Revue pour les Français Mai 1906/I

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CE QUI SE PASSE DANS LE MONDE



Nous ne parlerons pas des élections françaises puisque chacun en parle. Aussi bien serait-il difficile d’en apprécier sainement les conséquences. Et puis, nous ne croyons guère qu’il y ait beaucoup à attendre des nouveaux élus quels qu’ils soient — en bien, s’entend ; car on peut toujours faire du mal mais on ne peut pas toujours faire du bien. C’est le cas des parlements actuels. La crise que traverse la France n’est pas dénouable par des lois. Nous l’avons déjà dit et nous y reviendrons fréquemment. Cette crise est affaire d’éducation. Toute une pédagogie fait faillite en ce moment et cette pédagogie a bien été codifiée en des formules législatives, mais c’est l’opinion, c’est la philosophie courante, ce sont les mœurs qui l’ont établie, qui en ont fixé les principes et arrêté les doctrines. Aux mœurs, à l’opinion de remonter les courants, de bâtir à nouveau de solides assises… Nous cherchons à grouper autour de nous ceux — plus nombreux qu’on ne pense — auxquels apparaît clairement cette nécessité d’une pédagogie rénovatrice à instaurer sur les ruines de l’ancienne dont la défaite s’accentue chaque jour.

La Douma.

Des élections russes, à défaut des françaises, il faut bien parler. Elles ne se font pas de la même manière. Tout d’abord, la répartition des sièges est inégale. Saint-Pétersbourg a droit à six députés, Moscou à quatre, Kieff à deux, et les seize autres villes principales de l’empire chacune à un député. Les élus des villes sont ainsi en grande minorité par rapport à ceux des campagnes. Ensuite l’élection est à trois degrés. Paysans, petits propriétaires, ouvriers choisissent des délégués auxquels s’adjoignent des censitaires d’un rang plus élevé ; et le collège ainsi formé désigne les électeurs par lesquels sont élus les députés. C’est compliqué. Comme d’autre part le gouvernement s’est servi de cette complication pour peser de son mieux sur les élections, il est étonnant que le succès de ses candidats ait été aussi médiocre. C’est, dit-on, « l’opposition » qui triomphe. Ce mot fait sourire. Hélas ! il n’y a pas d’opposition en Russie par la raison qu’il n’existe ni partis ni programmes. Personne se sait exactement où il veut aller, ni le Tzar à coup sûr, ni le comte Witte probablement ni les autres non plus. Il y a, d’une part, les gens qui cherchent le maintien de l’ordre de choses actuel, c’est-à-dire de la bureaucratie, corrompue à l’aide de laquelle ils pêchent en eau trouble et ces gens-là ne comptent point sur la Douma pour arriver à leurs fins ; ils agissent secrètement et tacitement. En face d’eux il y a les révolutionnaires qui, n’ayant rien à perdre au désordre et à l’anarchie, pensent y avoir sûrement quelque chose à gagner. Ceux-là non plus ne pénètrent pas à la Douma. Restent donc des incolores, des indécis qui se trouvent condamnés à verser à droite dans l’arbitraire ou à gauche dans la licence, par suite de cette incapacité gouvernementale, de cette inaptitude à s’intéresser aux affaires publiques si caractériques de la civilisation moscovite. La Russie a en ce moment beaucoup d’atouts dans son jeu. Le succès extraordinaire de son dernier emprunt a montré de quel crédit jouissent au dehors ses facultés et ses ressources. L’Angleterre dont l’alliance lui apporterait un singulier renfort économique et moral, incline de plus en plus vers elle. Le tsarisme est sorti victorieux de troubles longs et inquiétants. Il n’y a en somme qu’un point noir : la Douma. La Douma tend à transformer en monarchie parlementaire un État qui n’a rien de ce qui est nécessaire pour vivre sous ce régime ; ni unité ethnique, ni communauté d’intérêts et d’aspirations, ni traditions historiques, ni éducation préparatoire. Un parlement russe est condamné au grabuge aussi sûrement qu’en France le rétablissement du droit d’aînesse amènerait une révolution. Sans doute il fallait opérer des réformes mais des réformes d’un tout autre ordre. Nous avons déjà dit notre pensée à cet égard. Il n’y a pas à en douter, l’issue de toutes les difficultés russes, c’était le fédéralisme. Il fallait considérer les différentes portions de l’empire comme des touts et en reconstituer l’autonomie. Nul séparatisme n’en fut résulté. Le prestige du tsar était plus que suffisant pour maintenir la cohésion souveraine. Les Finlandais eux-mêmes, malgré la persécution récente, éprouvaient assez de loyalisme pour vouloir servir fidèlement leur Grand-Duc. L’occasion est manquée ; voilà où gît le tragique de l’heure présente. Si cette occasion doit se retrouver, les circonstances ne seront plus aussi favorables. La Douma, en limitant le pouvoir impérial, lui enlèvera forcément de ce caractère sacré, autocratique, paternel qu’il revêtait et dont l’intégrité était indispensable pour une entreprise aussi considérable que la fédéralisation de l’empire. Qu’on ne s’étonne pas de nous entendre parler de la sorte. Dans cette revue, on ne se courbe devant aucune formule. Nous ne croyons pas qu’une assemblée élue, par le seul fait de son existence, entraîne après elle l’ordre et la liberté. Ce sont là des mots. C’est pourquoi, comme amis de la Russie, nous nous inquiétons de son parlementarisme naissant bien plus que des victoires japonaises ou des insurrections sanglantes. La Douma, voilà le vrai péril, le seul.

Le Pape et le modernisme.

Bien curieuse l’interview pontificale publiée par le Neues Wiener Tagblatt. Une femme de lettres qui s’est faite à Vienne l’apôtre des revendications féministes a franchi le seuil du Vatican et a pu causer librement avec Pie x et lui poser d’insidieuses questions. Le Pape y a répondu avec une franchise et un progressisme qui ont dû surprendre son interlocutrice et qui sont de nature à provoquer dans le monde catholique un mouvement d’opinion dont les conséquences seraient incalculables. Pie x a déclaré qu’il ne voyait aucun inconvénient à ce que les femmes deviennent avocats ou docteurs ; à l’exception de la théologie, naturellement « elles peuvent tout étudier avec confiance ». — « Cette dernière profession, a-t-il dit, en parlant de la médecine, leur convient particulièrement. La femme médecin a, dans les soins à donner aux femmes et aux enfants, un champ d’action considérable ; elle peut y faire beaucoup de bien. Il en est de même pour l’enseignement ». Après cela, que le Souverain-Pontife se prononce contre l’action politique des femmes, bien des féministes seront de son avis. « Électeurs, députés, non ! s’est-il écrié. Les femmes dans les parlements, il ne manquerait plus que cela. Les hommes seuls y font déjà bien assez de gâchis ». La boutade est spirituelle et n’altère en rien l’audace inattendue des déclarations précédentes. L’approbation donnée par le chef de l’Église catholique au mouvement qui entraîne tant de femmes vers la science pure et vers l’exercice de la médecine constitue un événement de premier ordre, à moins que… ce soit l’archevêque de Venise qui ait ainsi parlé. Tout le monde sait la difficulté qu’éprouve le Saint-Père à dépouiller le vieil homme. Il possède, si l’on ose ainsi dire, deux mentalités distinctes : l’épiscopale et la pontificale. La première prend parfois des libertés que n’approuve pas la seconde. N’oublions pas cependant ce qui s’est passé au sujet de l’éducation physique. Pie x a été au delà de ce qu’on attendait de lui. Maintenant qu’une grande fête de gymnastique a eu lieu dans les jardins du Vatican, sur sa demande et en sa présence, la culture musculaire fait définitivement partie de la pédagogie catholique et c’est là une nouveauté de haute importance. Peut-être en sera-t-il de même pour le féminisme. Qui vivra verra.

La crise de la Triplice.

C’est le nom que l’on donne à la querelle germano-italienne. Il est mal choisi. Il n’y a pas crise. Il y a décès. Madame se meurt, Madame est morte. Pendant un certain temps encore on jouera du cadavre et le comte Guicciardini en a joué non sans habileté à Monte Citorio. Il a proclamé le véhément désir du gouvernement italien de maintenir son alliance avec l’Allemagne en même temps qu’il énumérait complaisamment toutes les circonstances propres à enlever à ladite alliance sa signification et sa portée. Le député qui l’avait appelé à la tribune s’était déjà efforcé de parler dans le même sens ; mais il l’avait fait quelque peu lourdement, attirant notamment l’attention de la Chambre sur ce fait que les intérêts italiens et les intérêts allemands ne se trouvaient nulle part en contradiction. Très joli. Quelles sont donc les prétentions qui se croisent à Trieste ? Seraient-ce par hasard celles du Japon et du Pérou ? Le ministre des affaires étrangères s’est gardé de suivre son interpellateur sur un terrain aussi glissant mais il s’est étendu complaisamment sur l’agrément que devaient éprouver les Italiens à être à la fois les alliés de l’Allemagne et de l’Autriche et les amis de la France et de l’Angleterre, donnant du reste à entendre qu’ils devaient tenir aux amitiés encore plus qu’aux alliances. Parbleu, ce sont des amitiés qui rapportent tandis que les alliances coûtent. Seulement, à Berlin où la compréhension n’est pas rapide, on ne s’est pas rendu compte en temps voulu de cette différence essentielle. C’est pourquoi l’on a cru malin de faire les gros yeux, de distribuer des mauvais points et des réprimandes et d’envisager le Vésuve comme un bon gendarme chargé par Dieu de veiller à ce qu’on ne désobéisse plus au kaiser. C’était si malin, en effet, que la Triplice a péri du coup.

Deux éminences grises.

Que le R. P. Martin, général des Jésuites, qui vient de mourir à Rome et M. de Holstein, conseiller rapporteur à l’office des affaires étrangères de Berlin, qui vient d’être mis à la retraite, aient exercé une action dépassant en puissance et en étendue celle que semblaient leur permettre les fonctions dont ils étaient investis, cela ne saurait faire de doute. Reste à savoir seulement si l’influence du père Martin sur Pie x et celle du conseiller Holstein sur Guillaume ii peuvent être considérées comme responsables d’une part de l’attitude pontificale dans l’affaire de la séparation de l’État français d’avec l’Église et, d’autre part, de l’interventionnisme impérial dans la question marocaine. Les Jésuites sont actuellement, parait-il, 15.500. Ce n’est pas un chiffre aussi considérable que d’aucuns se l’imaginaient. Ils se trouvent répartis en cinq assistances : celle d’Italie, celle de France, celle d’Allemagne (avec l’Autriche, la Belgique et la Hollande) celle d’Espagne (y compris le Portugal et l’Amérique espagnole) et celle d’Angleterre (y compris les États-Unis et le Canada). L’assistance de France, l’une des plus nombreuses et des plus importantes, voit son activité suspendue ou au moins entravée depuis le vote de la loi contre les congrégations. Au cas où le pape n’autoriserait pas la formation d’associations cultuelles, il y aurait là pour l’Ordre l’occasion de s’introduire dans le ministère paroissial et d’en monopoliser une partie. Les gens méfiants prétendent donc que le père Martin s’employait à obtenir du Saint-Siège que les associations cultuelles fussent interdites définitivement… Chi lo sa ?

Quant à M. de Holstein, le terme de gallophobe souvent employé pour caractériser ses tendances n’est peut-être pas complètement exact. M. de Holstein était gallophobe à la façon de M. de Bismarck, c’est-à-dire qu’il professait le dédain de la France. Il ne concevait pas qu’ayant une formule gouvernementale et des principes directeurs en opposition avec la formule et les principes allemands, les Français pussent prospérer, se fortifier, nouer des alliances ; la notion de leur décadence obligatoire s’imposait quotidiennement à lui et il se mettait en colère lorsque les événements l’obligeaient de noter quand même quelque succès à l’actif de la puissance française. Cela lui fit commettre de nombreuses sottises et très probablement, dans l’affaire marocaine, il contribua fortement à mener les choses au pire. De toutes façons, la retraite de M. de Holstein est un bon débarras pour l’Allemagne ; il était myope, têtu et vaniteux et ce sont là précisément des défauts qui entraîneraient bien vite ce grand pays à l’abîme si l’on continuait, outre Rhin, de les apprécier et de les cultiver comme on le fait depuis quelques années.

Au Sinaï et au Natal.

L’Angleterre a pas mal d’affaires sur les bras ; comme ses bras sont solides et qu’ils ne fléchissent pas, on s’abstient au dehors d’y prendre garde. On ne fait attention qu’à la querelle turque et, à vrai dire, c’est par là qu’il convient de commencer un bref examen des litiges actuels. Voilà de quoi il s’agit. La Turquie se construit un chemin de fer qui va actuellement de Damas à Maan et qu’elle entend pousser ensuite jusqu’à Médine et à la Mecque ; ces villes saintes ne sont pas près d’être atteintes par les locomotives d’Abdul Hamid. Mais, en attendant, il suffirait d’un petit embranchement de Maan au golfe d’Akabah pour permettre d’y embarquer des troupes turques à destination de l’Arabie sans avoir à passer par Suez. Mais la presqu’île du Sinaï qui s’étend entre les golfes de Suez et d’Akabah dépend de l’Égypte. Il y a 15 ans, à l’avènement du khédive Abbas, on avait bien eu soin à Constantinople d’en émettre la mention dans le firman d’investiture. Mais lord Cromer s’en étant aperçu avait signalé le fait et le sultan avait dû simuler une omission involontaire… L’action ottomane d’aujourd’hui est donc injustifiable et l’ultimatum d’ailleurs modéré qu’a formulé l’Angleterre sera suivi d’effet. Les deux seuls points importants à noter jusqu’ici c’est que la main de l’Allemagne se découvre au fond de cette intrigue et que, d’autre part, la Russie et la France ont appuyé diplomatiquement l’Angleterre. Il est donc certain que l’empereur Guillaume n’a pas encore compris l’imprudence de sa politique d’excitation musulmane et que, d’autre part, l’entente anglo-franco-russe est en bonne voie.

Tel est cet incident qui va faire couler beaucoup d’encre encore — mais point de sang, espérons-le — avant d’être réglé. Il en est d’autres plus obscurs, moins visibles et qui s’annoncent gros de conséquences. Nous voulons parler de l’affaire du Natal, du bill sur l’éducation publique et enfin de la victoire récente remportée par le parti ouvrier à propos de la responsabilité des Trades Unions. L’insurrection qui a éclaté il y a trois mois dans la colonie du Natal a été causée par l’établissement d’une taxe trop lourde pour les ressources des indigènes et qui semble avoir été calculée à dessein pour amener ceux-ci à s’enrichir en… allant travailler dans les mines. Les Zoulous ont préféré se rebeller et ils ont tué un officier de police qui accompagnait des agents du fisc. La répression fut impitoyable. On mit à mort deux indigènes et douze autres allaient subir le même sort quand la métropole jugea humain d’intervenir. Cette immixtion provoqua à Johannesburg une émotion indescriptible. Les ministres protestèrent en démissionnant ; un mouvement séparatiste menaçant de naître, le gouvernement britannique céda. Les autorités du Natal sont libres désormais d’agir à leur guise ; elles repoussent avec hauteur l’appui métropolitain et préparent contre les révoltés une guerre d’extermination pour laquelle elles ont dores et déjà le concours des Boers. La haine du noir va-t-elle donc, en réconciliant Anglais et Hollandais, refaire l’unité morale de l’Afrique du Sud ?

Autres choses d’Angleterre.

Avant 1870, les écoles primaires du Royaume Uni se trouvaient pour la plupart entre les mains de l’Église anglicane ; les catholiques et les méthodistes en détenaient quelques-unes ; aucune n’était neutre. À cette date Gladstone fit adopter sans trop de peine une loi nouvelle qui créait des écoles laïques dirigées par des comités locaux élus et dans lesquelles l’enseignement religieux n’était donné aux enfants qu’en conformité avec la volonté de leurs parents. Cette loi d’ailleurs n’avait supprimé aucune des écoles confessionnelles subventionnées par l’État qui existaient auparavant. Trente années se passèrent ; le cabinet Balfour, sous l’influence des anglicans unis aux catholiques romains pour la lutte contre les « non-ritualistes », parvint à détruire l’œuvre libérale de Gladstone, à supprimer les écoles neutres et à assurer dans les comités locaux une sorte de prépondérance aux représentants des Églises. Cela ne contribua pas peu au renversement récent du parti conservateur et à l’avènement des libéraux. Ceux-ci viennent à leur tour de présenter un bill qui inaugurerait un troisième système. Il serait donné désormais dans toutes les écoles subventionnées un enseignement moral basé sur l’idée religieuse mais étranger aux distinctions confessionnelles. L’enseignement confessionnel n’y pourrait être donné que dans les villes de plus de 5.000 âmes, à la demande des quatre cinquièmes de la population et aux frais de ceux qui l’auraient réclamé. Les anglicans et les catholiques mènent une ardente campagne contre ce bill.

Pendant ce temps le parti ouvrier savoure son triomphe. Il voulait faire déclarer l’irresponsabilité pécuniaire des Trades-Unions et il y est parvenu. C’est encore le cabinet conservateur qui avait attaché ce fâcheux grelot. La Chambre des Lords avait décidé que les Trades Unions pouvaient être poursuivies en dommages-intérêts et reconnues civilement responsables des préjudices résultant pour autrui de leur intervention collective ou de l’intervention individuelle de leurs membres dans une grève. Intervention collective, cela pouvait se défendre ; mais individuelle, c’était inacceptable étant donné qu’il s’agit en somme de sociétés de secours mutuels et de retraite. Cette distinction était faite dans le projet présenté il y a peu de semaines par le cabinet libéral. Il était spécifié que les Trades-Unions ne pouvaient-être déclarées pécuniairement responsables sur les fonds sociaux que des actes commis en exécution des décisions prises par leurs comités. Si large fût-elle, cette formule fut jugée insuffisante et la majorité obligea le cabinet à retirer le bill et à se rallier au projet présenté par le parti ouvrier pour exonérer les Trades-Unions de toute espèce de responsabilité de cette nature. Ce projet, finalement, fut adopté à la colossale différence de 416 voix contre 66. Voilà un signe des temps ; il n’est pas grave, mais il est sérieux.

Le nouveau bey.

Le nouveau bey de Tunis est comme les peuples heureux : il n’a pas d’histoire. On sait de lui qu’il n’aimait guère son prédécesseur et qu’il parle assez mal le français, ce qui témoigne de médiocres capacités intellectuelles car, en qualité d’héritier présomptif tenu à l’écart, il avait tout le temps de se préparer aux tâches éventuelles qui lui incomberaient. Par contre, on le dit bien intentionné et de bonne volonté. Il a reçu l’investiture du représentant de la France dans une cérémonie qui était de nature à causer une salutaire impression sur les indigènes. Ceux-ci ont compris par les brèves paroles et le geste significatif du secrétaire général de la Résidence remplaçant le résident absent que, si leur souverain tenait son pouvoir du droit dynastique, c’est la République qui lui donnait la permission de l’exercer. Ils le savaient mais ces choses-là sont toujours bonnes à rappeler.


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