Renouveau d’une cité

La bibliothèque libre.
Aller à : navigation, rechercher

La Société nouvelle, année 12, t. 1, 1896
Élie et Élisée Reclus

Renouveau d’une cité





RENOUVEAU D’UNE CITÉ


Qui n’entendit parler, peu ou prou, de la capitale de l’Écosse ? Qui n’a gardé le souvenir des inoubliables romans de Walter Scott ? Qui ne sait le rôle joué par Édimbourg dans l’histoire ? Qui ne sait tout au moins qu’on admire ses magnifiques perspectives ? — Mais ce que l’on ignore généralement, c’est qu’Édimbourg fait œuvre sociale, et qu’en cette ville l’idée de la « Société Nouvelle » se précise mieux qu’ailleurs, prend forme concrète, se réalise. Petit commencement, mais un modèle, déjà.

On sait que le vieux Édimbourg recouvre un bloc de lave, à pic de trois côtés. En haut de la noire masse, qui fut le bouchon d’un cratère dont les parois de cendres ont disparu, se dresse le « Castle » ou château-fort, auquel on travailla pendant un millier d’années. Par le désordre grandiose et pittoresque de ses portes, donjons et remparts, — mur par ici, tour par là, — le Castle fait contraste avec la ville neuve, dont les faubourgs qui l’enceignent rayonnent à sa base, et vont rejoindre, au nord, la ville maritime de Leith qu’habite une population très différente de celle d’Édimbourg. On prétend ne pas se connaître de l’une à l’autre cité — et de fait, on ne se connaît guère : « Athènes n’a rien de commun avec le vulgaire Pirée. »

La crête de la colline se continue en s’abaissant d’une pente égale jusqu’à la célèbre abbaye de Holyrood. La forteresse féodale et le sanctuaire religieux constituaient autrefois la cité presque entière. Au milieu de la rue Haute (High Street) qui suit l’arête de lave, se dresse, en manière d’autel, une pierre sur laquelle, lors des grands jours, monte un héraut d’armes costumé à l’antique. Il proclame, en langage suranné, la loi que vient d’édicter Sa Majesté Victoria, reine d’Écosse, car, à Édimbourg, l’Impératrice des Indes n’est autre que l’héritière de la famille des Stuart. Il faut dire que l’Écossais , avisé dans les choses du présent, n’entend pas renoncer à son glorieux passé, tout en travaillant à un avenir meilleur. Il veut que sa ville conserve le cachet d’autrefois. Orgueilleusement paradent sur les places les Highlanders ou « Montagnards, » en leur costume bizarre, avec quelque pelleterie en avant de leur jupe, souvenir du temps auquel leurs ancêtres n’avaient pour vêture qu’une dépouille de bête. Des joueurs de cornemuse les accompagnent, des nuées de gamins les précèdent, et la joie populaire les suit.

À l’extrémité basse de High Street, au nord du château, s’élève l’abbaye déjà nommée de Holyrood ou « Sainte-Verge ». Elle fut transformée en un palais, bien connu par le séjour qu’y fit Charles X, quand la Révolution de 1830 l’eut chassé du trône de France. Holyrood est hanté par le souvenir de la belle et malheureuse Marie-Stuart — la tant aimée, mais aussi la tant haïe Marie Stuart, en l’honneur de laquelle littérateurs, historiens et théologiens n’ont pas fini de rompre des lances.

Ajoutons que dans la Ville neuve, entre Édimbourg et Leith, la petite colline, dite de Carlton, s’est encombrée de bizarres colonnades, copiées de temples grecs et imitations du Parthénon. Pour ces constructions renouvelées de l’antique ne manquaient ni la pierre ni le marbre ; les carrières avoisinantes les fournissaient en abondance. Édimbourg avait pris au sérieux le surnom de Nouvelle-Athènes que lui avaient valu ses bibliothèques et ses écoles célèbres ; cette appellation, elle la voulait mériter par des monuments d’ordre ionique ou dorique. Néanmoins, la dernière mode est au gothique, sans qu’on puisse dire qu’il ait bien réussi aux édiles. L’architecture étant le produit de son milieu, un style n’est pur et n’est beau qu’à l’époque et dans les pays où il a pris naissance, où il a été senti et vécu.

La vallée où se trouve Holyrood sépare l’agglomération urbaine du volcan depuis longtemps éteint qu’on nomme Arthur’s Seat. Cet Arthur — ou Artus — fut le roi légendaire qui inspira les grandes épopées des Chevaliers de la Table Ronde, tels que Tristan le Léonnais, Perceval et Perce-forest, Galaor et Gauvin, Amadis et Palamède. Une large terrasse circulaire, bordée de basaltes en colonnes, entoure le piton suprême d’où se déroule jusqu’à la mer, jusqu’aux comtés d’outre-Forth, une immense étendue verdoyante.

La campagne commence brusquement au ras de la grand’ville, laquelle n’envoie pas, comme fait Londres, des tentacules dans la province environnante, où elles accrochent bourgs, villes et villages, annexés les uns après les autres. Tout à côté de la cité bruyante s’ouvrent landes et bruyères ; la multitudineuse rumeur des foules et des tambours, les sifflets des fabriques et locomotives font çà et là vibrer les parois des rochers solitaires.

High Street, l’artère principale de la vieille ville, et quasiment l’ancienne ville tout entière, High Street où jadis les prélats se rencontraient avec les grands courtisans, High Street n’était plus, en ces derniers temps, qu’une rue immonde. Lorsque Jacques VI hérita de la couronne d’Angleterre et se transporta à Londres, où il fut suivi par les seigneurs de son entourage, Édimbourg fut délaissée par la cour et par tout le monde des riches parasites. De ruine en ruine High Street devint un lieu de misère, un quartier sordide. Des prostituées étendaient leurs paillasses sur d’anciens parquets, des cheminées monumentales, à boiseries et sculptures, étaient maçonnées et transformées en cabinets d’aisance, dans les wynds ou cours, dans les closes ou culs-de-sac, les ordures s’étaient accumulées à plusieurs mètres de hauteur. Le quartier empuanté à fond, telles impasses, telles rues étroites, sont encore des sentines d’infection. Et la misère y grouille, ordure humaine sur l’ordure des choses.

Survint un homme de cœur et d’intelligence, nommé Patrick Geddes, lequel se dit : « De cette pourriture, de cette infection, de cette misère nous sommes responsables. Et s’il y a culpabilité en cette affaire, les coupables ne sont pas les meurt-de-faim, mais ceux qui vivent à leurs dépens ! »

Ce n’était pas que Geddes fût riche d’écus, mais il était riche d’intelligence et de bonne volonté. Disons tout d’abord que l’individu est un petit homme vibrant et agile. La tête est finement sculptée portant une lourde chevelure qui tombe en casque sur le front. Il se dit Gael, de la race d’Artus, se porte comme un descendant du Celte vaincu et opprimé, ne se soucie point d’appartenir à la postérité des pirates et vikings, des hordes d’Angles, de Saxons, Norses et autres pillards des côtes de la Baltique ou de la mer du Nord, ni des Normands plus ou moins francisés. L’homme est un savant, célèbre comme botaniste, moins connu comme historien, mais qui connaît beaucoup ; il a même fait au Mexique des études prolongées d’archéologie. De préférence il s’adonne à la biologie, se dit disciple fervent de Flahaut, le professeur de Montpellier, qu’il déclare le plus grand botaniste du siècle. L’ouvrage de Geddes le mieux connu a pour titre : L’Évolution du Sexe et a été écrit en collaboration avec Thomson, son collègue à l’Université de Dundee, où Geddes enseigne la biologie botanique. Son cours, révolutionnaire, exaspère les botanistes orthodoxes qui restent confinés dans la doctrine des immuables espèces. L’enseignement du biologiste s’est répandu en dehors de l’Université, et sous son influence se forment des groupes d’amateurs enthousiastes, sociétés d’ouvriers botanisant le dimanche, qui connaissent admirablement leur flore locale et la respectent ; ils refusent même d’herboriser avec les malencontreux personnages qui s’obstinent à arracher des plantes sous prétexte de collections. Geddes est en relations intimes avec des jardiniers experts qui avaient inventé le darwinisme bien avant Darwin, car celui-ci, dans l’Origine des Espèces, n’a guère fait que rassembler en faisceau les découvertes et observations des jardiniers et des éleveurs.

Édimbourg, le groupe universitaire le plus important de la Grande- Bretagne, compte dans ses diverses facultés 5,000 élèves, dont 3,000 s’occupant de médecine et de chirurgie. La célèbre école se vante d’avoir donné naissance aux deux découvertes chirurgicales les plus importantes du siècle, à savoir celle de l’anesthésie par l’éther, le chloroforme, etc., et celle des pansements antiseptiques, gloire de Lister. Mais les professeurs actuels, fiers de la renommée de leur prédécesseurs, se gèrent en propriétaires plutôt qu’en administrateurs de l’Université, dans les revenus de laquelle ils se taillent des traitements plus que magnifiques. L’un d’eux s’est alloué 125,000 francs par an. Aussi la politique de messieurs les directeurs s’emploie-t-elle à diminuer le nombre des collègues afin de grossir la part du gâteau.

Par manière de compensation, plus les professeurs sont riches, plus pauvres sont les étudiants. Il faut dire que les jeunes gens de famille riche ne manquent pas d’aller passer leurs années d’université à Cambridge, ou mieux encore à l’aristocratique Oxford.

Voyant dans quelle misère se traînaient nombre de jeunes hommes à belle intelligence et nobles aspirations, Geddes ne put autrement que leur souhaiter une existence moins dure et injuste. Bientôt il se fit une clientèle d’étudiants et étudiantes, de jeunes professeurs et autres universitaires. Il résolut de leur procurer des demeures moins odieuses, une existence moins pénible. L’endroit le plus ignoble, peut-être, de High Street fut celui par lequel il commença — c’était un repaire de filles de joie ; — il n’hésita pas à l’acheter et à l’approprier en University-Hall ; même y installa-t-il le groupe des étudiantes. Il ne doutait pas qu’en changeant le personnel, les entours changeraient, puis tout le milieu. Il se mit donc bravement à acheter les terrains. Disons qu’il a fait deux parts de sa vie. L’hiver il fonctionne comme professeur à Dundee, vaque aux travaux scientifiques ; l’été il s’adonne aux réformes sociales.

Et l’argent ? La société qui avait pris pour raison sociale « Geddes et consorts » (Geddes and his colleagues) en trouva, elle en trouve toujours. Car ce ne sont pas des châteaux en Espagne qu’il s’occupe à construire et à reconstruire. L’argent qui s’y dépense se retrouve en loyers. Il démontre facilement qu’avec de l’intelligence et du savoir-faire, et pourvu que l’entreprise se fasse sur une vaste échelle, les jeunes gens auxquels il s’intéresse peuvent être bien logés, bien nourris à moindres frais qu’il ne leur en coûte pour être mal nourris et mal logés. Il produit ses plans et ses calculs, montre les résultats acquis. Il y a sept ans déjà que son œuvre fonctionne, et tel qui, il n’y a qu’un instant, le traitait de visionnaire, lui confie son argent, sur la simple hypothèque des maisons à racheter et à reconstruire. Tel est son succès que malgré la sainte routine l’administration municipale a souvent recours à lui. La ville lui a confié le soin d’exproprier des immeubles à démolir ou à transformer. Ajoutez que Geddes est un artiste, qu’il a le sens du décor en grand. Il sait garder le pittoresque des anciennes constructions et même il le développe, grâce à des gazons et parterres, par de judicieux ornements, des fresques et sculptures. Il fait mieux et meilleur marché que tout le monde, réalise de notables économies sur les frais de justice et de comptabilité, supprime les traités officiels, les stipulations notariées par un livre de comptes qui fait autorité en justice. Le Doit et l’Avoir donnent le détail des transactions, racontent tout ce qu’il est utile de savoir. Jusqu’à présent, on n’a eu aucune dispute avec les dix architectes ou entrepreneurs, ni le moindre bout de procès avec les cinquante propriétaires d’immeubles. On a eu de rares, de rarissimes désagréments avec tel ou tel, mais on en a été quitte sans querelle et l’on s’arrangeait ensuite à laisser ces gens tranquilles, on s’adressait à d’autres. Le monde est grand.

Pour ce qui en est de l’œuvre déjà accomplie, quatre cents jeunes gens sont logés dans les nouveaux bâtiments, où ils ont trouvé demeure spacieuse et largement éclairée, fournie des accommodations hygiéniques. Dans l’University-Hall les réfectoires sont communs ; dans les salles d’études et de discussion les jeunes gens vivent en bonne et fraternelle camaraderie, en une affection mutuelle que l’on ne trouverait pas dans les communautés religieuses. Les étudiantes se sont organisées en une société quasi libertaire.

Encouragé par le succès, le milieu Geddes rêve mieux encore, projette une abbaye de Thélème ; d’énormes bâtisses, qui jusque-là n’ont guère servi qu’à des expositions banales, doivent être transformées en institut d’histoire et de géographie, avec salles de conférences aux étages supérieurs, ateliers et musées dans les parties hautes, lesquelles dominent l’immense étendue de la ville et de la campagne, ont vue jusqu’au merveilleux pont de la Forth.

Et d’autres projets vont leur train : une bibliothèque, des laboratoires, et pour ne pas toujours faire de l’instruction, rien que l’instruction, il faudrait, pour un public plus large et moins exclusivement universitaire, de la musique et du théâtre. On voudrait fonder la Maison des Artistes, puis celle des auteurs unis, devenant leurs propres éditeurs et imprimeurs. On pense encore pour plus tard — mais pas si tard que les calendes grecques — à des maisons de campagne pour les convalescents, à des lieux de repos et de villégiature. Mieux que ça, on étudie la création de jardins où l’on pratiquerait la culture intensive, où dans un milieu resté intellectuel les hommes travailleraient aussi de leurs mains, approvisionneraient de fruits et légumes, même de céréales, les associations de High Street.

Telles étaient les entreprises prochaines que l’on discutait naguère à Édimbourg, en une réunion de professeurs et d’étudiants qui s’étaient donné rendez-vous à l’University-Hall, de toutes les parties de la Grande-Bretagne ; des Italiens, des Français assez nombreux s’y étaient aussi rencontrés. Plusieurs conférences se donnèrent à la campagne ; telles leçons de géologie ou relatives à l’histoire d’Écosse se firent sur place. Quelques-unes furent accompagnées de représentations scéniques. On nous parla d’Artus, tandis que nous siégions à la Table Ronde, sur les doux fauteuils de gazon, au pied du château de Stirling.

En ce milieu dont M. et Mme Geddes sont les bons génies, on rêve à la transformation des études historiques. En nos lycées, collèges et facultés, l’histoire n’est qu’un déballage de momies. Et telle nous a paru la pensée maîtresse de Patrick Geddes, de ses collaborateurs et de ses disciples : vivre la science, aimer la science ; cultiver la science pour elle-même, et non pour le profit ; non point pour les carrières officielles qu’elle ouvre, pour les appointements qu’elle procure. On a fini par se lasser de la science telle que les pleutres la comprennent, telle qu’ils l’ont accaparée et imposée dans les universités officielles, devenues des fabriques de brevets au profit de la bourgeoisie. Il faudrait en revenir aux projets des humanistes des XVe et XVI« siècles qui pensèrent fonder des écoles pour développer l’humanité en l’homme. Mais à peine avaient-ils commencé que surgirent les dominicains et jésuites d’un côté, luthériens et calvinistes de l’autre, qui n’avaient souci, eux, que de propagande confessionnelle. Et « des humanités » il ne fut plus question. Il serait temps de reprendre l’idée que caressaient les grands esprits de la Renaissance et de transformer les universités actuelles en Écoles de Libres Études.

Ce sont là les projets, les réalisations admirables de Geddes et de ses amis, et c’est d’un cœur ému que nous contemplons les œuvres accomplies ; mais ici un doute nous prend : Que deviendrait l’entreprise dont la réussite croissante est due presque en entier à la personnalité de l’homme qui la réalise, à sa chaleur d’âme, à son enthousiasme sans cesse renaissant, à son amour qui pénètre tout et fond les obstacles comme de la cire ? Que deviendrait ce travail prodigieux si les capitaux auxquels il doit forcément s’adresser et qu’il emploie dans ces constructions, venaient à donner en un moment critique la prépondérance à des intérêts monétaires ligués contre lui ? Certes, les banquiers aiment à se répandre en démonstrations d’onctueuse philanthropie lorsque l’argent prêté leur rapporte d’honnêtes pourcentages ; ils débordent alors de sympathie pour les humbles et les pauvres. Mais ce sont là des sentiments sur lesquels il ne faut point compter d’une manière absolue ; si généreux que soit le prêteur, il n’aime point à se dessaisir de son gage. Puis, quand les hommes sincères, quand les purs et les dévoués qui consacrèrent leur vie à l’œuvre fraternelle, ne sont plus là pour la continuer dans le même esprit, quand ils dorment sous la pierre, et que le « capital engagé », toujours vivant, toujours conscient de ses « droits », est désormais chargé de mener l’entreprise à bonne fin, hélas ! tout change alors. Il est vrai que les protestations humanitaires se font encore entendre, mais ce sont des paroles vaines, vides de sens, l’argent est devenu le maître, et toute l’affaire se trouve orientée vers un bas idéal. C’est ainsi que tant d’autres œuvres, commencées dans le pur enthousiasme fraternel, sont devenues peu à peu de médiocres institutions bourgeoises, dont il serait aussi utile de se débarrasser qu’il fut noble de les entreprendre !

Certes, ces vaillants d’Édimbourg, « Geddes et amis » savent parfaitement quel danger les menace ; ils n’ignorent point la puissance néfaste de la propriété privée, de l’argent, des intérêts pour cent et pour mille, mais tout en subissant les conditions de cette société mauvaise, ils s’empressent d’agir, réalisant de leur mieux autant de « faits accomplis » que leur vie peut en fournir, donnant à l’œuvre l’impulsion de tout leur être, s’associant en nombres grandissants pour qu’il soit de plus en plus difficile à l’argent de les faire dévier de leur voie. La forme extérieure de l’œuvre pourra changer après eux, mais ce qui ne périra pas c’est leur esprit, et d’autres reprendront le travail où on l’aura laissé.

Nous en avons assez, nous en avons trop, de cette exploitation toujours plus cruelle de l’homme par l’homme, trop de cette « production des richesses », c’est-à-dire paupérisation du grand nombre au profit d’une minorité toujours plus restreinte. Nous en avons assez du « Mammon inique », trop de l’ignoble Veau d’Or. Qu’on nous donne enfin une société humaine, qui soit au moins digne des autres sociétés animales, telles que les républiques des fourmis et des abeilles, des grues et des hirondelles ! Prenons enfin le loisir d’être heureux ! Nous avons besoin de fraternité — de fraternité entre les peuples et les nations, de fraternité entre les hommes.


ÉLIE, ÉLISÉE RECLUS