171

Les foules parlementaires présentent la plupart des caractères communs aux foules hétérogènes non anonymes. — Simplisme des opinions. — Suggestibilité et limites de cette suggestibilité. — Opinions fixes irréductibles et opinions mobiles. — Pourquoi l’indécision prédomine. — Rôle des meneurs. — Raison de leur prestige. — Ils sont les vrais maîtres d’une assemblée dont les votes ne sont ainsi que ceux d’une petite minorité. — Puissance absolue qu’ils exercent. — Les éléments de leur art oratoire. — Les mots et les images. — Nécessité psychologique pour les meneurs d’être généralement convaincus et bornés. — Impossibilité pour l’orateur sans prestige de faire admettre ses raisons. — L’exagération des sentiments, bons ou mauvais, dans les assemblées. — Automatisme auquel elles arrivent à certains moments. — Les séances de la Convention. — Cas dans lesquels une assemblée perd les caractères des foules. — Influence des spécialistes dans les questions techniques. — Avantages et dangers du régime parlementaire dans tous les pays. — Il est adapté aux nécessités modernes  ; mais il entraîne le gaspillage des finances et la restriction progressive de toutes les libertés. — Conclusion de l’ouvrage.