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Rig Véda ou Livre des hymnes/Section 7/Lecture 7

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Traduction par Alexandre Langlois.
Bibliothèque Internationale Universelle (p. 522-531).

LECTURE SEPTIÈME.
HYMNE I.
À Agni et Soma, par Mathita, fils d’Asyayama, Bhrigou, fils de Varouna, Tchyavana, fils de Bhrigou.
(Mètres : Gâyatrî et Anouchtoubh.)

1. Ô (Vaches) opulentes, rendez-vous à ma voix. Venez, et comblez-nous de vos dons. Ô Agni et Soma, qui nous avez si souvent protégés, affermissez notre fortune.

2. Ramenez-nous ces (Vaches désirées.) Faites qu’elles reviennent. Qu’Indra nous les donne, qu’Agni les conduise.

3. Qu’elles reviennent, qu’elles se réunissent sous un même pasteur. Ô Agni, affermis nos richesses ; qu’elles restent entre nos mains.

4. J’invoque le pasteur qui amène ces (Vaches) et les fait marcher, qui les réunit et les fait sortir, qui les conduit et les garde (dans le pâturage).

5. Qu’il vienne à nous, ce pasteur qui dirige (ces Vaches) de différents côtés, qui les fait sortir, les conduit et les garde (dans le pâturage).

6. Viens, ô Indra ; fais ici arrêter ces Vaches ; qu’elles deviennent notre bien ; qu’elles soient notre vie.

7. Pour vous j’entoure d’offrandes, de beurre, de lait, ces dieux adorables. Qu’ils répandent sur nous leurs bienfaits.

8. Ô (Vaches), venez. Ô (poëte), fais-les venir. Ô (Vaches), arrêtez-vous. Ô (poëte), fais qu’elles s’arrêtent ici. Fais que pour nous elles couvrent les quatre régions de la terre.


HYMNE II.
À Agni, par Vimada, fils d’Indra ou de Pradjapati, ou Vasoucrit, fils de Vasoucra.
(Mètres : Écapadâ-Virât, Anouchtoubh, Trichtoubh et Gâyatrî.)

1. Fais éclater une pensée qui nous soit favorable[1].

2. Je chante Agni toujours jeune ; il jouit (de nos holocaustes) ; il est avec puissance notre ami et l’adversaire de nos ennemis. Pour l’honorer, les Vaches fortunées (du sacrifice)[2] épuisent la mamelle de leur mère.

3. Les (prêtres) emplissent sa bouche, qui est le siége des œuvres (sacrées) et l’étendard lumineux. Il brille dans la plénitude de ses rayons.

4. Maître des peuples, il est aussi leur voie. Il s’élance jusqu’aux confins du ciel ; (dieu) sage, il remplit l’air de sa splendeur.

5. Il orne les holocaustes du fils de Manou ; il s’élève avec grandeur dans le sacrifice. Il dévore (le bois) du foyer, et devient notre guide.

6. (Dieu) sauveur, il est notre holocauste et notre sacrifice ; il nous emporte rapidement dans sa voie. Les Dévas savent qu’Agni est digne de leurs chants.

7. Agni est la force du sacrifice et le conducteur de l’offrande ; il est l’enfant du Mortier qui retentit le matin. Il est la vie (des mortels).

8. Tous les humains parmi nous qui veulent le bonheur, honorent Agni avec l’holocauste.

9. Sa voie est noire, blanche et rouge. Il s’avance droit, grand, brillant, glorieux. Son père lui a aussi donné un char doré.

10. Ainsi, ô Agni, fils de la Force, Vimada, qui partage la joie des Immortels, t’apporte des prières et des invocations touchantes. Viens lui donner en retour l’abondance, la force, le bonheur.


HYMNE III.
À Agni, par Vimada.
(Mètre : Pankti.)

1. Nous t’adressons nos hymnes, ô Agni sacrificateur, toi que l’on appelle Sîra[3], qui pour nos cérémonies viens te placer sur notre gazon, et qui brilles d’un pur éclat. Dans l’ivresse que tu ressens, tu es grand.

2. Tes serviteurs te parent de ces brillants ornements que t’apporte le cheval[4] (de la libation). Ô Agni, l’Invocation s’avance et se dresse devant toi pour t’honorer. Dans l’ivresse que tu ressens, tu es grand.

3. Voués à ton service, les (prêtres) se placent sur le gazon (sacré), et versent avec leurs cuillers le flot qui t’arrose. Tu te revêts de riches couleurs et de formes noires et blanches. Dans l’ivresse que tu ressens, tu es grand.

4. Ô puissant et immortel Agni, tu possèdes l’opulence ; apporte-nous, au milieu des sacrifices, l’abondance et la riche fécondité. Dans l’ivresse que tu ressens, tu es grand.

5. Qu’Agni, enfant d’Atharwan[5], prenne part à toutes les œuvres des sages. Qu’il soit le messager chéri de Vivaswân[6], l’ami d’Yama[7]. Dans l’ivresse que tu ressens, tu es grand.

6. Ô Agni, dans les sacrifices, dans le cours de nos cérémonies, les (prêtres) te chantent. Tu accordes à ton serviteur tous les biens désirables. Dans l’ivresse que tu ressens, tu es grand.

7. Ô Agni, les enfants de Manou t’ont placé dans les sacrifices comme un pontife vénéré. Le ghrita ruisselle sur toi avec éclat, et tu animes le feu de tes rayons. Dans l’ivresse que tu ressens, tu es grand.

8. Ô Agni, tu étends au loin la splendeur de tes larges flammes. Ta voix s’élève, et tu t’agites comme le taureau. Tu déposes au sein de tes épouses[8] le gage de ta vigueur féconde. Dans l’ivresse que tu ressens, tu es grand.


HYMNE IV.
À Indra, par Vimada.
(Mètres : Trichtoubh, Anouchtoubh et Vrihatî.)

1. Où a-t-on entendu parler d’Indra ? Dans quelle famille son nom a-t-il retenti comme celui de Mitra ? (Où es-tu), toi que l’hymne attire dans la demeure des Richis, ou près du foyer (d’Agni) ?

2. C’est ici qu’Indra s’est fait entendre. Ce (dieu), armé de la foudre et digne de nos éloges, s’est annoncé à nous aujourd’hui, tel que Mitra, étendant parmi les nations sa gloire incomparable.

3. Maître de la force, il est sans rival. Il répand avec profusion ses bienfaits. Il porte la foudre victorieuse. Il est pour nous comme un père pour son enfant.

4. Dieu armé du tonnerre, il attelle à son char les deux chevaux impétueux du divin Vâyou. Il les lance dans une voie resplendissante, et sur sa route il recueille les louanges.

5. Viens traîné par ces deux rapides coursiers de Vâyou, qu’aucun mortel, qu’aucun dieu ne saurait diriger comme toi.

6. En vous voyant courir, (ô chevaux de Vâyou), Ousanas[9] vous demande : « Que venez-vous faire dans la maison d’un mortel ? Pourquoi arrivez vous de loin à travers le ciel et la terre ? »

7. Ô Indra, nos bras s’élèvent pour te présenter nos offrandes. Nous implorons ton secours, ô toi qui donnes la mort à l’Asoura Souchna.

8. Le brigand impie, l’Asoura insensé, qui suit un autre culte que nous, nous (attaque). Ô toi qui extermines tes ennemis, brise le trait de ce Dasyou.

9. Ô vaillant Indra, tu nous protéges avec les vaillants (Marouts). Aidés par toi, nous sommes forts. Les hommes obtiennent partout avec ton secours l’accomplissement de leurs vœux.

10. Héros armé de la foudre, lance au combat tes courageux (alliés) pour la perte de Vritra. Tes sages serviteurs ont (pour allumer) leur foyer consulté les astres favorables.

11. Ô Indra, ô héros armé de la foudre, encouragé par nos offrandes, tu portes des coups rapides, et avec les (Marouts) tes compagnons tu détruis toutes les œuvres de Souchna.

12. Ô vaillant Indra, que tes puissants secours portent leurs fruits. (Tu vois) qui nous sommes. Ô (Dieu) tonnant, que ton bras nous donne le bonheur.

13. Ô Indra, que tes biens se répandent sur nous. Que nos (louanges) flatteuses arrivent jusqu’à toi. Ô (Dieu) tonnant, qu’elles deviennent pour nous comme des vaches bienfaisantes.

14. La Terre, privée de bras et de pieds, a repris sa vigueur par la puissance des Rites. Tournant par ta droite, tu vas, en faveur de (cette Terre) dont tu ranimes la vie, frapper Souchna.

15. Bois, ô Indra, bois le soma. (Dieu) riche et opulent, conserve-nous. Sauve les chantres et nos seigneurs chargés d’offrandes. Fais que nous puissions être fiers de notre fortune.


HYMNE V.
À Indra, par Vimada.
(Mètres : Trichtoubh, Djagatî et Abhisârinî.)

1. Nous honorons Indra, dont la main droite porte la foudre, et qui dirige ses coursiers aux œuvres diverses. Il agite sa barbe[10], se redresse, et avec son armée va conquérir la richesse qu’il jette (sur la terre).

2. Il a deux coursiers qui (brillent) au foyer (du sacrifice). Il possède l’opulence, ce magnifique Indra. Qu’il donne la mort à Vritra. Il est à la fois Ribhou, Vâdja, Ribhoukchâs[11]. Il est le maître de la force, et par lui je brise la puissance du Dasyou.

3. Au bruit des louanges que lui prodiguent ses serviteurs, le magnifique Indra, le maître d’une glorieuse abondance, prend sa foudre d’or et monte sur son char, que traînent ses deux coursiers.

4. Indra secoue les poils de sa barbe azurée, ainsi la pluie lance ses traits humides. Il vient dans l’heureuse demeure (du sacrifice). Le miel du soma agite (son corps), comme le vent (agite) la forêt.

5. Sa voix seule donne la mort à des milliers de mauvais (Asouras), dont les cris confus se mêlent au milieu du combat. Tels qu’un père qui voit grandir les forces (de son fils), nous chantons la puissance et les prouesses d’Indra.

6. Ô généreux Indra, les Vimadas sont pour toi les pères d’hymnes antiques et nombreux. Nous savons ce qui peut plaire à un maître tel que toi. Nous t’appelons (à notre fête), comme le pasteur (appelle) son troupeau.

7. Ô Indra, que rien ne puisse rompre cette amitié qui nous est chère, et qui existe entre toi et le Richi Vimada. Ô Dieu, nous connaissons ta sagesse. Que ton amitié nous soit propice ! sois pour nous comme un parent.


HYMNE VI.
À Indra et aux Aswins, par Vimada.
(Mètres : Pankti et Anouchtoubh.)

1. Ô Indra, bois ce soma aussi doux que le miel, et qui coule du pressoir. Ô (Dieu) opulent, accorde-nous d’innombrables richesses. Dans l’ivresse que tu ressens, tu es grand.

2. Nous t’honorons par nos sacrifices, nos hymnes, nos holocaustes. Ô maître des œuvres, donne-nous des biens précieux. Dans l’ivresse que tu ressens, tu es grand.

3. Ô Indra, tu es le maître de l’opulence, l’auteur du plaisir, le sauveur de tes chantres ! Défends-nous contre notre ennemi et contre le mal. Dans l’ivresse que tu ressens, tu es grand.

4. Dieux puissants[12], remplis d’une (sainte) magie, vous arrivez tous deux, et vous éveillez (Agni). Oui, ô Nâsatyas, chantés par Vimada, vous éveillez (Agni).

5. Tous les Dévas chantent ces deux (divinités) qui s’avancent ensemble. « Voici les Nâsatyas ! » disent-ils ; « qu’(Agni vienne) porter les offrandes. »

6. Que, par votre faveur, je sorte (de ma maison), et que j’y rentre : puissé-je être toujours heureux ! Ô Dieux, que votre protection soit comme un doux miel répandu sur nous !


HYMNE VII.
À Soma, par Vimada ou Vasoucrit.
(Mètre : Pankti.)

1. Envoie-nous la joie, la force et la vigueur. Qu’au sein de ton amitié (tes serviteurs) soient heureux comme les vaches dans la prairie. Dans l’ivresse que tu causes, tu es grand.

2. Ô Soma, dans toutes les demeures ton charme touche les cœurs. Je ressens le besoin de la richesse, et je te désire. Dans l’ivresse que tu causes, tu es grand.

3. Ô Soma, en ton honneur j’accomplis tous les rites de nos sages. Sois pour nous bon comme un père pour son fils. Protége-nous contre la mort. Dans l’ivresse que tu causes, tu es grand.

4. De même que les troupeaux s’assemblent près des puits, les Rites (accourent au sacrifice). Soma, que nos forces, que notre vie soit pleine comme nos coupes. Dans l’ivresse que tu causes, tu es grand.

5. Ô Soma, tu es sage et puissant ; et par ton pouvoir tes pieux serviteurs voient combler leurs désirs, et obtiennent des vaches et des chevaux. Dans l’ivresse que tu causes, tu es grand.

6. Ô Soma, tu défends nos troupeaux ; tu (protéges) les différents êtres. Tu es la vie de tous ces mondes que nous admirons. Dans l’ivresse que tu causes, tu es grand.

7. Ô Soma, tu es partout pour nous un pasteur invincible. Ô roi, éloigne nos ennemis. Ne permets pas qu’un infâme soit notre maître. Dans l’ivresse que tu causes, tu es grand.

8. Ô Soma, par tes œuvres fais que nous obtenions l’abondance. Tu connais les voies mieux que Manou. Défends-nous contre notre ennemi et contre le mal. Dans l’ivresse que tu causes, tu es grand.

9. Ô Indou, heureux ami d’Indra et vainqueur de Vritra, (conserve)-nous. Les (hommes) t’invoquent au milieu des combats ; ils te demandent une (heureuse) famille. Dans l’ivresse que tu causes, tu es grand.

10. Mais cette impétueuse ivresse, que ressent Indra, fait notre force. C’est par elle qu’il a pu exaucer les vœux du sage et grand Cakchîvân[13]. Dans l’ivresse que tu causes, tu es grand.

11. Cette (ivresse) procure au sage qui t’honore l’abondance que donne la vache. Elle récompense les sept (offrandes). Elle a sauvé (jadis) un aveugle et un boiteux[14]. Dans l’ivresse que tu causes, tu es grand.


HYMNE VIII.
À Pouchan, par Vimada.
(Mètres : Anouchtoubh et Ouchnih.)

1. Les Prières s’avancent, et viennent avec empressement s’atteler au char de Poûchan. Que le grand (Dieu) sauve les deux maîtres du sacrifice[15].

2. Le sage et ses compagnons, par leurs œuvres, honorent la grandeur (de Pouchân), qu’entretient l’eau du nuage. Que (ce dieu) entende nos louanges.

3. Oui, le généreux Pouchân, de même qu’Indou, entend nos louanges. Il crée les formes, il embellit nos pâturages.

4. Ô divin Poûchan, nous t’invoquons, toi qui exauces nos prières, et qui viens écouter nos sages.

5. Il fait la force de nos sacrifices. Il est comme le cheval qui emporte nos chars. C’est un Richi établi par Manou pour être l’ami du sage et son protecteur.

6. Il est le maître de la flamme qui brûle (au foyer), et du brillant soma (que l’on y verse). C’est pour lui que sur le filtre de laine (Soma) purifie son vêtement.

7. Roi et ami, maître de l’abondance, maître de la beauté, invincible et libre, il agite sa barbe avec grâce.

8. Ô Poûchan, que tes chèvres fassent rouler ton char, (Dieu) immortel, inébranlable, ami du pauvre.

9. Que le grand Poûchan par sa force conserve notre char. Qu’il nous donne l’abondance. Qu’il entende notre invocation.


HYMNE IX.
À Indra, par Vasoucra, fils d’Indra.
(Mètre : Trichtoubh.)

1. (Indra parle.) Ô chantre, je suis prompt, quand il s’agit de récompenser les libations de mon serviteur. Je donne la mort à l’impie qui marche obliquement, et qui abuse de sa grandeur pour blesser la justice.

2. Si je combats les impies, dont la peau est flamboyante, j’aime à consommer avec toi le rapide taureau[16] (de la libation), à boire ce breuvage vigoureux préparé depuis quinze jours[17].

3. Je ne suis pas du nombre de ceux qui disent : C’est moi qui dans le combat terrasse les impies ! » (et qui n’en font rien). Quand arrive le moment terrible de la bataille, on peut alors voir mes prouesses.

4. Lorsque je m’engage dans l’obscurité de la mêlée, tous les grands Richis sont là (pour m’encourager). Je vais frapper le formidable (Asoura), qui dort en sécurité. Au sein de sa caverne, je le prends par le pied, et le rejette au loin.

5. Dans mon entreprise rien ne peut m’arrêter, (ni les ennemis), ni leurs montagnes. En m’entendant, Cridhoucarna[18] frémit. Chaque jour (l’astre) couronné de rayons tremble (de peur).

6. Je les vois, ces êtres malfaisants qui ne connaissent point Indra, et qui, pour la dévorer eux-mêmes, arrachent l’offrande. Ils ont raillé votre ami : que le tonnerre roule sur leurs têtes !

7. (Le poëte parle.) Tu as paru, et la vie s’est partout répandue. À l’orient, à l’occident, (Indra) est victorieux. (Le Ciel et la Terre) s’avancent, et se groupent autour du (dieu) qui touche aux confins de ce monde.

8. Les Vaches (célestes) se réunissent pour venir manger l’orge de leur maître. Je les ai vues avec leur pasteur. Appelées par lui, elles se sont rassemblées. Elles ont mis leurs trésors à sa discrétion.

9. Quand, vous et moi, nous voyons d’ici-bas ces (Vaches) paître le gazon et manger l’orge dans les vastes plaines du ciel, nous devons désirer, attachés à cette terre, que les bienfaits de ce (dieu) descendent sur nous. Que ta bonté rapproche ce qui est séparé.

10. (Indra parle.) Entends de moi la vérité. Je veux que, bipède et quadrupède, tout tienne la vie de moi. Je veux vous distribuer les richesses de ce lâche qui, escorté de femmes, vient attaquer un héros.

11. Ma fille[19] a été quelque temps privée de la vue. Quel est le sage qui a pu sauver la pauvre aveugle ? Quel autre que moi peut porter, peut lancer la foudre ? Qui est capable de nous défendre ?

12. (Le poëte parle au nom d’Indrânî)[20]. Toutes les femmes sont charmées du courage et de la gloire de l’époux qui les aime. Une belle épouse est heureuse, quand elle rend un hommage public à son bien-aimé.

13. (Indra) saisit (le Nuage) par le pied[21] ; il l’attire à lui comme pour le dévorer, et de ce large corps il enveloppe sa tête. De son siége élevé il le soulève ; puis il le brise, et descend avec lui sur la surface de la terre.

14. Tel que (le voyageur) qui n’a plus d’ombre ni de feuilles, le grand (Indra) s’avance. Cependant la mère (du monde) se relève ; le fruit (confié à son sein) se développe avec (le lait) qu’il reçoit. La Vache (céleste) lèche en mugissant l’enfant de la Vache (terrestre), et lui donne sa mamelle.

15. Dans la partie inférieure (d’Indra) apparaissent sept Richis, et huit dans la partie supérieure. Derrière lui se sont fixés neuf personnages, et dix autres se partagent la partie antérieure du ciel[22].

16. Un de ces dix (Richis), Capila[23], est chargé par ses compagnons de suivre, (comme Aditya), le cours du grand sacrifice. (Indra) n’est encore qu’un enfant que la Vache (céleste) porte à sa mamelle, et qu’elle caresse pour l’apaiser.

17. (Indra est changé) en un gros bélier[24], que les sacrificateurs immolent. (Ses membres, comme) des dés sur une table de jeu, sont jetés de différents côtés. Cependant deux (divinités)[25], au sein même des ondes, parcourent le grand arc (de la voûte céleste), qu’elles travaillent à purifier.

18. Accourant tous ensemble, (les hommes) ont poussé des cris différents : « Qu’on fasse l’holocauste, » ont dit les uns. « Qu’on n’en fasse pas, » ont dit les autres. Voilà ce que m’a dit le divin Savitri : « Qu’(Indra) soit honoré par le (dieu) qui consume le bois (du bûcher), et se nourrit du beurre (sacré). »

19. J’ai vu le peuple accourir de loin, et lui offrir la Swadhâ, malgré l’absence du char (d’Aditya). Maître du monde, (Indra) produit la succession des temps ; il détruit la race des êtres malfaisants, (dieu) toujours nouveau.

20. (Indra parle.) Terrible (pour mes ennemis), j’arrive avec mes deux coursiers. Adresse-moi tes hommages. Réjouis-moi par tes libations. Ils entrent dans l’œuvre d’Indra, et ces Ondes, et ce Soleil qui purifie le nuage en s’y mêlant.

21. Ma foudre, qui retentit au loin, roule au-dessous de l’enveloppe nébuleuse du large soleil. Au-dessus d’elle s’ouvre une source salutaire, dont le flot guérit tous les maux.

22. Attachée à l’arbre, la Vache mugit. La flèche ailée (de la foudre) traverse l’air pour aller frapper l’homme. Le monde entier est dans la crainte. Que des libations soient faites en l’honneur d’Indra ; que des offrandes soient présentées au sage.

23. Quand les Dévas, pour créer (le monde), fendirent (le corps d’Indra), les nuages apparurent les premiers. Trois (divinités)[26], chacune de son côté, charment la Terre ; deux d’entre elles dissipent l’enveloppe des nuages.

24. La vie d’Indra est la tienne : sache-le bien. Glorifie donc Indra dans le sacrifice. Il manifeste la lumière, il dissipe l’obscurité. La chaussure de ce dieu pur n’est jamais déliée[27].


HYMNE X.
À Indra, par Vasoucra.
(Mètre : Trichtoubh.)

1. (L’épouse de Vasoucra parle.) Tous les autres seigneurs sont arrivés ; mais mon beau-père[28] n’est pas venu. Qu’il mange nos grains[29], qu’il boive notre soma, et qu’il retourne satisfait dans sa demeure.

2. (Récit.) Le taureau aux cornes aiguës a mugi. Il s’est dressé avec vigueur, et sa voix a retenti au loin sur la terre. (Indra parle.) Dans tous les combats je protége celui qui verse le soma, et en remplit ma poitrine[30].

3. (Le poëte parle.) Ô Indra, les (hommes) en ton honneur retirent du mortier une boisson vive et enivrante. Tu peux en boire. Ô Maghavan, que nous invoquons avec l’offrande, ils ont immolé les taureaux (de la libation)[31]. Tu peux manger.

4. (Indra parle.) Ô chantre, écoute ma parole. Les Ondes se sont arrêtées par la force d’une imprécation[32]. Le chien provoque en ce moment le lion ; le chacal vient relancer le sanglier.

5. (Le poëte parle.) Comment puis-je ainsi penser de toi ? Je sais que tu as assez de puissance pour exaucer nos prières. Sage Maghavan, parle-nous suivant la circonstance. Ces louanges, dont nous te grandissons, sont un fardeau bien léger pour nous.

6. (Indra parle.) Je sens qu’elles ajoutent à mes forces, et que je pèse plus encore que le ciel. Je suis en état de résister à des milliers d’ennemis. Mon père m’a créé pour être son rival.

7. (Le poëte parle.) Ô Indra, les dieux savent aussi que je suis redoutable et généreux dans l’œuvre fortifiante du sacrifice. (Indra parle.) Fier de ma foudre, je tuerai Vritra. Avec le tonnerre je prouverai mon pouvoir aux yeux de mon serviteur.

8. (Récit) Les dieux se mettent en marche ; ils prennent leurs haches ; ils fendent (les nuages, comme le bûcheron fend) le bois ; secondés des (Marouts) ailés, ils rendent l’onde aux rivières ; ils dessèchent les canaux qui la renfermaient (auparavant).

9. (Le poëte parle). Puisque j’ai obtenu de toi de pareilles choses), le lièvre peut désormais prendre les lions ; je puis de loin fendre une montagne avec une motte de terre ; avec peu de forces je puis vaincre une armée ; le veau peut avoir l’audace d’attaquer le taureau.

10. L’oiseau de proie a laissé lier sa serre ; le lion a pris son pied au piége. Le buffle altéré est prisonnier. La flèche[33] peut lui être lancée impunément.

11. La flèche peut être lancée impunément à ces saintes (cohortes de Richis), qui s’approchent avec plaisir de nos offrandes, et dévorent les taureaux entiers (de nos libations), consumant (à notre service) leurs forces et leurs corps.

12. Notre Soma et nos Hymnes ont grandi leurs corps, et leurs œuvres ont été brillantes. Sois bon envers nous, et envoie-nous l’abondance, ô toi qui possèdes dans le ciel la gloire et le renom d’un héros !


HYMNE XI.
À Indra, par Vasoucra.
(Mètre : Trichtoubh.)

1. Que l’Hymne agréable et pur, tel que l’hôte (ailé) des bois, aille vers vous, (ô Aswins), soutiens (du monde). C’est cet Hymne qui, dans les nombreux jours (de fête), appelle Indra, ce noble héros, cet ami des hommes, ce (dieu) adoré le matin et le soir[34].

2. Puissions-nous, ô le plus grand des héros, être protégés par toi au lever de cette aurore, (au lever) de l’aurore prochaine ! Que ton char rempli de mets (abondants), (ce char) qui brille d’un triple éclat[35], nous amène avec Coutsa cent héros (protecteurs).

3. Ô Indra, que ton ivresse nous soit propice ! (Dieu) terrible, viens aux portes (de notre sacrifice ; entends) nos voix. Pour t’amener, au-devant de toi se présentent (Soma) et la Prière. Que mes offrandes te décident à nous récompenser par tes bienfaits.

4. Ô Indra, (vois) quel est notre holocauste. Par quelle œuvre reconnais-tu notre confiance ? Quand viendront tes secours ? Ô (Dieu), dont la louange retentit partout, sois pour nous comme un ami fidèle ; soutiens le monde, pour lequel nos prières te demandent l’abondance.

5. Envoie-nous le soleil : qu’il soit pour nous comme le rivage (pour l’homme qui se noie). Nous te désirons, de même que (l’épouse désire) son époux. Ô Indra, né tant de fois (parmi nous), nous accompagnons nos prières d’abondantes offrandes.

6. Ô Indra, par ta puissance et ta sagesse ont été consolidés le Ciel et la Terre, ces antiques parents (du monde). Qu’en ton honneur, ô noble (héros), soit versé un breuvage mêlé de ghrita ; prends ce miel (que nous t’offrons).

7. Pour Indra une coupe de miel a été préparée. Indra est juste dans ses bienfaits. Dans ses œuvres héroïques, toujours ami des hommes, il est devenu aussi grand que la terre.

8. Le vaillant Indra disperse les armées. Pour obtenir son amitié on lui présente d’abondantes (libations). Monte sur ton char de bataille, et lance-le pour nous prouver ta bonté.


HYMNE XII.
À Soma, petit-fils des Ondes, par Cavacha, fils d’Iloucha.
(Mètre : Trichtoubh.)

1. Qu’au milieu des Dévas l’Hymne suive sa voie vers les Ondes. Qu’il s’avance rapide comme la pensée. Prépare en l’honneur de Mitra et de Varouna d’abondantes offrandes ; en l’honneur d’un (dieu) opulent (prépare) la louange.

2. Ô prêtres qui présentez l’holocauste, venez ; paraissez devant les Ondes qui vous désirent comme vous les désirez. Ô vous qui êtes renommés pour l’adresse de vos bras, lancez ce flot que regarde d’en haut l’oiseau (céleste) au rouge plumage[36].

3. Ô prêtres, venez vers les Ondes. Honorez par vos holocaustes leur petit-fils, qui porte le nom de Samoudra[37]. Pour effacer votre péché, qu’il vous donne un flot bien pur. En son honneur versez un jus aussi doux que le miel.

4. Sans avoir besoin de l’aliment du foyer, il brille au sein des Ondes ; les sages le chantent dans leurs cérémonies. Que leur petit-fils nous donne ces Ondes, douces comme le miel, auxquelles Indra doit sa force.

5. Au milieu d’elles, tel qu’un mortel au milieu d’aimables jeunes filles, Soma se livre aux transports de la joie. Ô prêtre, viens vers ces Ondes, et, avant de les répandre, purifie-les avec (le jus) de la plante (de Soma).

6. Ainsi les jeunes (Ondes) rendent hommage au jeune (Soma) ; il se présente devant elles, il les désire comme elles le désirent elles-mêmes. Dans un sentiment commun de révérence s’unissent la Prière du prêtre et les Ondes divines.

7. À cet Indra qui vous a ouvert le monde quand vous étiez prisonnières, qui vous a délivrées de toute malédiction, ô grandes Ondes, envoyez votre flot aussi doux que le miel, (ce flot) qui enivre les Dieux.

8. Source de mille agréments, ô Ondes, envoyez votre flot aussi doux que le miel à celui qui est votre enfant, dont le dos est brillant de ghrita, et que nous chantons dans nos cérémonies. Ondes opulentes, écoutez mon invocation.

9. Ô Ondes, envoyez à celui qui s’avance entre le Ciel et la Terre[38] votre flot abondant et désiré, qui charme Indra, qui enfante l’ivresse, qui, né de l’air, forme les trois mondes et les parcourt.

10. Honore, ô Richi, ces Ondes, mères du Monde, épouses (du Sacrifice), qui viennent à nous en flots abondants, qui coulent au ciel et sur la terre[39], qui combattent (avec Indra) pour les Vaches (célestes), qui naissent et grandissent (avec Soma).

11. Pour l’honneur des Dieux venez à nos cérémonies ; assistez à nos Rites sacrés pour y apporter l’abondance. Ouvrez votre mamelle en vous unissant au sacrifice. Ô Ondes, soyez-nous propices.

12. Ondes opulentes, vous êtes les souveraines de la richesse. Vous amenez avec vous la force, la prospérité, l’immortalité. À vous nous devons le bonheur de la fortune et de la paternité. Que Saraswatî donne l’abondance au chantre (des dieux).

13. Ô Ondes, je vous vois accourir, et vous charger de beurre, de lait et de miel. Vous vous entendez avec les prêtres pour honorer Indra ; vous apportez un soma préparé avec soin.

14. Elles sont arrivées, ces (Ondes) riches et magnifiques. Ô prêtres, ô mes compagnons, poursuivez (le sacrifice). Amis de la libation, déposez sur le gazon (sacré) ces Ondes unies à leur petit-fils.

15. Les Ondes, avides (de nos hommages), sont arrivées. Elles se sont placées sur le gazon pour honorer les dieux. Ô prêtres, offrez le soma à Indra. Que votre sacrifice vous soit propice.


HYMNE XIII.
Aux Viswadévas, par Cavacha.
(Mètre : Trichtoubh.)

1. Que le (dieu) adorable et chanté par les Dévas arrive à notre secours avec tous les (Marouts) impétueux. Avec de pareils amis puissions-nous être comblés de biens ! Puissions-nous triompher de tous les maux !

2. Le mortel, qui recherche la fortune, ne peut y arriver que par la voie du sacrifice et avec l’offrande. Qu’il s’adresse (aux dieux) par l’entremise de l’œuvre (sainte), et qu’il choisisse le meilleur moyen de les fléchir.

3. Le sacrifice est préparé. Les Libations diverses, telles que (les ondes) d’un tîrtha[40] (sacré), viennent arroser le resplendissant (Agni). Puissions-nous obtenir le bonheur ! sans être des immortels, puissions-nous en avoir le sort !

4. Que le maître de la richesse, que le (dieu) éternel, surnommé Damoûnas[41], comble les désirs (de l’homme pieux). Que le divin Savitri soit pour lui le père (du bonheur). Que Bhaga, qu’Aryaman se manifestent à lui par des présents de vaches. Que tous les autres dieux se montrent également généreux.

5. Quand les (dieux) puissants et fortunés se rassemblent, que notre (Louange les accueille), comme la Terre accueille les Aurores. Que les Vâdjas prospères viennent à nous, heureux de l’hymne du poëte.

6. Que la Prière du sage, vache antique et féconde, se présente (devant les dieux). Que ces (dieux), chargés de leurs présents, (viennent) ensemble au foyer où les appelle tous (Agni), l’Asoura (divin).

7. Quel est ce bois ? Quel est cet arbre[42] ? C’est celui qui sert à former le Ciel et la Terre, celui dont (Agni) a fait ces deux (divinités) immortelles et secourables. Quant aux Jours et aux antiques Aurores, leur destin est de périr[43].

8. Il n’est rien de supérieur à Agni. Taureau (puissant), il porte le Ciel et la terre. Quand, sous la forme du soleil, ses coursiers le transportent, il fait alors de son propre corps le vase des lustrations (divines).

9. Il couvre au loin la terre de ses rayons. C’est comme une pluie que le vent souffle de divers côtés. L’éclat dont brillent Mitra et Varouna vient d’Agni, qui, tel qu’une forêt embrasée, étend partout ses lueurs.

10. Lorsque la Vache, abandonnée à sa propre garde, et composée de deux parties, dont l’une est fixe, l’autre mobile[44], enfante par suite d’agitations précipitées ; lorsqu’un fils antique naît de ses deux parents au sein de la Samî[45] ; lorsque la Vache (du sacrifice)[46] a reçu (ce fils), que (les prêtres) commencent leurs prières !

11. Les Dévas ont dit à Canwa, leur enfant : « Syâva[47] doit recevoir les mets de l’offrande. » Sur le noir (Syâva) on a répandu (le lait) de la mamelle brillante. Aucun autre (que Canwa) n’a mieux servi Rita.


HYMNE XIV.
Aux Viswadévas, par Cavacha.
(Mètres : Djagatî et Trichtoubh.)

1. Les deux (coursiers d’Indra) s’avancent au milieu de l’œuvre du sage. Ils viennent avec les dieux prendre place auprès des Dévas. Indra aime la double offrande (de la louange et de l’holocauste), quand il goûte notre jus de soma.

2. Ô Indra, que célèbrent tous les hommes, tu remplis de ta lumière les mondes célestes comme les mondes terrestres. Que tes coursiers, qui t’amènent au sacrifice, ménagent tes (serviteurs), qui te louent et qui sont pauvres de biens.

3. Voilà qu’(Agni) naît du sein de ses deux parents. Qu’Indra se plaise à voir le plus beau (des dieux). (La Flamme), épouse fortunée, accueille avec un doux murmure (Soma), son époux. Leur union se consomme avec éclat et magnificence.

4. Orne de tes feux cette brillante demeure, où sont venues siéger les Vaches (de la prière). Fidèles à l’ordre de leur mère antique et sacrée, les sept fils de la Louange[48] se sont assemblés.

5. Pour vous, l’incomparable Agni se distingue au milieu des Dévas. Il vient rapidement avec les Roudras occuper son trône. Versez donc avec vos amis le miel (de la libation) à ces immortels dont les forces languissent.

6. Le sage Indra, gardien de mes œuvres saintes, a dit à Agni, caché au sein des Ondes : « Je t’ai aperçu, Agni ; et, averti par ce (sage), j’arrive.

7. « Celui qui ne connaît pas un pays s’adresse à quelqu’un qui le connaisse. Il marche, dirigé par celui qui a de l’expérience. Mon bonheur est d’avoir un bon guide. (Ce sage) a appris à connaître les (voies) les plus droites. »

8. Aujourd’hui j’ai entendu le souffle (d’Agni). Il a voulu pendant ces journées s’entourer de splendeurs ; il a épuisé la mamelle de sa mère. Que la Louange célèbre ce (Dieu) toujours jeune ; il est doux, riche, bienveillant.

9. Ô Calasa, et toi, Courousravana[49], accomplissons notre heureux sacrifice. Ne ménageons pas nos présents. Ô riches (seigneurs), je vous souhaite pour bienfaiteur ce Soma que je porte en ce moment dans mon cœur.

  1. Ce commencement de vers se retrouve plus bas, hymne vii, strophe i.
  2. Ce sont les Libations, ou les Hymnes.
  3. Voy. page 263, col. 1. Agni dort dans l’Aranî.
  4. Nous avons vu que Soma est souvent comparé à un cheval impétueux. Les rayons d’Agni lui-même sont distingués par le nom de chevaux.
  5. Nom particulier d’un Richi ; nom général des prêtres.
  6. Ce mot, comme nous l’avons vu ailleurs, s’emploie pour désigner le sacrificateur.
  7. Le commentaire entend aussi ce mot dans le sens de sacrificateur (Swayantri yadjamâna).
  8. Ce sont les Vaches célestes, qui portent en leur sein la semence ignée qui fertilise la terre ; ou bien ce sont les flammes du sacrifice.
  9. Le texte porte Ousanâ, et nous avons déjà fait remarquer l’anomalie de ce nom, si l’on veut le rapporter au personnage du Richi Ousanas. Je crois qu’Ousanâ ou Ousanan est un des nombreux synonymes du mot yadjamâna (sacrificateur). Voy. page 404, col. 1, note 1.
  10. Je suppose que le poëte, par la barbe d’Indra, entend les nuages.
  11. Ce sont les noms des trois Ribhous, que le commentateur traduit par ces trois épithètes : Dipta, Balavân, mahân (enflammé, fort, grand).
  12. Le poëte donne aux Aswins le nom de Sacra, qui est un de ceux d’Indra.
  13. Voy. page 50, col. 1, note 2.
  14. Cet aveugle est Dîrghatamas. Voy. page 137, col. 2, et alibi. Le boiteux est Parâvridj. Voy. pages 109 et 173.
  15. C’est le sacrificateur et sa femme ; ou bien le prêtre et le père de famille.
  16. La libation du Soma est représentée souvent sous la forme d’un taureau (Vrichan ; ici se trouve le mot Vrichabha).
  17. Le commentaire explique de plusieurs manières l’épithète Pantchadasa : il dit que la plante de soma naît pendant les jours de la quinzaine blanche (Soucla pakcha). Il dit encore que le soma, versé trois fois par jour, tombe dans cinq vases différents ; ce qui justifie l’épithète Pantchadasa. Je lis dans la préface de Stevenson, page 6 ; que les rites préparatoires durent au moins neuf jours, et que le soma (page 2) doit être cueilli pendant une nuit éclairée par la lune. Je puis donc supposer que toutes les dispositions requises pour la préparation du soma demandent une quinzaine, ou bien que la plante a été cueillie le jour de la pleine lune (Pantchadasi).
  18. C’est le nom d’un Asoura.
  19. Suivant le commentaire, c’est la nature, Pracriti.
  20. L’idée contenue dans cette stance m’a fait penser que le poëte prenait la parole au nom de l’épouse d’Indra, c’est-à-dire au nom de l’hymne qui le célèbre.
  21. Par ce mot pied, le commentaire entend les rayons du Soleil. Je suppose que le pied du nuage est la partie tournée vers le ciel : c’est par là qu’Indra, sous la forme du soleil, le saisit et l’attire.
  22. Je ne sais pas trop quels sont les personnages désignés dans ce passage. Le commentaire me paraît assez incertain. Les sept Richis pourraient être les sept Marouts ; ceux qui sont au nombre de huit me semblent être les huit Pradisas. Je ne sais quelle est la classe de ces êtres qui apparaissent au nombre de neuf, à moins d’y voir neuf espèces de Pitris et de Rakchasas. Les dix derniers sont les dix Angiras. Au reste, les nombres de ces personnages avec Indra forment la somme de 33.
  23. Il paraît que Capila est un des dix Angiras. Son nom signifie noir, et il semble représenter le Soleil couvert et obscurci par les nuages.
  24. Nous avons déjà vu qu’Indra est considéré comme le bélier du troupeau céleste : des allusions ont aussi été faites à la métamorphose de ce dieu en bélier. En effet, les nuages qui couvrent le ciel ressemblent à une toison ; ce bélier est sacrifié, et l’on se dispute ses membres. Voy. section VI, lecture vi, hymne xvi, stance 12.
  25. Ces deux divinités sont Vâyou et le Soleil, dont l’un chasse les nuages, et l’autre les dissout par sa chaleur.
  26. Ces trois divinités sont Pardjanya (le Nuage), Vâyou et le Soleil, qui donnent successivement à la terre la pluie, la fraîcheur et la chaleur.
  27. Indra ne se repose jamais.
  28. Vasoucra est considéré comme fils d’Indra ; ce dieu est donc le beau-père de l’épouse du Richi.
  29. Dhânâh.
  30. Le texte porte le duel. Voy. page 411, col. 1, note 1.
  31. Voy. page 526, col. 1, note 1.
  32. Voy. page 97, col. 2, note 5.
  33. Le texte porte le mot Godhâ et Godhâh, qui est la garde de cuir que les archers portent sur le bras gauche, pour se garantir contre la corde de l’arc. Le commentateur a vu dans cette stance une allusion à la Gâyatrî, (oiseau poétique), qui a séduit Indra et l’a fait céder au vœu du poëte.
  34. Kchapâvân.
  35. Le char d’Indra, à cause du triple sacrifice de la journée, est surnommé Trisoca. Le commentaire prend ce mot pour le nom d’un Richi.
  36. Je crois qu’il est question de l’Aurore.
  37. Épithète que nous avons déjà traduite par le mot undosus.
  38. Le commentaire donne un autre sens à ces mots, oubhé iyartti (qui donne à nos œuvres le fruit prévu et imprévu).
  39. L’épithète dwidhârâh est expliquée par le commentaire comme si elle signifiait anékadhârâh, aparyantadhârâh.
  40. Lieu de réunion pieuse, auprès d’un étang sacré, ou sur les bords d’une rivière sainte.
  41. Voy. page 122, col. 1, note 1.
  42. Je suppose que cette interrogation se rapporte au bois du foyer, sur lequel repose Agni.
  43. Le commentaire donne au mot djaranta un tout autre sens : il le traduit par stouvanti.
  44. Ceci est la description de l’Aranî.
  45. La Samî (Acacia suma) et l’Aswattha (Ficus religiosa) sont les deux bois dont se compose l’Aranî.
  46. Cette vache, c’est le foyer.
  47. Ce mot signifie noir : c’est un nom d’Agni. C’est aussi le nom d’un Richi.
  48. Nous savons que les Tchhandas ou mètres sacrés sont au nombre de sept.
  49. Ces deux noms semblent être ceux de deux personnages différents. Le commentaire, qui commence par les expliquer tous les deux comme s’ils étaient deux surnoms d’Agni, finit par dire que Courousravana est un fils du roi Trasadasyou.