Revue des Romans/Alethea Lewis

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Revue des Romans,
recueil d’analyses raisonnées des productions remarquables des plus célèbres romanciers français et étrangers.
contenant 1100 analyses raisonnées, faisant connaitre avec assez d'étendue pour en donner une idée exacte, le sujet, les personnages, l'intrigue et le dénoûment de chaque roman.
1839
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ACTON (Eugénie de), romancière anglaise.


LA DÉSOBÉISSANCE, traduit de l’anglais par M. Godart, 3 vol. in-12, 1813 ; 2e édit., sous le titre de la Fille abandonnée, 3 vol. in-12, 1821. — Une jeune Anglaise, bien élevée, devient amoureuse d’un M. Seabright et l’épouse malgré sa famille. Quelque temps après, les deux époux prennent la résolution de passer dans l’Inde pour tenter la fortune. Avant de partir, Mme Seabright laisse à une ancienne femme de confiance retirée dans le pays de Galles, la petite Mary, dont elle vient d’accoucher. Cette femme, nommée Éléonore, reçoit cinquante guinées, et est avertie que si elle n’entend point parler des parents de Mary, elle doit l’élever avec toute la simplicité d’une fille de campagne. Éléonore et son époux, ne recevant aucune nouvelle, élèvent Mary comme leur enfant ; elle répond à leur tendresse ; le curé du lieu soigne son éducation, et à seize ans Mary est un prodige de grâces et de vertus. William, fils d’un riche fermier, éprouve pour elle une passion qu’elle partage. Mais un jour, au moment où on y pensait le moins, un brillant équipage s’arrête à la porte de l’humble habitation de ses parents adoptifs ; ce sont ses parents véritables qui viennent la réclamer. Mary est enlevée assez brusquement des bras de ceux qui ont élevé son enfance, et peu après son père lui apprend qu’il a disposé de sa main en faveur de lord Saint-Alban. Mary refuse de contracter cette union, et montre tant de fermeté que le futur époux prend le parti de s’éloigner. Ses parents l’enferment dans une prison où on lui fait souffrit d’horribles traitements ; la malheureuse jeune fille parvient à s’évader et à rejoindre William ; les deux amants se marient et passent aux États-Unis d’Amérique, où ils fondent une petite exploitation rurale. Cette partie du roman, semée d’épisodes agréables et de détails intéressants sur l’établissement des colons dans un pays où ils portent les premiers éléments de la civilisation, est une des plus attachantes de l’ouvrage. Dans le dessein de consoler sa mère, devenue veuve et plongée dans l’indigence, Mary passe en Angleterre et détermine lady Seabright à venir partager son bonheur. — Tel est ce roman, dont quelquefois la narration est ralentie par des discours ou des colloques un peu longs, mais qui se lit toutefois avec plaisir.