75%.png

Recueil des lettres missives de Henri IV/1581/23 novembre ― À monsieur du Plessis, mon conseiller et chambellan

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche



1581. — 23 novembre. — IIme.

Cop. — B. R. Suppl. français, Ms. 1009-3.

Imprimé. — Mémoires de Messire Philippe de Mornay, seigneur Du Plessis Marli, etc. t. Ier, p. 71. Édition de La Forest, 1625, in-4o.


À MONSIEUR DU PLESSIS, MON CONSEILLER ET CHAMBELLAN.

Monsr du Plessis, J’envoye le sr Chartier, present porteur, expressement vers Monsieur, pour les affaires qu’il vous communiquera ; sur quoi je vous prie le croire de ce qu’il vous dira de ma part, comme moy mesme, traictant avec luy confidemment comme avec celuy que je n’estime moings mon fidele serviteur que de Monsieur. Et me remettant à sa suffisance je ne vous feray ceste-cy plus longue que pour vous asseurer que vostre livre a esté bien receu et recueilli, et grandement loüé et estimé des meilleurs esprits[1]. Dont je suis fort ayse, tant pour le fruict qu’il fera, que pour sortir de la boutique d’un aucteur que j’ayme, et desire luy faire paroistre mon amitié, des effects de laquelle je vous prie faire estat pour jamais. Je fais tout ce que je puis pour executer la paix ; de quoy j’espere un bon succez, non Seulement en ce pays, mais au plus lointain qui desire la pacification d’iceluy ; ainsi que vous pourra faire entendre le dict Chartier, qui me gardera d’en dire aultre chose : priant Dieu, Monsr du Plessis, vous avoir en sa saincte garde. De Nerac, le xxiije novembre 1581.

Vostre bien bon maistre et amy,


HENRY.


  1. Voici ce que le biographe de Mornay nous apprend de la composition de cet ouvrage : « Les affaires s’eschauffant en Flandres, surtout celles de Monsieur le duc d’Anjou, M. du Plessis retourne à Anvers, et là dans le bruit des affaires acheve son livre de la Verité de la Religion chrestienne, pour opposer à l’atheisme, qui ne se couloit pas seulement, mais à face ouverte entroit presque partout. Celivre fut imprimé par Plantin, imprimeur celebre, et par M. du Plessis fait à plusieurs reprises, à cause de tant de diverses interruptions et toutefois en moins de neuf mois. » (Vie de M. du Plessis, l. Ier, p. 55.) Lui-même, l’année suivante, traduisit cet ouvrage en latin. Voir aussi les Mémoires de madame du Plessis-Mornay. Paris, 1824, in-8o, p. 136.