Revue des Romans/Louis Bonaparte

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Revue des Romans.
Recueil d’analyses raisonnées des productions remarquables des plus célèbres romanciers français et étrangers.
Contenant 1100 analyses raisonnées, faisant connaître avec assez d’étendue pour en donner une idée exacte, le sujet, les personnages, l’intrigue et le dénoûment de chaque roman.
1839
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BONAPARTE (Louis),
ex-roi de Hollande, né à Ajaccio le 2 septembre 1778.


MARIE, ou les Hollandaises, 2e édit., 3 vol. in-12, 1814. La première édition parut en 1800 sous le titre de : Marie, ou les Peines de l’amour. — Jules, le héros de ce roman, aime sa cousine Marie, jeune et belle personne, élevée par une sœur de Jules, nommée Hermacinthe, la plus vertueuse, mais la plus pédante des femmes. Les amants vont être unis, lorsque Jules est forcé de faire un voyage en France pour des affaires d’intérêt. Avant son retour, la guerre éclate entre la France et la Hollande ; Jules est soumis à la loi de la réquisition, enrôlé comme soldat et envoyé à l’armée des Alpes. Dès sa première campagne, il est fait prisonnier, blessé, et l’on apprend bientôt qu’il est mort des suites de ses blessures. On peut se faire une idée de la douleur de Marie en apprenant cette nouvelle ; d’autres malheurs cependant devaient encore la frapper. Forcée de choisir un époux dans un temps limité, ou d’y être contrainte par la force, Marie donne sa main au duc d’Ast, son parent et son protecteur, qui ne tarde pas à se montrer indigne d’un pareil bonheur, en prenant une maîtresse, tandis que sa femme est reléguée dans une de ses terres en province. Tout à coup Jules reparaît ; une erreur de nom l’avait fait passer pour mort, tandis qu’il n’était que prisonnier. Toujours épris de Marie, il la suit dans ses propriétés, où elle revient avec Hermacinthe. Peu de temps après, le duc est tué en duel ; mais la veille du jour où cette nouvelle arrive, Marie, craignant que sa réputation ne souffre d’un plus long séjour avec Jules, part pour une retraite éloignée. On court après elle, on la rejoint, et les deux amants parviennent enfin à s’épouser. — On peut reprocher à cet ouvrage de nombreuses invraisemblances et plusieurs anachronismes, défauts qui toutefois ne nuisent pas à l’intérêt. La partie la plus piquante est sans contredit celle qui traite des mœurs, des caractères et des habitudes des Hollandais. Il est curieux d’entendre parler des habitants d’un pays par celui qui les a gouvernés, et qui, rentré dans la vie privée, a su conserver une place dans leur estime.