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Revue des Romans/Karl Franz Van Der Velde

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Revue des Romans.
Recueil d’analyses raisonnées des productions remarquables des plus célèbres romanciers français et étrangers.
Contenant 1100 analyses raisonnées, faisant connaître avec assez d’étendue pour en donner une idée exacte, le sujet, les personnages, l’intrigue et le dénoûment de chaque roman.
1839
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VAN DER VELDE, célèbre romancier allemand.


LES PATRICIENS, traduit de l’allemand par Loëve Wemars, in-12, 1826. — La scène se passe au XVIe siècle, à Schweidnitz, en Silésie. Cette ville jouissait de nombreux priviléges, et les patriciens exerçaient un pouvoir presque sans bornes. La lutte de cette aristocratie bourgeoise, fière de ses richesses, de son influence, et portant à la noblesse une haine profonde, contre l’aristocratie féodale, toujours pleine de mépris pour la roture, et irritée de la voir échapper à sa puissance, est retracée par Van der Velde dans l’une de ses circonstances les plus remarquables. Érasme Freund, bourgmestre de Schweidnitz, vieillard énergique et opiniâtre ; Franz, son fils, homme emporté et dissolu ; l’hypocrite Christophe, autre fils d’Érasme, sont les chefs du patriciat. Parmi les nobles se trouvent le sage Tausdorf et plusieurs jeunes chevaliers, qui ne se plaisent qu’aux rixes et aux combats. Le peuple est représenté par le dizenier Onophrius Goldmann, qui périt victime des querelles de ses oppresseurs. — La plupart des caractères sont à peine esquissés ; plusieurs scènes cependant sont peintes avec vigueur ; mais l’intrigue est languissante, et trop souvent l’intérêt est détourné de son principal objet. en un mot, c’est une ébauche dont quelques parties sont finies avec beaucoup de soin et de talent, mais où l’on regrette d’autant plus de trouver de nombreuses lacunes.

LES ANABAPTISTES, in-12, 1826. — L’année 1534 et la ville de Munster virent une révolution non moins étonnante que celle de Romme, lorsque Rienzi prétendit faire revivre les siècles du forum et des tribuns, et celle de Naples, où le pêcheur Mazaniello exerça pendant neuf jours le pouvoir suprême. Les Anabaptistes, en prêchant la réforme religieuse, demandaient aussi une réforme politique : zélés apôtres du second baptême, ils devinrent de furieux démagogues ; puis, toujours fidèles aux extravagants conseils du fanatisme, ils élevèrent dans Munster, au rang de souverain absolu, le plus habile et le plus corrompu de leurs prédicateurs. Van der Velde, en racontant les folies, les excès et les crimes des Anabaptistes, s’est servi de quelques personnages de son invention ; mais, à cela près, son roman n’est guère autre chose que l’histoire de la révolution de Munster.

ARWED GYLLENSTIERNA, 2 vol. in-12, 1826. — Ce roman nous transporte en Suède et en Laponie, dans le camp de Charles XII, devant Frederikshall, au Ritterholm, maison royale à Stockholm, et sur les bords de l’Uméa. L’auteur nous fait assister à la mort de Charles XII, au procès et à l’exécution de son ministre, baron de Gœrtz ; puis, abandonnant les données historiques, il fait paraître sur la scène l’Écossais Mac-Donalbein, qui, sous le nom de Nabdock le Noir, et à la tête d’une bande de brigands, a répandu l’effroi dans toute la Laponie. — Dans ce roman, l’auteur a donné plus de développements à son récit ; mais il y a moins d’originalité et de couleur locale que dans les Patriciens.

CONTES ET LÉGENDES HISTORIQUES, 4 vol. in-12, 1827. — On remarque parmi les petits romans et les nouvelles rassemblés dans ce recueil : l’Horoscope, histoire des amours du capitaine huguenot Moussard avec la fille du sire de Fianvilliers, l’un des plus forcenés ligueurs, où est annoncée la mort des deux jeunes époux, qui termine en effet le récit ; Axel, histoire d’un jeune officier suédois, qui se déguise en palefrenier pour se rapprocher de la belle Tagendreich, et qui voit triompher son amour en même temps que les armes de ses compatriotes ; le Flibustier, qui, après avoir assouvi dans une guerre sanguinaire la soif de vengeance qui l’avait entraîné au milieu d’êtres corrompus et cruels, dont les mœurs répugnent à ses sentiments d’honneur, trouve auprès de la jeune Marie le bonheur et la récompense due à ses nombreux actes d’héroïsme et de dévouement ; les Tartares en Silésie, épisode de l’invasion des Tartares en 1241 ; la Guerre des Servantes, où les Femmes bohémiennes secouent le joug des hommes, et, nouvelles amazones, déclarent à leurs compatriotes surpris une guerre terrible et dévastatrice. La Druidesse est un joli conte de fée, qui approche de la grâce des spirituelles productions d’Hamilton.

Nous connaissons encore de Van der Velde : Paul Lassaris, ou le Chevalier de Malte, Armund Thyrstingurson et Gunina, 2 vol. in-12. — Christine et sa cour, in-12. — Les Hussites, in-12. — Le Roi Théodore, in-12. — L’Ambassade en Chine, in-12. — La Conquête du Mexique, 2 vol. in-12, 1827.