Revue des Romans/Hortense Allart de Thérase

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Revue des Romans,
recueil d’analyses raisonnées des productions remarquables des plus célèbres romanciers français et étrangers.
contenant 1100 analyses raisonnées, faisant connaitre avec assez d’étendue pour en donner une idée exacte, le sujet, les personnages, l’intrigue et le dénoûment de chaque roman.
1839
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ALLART DE THERASE (Mme Hortense).


GERTRUDE, 4 vol. in-12, 1828. — Il existe une sorte de littérature bizarre que l’on a nommée l’École du cœur : une froide prétention à l’énergie, une sonorité toute phraséologique, un penchant à ne rien dire que d’une manière obscure et à dire quatre obscurités pour une, l’éternelle manie d’analyser, le grandiose usé jusqu’à l’abus pour exprimer les choses les plus communes, enfin un ton d’enthousiasme qui glace et étourdit, voilà son enseigne ; il semble que les initiés de cette espèce de religion littéraire, dont le dogme principal est l’amour platonique, craignent d’avilir l’objet de leur culte en s’exprimant avec naïveté et bonhomie. Gertrude est un roman de l’école du cœur, dont il est de toute impossibilité de faire une analyse qui puisse être comprise ; c’est cependant un roman où il est curieux de jeter les yeux pour connaître bien à fond ce que c’est que cette école, pour juger combien la sensibilité, poussée jusqu’à la sensiblerie, passe les bornes de la plaisanterie.

SETTIMIA, 2 vol. in-8, 1836. — L’héroïne de ce roman est une Romaine ; elle aime Marcel, jeune Français qui est allé passer une saison à Rome avec sa famille, avec sa mère malade. Settimia a été élevée avec soin par son oncle Vera, un de ces savants éclairés et passionnés, comme l’Italie en garde encore. Le mariage avec Marcel n’est pas possible aussitôt ; il est trop jeune, il n’a pas carrière. La famille de Marcel, en retournant en France, veut le ramener ; il résiste. Rappelé plus tard par un protecteur de qui sa carrière peut dépendre, il hésite encore, puis cède et part. Les combats de l’amour vrai et de l’ambition virile sont parfaitement peints, soit au cœur de Marcel, soit au cœur de Settimia, qui veut à la fois Marcel homme et grand par la pensée entre les autres hommes, esclave et faible à ses pieds. Tout le premier volume est rempli de ces luttes violentes et tendres de Settimia et de Marcel, et de l’essai de vie indépendante que va mener à Naples Settimia, après le départ de son amant pour l’Inde. Le second volume contient le voyage de Marcel, ses dangers dans la traversée, son retour près de Settimia, et les luttes nouvelles qu’il est obligé de soutenir.

On doit encore à Mme Allart : Conjuration d’Amboise, in-12, 1821. — Sextus, ou le Roman des Maremmes, in-8, 1832. — L’Indienne, in-8, 1832. — La Femme et la Démocratie de notre temps, in-8, 1837.