Revue canadienne/Tome 1/Vol 17/Le Colorado en 1880 (Suite) (septembre)

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Collectif
Compagnie d’imprimerie canadienne (17p. 458-466).

LE COLORADO EN 1880.

Suivi de quelques réflexions sur les Etat-Unis en général.

DENVER. — Suite.

Quelques mots en passant sur les hôtels de première classe en Amérique. Ils sont les palais en vogue, et représentent l’idéal du confortable ; rien au-delà. Service compliqué, sollicitude ccablante pour ce qui regarde une infinité de détails plus ou moins nécessaires : tel est le caractère de ces établissements qui sont le principal ornement des villes du Nouveau-Monde. Il faut un nègre pour vous indiquer votre place à table ; un autre pour vous pousser votre chaise ; puis un troisième vient vous demander — bien qu’inutilement — ce que vous désirez manger, car il faut, malgré tout se conformer à une quantité traditionnelle de petits plats se refroidissant tous à la fois ; à moins que vous ne préveniez cet inconvénient en avalant votre repas avec une vitesse prestigieuse. Quant à la construction de ces hôtels, elle se distingue ordinairement par un bon choix de matériaux et par une solidité irréprochable ; le style architectural est plus frappant que de bon goût ; l’ornementation est généralement lourde et confuse ; les peintures décoratives arrivent quelquefois jusqu’au ridicule, et il en est même que désavoueraient beaucoup de cafés européens ; d’ailleurs d’un amas de richesses entassées sans art et dont le tout manque d’unité de choix et de caractère. En un mot, tout grand hôtel américain est somptueux d’apparence et prétentieux dans son style.

Le bon goût ainsi que la société exigent une plus grande simplicité ; et avec un peu moins de complication dans le mécanisme administratif, les hôtels américains seraient plus attrayants et plus sympathiques pour le grand nombre des voyageurs qui y descendent ; et ces derniers souvent enclins à la tristesse et à l’anxiété s’y coudoieraient avec plus d’aisance.

Cette appréciation un peu sévère d’une chose considérée comme si importante sur notre continent, ne doit affecter en rien l’opinion générale : elle n’est, au contraire, que l’expression d’un sentiment personnel, et l’une des conséquences accordées à chacun d’écrire librement ses pensées ; et si quelquefois le lecteur ne se sent pas du même avis que celui qui écrit ces lignes — et cela avec le plus grand droit du monde — il devra au moins lui accorder un peu de sympathie pour ses efforts et pour la sincérité de ses intentions.

Les plus importants hôtels après le « Windsor, » sont le « Charpiot’s Hôtel, » l’ « American House, » le « Grand Central » et le « Glenarm ». La moyenne des prix est de 3 à 3 dollars et demi par jour. Il y a d’autres établissements très recommandables où les bourses modestes peuvent s’adresser en toute confiance. Parmi ces derniers nous aimons à citer le « St. Nicholas » tenu par M. G. M. Lahaye, canadien natif de Batiscan. Ce monsieur, l’un des doyens de Denver, quoique jeune encore, mérite certainement des éloges pour la bonne tenue de sa maison et surtout pour l’intérêt qu’il porte à ses compatriotes. Quant aux restaurants à la carte, les gourmets ne peuvent mieux s’adresser qu’en allant chez « Charpiot » déjà nommé, ou chez « Cella » près du théâtre, 15ème rue. Le service de ces deux maisons est fait tant soit peu à la française, et les vins y sont excellents. Toutefois il est bon de n’y pas trop faire d’extravagances, car si Lucullus dînait bien, même avec Lucullus, il n’avait pas du moins de carte à payer ; tandis que de nos jours tout simple mortel peut s’imposer un quart d’heure de Rabelais aussi désagréable qu’imprévu.

Il s’imprime à Denver plus de journaux qu’il n’en faut pour avoir d’intéressantes nouvelles et de bonne littérature. Le Denver Tribune, organe républicain, et le Rocky Mountain News, dont la politique est démocratique, méritent seuls une certaine attention. Les plaisirs sont représentés par un théâtre assez malpropre portant le titre pompeux d’Opéra, et donnant parfois des pièces tronquées et d’un goût douteux ; puis il y a l’inévitable café chantant, où, il va sans dire, la morale est insultée de la façon la plus révoltante. À côté de ces plaisirs il y a la misère humaine, et pour cette dernière les hôpitaux. Denver en compte deux : l’un est soutenu par le comté ; l’autre est sous la direction des Sœurs de Charité venant de Leavenworth (Kansas). Ces bonnes religieuses sont loin d’être riches ; mais elles ont un dévouement sans bornes ; et malgré leurs préjugés ordinaires, les protestants sont forcés de reconnaître la supériorité des services qu’elles rendent à ceux qui souffrent. Il y a environ une trentaine d’églises représentant diverses congrégations réformées. Elles sont pour la plupart d’une apparence assez pauvre, sans aucun style, froides et vides comme leur sanctuaire. La ville n’a pas encore d’édifices municipaux, et en attendant mieux, elle a installé ses bureaux d’une façon provisoire. Les professions libérales sont littéralement encombrées : toutes celles qui concernent l’enseignement ainsi que les places de bureaux sont prises d’assaut par les malades, qui ayant encore assez de force pour travailler, offrent leurs services à n’importe quel prix, dans l’espoir de recouvrer la santé sous un climat réputé favorable. Il en est de même pour les employés de commerce. En somme, Denver n’offre pour le moment aucun avantage pour celui qui veut s’y fixer sans quelques capitaux ou sans une spécialité répondant aux besoins les plus pressants d’une ville naissante. Ainsi donc, avant d’émigrer au Colorado, il sera bon de ne pas se fier aux rapports de gens trop enthousiastes, et à la réclame généralement trompeuse des journaux. Les Canadiens-français particulièrement, devront prendre cet avis comme le plus sage et le plus sûr ; et en s’attachant plus fortement à leur sol, ils lui rendront justice et ne viendront plus augmenter le nombre de ceux de leurs compatriotes, qui jusqu’à présent, ont été pour la plupart les dupes d’agents mercenaires et corrompus.

Commerce, agriculture et chemins de fer.

L’élevage des bestiaux sur la prairie, tels que chevaux, bœufs et moutons, est d’une importance remarquable au Colorado. Ce commerce est connu sous le nom de stock business ; il est plus ou moins heureux, selon les bonnes conditions du climat ou les accidents qui résultent d’une longue sécheresse ou de trop nombreuses tempêtes de neige. Les produits alimentaires constituent l’une des principales branches de commerce ; viennent ensuite les étoffes, le tabac, les agrès de chasse, les instruments servant à l’exploitation des mines et les divers matériaux pour la construction en général. Le bois de charpente vient en grande partie de Chicago ; la brique se fait aux environs des villes, et la pierre vient des nombreuses carrières de la montagne. Le pays est riche en mines de charbon, et déjà l’exploitation en est assez grande. Quoique peu avancée, l’industrie devra se développer plus tard, car le besoin s’en fait sentir, vû les longs transports et le tarif élevé des chemins de fer.

Ces derniers représentent diverses lignes ainsi réparties : Le Kansas Pacific qui relie Denver à Kansas City ; le Denver Pacific qui s’embranche avec l’Union Pacific à Cheyenne ; l′Atchison, Topeka & Santa Fe qui passe au sud du Colorado et qui possède des embranchements à la Junta et à Trinidad ; le Denver Rio Grande qui prend d’Alamosa, passe à Pueblo et à Colorado Springs, avec deux embranchements, dont l’un va à Cañon City, et l’autre à Trinidad et à El Moro ; le Colorado Central qui dessert Golden, Idaho Springs, Georgetown et Central, avec un embranchement de Longmont à Cheyenne ; le Denver South Park, de Denver à Fairplay, dont un embranchement jusqu’à Morisson ; enfin le Boulder Valley de Hughes à Boulder.

Quelques-uns de ces chemins de fer vont en grande partie dans les montagnes, et sont particulièrement pittoresques et audacieux : tantôt ils longent des précipices qui donnent le vertige ; tantôt ils passent sur des hauteurs prodigieuses. À la « Veta Pass », le Rio Grande parvient à une élévation de plus de neuf mille pieds.

Il serait intéressant de préciser le montant annuel des affaires au Colorado, soit dans les mines, soit dans le commerce ordinaire ; mais cela est impossible, à cause des statistiques exagérées que l’on fait tous les jours ; celles des journaux particulièrement valent moins que rien sous ce rapport. Je tiens par hasard le numéro d’un journal de Denver, donnant le chiffre des affaires de cette ville pour l’année 1878. Selon cette feuille, le résultat aurait été d’à peu près $25 millions de piastres ; et cela pour une population qui alors ne dépassait pas vingt-cinq mille âmes. Cet exemple seul, suffit pour désabuser les plus crédules et pour se défier de toute réclame en général. Enfin il est bon de savoir qu’il n’existe nulle part de pays de Cocagne : il en est de plus ou moins avantageux, mais l’on rencontre partout des difficultés et des obstacles, et le vieux proverbe : Aide-toi, le ciel t’aidera, vaut mieux que tous les Eldorados du monde avec leur abondance imaginaire et les fatales déceptions qui s’en suivent.

Une question importante est celle de l’agriculture, qui toujours est la plus solide richesse d’un pays. Il est vrai qu’elle est encore ici à l’état d’enfance ; mais elle promet un bon développement, et déjà ses résultats sont remarquables. L’on va sans doute être surpris d’entendre parler de céréales, là il n’existe pour ainsi dire ni pluies, ni cours d’eau importants ; mais les immenses irrigations que l’on est obligé de faire, suppléent à cette disette d’une façon merveilleuse. Nous allons voir comment ce moyen est mis en pratique, et comment il a été couronné de succès jusqu’à ce jour. Il y a dans les montagnes des lacs ainsi que des sources plus ou moins abondantes qui se précipitent dans la plaine en passant par des défilés que l’on nomme ici canons. En suivant la pente de ces torrents, il est facile de détourner de distance en distance une partie de leurs eaux, afin de les conduire dans les endroits propres à la culture ; mais comme l’irrigation ne doit pas être constante, l’on se sert ordinairement de petites écluses s’ouvrant et se fermant à volonté ; ce qui est aussi simple que facile. Lorsqu’il s’agit d’arroser la plaine au loin, l’on utilise pour le moment les rares ruisseaux qui la sillonnent, ou l’on pratique, quand on le peut, des puits artésiens. Mais ces derniers moyens sont plus qu’insuffisants, et les progrès de l’agriculture s’arrêteraient bientôt, si l’on n’avait jamais pensé à faire des travaux d’irrigation plus gigantesques. Il vient de se former en Angleterre une société puissante dont le but est entre autres, d’exploiter le Colorado et d’y créer de nouvelles ressources. Cette société dont le capital est, dit-on, de $25, 000, 000 de dollars, devra bientôt faire creuser un canal d’irrigation à travers tout l’État.

Une entreprise aussi efficace que celle-là, ne peut qu’apporter un changement important dans les destinées du pays et mettre au jour une nouvelle richesse de productions qui, avec les mines d’or et d’argent, le rendront plus favorable à une colonisation solide et définitive. En multipliant ainsi les fossés d’irrigation et en faisant de nombreuses plantations, le Colorado changera certainement d’aspect, et à force de patience et d’énergie, l’on modifiera peu à peu l’aridité de sa nature ; et le temps n’est pas éloigné où une riche verdure et une abondante végétation produiront des pluies plus fréquentes. D’ailleurs cette transformation quoique merveilleuse n’aura rien de nouveau en soi ; car l’on connait aujourd’hui des pays privilégiés par leur culture, qui autrefois n’étaient que des espaces incultes ; de même que par un effet contraire, une stérilité accablante a frappé certaines contrées jadis opulentes et célèbres. Le blé, l’avoine et le seigle rendent déjà très-bien au Colorado, mais la pomme de terre et le maïs ne semblent pas promettre une égale production. Les légumes et les fruits poussent facilement ; mais l’on néglige un peu trop ce genre de culture, et il faut s’adresser aux États limitrophes et à la Californie pour obtenir la quantité nécessaire à la consommation générale.

Mines d’or et et d’argent.

La grande question du jour, la plus palpitante d’intérêt pour ce qui concerne le Colorado, est sans contredit celle des mines d’or et d’argent. Je m’attends ici à rencontrer des opinions contraires et à froisser certaines susceptibilités, qui d’ailleurs sont justifiables au point de vue particulier ; mais pour le bien général, et spécialement pour celui de la classe ouvrière, qui trop souvent cède à des utopies aussi fausses que malheureuses, je ne prendrai nullement la part des mines, malgré leurs entraînements et leurs richesses.

Tout ce qui brille n’est pas or, dit-on, et l’on peut ajouter que l’or lui-même a ses déceptions et ses défauts. Rien de beau comme ce métal tel qu’il se présente à notre imagination : son éclat nous éblouit, et il nous semble être l’idéal du bonheur, l’aplanissement de toutes les difficultés de la vie, le grand moyen de parvenir aux jouissances durables et définitives. Mais en retombant forcément dans la réalité, tout change, et souvent tout s’évanouit ; les espérances de tantôt se ralentissent, les beaux rêves s’envolent, et il ne reste plus que le travail, le travail incessant et dur que Dieu a imposé à l’homme ici-bas. Il faut donc s’attendre en ce bas-monde à des insuccès, à une ambition déçue, et ne pas se livrer, comme beaucoup le font, à un désespoir coupable et inutile. L’Écriture dit que l’homme doit travailler de même que l’oiseau est fait pour voler. L’oiseau fend les airs ; il semble pour un moment le roi de l’espace, puis il tombe sans que ses ailes aient pu le conduire à un séjour durable ; l’homme au contraire s’attache à la terre, il y répand ses sueurs jusqu’à ce que son âme s’envole vers sa destinée suprême qui est le ciel. Ainsi donc, savants, artisans, laboureurs et chercheurs d’or, tous sont condamnés à un labeur difficile duquel ne dépendent, ni les certitudes de la fortune, ni les jouissances que l’on en peut attendre. S’il n’en était pas ainsi et que l’on ne fût obligé à aucun effort pour satisfaire ses besoins et ses désirs, les choses perdraient de leur valeur, et l’or, comme tout le reste, deviendrait inutile et commun. Reconnaissons donc la sagesse de Dieu qui a fait tout pour le mieux, et ne murmurons pas contre sa Providence quand nos projets ne se réalisent pas selon notre volonté. Il y a d’ailleurs assez de coupable ambition pour voir des exemples dont ne pourrait s’accommoder une conscience honnête, et pour se contenter au besoin d’épreuves et de privations.

Quelques-uns taxeront peut-être de boutade ces sincères réflexions ; mais qu’ils sachent bien qu’elles soit basées sur l’expérience de tous les jours ; libre donc à eux de penser comme ils voudront, pourvu que leurs idées soient sages et pratiques. Il n’y pas de règle sans exceptions, mais ici la règle comporte l’insuccès du plus grand nombre. Les moyens ordinairement employés pour tenter fortune dans les mines sont nombreux, mais presque tous sont risqués. Il y a les gens qui voyagent en sondant ça et là le terrain pour découvrir le minerai : ce sont les prospectors. Selon des calculs déjà faits, ils réussissent peut-être dans la proportion de un sur mille. Il arrive souvent que ces prospectors profitent de quelques indices insignifiants pour en abuser de plus naïfs qui perdent leur argent en achetant un morceau de terre inutile ; et c’est déjà l’un des nombreux abus de ce genre de spéculation. Ceux qui ont été pris les premiers tâchent à leur tour d’y faire passer les autres ; et ainsi de suite. Cela ressemble à un engrenage qui attire et broie tout. Si les ouvriers mineurs ne perdent pas d’argent dans leur travail, ils y laissent par contre un bien inappréciable : la santé. Ainsi les affaires minières étant problématiques de leur nature, elles n’exigent par conséquent aucune règle, aucune méthode, et il ne reste en définitive que les ressources d’un jeu généralement peu recommandable. Quant à ceux qui placent leurs capitaux dans les Smelting Works (usines où l’on fond le minerai pour en retirer le métal), ils ne font rien autre chose que de spéculer sagement comme tout industriel ou marchand quelconque. Ce qu’il y a de malheureux, c’est de se livrer tout simplement au hasard, ou à des spéculations peu délicates ; et il faut le dire, la plupart des grandes fortunes acquises dans les mines proviennent de ces spéculations. Cette pratique aussi pernicieuse que fatale, creuse tous les jours un gouffre immense où vont s’engloutir pour jamais des fonds amassés péniblement pendant des années ; et les conséquences désastreuses qui en découlent sont d’autant plus irréparables qu’il ne reste plus de possibilité de recouvrement, tant le courant créé par l’ambition des richesses est irrésistible dans son entraînement et inexorable dans ses ruines.

Je suis donc loin d’encourager qui que ce soit d’émigrer pour aller chercher fortune dans les mines, les risques étant trop nombreux et les chances trop rares. Il vaut mieux s’en rapporter à l’expérience de ceux qui ont perdu, pour éviter des tentations dangereuses et pour se rendre à l’évidence de faits parlant plus qu’il ne faut par eux-mêmes. En tout cas, la vérité dans cette matière, c’est la réalité, et la réalité ne réussira jamais qu’à faire tomber les illusions.

Rien n’est pénible comme cette fièvre qui s’empare des gens au moment où une découverte prétendue ou réelle vient de se faire. Il n’y a plus alors ni peines, ni fatigues ; tout s’oublie, car le seul mobile qui reste est l’espérance, sentiment bien vif, il est vrai, mais que le moindre nuage assombrit, et qu’un rien dissipe. Aujourd’hui c’est tel endroit qui attire la foule ; demain ce serait tel autre ; et toujours ces pauvres moutons de Panurge tomberont l’un après l’autre dans le piège, et y laisseront leur propre toison pour enrichir quelques fins matois. Mais là ne s’arrête pas l’échec de ceux qui courent inutilement après la fortune. L’or ayant manqué, il faut maintenant lutter avec la misère. Tout ce monde, qui auparavant semblait sympathiser par les mêmes tendances, ne fait plus que se nuire dans l’insuccès : la bourse vide, et le besoin de vivre se montrant plus pressant que jamais, chacun cherche un expédient pour se tirer d’affaire, et il arrive souvent que la nécessité pousse à des excès. De là ces troubles, ces petites anarchies auxquels l’on prête trop souvent des proportions exagérées, mais qui n’en sont pas moins regrettables, tant dans leurs causes que dans leurs effets. Il serait cependant injuste et maladroit de nier les richesses minières du Colorado. Les comtés de Boulder, de Gilpin et de Lake renferment de précieux gisements et ne semblent pas devoir bientôt s’épuiser. Black Hawk, Central, Georgetown, Idaho Spring’s et Golden, villes solidement établies, possèdent de nombreux Smelters dont l’effet est vraiment titanique. C’est à Black-Hawk que le « Boston & Colorado Smelding works Co. » sous la direction du professeur Hill, a commencé ses opérations. Aujourd’hui cette compagnie a transporté ses usines près de Denver et a nommé « Argo » l’éminence sur laquelle elle s’est placée.

C. M. Panneton.

(à continuer.)