Racine et Shakespeare (édition Martineau, 1928)/Racine et Shakspeare I/Chapitre II

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Texte établi par Henri Martineau, Le Divan (p. 27-42).
Racine et Shakspeare I

CHAPITRE II[1]

Le Rire[2]


Que ferez-vous, Monsieur, du nez d’un marguillier ?
Regnard.



Un prince d’Allemagne, connu par son amour pour les lettres, vient de proposer un prix pour la meilleure dissertation philosophique sur le rire. J’espère que le prix sera remporté par un Français. Ne serait-il pas ridicule que nous fussions vaincus dans cette carrière ? Il me semble que l’on fait plus de plaisanteries à Paris pendant une seule soirée que dans toute l’Allemagne en un mois.

C’est cependant en allemand qu’est écrit le programme concernant le rire. Il s’agit d’en faire connaître la nature et les nuances ; il faut répondre clairement et nettement à cette question ardue : Qu’est-ce que le rire ?

Le grand malheur, c’est que les juges sont des Allemands ; il est à craindre que quelques demi-pensées disséminées élégamment en vingt pages de phrases académiques et de périodes savamment cadencées ne paraissent que du vide à ces juges grossiers. C’est un avertissement que je crois devoir à ces jeunes écrivains simples avec tant de recherche, naturels avec tant de manière, éloquents avec si peu d’idées,

La gloire du distique et l’espoir du quatrain.

Ici il faut trouver des idées, ce qui est assurément fort impertinent. Ces Allemands sont si barbares !

Qu’est-ce que le rire ? Hobbes répond : Cette convulsion physique, que tout le monde connaît, est produite par la vue imprévue de notre supériorité sur autrui.

Voyez passer ce jeune homme paré avec tant de recherche : il marche sur la pointe du pied ; sur sa figure épanouie se lisent également, et la certitude des succès, et le contentement de soi-même ; il va au bal ; le voilà déjà sous la porte cochère, encombrée de lampions et de laquais ; il volait au plaisir, il tombe et se relève couvert de boue de la tête aux pieds ; ses gilets, jadis blancs et d’une coupe si savante, sa cravate nouée si élégamment, tout cela est rempli d’une boue noire et fétide. Un éclat de rire universel sort des voitures qui suivaient la sienne ; le Suisse sur sa porte se tient les côtés, la foule des laquais rit aux larmes et fait cercle autour du malheureux.

Il faut que le comique soit exposé avec clarté ; il est nécessaire qu’il y ait une vue nette de notre supériorité sur autrui.

Mais cette supériorité est une chose si futile et si facilement anéantie par la moindre réflexion, qu’il faut que la vue nous en soit présentée d’une manière imprévue.

Voici donc deux conditions du comique : la clarté et l’imprévu.

Il n’y a plus de rire si le désavantage de l’homme aux dépens duquel on prétendait nous égayer nous fait songer, dès le premier moment, que nous aussi nous pouvons rencontrer le malheur.

Que le beau jeune homme qui allait au bal, et qui est tombé dans un tas de boue, ait la malice, en se relevant, de traîner la jambe, et de faire soupçonner qu’il s’est blessé dangereusement, en un clin d’œil le rire cesse, et fait place à la terreur.

C’est tout simple, il n’y a plus jouissance de notre supériorité, il y a au contraire vue du malheur pour nous : en descendant de voiture, je puis aussi me casser la jambe.

Une plaisanterie douce fait rire aux dépens du plaisanté ; une plaisanterie trop bonne ne fait plus rire : on frémit en songeant à l’affreux malheur du plaisanté.

Voilà deux cents ans que l’on fait des plaisanteries en France ; il faut donc que la plaisanterie soit très fine, autrement on l’entend dès le premier mot, partant plus d’imprévu.

Autre chose : il faut que j’accorde un certain degré d’estime à la personne aux dépens de laquelle on prétend me faire rire. Je prise beaucoup le talent de M. Picard ; cependant, dans plusieurs de ses comédies, les personnages destinés à nous égayer ont des mœurs si basses, que je n’admets aucune comparaison d’eux à moi ; je les méprise parfaitement aussitôt qu’ils ont dit quatre phrases. On ne peut plus rien m’apprendre de ridicule sur leur compte.

Un imprimeur de Paris avait fait une tragédie sainte, intitulée : Josué. Il l’imprima avec tout le luxe possible, et l’envoya au célèbre Bodoni, son confrère, à Parme. Quelque temps après, l’imprimeur-auteur fit un voyage en Italie ; il alla voir son ami Bodoni : « Que pensez-vous de ma tragédie de Josué ? — Ah ! que de beautés ! — Il vous semble donc que cet ouvrage me vaudra quelque gloire ? — Ah ! cher ami, il vous immortalise. — Et les caractères, qu’en dites-vous ? — Sublimes et parfaitement soutenus, surtout les majuscules. »

Bodoni, enthousiaste de son art, ne voyait, dans la tragédie de son ami, que la beauté des caractères d’imprimerie. Ce conte me fit rire beaucoup plus qu’il ne le mérite. C’est que je connais l’auteur de Josué et l’estime infiniment ; c’est un homme sage, de bonnes manières et même d’esprit, rempli de talents pour le commerce de la librairie. Enfin, je ne lui vois d’autres défauts qu’un peu de vanité, justement la passion aux dépens de laquelle la naïve réponse de Bodoni me fait rire.

Le rire fou que nous cueillons sur le Falstaff de Shakspeare lorsque, dans son récit au prince Henri (qui fut depuis le fameux roi Henri V), il s’enfile dans le conte des vingt coquins sortis des quatre coquins en habits de Bougran, ce rire n’est délicieux que parce que Falstaff est un homme d’infiniment d’esprit et fort gai. Nous ne rions guère, au contraire, des sottises du père Cassandre ; notre supériorité sur lui est une chose trop reconnue d’avance.

Il entre de la vengeance d’ennui dans le rire qui nous est inspiré par un fat comme M. Maclou de Beaubuisson (du Comédien d’Étampes).

J’ai remarqué que, dans la société, c’est presque toujours d’un air méchant et non pas d’un air gai, qu’une jolie femme dit d’une autre femme qui danse : Mon Dieu, qu’elle est ridicule ! Traduisez ridicule par odieuse.

Après avoir ri comme un fou ce soir de M. Maclou de Beaubuisson, fort bien joué par Bernard-Léon, je pensais que j’avais senti, confusément peut-être, que cet être ridicule avait pu inspirer de l’amour à de jolies femmes de province, qui, à leur peu de goût près, auraient pu faire mon bonheur. Le rire d’un très-joli garçon, qui aurait du succès à foison, n’aurait pas eu peut-être la nuance de vengeance que je croyais remarquer dans le mien.

Comme le ridicule est une grande punition parmi les Français, ils rient souvent par vengeance. Ce rire-là ne fait rien à l’affaire, ne doit pas entrer dans notre analyse ; il fallait seulement le signaler en passant. Tout rire affecté, par cela seul ne signifie rien ; c’est comme l’opinion de l’abbé Morellet en faveur des dîmes et du prieuré de Thimer.

Il n’est personne qui ne connaisse cinq ou six cents excellents contes qui circulent dans la société : l’on rit toujours à cause de la vanité désappointée. Si le conte est fait d’une manière trop prolixe, si le conteur emploie trop de paroles et s’arrête à peindre trop de détails, l’esprit de l’auditeur devine la chute vers laquelle on le conduit trop lentement ; il n’y a plus de rire, parce qu’il n’y a plus d’imprévu.

Si, au contraire, le conteur sabre son histoire et se précipite vers le dénoûment, il n’y a pas rire, parce qu’il n’y a pas l’extrême clarté qu’il faut. Remarquez que très-souvent le narrateur répète deux fois les cinq ou six mots qui font le dénoûment de son histoire ; et, s’il sait son métier, s’il a l’art charmant de n’être ni obscur ni trop clair, la moisson de rire est beaucoup plus considérable à la seconde répétition qu’à la première.

L’absurde, poussé à l’extrême, fait souvent rire et donne une gaieté vive et délicieuse. Tel est le secret de Voltaire dans sa diatribe du docteur Akakia et dans ses autres pamphlets. Le docteur Akakia, c’est-à-dire Maupertuis, dit lui-même les absurdités qu’un malin pourrait se permettre pour se moquer de ses systèmes. Ici, je sens bien qu’il faudrait des citations ; mais je n’ai pas un seul livre français dans ma retraite de Montmorency. J’espère que la mémoire de mes lecteurs, si j’en ai, voudra bien se rappeler ce volume charmant de leur édition de Voltaire, intitulé Facéties, et dont je rencontre souvent dans le Miroir[3] des imitations fort agréables.

Voltaire porta au théâtre cette habitude de mettre dans la bouche même des personnages comiques la description vive et brillante du ridicule qui les travaille, et ce grand homme dut être bien surpris de voir que personne ne riait. C’est qu’il est par trop contre nature qu’un homme se moque si clairement de soi-même. Quand, dans la société, nous nous donnons des ridicules exprès, c’est encore par excès de vanité ; nous volons ce plaisir à la malignité des gens dont nous avons excité l’envie.

Mais fabriquer un personnage comme Fier-en-Fat, ce n’est pas peindre les faiblesses du cœur humain, c’est tout simplement faire réciter, à la première personne, les phrases burlesques d’un pamphlet, et leur donner la vie.

N’est-il pas singulier que Voltaire, si plaisant dans la satire et dans le roman philosophique, n’ait jamais pu faire une scène de comédie qui fît rire ? Carmontelle, au contraire, n’a pas un proverbe où l’on ne trouve ce talent. Il avait trop de naturel, ainsi que Sedaine ; il leur manquait l’esprit de Voltaire, qui, en ce genre, n’avait que de l’esprit.

Les critiques étrangers ont remarqué qu’il y a toujours un fond de méchanceté dans les plaisanteries les plus gaies de Candide et de Zadig. Le riche Voltaire se plaît à couler nos regards sur la vue des malheurs inévitables de la pauvre nature humaine.

La lecture de Schlegel et de Dennis m’a porté au mépris des critiques français, Laharpe, Geoffroy, Marmontel, et au mépris de tous les critiques. Ces pauvres gens, impuissants à créer, prétendent à l’esprit, et ils n’ont point d’esprit. Par exemple, les critiques français proclament Molière le premier des comiques présents, passés et futurs. Il n’y a là-dedans de vrai que la première assertion. Assurément Molière, homme de génie, est supérieur à ce benêt qu’on admire dans les Cours de littérature, et qui s’appelle Destouches.

Mais Molière est inférieur à Aristophane.

Seulement, le comique est comme la musique : c’est une chose dont la beauté ne dure pas. La comédie de Molière est trop imbibée de satire pour me donner souvent la sensation du rire gai, si je puis parler ainsi. J’aime à trouver, quand je vais me délasser au théâtre, une imagination folle qui me fasse rire comme un enfant.

Tous les sujets de Louis XIV se piquaient d’imiter un certain modèle, pour être élégants et de bon ton, et Louis XIV lui-même fut le dieu de cette religion. Il y avait un rire amer quand on voyait son voisin se tromper dans l’imitation du modèle. C’est là toute la gaieté des Lettres de madame de Sévigné. Un homme, dans la comédie ou dans la vie réelle, qui se fût avisé de suivre librement, et sans songer à rien, les élans d’une imagination folle, au lieu de faire rire la société de 1670, eût passé pour fou[4].

Molière, homme de génie s’il en fut, a eu le malheur de travailler pour cette société-là.

Aristophane, au contraire, entreprit de faire rire une société de gens aimables et légers qui cherchaient le bonheur par tous les chemins. Alcibiade songeait fort peu, je crois, à imiter qui que ce fût au monde ; il s’estimait heureux quand il riait, et non pas quand il avait la jouissance d’orgueil de se sentir bien semblable à Lauzun, à d’Antin, à Villeroy, ou à tel autre courtisan célèbre de Louis XIV.

Nos cours de littérature nous ont dit au {{sic2|collége|collège que l’on rit à Molière, et nous le croyons, parce que nous restons toute notre vie, en France, des hommes de collége pour la littérature. J’ai entrepris d’aller à Paris toutes les fois que l’on donne aux Français des comédies de Molière ou d’un auteur estimé. Je marque avec un crayon, sur l’exemplaire que je tiens à la main, les endroits précis où l’on rit, et de quel genre est ce rire. L’on rit, par exemple, quand un acteur prononce le mot de lavement ou de mari trompé ; mais c’est le rire par scandale, ce n’est pas celui que Laharpe nous annonce.

Le 4 décembre 1822, l’on donnait le Tartuffe ; mademoiselle Mars jouait ; rien ne manquait à la fête. Eh bien ! dans tout le Tartuffe, on n’a ri que deux fois, sans plus, et encore fort légèrement. L’on a plusieurs fois applaudi à la vigueur de la satire ou à cause des allusions ; mais on n’a ri, le 4 décembre,

1º Que quand Orgon, parlant à sa fille Marianne de son mariage avec Tartuffe (IIe acte), découvre Dorine près de lui, qui l’écoute ;

2º L’on a ri, dans la scène de brouille et de raccommodement entre Valère et Marianne, à une réflexion maligne que Dorine fait sur l’amour.

Étonné qu’on eût si peu ri à ce chef-d’œuvre de Molière, j’ai fait part de mon observation à une société de gens d’esprit : ils m’ont dit que je me trompais.

Quinze jours après, je retourne à Paris pour voir Valérie[5] ; l’on donnait aussi les Deux Gendres, comédie célèbre de M. Étienne. Je tenais mon exemplaire et mon crayon à la main : l’on n’a ri exactement qu’une seule fois ; c’est quand le gendre, conseiller d’État et qui va être ministre, dit au petit cousin qu’il a lu son placet. Le spectateur rit, parce qu’il a fort bien vu le petit cousin déchirer ce placet, qu’il arrache des mains d’un laquais auquel le conseiller d’État l’a remis sans le lire.

Si je ne me trompe, le spectateur sympathise avec la venue de rire fou que le petit cousin dissimule, par honnêteté, en s’entendant faire des compliments sur le contenu d’un placet qu’il sait bien avoir déchiré sans qu’on l’ait lu. J’ai dit à mes gens d’esprit qu’on n’avait ri que cette seule fois aux Deux Gendres ; ils m’ont répondu que c’était une fort bonne comédie, et qui avait un grand mérite de composition. Ainsi soit-il ! mais le rire n’est donc pas nécessaire pour faire une fort bonne comédie française.

Serait-ce, par hasard, qu’il faut simplement un peu d’action fort raisonnable, mêlée à une assez forte dose de satire, le tout coupé en dialogue, et traduit en vers alexandrins spirituels, faciles et élégants ? Les Deux Gendres, écrits en vile prose, auraient-ils pu réussir ?

Serait-ce que, comme notre tragédie n’est qu’une suite d’odes[6] entremêlées de narrations épiques[7], que nous aimons à voir déclamer à la scène par Talma ; de même, notre comédie ne serait, depuis Destouches et Collin d’Harleville, qu’une épître badine, fine, spirituelle, que nous aimons à entendre lire, sous forme de dialogue, par mademoiselle Mars et Damas[8] ?

Nous voici bien loin du rire, me dira-t-on ; vous faites un article de littérature ordinaire, comme M. C. dans le feuilleton des Débats[9].

Que voulez-vous ? c’est que, bien que je ne sois pas encore de la société des Bonnes-Lettres, je suis un ignorant, et de plus j’ai entrepris de parler sans avoir une idée ; j’espère que cette noble audace me fera recevoir aux Bonnes-Lettres.

Ainsi que le dit fort bien le programme allemand, le rire exige réellement, pour être connu, une dissertation de cent cinquante pages, et encore faut-il que cette dissertation soit plutôt écrite en style de chimie qu’en style d’académie.

Voyez ces jeunes filles dans cette maison d’éducation, dont le jardin est sous vos fenêtres ; elles rient de tout. Ne serait-ce point qu’elles voient le bonheur partout ?

Voyez cet Anglais morose qui vient déjeuner chez Tortoni, et y lit d’un air ennuyé, et à l’aide d’un lorgnon, de grosses lettres qu’il reçoit de Liverpool, et qui lui apportent des remises pour cent vingt mille francs ; ce n’est que la moitié de son revenu annuel ; mais il ne rit de rien : c’est que rien au monde n’est capable de lui procurer la vue du bonheur, pas même sa place de vice-président d’une société biblique.

Regnard est d’un génie bien inférieur à Molière ; mais j’oserai dire qu’il a marché dans le sentier de la véritable comédie.

Notre qualité d’hommes de collège en littérature, fait qu’en voyant ses comédies, au lieu de nous livrer à sa gaieté vraiment folle, nous pensons uniquement aux arrêts terribles qui le jettent au second rang. Si nous ne savions pas par cœur les textes mêmes de ces arrêts sévères, nous tremblerions pour notre réputation d’hommes d’esprit.

Est-ce là, de bonne foi, la disposition où il faut être pour rire ?

Quant à Molière et à ses pièces, que me fait à moi l’imitation plus ou moins heureuse du bon ton de la cour et de l’impertinence des marquis ?

Aujourd’hui il n’y a plus de cour, ou je m’estime autant, pour le moins, que les gens qui y vont ; et en sortant de dîner, après la bourse, si j’entre au théâtre, je veux qu’on me fasse rire, et je ne songe à imiter personne.

Il faut qu’on me présente des images naïves et brillantes de toutes les passions du cœur humain, et non pas seulement et toujours les grâces du marquis de Moncade[10]. Aujourd’hui, c’est ma fille qui est Mademoiselle Benjamine, et je sais fort bien la refuser à un marquis s’il n’a pas quinze mille livres de rente en biens-fonds. Quant à ses lettres de change, s’il en fait et qu’il ne les paye pas, M. Mathieu, mon beau-frère, l’envoie à Sainte-Pélagie. Ce seul mot de Sainte-Pélagie, pour un homme titré, vieillit Molière.

Enfin, si l’on veut me faire rire malgré le sérieux profond que me donnent la bourse et la politique, et les haines des partis, il faut que des gens passionnés se trompent, sous mes yeux, d’une manière plaisante, sur le chemin qui les mène au bonheur.


  1. Ce chapitre parut sous ce même titre en janvier 1823 dans Paris Monthly Review. Pour les corrections qu’y apporta Stendhal en le publiant dans sa brochure de la même année, cf. l’article de Miss Doris Gunnell dans Le Divan de novembre–décembre 1920. p. 267. N. D. L. É.
  2. Beyle se préoccupa constamment de la nature du rire et des sources du comique. On trouvera une analyse assez poussée de ses idées à ce sujet dans l’ouvrage d’Henri Delacroix : La Psychologie de Stendhal, pp. 224–234. En plus de ce chapitre inséré dans Racine et Shakspeare, Stendhal est revenu souvent à ces mêmes idées. On en trouvera l’exposé dans : Mélanges d’art et de littérature (1867), chap. I. Essai sur le Rire, pp. 1–30. — Correspondance (édition Paupe et Cheramy), I, pp. 70, 120–122 ; II, 279 et passim.Histoire de la Peinture en Italie (1854), pp. 222–224 (Note). — Molière jugé par Stendhal (publié par Henri Cordier), pp. VI–XII. — La Vie littéraire de Stendhal, par Adolphe Paupe (Champion, 1914), pp. 138–143. — Enfin Miss Doris Gunnell : Stendhal et l’Angleterre, signale p. 245 que le London Magazine (octobre 1825, pp. 274–277) contient un article où Stendhal explique que « Shakspeare ne fait pas rire comme Molière ». N. D. L. É.
  3. Le Miroir des Spectacles, petit journal satirique et libéral qui parut de 1821 à 1823, reparut ensuite sous le nom de La Pandore de 1823 à 1825. N. D. L. É.
  4. Le théâtre de la foire de Regnard, Lesage et Dufresny, n’a aucun rang en littérature ; peu de gens l’ont lu. Il en est de même de Scarron et Hauteroche.
  5. Valérie ou l’Aveugle, comédie de Scribe et Mélesville. N. D. L. É.
  6. Monologue du Paria, de Régulus, des Machabées.
  7. Récits d’Oreste dans Andromaque. Quel peuple n’a pas ses préjugés littéraires ? Voyez les Anglais ne proscrire que comme anti-aristocratique cette plate amplification de collège intitulée Caïn, Mystère par lord Byron.
  8. Il dépend de la police de Paris d’arrêter la décadence de l’art dramatique. Elle doit employer sa toute-puissance à faire qu’aux deux premières représentations des ouvrages nouveaux donnés aux grands théâtres il n’y ait absolument aucun billet donné.
  9. Le rédacteur des Débats qui signait C était Duviquet, tenant forcené du classicisme. N. D. L. É.
  10. De l’École des Bourgeois.