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Recueil des lettres missives de Henri IV/1579/11 mai ― À monsieur de Scorbiac (1)

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1579. — 11 mai. – Ire.

Orig. – Arch. de M. le baron de Scorbiac, à Montauban. Copie transmise par M. Gustave de Clausade, correspondant du ministère de l’Instruction publique.


À MONSR DE SCORBIAC,

CONSEILLER EN LA COURT DU PARLEMENT DE THOLOSE.

Monsr de Scorbiac, Ne desirant rien tant que de voir la paix bien establie par tout mon gouvernement, je vous prie vous acheminer en Quercy, pour l’execution de l’edict, avec les srs de Saint-Supplice[1] et de Vezins[2], suivant la commission et instruction qui leur ont esté envoyées, n’oubliant, entre aultre chose, de remectre Lauzerte[3] entierement en l’estat porté par l’edict, car c’est une grande pitié de voir les habitans ne jouir aultrement du benefice d’icelluy. Comme aussy je vous recommande partout ailleurs l’execution, ensemble de ce qui a esté resolu en la conference tenue à Nerac ; et devant que de partir, faictes mettre sur la presse ce qui est cy-enclos[4]. Sur ce, je prieray Dieu vous tenir, Monsr de Scorbiac, en sa saincte et digne garde. De Pamiés, le xje mai 1579.

Vostre bien bon et asseuré amy,
HENRY.


  1. Jean d’Ébrard, seigneur de Saint-Sulpice, chevalier des ordres en 1579, déjà chargé par le Roi, en 1574, de surveiller les actes du maréchal de Damville, et, dans la même année, de continuer avec le même maréchal les conférences pour la pacification des troubles. Il se distingua en plusieurs affaires par sa valeur, notamment en 1584, devant Clermont de Lodève, puis à la bataille de Coutras.
  2. Antoine de Vesin ou Voisins, fils de Jean de Vesins et de Jeanne de Balaguier, était frère aîné du célèbre Jean de Voisins, sénéchal de Quercy, tué à la défense de Cahors, et qui avait sauvé son ennemi Regniès de la Saint-Barthélemy. Antoine de Voisins mourut en 1581.
  3. Petite ville du Quercy, aujourd’hui chef-lieu de canton dans le département de Tarn-et-Garonne.
  4. Les moyens de publicité de la presse devinrent d’un plus fréquent usage dans le parti du roi de Navarre, par l’influence qu’y exerça, après son retour d’Angleterre, du Plessis-Mornay, écrivain très-exercé à la polémique. Cette lettre et les deux suivantes peuvent donner quelque idée de l’emploi qu’on faisait déjà de la presse parmi les réformés du Midi, avant les modifications introduites par Mornay dans la petite cour de leur chef.