Revue Musicale de Lyon 1903-11-10/A travers la Presse

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À travers la Presse

La première de « Lohengrin » en 1891

La première représentation de Lohengrin fut donnée à Lyon sous la direction Poncet, le jeudi 26 février 1891, en soirée de gala au bénéfice de l’œuvre des fourneaux économiques. La distribution de l’œuvre était la suivante :

Chef d’orchestre 
 M. A. Luigini.
Elsa 
 Mlle Janssen.
Ortrude 
 Mlle Bossy.
Lohengrin 
 M. Massart.
Frédéric 
 M. Noté.
Le Roi Henri 
 M. Bourgeois.
Le Héraut 
 M. Lacôme.

On put craindre un moment des troubles analogues à ceux qui se produisirent à Paris lors de l’unique représentation de Lohengrin donnée en 1887 par Ch. Lamoureux. Des patriotes voulaient organiser le boycottage du Grand-Théâtre.

« Pour ma part, écrivait au lendemain de la représentation de Lyon, M. Paul Bertnay, l’excellent critique du Rhône, j’avais reçu toute une série de lettres où j’étais menacé des plus terribles traitements si je continuais à « faire l’allemand » en demandant la représentation d’une œuvre de ce misérable Wagner, et je suppose que nos confrères ont aussi leurs poches pleines de poulets semblables. Jusqu’à un bon toqué qui me proposait des rendez-vous pour me montrer un régiment de camelots qui ne demandaient qu’à être embauchés pour la bonne causé !! »

Notre confrère de l’Expres, rappelait d’ailleurs mercredi dans sa chronique théâtrale ces craintes au sujet de Lohengrin :

« Nous sommes loin de l’époque où mon ennemi intime, M. Campocasso, se refusait malgré mes objurgations, à monter Lohengrin, dans la crainte, disait-il, de voir les barbares de la Croix-Rousse, toujours altérés de carnage, descendre de leur colline pour mettre le feu au théâtre. »

En dépit des menaces, la représentation fut un triomphe pour l’œuvre et pour les interprètes. Et depuis, Lohengrin a toujours obtenu le plus grand succès sur notre scène ; l’œuvre de Wagner est maintenant la plus populaire du répertoire, même chez les honnêtes et paisibles habitants du « plateau ».

« Et c’est le privilège de ses mélodies limpides et si souvent italiennes, ainsi que de ces caressantes harmonies, explique spirituellement notre excellent confrère de l’Express, de séduire les oreilles les plus rebelles et de donner au bourgeois le plus rétrograde l’orgueilleuse satisfaction de croire qu’il comprend la musique de Wagner. »

L’Express (L.). — Le programme de la saison 1903-1904.

« Depuis l’ouverture de la saison, c’est-à-dire, en quinze jours, M. Broussan a monté sept ouvrages dont cinq n’ont été joués qu’une seule fois. Si ces ouvrages ont été représentés convenablement, ils doivent faire recette et l’on peut vivre suffisamment sur ce « fond » pour pouvoir préparer les œuvres nouvelles ou les autres reprises avec tout le soin et le temps désirables. Agir différemment en montant des pièces hâtivement sans les études indispensables, ce serait reconnaître que les spectacles offerts au public sont mauvais et qu’ils ne « font pas d’argent ». lit ce n’est pas moi qui l’aurai dit…

« Dans tous les cas, le programme de la direction est énorme. Il comporte la mise en scène du Crépuscule des Dieux, de l’Étranger et de trois œuvres secondaires dont je ne veux pas m’occuper, la reprise des trois premières parties de l’Anneau du Nibelung, de Tannbaüser, sans parler de Carmen, Manon, Werther, Louise et Roméo.

« Or, les études du Crépuscule doivent certainement, absorber plus de deux mois ; celles de l’Étranger et des trois œuvres de la Tétralogie, déjà jouées à Lyon, un mois pour chacun de ses ouvrages. Au total : six mois, c’est-à-dire plus de temps qu’il n’en reste avant la fin de la saison.

Il n’y a donc pas une minute à perdre. Il faut laisser de côté les reprises sans intérêt d’œuvres banales et démodées et commencer immédiatement les études de la Tétralogie, si toutefois on désire sincèrement mettre à exécution un programme si séduisant et si pompeusement annoncé. »

Angers-Artiste. — M. Louis de Romain écrit un important article à propos de la Symphonie en ré mineur de G. M. Witkowski.