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Rig Véda ou Livre des hymnes/Section 8/Lecture 8

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Traduction par Alexandre Langlois.
Bibliothèque Internationale Universelle (p. 599-611).

LECTURE HUITIÈME.
HYMNE I.
Aux Aswins. — Richi[1] : Atri, fils de Sankhya.
(Mètre : Anouchtoubh.)

1. Atri[2] était fatigué par le sacrifice ; comme à un cheval de course, vous lui avez donné une nouvelle vigueur. Vous avez (rajeuni) Cakchîvân[3], comme on répare un vieux char.

2. Tel qu’un coursier rapide que des (bras) vigoureux avaient retenu, lancez le jeune[4] Atri à travers les airs. Qu’il soit comme un nœud solide que vous déliez.

3. Héros brillants et magnanimes, voilà des (mortels) qui attendent l’effet de vos œuvres. La louange semble vous appeler du ciel.

4. nobles et opulents Aswins, faites éclater votre bienveillance et votre générosité. Comblez-nous de vos biens dans nos larges mains et dans le sacrifice.

5. Ô Véridiques (Aswins), Bhoudjyou[5] était tombé dans la mer ; vous l’avez protégé, et par la route de l’air vous l’avez ramené avec vos (coursiers) ailés.

6. Héros fortunés et magnifiques, possesseurs de tous les biens, donnez-nous vos trésors, et ouvrez pour nous la source de l’abondance.


HYMNE II.
À Indra. — Richi : Souparna, fils de Tarkchya.
(Mètres : Gâyatrî, Vrihatî et Pankti.)

1. Ô sage (Indra), l’immortel Indou vient vers toi, tel qu’un coursier, robuste et impétueux.

2. Redoutable Ribhou, il est digne de nos louanges, (il est l’espoir) du sacrificateur. (Merveilleux) Ribhou, il apporte cette (sainte) ivresse qui aiguise la foudre[6] et prépare la victoire.

3. À la vue de l’épervier[7] puissant, que le taureau Ahîsouva[8] abandonne le lait de ses (Vaches célestes).

4. L’oiseau, enfant de l’épervier (poétique)[9], appelle du ciel le char d’Ahi qui a cent roues.

5. L’épervier t’apporte dans sa serre ce beau, cet Innocent (soma) qui doit être ta nourriture, qui donne la vie et augmente la famille.

6. C’est ainsi qu’Indra, s’unissant à Indou, obtient parmi les Dévas un grand ascendant. (Dieu) puissant, par notre œuvre tu reçois la libation, c’est-à-dire la nourriture et la vie.


HYMNE III.
À Indra. — Richi : Souparna, fils de Tarkchya.
(Mètres : Gâyatrî, Vrihatî et Pankti.)

1. (Indrâni[10] parle.) Je cultive cet arbre vigoureux, par le moyen duquel on tue sa rivale et l’on obtient un époux.

2. (Arbre) puissant et fortuné, que soignent les Dévas et qui étends tes larges feuilles, fais que je voie ma rivale s’éloigner de la maison, et mon époux être tout à moi.

3. (Arbre merveilleux et) grand, je suis grande aussi ; plus grande que tout ce qui est grand, comme ma rivale est plus basse que tout ce qui est bas.

4. Je ne prononce pas son nom ; elle n’est point de notre race. Nous envoyons ma rivale dans une contrée lointaine.

5. Je suis forte ; tu es fort également. Tous deux vigoureux, nous devons vaincre ma rivale.

6. Donne-moi ta force victorieuse ; que je la reçoive avec celle de (mon époux). Que ton âme vienne à moi, comme la vache va vers son nourrisson, comme l’onde suit son cours.


HYMNE IV.
À Aranyani[11], par Déyamouni, fils d’Irammada.
(Mètre : Anouchtoubh.)

1. Ô Âranyânî, habitante des forêts, pourquoi ne viens-tu pas dans le bourg ? Pourquoi as-tu l’air de craindre ?

2. Cependant le taureau revient, répondant par son mugissement à la voix qui l’appelle. Comme il paraît grand dans la forêt au milieu de ses (Vaches) au col allongé !

3. Ainsi les Vaches paissent l’herbe ; la maison brille à la vue, et Aranyânî doit atteler le soir ses chariots.

4. L’un appelle la vache ; l’autre fend le bois. Celui qui habite dans Aranyânî[12] a fait le soir entendre sa voix. On sent sa présence.

5. Aranyânî est bonne, et personne ne veut la blesser. On connaît ses doux fruits, et l’on veut en goûter.

6. (Aranyânî) exhale le parfum de l’Andjana[13] ; elle est riche en mets savoureux ; elle ne connaît point le soc du laboureur ; elle est la mère des animaux sauvages. J’ai chanté Aranyânî.


HYMNE V.
À Indra, par Souvédas, fils de Siricha.
(Mètres : Trichtoubh et Djagatî.)

1. Je te salue avant tous, ô (Dieu) qui portes la foudre, (Dieu) terrible en ta colère. Tu as donné la mort à Vritra, et accompli une œuvre héroïque. Le Ciel et la Terre te sont soumis ; les plaines de l’air tremblent devant toi.

2. Tu voulais nous donner l’abondance ; et la sainte magie a triomphé du magicien Vritra. Les sages t’honorent pour la conquête des Vaches (célestes) ; ils t’environnent d’holocaustes et de sacrifices.

3. Ô Maghavan, qu’invoquent tous les hommes, viens au milieu de ces pères de famille qui, comblés de tes dons, te témoignent leur reconnaissance. Ils chantent un (Dieu) fort, auquel ils demandent le salut de leurs enfants, de leurs petits-enfants, de leurs amis, les fruits de leur sacrifice, une honorable opulence.

4. Celui qui connaît ton pouvoir a désiré s’enivrer à la source féconde de ta richesse. Ô Maghavan, pour prix de tes bienfaits, il t’apporte, avec les prêtres des holocaustes, des offrandes, des présents.

5. Chanté par nous, ô Maghavan, fais éclater ta grandeur et ta force ; donne-nous la fortune. Aussi grand magicien que Mitra et Varouna, fais-nous part de tes largesses et de ton abondance.


HYMNE VI.
À Indra, par Prithi, fils de Véna.
(Mètre : Trichtoubh.)

1. Ô vigoureux Indra, nous te chantons, en te présentant les libations et les mets du sacrifice. Apporte-nous les biens que tu préfères ; et qu’avec nos enfants nous jouissions de ta protection.

2. Tu es grand, ô vaillant Indra. À peine né, tu avais déjà, avec le Soleil, vaincu la race des Dasyous. Nous apportons, nous faisons couler en ton honneur ces flots de Soma mystérieusement caché au sein des Ondes.

3. Maître sage et prudent, viens à notre voix. Tu aimes la prière des Richis. Nous voulons être tes serviteurs, et te plaire par nos libations. Ô (Dieu) porté sur un char (brillant), accepte ces offrandes.

4. J’ai célébré en ton honneur ce sacrifice, ô Indra, le plus noble des héros ; donne la puissance à tes amis. Fais éclater tes œuvres en faveur de ceux que tu chéris. Sauve ceux qui te chantent et t’offrent l’holocauste.

5. Ô vaillant Indra, écoute l’invocation de Prithi, l’enfant de Véna. Il t’honore par ses hymnes. Il verse pour toi des flots de ghrita. Les accents de sa voix roulent comme une onde impétueuse.


HYMNE VII.
À Savitri, par Artchata, fils d’Hiranyastoupa.
(Mètre : Trichtoubh.)

1. Savitri a par sa puissance affermi la terre ; il a au milieu de l’espace consolidé le ciel. Il a lancé l’air comme un cheval impétueux, et enchaîné dans son lit l’océan (céleste).

2. Au sein de cet océan affermi, Savitri voulut que l’enfant des Ondes[14] répandît ses eaux. Par lui se leva le monde, supérieur et inférieur ; par lui s’étendirent le ciel et la terre.

3. Ensuite, au milieu de tout ce monde immortel, apparut un autre être adorable, le fils ailé et antique de Savitri, Garouda[15], soumis aux ordres de son (père).

4. Avec le même empressement que les génisses se rendent au hameau, que les cavales s’élancent au combat, que la vache, excellente mère, arrive près de son nourrisson, que le mari accourt vers sa femme, que Savitri, soutien (du monde) et bienfaiteur opulent, vienne aussi du ciel vers nous.

5. Ô Savitri, comme faisait l’Angiras Hiranyastoûpa, je t’honore par ces offrandes. Je t’adore et t’appelle à mon secours. Je m’éveille pour toi, comme (les sacrificateurs) pour la plante du soma.


HYMNE VIII.
À Agni, par Mrilîca, fils de Vasichtha.
(Mètres : Djagatî et Djyotich.)

1. Ô (Dieu) qui portes l’holocauste, tes feux sont allumés par les Dévas. Viens avec les Adityas, les Roudras, les Vasous, oui, viens pour notre bonheur[16].

2. Viens faire l’ornement de ce sacrifice et de nos prières. Mortels, nous t’appelons en allumant tes feux, oui, nous t’appelons pour notre bonheur.

3. Je chante dans mon hymne le (Dieu) possesseur de tous les biens, et protecteur opulent. Ô Agni, amène ici les Dieux qui sont nos amis, et qui veulent, oui, qui veulent notre bonheur.

4. Le divin Agni est le prêtre des Dieux ; les Richis, enfants de Manou, allument ses feux. J’invoque Agni pour qu’il nous comble de ses dons, oui, pour qu’il nous comble de ses dons et fasse notre bonheur.

5. Agni a dans le combat sauvé Atri, Bhraradwâdja, Gavichthira, Canwa, Trasadasyou ; qu’il nous conserve aussi. Vasichtha appelle Agni ; qu’il soit pontife, oui, qu’il soit pontife pour notre bonheur.


HYMNE IX.
À Sraddhâ[17]. — Richi : Sraddhâ, fille de Cama.
(Mètre : Anouchtoubh.)

1. C’est Sraddhâ qui allume les feux d’Agni : Sraddhâ qui offre l’holocauste ; Sraddhâ que notre voix proclame sur la tête de Bhaga[18].

2. Ô Sraddhâ, exauce le vœu d’un (fidèle) qui est généreux (envers les Dieux) d’effet ou de cœur. Exauce la prière que je fais au nom de ces nobles sacrificateurs.

3. Les Dévas ont eu recours à Sraddhâ contre les terribles Asouras. Exauce également la prière que nous faisons au nom de ces nobles sacrificateurs.

4. Les Dévas, dans le sacrifice et sous la protection de Vâyou, se sont adressés à Sraddhâ. La piété du cœur donne Sraddhâ ; Sraddhâ donne la richesse.

5. Le matin nous appelons Sraddhhâ ; nous l’appelons à midi ; nous l’appelons au coucher du soleil. Ô Sraddhâ, fais que nous soyons pleins de toi[19].


HYMNE X.
À Indra, par Sâsa, fils de Bharadwadja.
(Mètre : Anouchtoubh.)

1. C’est Sâsa qui le proclame : tu es grand et admirable ; tu renverses tes ennemis, et tes amis ne sauraient ni périr, ni être vaincus.

2. Indra, maître des nations, répand le bonheur. Il triomphe de ses rivaux et donne la mort à Vritra, Que le généreux Indra se mette à notre tête ; qu’il boive le soma, et nous assure la paix.

3. Frappe les Rakchasas, frappe tes ennemis. Brise la mâchoire de Vritra. Ô Indra, vainqueur du grand Asoura, confonds l’orgueil d’un odieux agresseur.

4. Ô Indra, extermine nos ennemis ; terrasse-les dans les batailles. Repousse au-dessous de toi, dans les ténèbres, celui qui ose nous attaquer.

5. Ô Indra, éloigne de nous la pensée et les coups de l’être qui nous déteste et veut notre perte. Que ta protection s’étende sur nous pour nous préserver de sa colère et de la mort.


HYMNE XI.
À Indra. — Richis : les Ondes, mères d’Indra.
(Mètre : Gâyatrî.)

1. Les (Ondes) viennent entourer Indra au moment de sa naissance ; dans leur œuvre (féconde) elles répandent la force.

2. Ô Indra, tu dois ta naissance à la force, à la vigueur, à la puissance. Tu ne déments point ta nature généreuse.

3. Ô Indra, tu as frappé Vritra, et ouvert l’étendue des airs. Tu as par ta force affermi le ciel.

4. Ô Indra, la foudre est ta compagne ; tu portes dans tes mains cette (arme) merveilleuse et tu l’aiguises avec force.

5. Ô Indra, par ta force tu domines tous les êtres. Tu règnes sur tous les mondes.


HYMNE XII.
À Yama. — Richi : Yami.
(Mètre : Anouchtoubh.)

1. Les uns purifient le soma ; les autres répandent le beurre (sacré). Viens vers ceux qui font couler le miel (de la libation).

2. Viens vers ces (Richis) que l’ardente piété a rendus invincibles, qui ont gagné le ciel et obtenu la renommée.

3. Viens vers ces héros qui brillent dans les combats, qui font le (généreux) sacrifice de leurs corps, ou qui ont mille présents à offrir.

4. Ô Yama, viens vers ces Pères (du sacrifice), qui, austères et ardents, ont les premiers touché et fortifié les feux de Rita.

5. Ô Yama, viens vers ces sages et austères Richis, habiles dans les (saintes) directions, qui, nés au sein de l’ardente piété, s’élancent vers le soleil, dont ils sont les gardiens.


HYMNE XIII.
Aux Viswadévas, par Sirimbitha, fils de Bharadwadja.
(Mètre : Anouchtoubh.)

1. Ô Pauvreté, à l’œil abattu, à la démarche lente, dirige-toi, pour trouver un bienfaiteur, vers la montagne (céleste). Car c’est avec les ondes du Nuage que nous te repoussons.

2. La Pauvreté, chassée de ce monde et de l’autre, nuit à tous les germes. Ô Brahmanaspati, (dieu) aux cornes acérées, viens éloigner cette malheureuse.

3. Si notre vaisseau flotte sans gouvernail sur le rivage de la mer, ô (Dieu) invincible, accours, et ramène-le dans le port.

4. Quand les larges (nues), apportant le bonheur, apparaissent à l’orient, alors tous les ennemis d’Indra sont frappés, et tombent en murmurant.

5. Les (Angiras) ont ramené la vache (enlevée par les Panis) ; ils ont relevé les feux d’Agni, et offert aux Dieux les mets (sacrés). Qui oserait défier ces (Dévas) ?


HYMNE XIV.
À Agni. — Richi : Kétounaman, fils d’Agni.
(Mètre : Gâyatrî.)

1. Que nos Prières lancent Agni comme un coursier rapide au milieu des combats. Puissions-nous avec lui conquérir la richesse !

2. Agni, envoie à notre secours cette armée (brillante) qui doit s’emparer pour nous des Vaches (célestes).

3. Ô Agni, apporte-nous de vastes et solides richesses. (Accorde-nous) des chevaux et des vaches. Éclaire le ciel, et repousse Pani.

4. Agni, fais lever dans le ciel le Soleil, cet astre immortel, et donne la lumière aux nations.

5. Ô Agni, tu es l’étendard chéri du peuple, et tu siéges près de lui. Entends nos prières, et envoie-nous la richesse.


HYMNE XV.
Aux Viswadévas. — Richi : Bhouvana, fils d’Aptya.
(Mètres : Trichtoubh et Dwipadâ.)

1. Qu’en faveur de tous ces mondes nous intéressions Indra et les Viswadévas.

2. Qu’Indra, de concert avec les Adityas, forme le sacrifice, nos corps, nos enfants.

3. Qu’Indra, avec les Adityas et les Marouts, soit le sauveur de nos corps.

4. Que les Dieux donnent la mort aux Asouras ; qu’ils reprennent leurs rang, et se maintiennent dans leur divine prérogative.

5. Les (prêtres), dans leurs œuvres (pieuses), ont amené l’hymne devant (les Dieux), et leur ont présenté la rapide swadhâ[20].


HYMNE XVI.
À Sourya. — Richi : Tchakchous, fils de Sourya.
(Mètre : Gâyatrî.)

1. Que Soûrya nous garde du haut du ciel, le Vent du sein de l’air, Agni des terrestres (demeures).

2. Ô Savitri, tes rayons sont dignes d’être honorés par cent sacrifices ; touché de nos hommages, protége-nous contre les armes brûlantes (de nos ennemis).

3. Que le divin Savitri, que Pârwata, que Dhâtri[21] conservent notre vue[22] ;

4. Conservent la clarté de notre vue : qu’elle dirige notre corps. Que nous puissions jouir du spectacle de ce monde !

5. Que nous puissions te voir, ô admirable Soûrya ! Que nous puissions contempler nos semblables !


HYMNE XVII.
À Satchî[23]. — Richi : Satchî, fille de Pouloman.
(Mètre : Anouchtoubh.)

1. (Satchî parle.) Le soleil a paru, (et avec lui cet Indra) qui est mon bonheur. Je triomphe ; ma crainte a cessé, je retrouve mon époux.

2. Je règne, je commande. Ma voix inspire la terreur. Je suis victorieuse : que mon époux reconnaisse ma force.

3. Mes enfants triomphent de leurs ennemis : ma fille brille d’un éclat merveilleux[24]. Je suis partout accompagnée de la victoire. Louange à mon époux !

4. Ô Dévas, c’est moi qui ai fait ce sacrifice d’où le grand et glorieux Indra a tiré toute sa force. Je suis sans rivale.

5. Oui, je suis sans rivale ; je n’ai plus d’ennemie. Je triomphe, effaçant l’éclat éphémère et la passagère richesse de celles qui voulaient m’éclipser.

6. Que mes rivales cèdent à ma supériorité ; que je brille sans partage aux yeux du héros (mon époux), et de ce peuple !


HYMNE XVIII.
À Indra, par Pourana, enfant de Viswamitra.
(Mètre : Trichtoubh.)

1. Bois de cette liqueur généreuse. Amène en ces lieux tes rapides coursiers. Ô Indra, que d’autres sacrificateurs ne puissent te retenir ! C’est pour toi que sont versés ces breuvages.

2. Oui, c’est pour toi que nous les versons ; pour toi que nous en verserons (d’autres). Nos voix t’invoquent avec empressement. Indra, visite aujourd’hui notre sacrifice ; ô toi qui connais tout, bois notre soma.

3. Celui qui, jaloux de plaire à Indra, lui présente le soma d’un cœur soumis et dévoué, est sûr de trouver en lui un gardien fidèle de ses vaches. Il recueille les fruits de son sacrifice.

4. Maghavan est le protecteur avoué de celui qui avec une espèce de magnificence lui verse le soma. De son bras il le soutient, et, sans être sollicité, il va frapper les impies.

5. Nous venons vers toi ; nous t’invoquons pour obtenir des chevaux, des vaches, des aliments. Ô Indra, nous chantons ton heureuse bienveillance, nous implorons ta généreuse protection.


HYMNE XIX.
À Indra et Agni. Richi : — Yakchmanasana, fils de Pradjâpati.
(Mètres : Anouchtoubh et Trichtoubh.)

1. Par le fait de l’holocauste je te rends à la vie, et te délivre de la phthisie[25] et de toute incommodité ignorée. Si la déesse du Mal[26] a saisi cet (homme), ô Indra et Agni, daignez l’en délivrer.

2. Qu’il soit expirant ou même mort, qu’il soit sous la main du Trépas, je l’arrache à l’influence de Nirriti. Je lui donne de la vigueur pour cent automnes.

3. Par le fait de l’holocauste qui possède mille yeux, cent automnes, cent vies, je le conserve. Qu’Indra, pendant cent années, lui fasse traverser heureusement tous les maux.

4. Vis dans la prospérité cent automnes, cent hivers, cent printemps. Qu’Indra et Agni, Savitri, Vrihaspati, par le fait de holocauste qui renferme cent vies, nous le rendent pour cent ans.

5. Je t’ai conservé ; je t’ai retrouvé. Reviens, (homme) nouveau. Tes membres sont complets. Je t’ai rendu toute la vie, toute la clarté du jour.


HYMNE XX.
Pour la femme enceinte, par Kchodanaman, fils de Brahman.
(Mètre : Anouchtoubh.)

1. (Ô femme), qu’uni au sacrifice, Agni, l’ennemi des Rakchasas, tue celui qui, sous le funeste nom de flux de sang[27], siége dans ton ventre pour nuire à ton fruit.

2. Oui, qu’Agni, uni au sacrifice, tue le cruel Rakchasa, qui, sous le funeste nom de flux de sang, siége dans ton ventre pour nuire à ton fruit.

3. (Le Rakchasa) qui attaque le germe que tu sens frémir et serpenter en ton sein, et veut détruire ton fruit, doit périr par nous.

4. (Le Rakchasa) qui écarte tes jambes, force l’entrée de ton sein, et s’attache à ton fruit pour le dévorer[28], doit périr par nous.

5. (Le Rakchasa) qui, sous la forme d’un frère, d’un mari, d’un amant, s’approche de toi, et veut détruire ton fruit, doit périr par nous.

6. (Le Rakchasa) qui profite de ton sommeil ou des ténèbres pour troubler ta raison, et veut détruire ton fruit, doit périr par nous.


HYMNE XXI.
Pour la guérison des maladies, par Vivriha, enfant de Casyapa.
(Mètre : Anouchtoubh.)

1. De tes yeux, de ton nez, de tes oreilles, de tes lèvres, de ta cervelle, de ta langue, j’enlève la maladie qui attaque la tête.

2. De ton col, de tes nerfs, de tes os, de tes jointures, de tes épaules, de tes bras, j’enlève la maladie qui attaque le haut du corps.

3. De tes intestins, de ton fondement, de ton ventre, de ton cœur, de tes flancs, de ton foie, de les chairs, j’enlève la maladie.

4. De tes jambes, de tes genoux, de tes talons, de tes pieds, de tes reins, de tes parties honteuses, j’enlève la maladie.

5. Du membre qui chasse le liquide, de tes poils, de tes ongles, de ton corps, j’enlève la maladie.

6. De tous tes membres, de toutes les parties velues, de toutes les articulations, de tout ton corps, j’enlève la maladie.


HYMNE XXII.
Pour chasser le sommeil. — Richi : Pratchétas, fils d’Angiras.
(Mètres : Anouchtoubh, Trichtoubh et Pankti.)

1. Ô maître de l’âme[29], pars, élève-toi, et d’en haut dis à Nirriti : « L’âme de l’être vivant brille partout. »

2. Les (hommes) avec bonheur honorent ce grand (Dieu) ; leur âme s’élève avec lui. L’œil se fixe avec joie sur le fils de Vivaswân. L’âme de l’être vivant brille partout.

3. Pendant le sommeil, comme pendant la veille, nous sommes sujets au mal, qu’il vienne, ou non, de notre volonté. Qu’Agni nous délivre de toutes nos fautes, de tous nos péchés.

4. Ô Indra, ô maître du sacrifice, nous marchons vers le méchant. Que Pratchétas[30], fils d’Angiras, nous délivre du mal dont nous menacent nos ennemis.

5. Puissions-nous aujourd’hui remporter la victoire ! Puissions-nous vivre à l’abri de tout mal ! Pendant le sommeil, comme pendant la veille, nous sommes exposés au mal. Qu’Agni repousse le (méchant) que nous détestons ! qu’il repousse ce (méchant) qui nous déteste !


HYMNE XXIII.
L’oiseau de Nirriti. — Richi : Capota, fils de Nirriti.
(Mètre : Trichtoubh.)

1. Ô Dévas, le Pigeon[31], messager de Nirriti, est arrivé en ces lieux. Donnons-lui l’holocauste qu’il désire ; faisons pour lui la libation. Que le bonheur soit sur nos bipèdes et nos quadrupèdes !

2. Ô Dévas, que ce Pigeon, qui nous arrive, nous soit propice. Qu’il soit dans nos maisons un oiseau innocent. Que le sage Agni aime notre holocauste. Que le Pigeon frappe (les autres), et nous quitte.

3. Que l’oiseau nous épargne ses coups. Il repose déjà sur l’Aranî, séjour d’Agni. Que le bonheur soit sur nos vaches et sur nos hommes. Ô Dévas, que le Pigeon ne nous fasse point de mal.

4. Quand la chouette fait entendre ses sons lugubres, quand le Pigeon repose sur Agni, salut soit au Trépas, à Yama, dont il est l’envoyé !

5. Accueillez le Pigeon avec vos hymnes. Apportez l’holocauste et la libation enivrante ; déliez la Vache (du sacrifice). Cachez les dégâts que l’oiseau a pu faire, et qu’il s’envole en laissant vos offrandes.


HYMNE XXIV.
Pour donner la victoire. — Richi : Richabha, fils de Virat ou de Sakwari.
(Mètres : Anouchtoubh et Mahâpankti.)

1. Je suis Richabha[32] ; fais-moi vainqueur des ennemis réunis contre moi. Rends-moi triomphant. Que je sois le brillant pasteur de vaches (fécondes).

2. Je suis, comme Indra, l’indomptable, l’invulnérable vainqueur. Tous mes ennemis sont à mes pieds.

3. Je vous enchaîne sous ma loi, comme avec la corde on lie les deux extrémités de l’arc. Ô maître de la parole (sainte), disperse-les, et que leurs clameurs s’éteignent au-dessous de moi.

4. Je suis vainqueur, et entouré d’un éclat tout-puissant. Vos pensées, vos œuvres, vos armes, tout est à moi.

5. J’ai pris tous vos biens, toutes vos richesses. Je dresse ma tête bien au-dessus de vous. Vos cris s’élèvent sous mes pieds, comme ceux des grenouilles hors du marais, oui, comme ceux des grenouilles hors du marais.


HYMNE XXV.
À Indra. — Richis : Viswamitra et Djamadagni.
(Mètre : Djagatî.)

1. Ô Indra, c’est pour toi que se répand le miel (de la libation). Tu règnes sur la coupe (sacrée). Donne-nous la richesse ; (donne-nous) de nombreux enfants. Par le fait de l’ardente piété, tu as conquis le ciel.

2. Nous appelons à nos libations ce Sacra qui se réjouit de nos offrandes, et qui nous gagne le ciel par la victoire. Viens, visite notre sacrifice. Nous implorons le triomphant Maghavan.

3. Placé sous la puissante protection du royal Soma, de Varouna, de Vrihaspati, d’Anoumati[33], empressé de te louer, ô Maghavan, ô (Dieu appelé) Dhâtri et Vidhâtri, je t’ai présenté les mets (sacrés).

4. Encouragé par toi, je t’ai, sacrificateur généreux, apporté l’offrande de l’holocauste et de l’hymne. Ô Viswâmitra et Djamadagni, je viens dans votre demeure avec les présents de la libation (vous chanter la puissance d’Indra).


HYMNE XXVI.
À Vâyou. — Richi : Anila.
(Mètre : Trichtoubh.)

1. (Je chante) la grandeur de l’impétueux Vâyou. Dans sa marche, il brise (tous les obstacles). Sa voix résonne comme le tonnerre. Il touche le ciel qu’il dore (avec les nuages) ; sur la terre, il soulève la poussière.

2. Les (Nues), ses épouses, se rassemblent (à sa voix), et se préparent avec lui au combat. Placé avec elles sur le même char, le Dieu s’avance, roi du monde entier.

3. Il s’élance chaque jour dans les plaines de l’air. Premier-né (d’entre les vents), ami des Ondes, (maître) équitable, on ne saurait dire où est son berceau.

4. Âme des Dieux, germe du monde, cet être divin marche à sa volonté. Les sons qu’il fait entendre sont comme sa forme. Offrons l’holocauste en l’honneur de Vâyou.


HYMNE XXVII.
Aux vaches célestes, par Savara, fils de Cakchivan.
(Mètre : Trichtoubh.)

1. Que le merveilleux Vâyou souffle ; que les Vaches fécondes de leur langue caressent les plantes. Que (les plantes) boivent ces Ondes qui donnent la force et la vie. Ô Roudra, épargne ces êtres mouvants qui portent notre nourriture !

2. Avec ces (Vaches) dont les formes sont tantôt compactes, tantôt détachées, et tantôt ne composent qu’un grand corps, (avec ces Vaches) dont Agni connaît les noms avec le sacrifice, et que les Angiras ont faites par leur ardente piété, ô Pardjanya, conserve-nous !

3. Ces (Vaches), qui livrent leur corps aux Dévas, et dont Soma connaît toutes les formes, amène-les, ô Indra, dans notre pâturage ; qu’elles nous donnent leur lait, que pour nous elles deviennent fécondes.

4. Que Varouna, créateur divin, s’unissant aux Pères (du sacrifice) et à tous les Dieux, conduise dans mon pâturage ces (Vaches) fortunées, et que leur race s’y propage heureusement.


HYMNE XXVIII.
À Soûrya. — Richi : Vibhrat, fils de Soûrya.
(Mètre : Djagatî.)

1. Que le (dieu) aux larges rayons[34] boive le miel de notre soma. Qu’il donne aux maîtres du sacrifice une vie heureuse. Fécondé par Vâyou, il déploie sa splendeur ; il éclaire (le monde), et fait fleurir tous les êtres.

2. Le (Dieu) aux larges rayons s’élève sous la voûte du ciel. Juste et grand, distributeur d’une riche abondance, il naît sous la forme d’un astre qui tue le funeste Vritra, et disperse les Dasyous et les redoutables Asouras.

3. Ce noble et large flambeau est le premier de tous. Il n’a point d’égal ; il donne tous les biens. Magnifique et resplendissant, Soûrya développe au loin à notre vue sa force et sa vigueur inébranlable.

4. Viens de tes rayons éclairer le monde lumineux du ciel. Par l’influence toute-puissante de ces rayons, tous les Dieux sont fortifiés ; tous les êtres sont relevés.


HYMNE XXIX.
À Indra, par Ida, fils de Bhrigou.
(Mètre : Gâyatrî.)

1. Ô Indra, conserve ce char d’Ida qui te verse la libation. Entends l’invocation de celui qui te présente le soma.

2. Ô (Dieu) qui déchires (tes ennemis), tu es la tête du Sacrifice qui tremble (d’effroi). Viens dans la demeure de celui qui te présente le soma.

3. En faveur du fils d’Astraboudhna qui te chantait, tu as délivré ce mortel, fils de Véna.

4. Ô Indra, ramène devant nous ce Soûrya qui tombe à l’occident. Sauve le bien-aimé des Dieux.


HYMNE XXX.
À l’Aurore, par Samvarta, fils d’Angiras.
(Mètre : Virât Dwipadâ.)

1. Viens avec splendeur : les Vaches (célestes) ont versé sur ton char (le lait de) leurs mamelles.

2. (Attirée) par nos riches présents, arrive avec magnificence, et répands tes dons sur des (hommes) généreux.

3. Nous avons libéralement prodigué les offrandes. Nous avons étendu la trame du sacrifice.

4. L’Aurore disperse les ténèbres de sa sœur. Elle fait rouler son char sous d’heureux auspices.


HYMNE XXXI.
Sacre d’un roi, par Dhrouva, fils d’Angiras.
(Mètre : Anouchtoubh.)

1. Je t’ai amené au milieu (de nous). Sois ferme ; soutiens-toi sans trembler. Tout le peuple te désire. Que ta royauté ne chancelle pas !

2. Croîs en grandeur. Ne tombe point ; (sois) comme une montagne inébranlable. Tiens-toi aussi ferme qu’Indra. Affermis ta royauté.

3. Qu’Indra, par la vertu d’un ferme holocauste, le soutienne fermement. Que Soma, que Brahmanaspati lui soit favorable.

4. Le Ciel est ferme ; la Terre est ferme ; ces Montagnes sont fermes ; tout ce monde est ferme. Que le roi des nations soit aussi ferme.

5. Que le royal Varouna, que le divin Vrihaspati, qu’Indra et Agni soient le ferme soutien de ta royauté.

6. À un ferme holocauste, nous joignons la ferme libation de soma. Qu’Indra rende ton peuple fidèle à payer l’impôt.


HYMNE XXXII.
Vœux en faveur d’un roi, par Abhivartta, fils d’Angiras.
(Mètre : Anouchtoubh.)

1. (Les prêtres parlent.) Par la vertu de l’holocauste qui fait qu’Indra se tourne vers nous[35], ô Brahmanaspati, fais aussi que nous nous tournions du côté du trône.

2. Ô toi qui règnes sur nous, tourne-toi contre les ennemis qui nous attaquent. Tiens-toi ferme devant les combattants.

3. Que le divin Savitri, que Soma te soutiennent dans ta marche. Que tous les êtres se tournent vers toi à ton approche.

4. (Le roi parle.) Ô Dévas, j’offrirai l’holocauste qui a fait la grandeur et la puissance d’Indra. Que je devienne sans rival.

5. Que je sois sans rival ; que je triomphe de mes ennemis ; que je règne sans contestation. Que je brille parmi tous les êtres et parmi mon peuple.


HYMNE XXXIII.
Aux mortiers. — Richi : Ourdhwagravan, fils d’Ambouda.
(Mètre : Gâyatrî.)

1. Ô Mortiers, que le divin Savitri vous rappelle à votre devoir. Mettez-vous à l’œuvre, et versez la libation.

2. Ô Mortiers, repoussez la misère aux mauvais conseils. Vaches (du sacrifice), donnez votre médicament.

3. Gloire à ces Mortiers sur leurs (bases) élevées ! Ils partagent la joie (du sacrifice), et donnent la force au généreux (Soma).

4. Ô Mortiers, que le divin Savitri vous rappelle à votre devoir. (Préparez) la libation pour le sacrificateur.


HYMNE XXXIV.
À Agni. — Richi : Sounou, fils de Ribhou.
(Mètres : Anouchtoubh et Gâyatrî.)

1. Que les enfants des Ribhous[36], soutiens du monde, repoussent leurs ennemis : qu’ils s’étendent sur la terre (du foyer), comme le veau s’étend près de sa mère.

2. Avec la divine Prière produisez le Dieu, possesseur de tous les biens. Qu’il porte successivement nos holocaustes.

3. Sacrificateur dévoué au service des Dieux, il est amené au sacrifice. Tel qu’un char brillant, entouré des (Dévas), il s’élance de lui-même.

4. Agni, par sa nourriture immortelle, est un Dieu sauveur. Plus fort que la force elle-même, il est fait pour être notre vie.


HYMNE XXXV.
L’Oiseau céleste. — Richi : Patanga, fils de Pradjâpati.
(Mètres : Djagatî et Trichtoubh.)

1. Les sages voient, par l’œil de l’intelligence, l’oiseau (céleste) enveloppé de la magie des Asouras. Au sein de l’océan (aérien) ils le distinguent, et leur âme éclairée reconnaît le siége de ses rayons.

2. L’oiseau, Gandharwa (céleste), emporte en son cœur la parole sainte qu’il répétait déjà dans son berceau, parole brillante et fortunée que les sages gardent dans le séjour de Rita.

3. J’ai vu le pasteur (du monde) d’abord incapable de marcher, puis traversant les airs, et enfin disparaissant. Par la même voie, mais suivant une direction nouvelle, il roule et roulera demain entre le ciel et la terre.


HYMNE XXXVI.
À Târkchya[37]. — Richi : Arichtanémi, fils de Târkchya.
(Mètre : Trichtoubh.)

1. Nous invoquons ici pour notre bonheur le vigoureux et rapide Târkchya, le héros (célébré sous le nom) d’Arichtanémi[38], qui, lancé par les Dévas, triomphe dans les combats et passe les chars les plus légers.

2. Nous implorons la magnificence de (Târkchya), qui est comme (un second) Indra ; qu’il soit pour nous tel qu’un vaisseau qui nous conduise au bonheur. Couple (vénérable de dieux) grands, larges, étendus, profonds, (ô Ciel et Terre), que (Târkchya) soit présent ou absent, nous ne voulons point vous offenser.

3. Par sa puissance il a formé les cinq espèces d’êtres, comme le Soleil par sa lumière (a formé) les Ondes. Dans sa course rapide il répand ses dons par centaines, par milliers. On ne peut pas l’arrêter plus que la flèche qui fend (l’air).


HYMNE XXXVII.
À Indra, par Sivi, fils d’Ousinara, Pratardana, roi de Casi, Vasoumanas, fils de Rohidaswa.
(Mètres : Anouchtoubh et Trichtoubh.)

1. Levez-vous ; voyez ce qu’il faut offrir à Indra. Si c’est le moment des holocaustes, sacrifiez. Si c’est le moment des hymnes, chantez.

2. Ô Indra, l’holocauste été préparé avec soin : viens. Le soleil est déjà à la moitié de sa course. Autour de toi sont placés tes amis avec leurs trésors : ainsi des fils (escortent) dans sa marche le chef de famille.

3. Je veux offrir mon holocauste à la mamelle du sacrifice ou bien à Agni ; je veux même imaginer un hommage nouveau. Ô Indra, à l’heure de midi, prends mon caillé. (Héros) armé de la foudre et riche en exploits, réjouis-toi de mon sacrifice.


HYMNE XXXVIII.
À Indra. — Richi : Djaya, fils d’Indra.
(Mètre : Trichtoubh.)

1. Ô Indra, que le monde implore, tu es le vainqueur de tes ennemis ; ta force est suprême. Sois notre bienfaiteur. Apporte dans ta main la richesse. Tu es le maître des Ondes opulentes.

2. Tel que l’animal terrible et farouche, qui habite la colline, tu arrives de la contrée lointaine. Ô Indra, aiguise ta foudre impétueuse. Frappe, disperse tes ennemis.

3. Ô Indra, ô bienfaiteur des hommes, tu as par tes victoires obtenu la puissance, le bonheur et la suprématie. Repousse une race ennemie. Tu as pour les Dieux affranchi le monde.


HYMNE XXXIX.
Aux Viswadévas. — Richis : Pratha, fils de Vasichtha, Sapratha, fils de Bharad, Wadja, Gharma, fils de Soûrya.
(Mètre : Trichtoubh.)

1. Vasitchtha, dont Pratha et Sapratha font le renom, en l’honneur du brillant Dhâtri, de Savitri, de Vichnou, a présenté le rapide holocauste de l’Anouchtoubh.

2. Les (Richis) ont formé ce grand corps lumineux, placé au foyer du sacrifice. En l’honneur du brillant Dhâtri, de Savitri, de Vichnou, Bharadwâdja a étendu les feux d’Agni.

3. Les (Richis) éclairés par la science ont créé le Sacrifice qui marche avec grandeur en suivant les voies des Dévas. En l’honneur du brillant Dhâtri, de Savitri, de Vichnou, de Soûrya, ils ont amené Gharma[39].


HYMNE XL.
À Vrihaspati. — Richi : Tapourmoûrdhan, fils de Vrihaspati.
(Mètre : Trichtoubh.)

1. Que Vrihaspati nous retire des mauvaises routes ; qu’il exauce aujourd’hui la prière de son serviteur. Qu’il repousse l’impie, qu’il frappe le méchant. Qu’il donne le bonheur à celui qui sacrifie.

2. Que Narâsansa[40] nous conserve dans le sacrifice ; qu’après le sacrifice il se souvienne de nos invocations. Qu’il repousse l’impie ; qu’il frappe le méchant. Qu’il donne le bonheur à celui qui sacrifie.

3. Que le (dieu surnommé) Tapourmoûrdhan[41] brûle les Rakchasas, qui sont les ennemis de la piété, et qui veulent notre perte. Qu’il repousse l’impie ; qu’il frappe le méchant. Qu’il donne le bonheur à celui qui sacrifie.


HYMNE XLI.
L’épouse du sacrifice. — Richi : Pradjavan, fils de Pradjâpati.
(Mètre : Trichtoubh.)

1. (L’épouse parle.) Je t’ai vu, animé par la Prière, vivifié, agrandi par les feux de la Piété. Ô toi qui accrois la famille et donnes la richesse, tu désires des enfants ; multiplie ta race.

2. (L’époux parle.) Je t’ai vue, enflammée par la Prière, et, à l’heure favorable, rapprochant ton corps de moi. Viens, unissons-nous. Tu désires des enfants, multiplie ta race.

3. Je répands mes germes et dans les plantes et dans tous les êtres. J’engendre des enfants au sein de la terre ; je rends mères d’autres femmes encore que toi.


HYMNE XLII.
À la mère d’Agni, par Pradjâpati.
(Mètre : Anouchtoubh[42].)

1. Que Vichnou prépare ton sein ; que Twachtri assemble les formes. Que Pradjâpati verse la semence ; que Dhâtri te donne le germe.

2. Ô Sinivâli[43], et toi, Saraswatî, donnez-lui ce germe. Que les divins Aswins couronnés de lotus te l’apportent.

3. Les Aswins ont agité l’Aranî aux reflets dorés. Nous invoquons le fruit que dans dix mois tu dois mettre au monde.


HYMNE XLIII.
Aux Adityas. — Richi : Satyadhriti, Fils de Varouna.
(Mètre : Gâyatrî.)

1. Que j’obtienne la puissante et invincible protection des trois dieux qui habitent le ciel, Mitra, Aryaman, Varouna.

2. Que jamais l’ennemi connu par l’infamie du péché ne vienne à prévaloir sur eux, ni dans nos demeures, ni sur les routes, ni dans nos citadelles.

3. Que les fils d’Aditi donnent l’immortelle lumière au mortel dont ils sont la vie.


HYMNE XLIV.
À Vâyou. — Richi : Oula.
(Mètre : Gâyatrî.)

1. Que le souffle de Vâyou nous apporte un médicament merveilleux et fortuné. Qu’il prolonge notre vie.

2. Ô Vâyou, tu es pour nous un père, un frère, un ami. Conserve notre existence.

3. Ô Vâyou, dans ta demeure est placé un trésor d’immortalité. Donne-le pour assurer notre vie.


HYMNE XLV.
À Agni. — Richi : Vatsa, fils d’Agni.
(Mètre : Gâyatrî.)

1. Élève ta voix vers Agni, qui est le bienfaiteur des nations. Qu’il nous transporte à travers nos ennemis.

2. Il resplendit au milieu des déserts de la région céleste. Qu’il nous transporte à travers nos ennemis.

3. Généreux et brillant, il tue par ses rayons les Rakchasas. Qu’il nous transporte à travers nos ennemis.

4. Il regarde d’en haut, il contemple à la fois tous les mondes. Qu’il nous transporte à travers nos ennemis.

5. Le brillant Agni naît aussi dans les plaines de l’air. Qu’il nous transporte à travers nos ennemis.


HYMNE XLVI.
À Agni. — Richi : Syéna, fils d’Agni.
(Mètre : Gâyatrî.)

1. Lancez ce vigoureux coursier qui s’appelle Djâtavêdas[44]. Qu’il se place sur notre gazon.

2. Je chante la gloire de ce Djâtavédas qui est libéral, et ami des héros et des sages.

3. Que Djâtavédas vienne à notre sacrifice avec ces splendeurs qui portent l’holocauste au sein des Dieux.


HYMNE XLVII.
À Soûrya. — Richi : Sarparadjgni.
(Mètre : Gâyatrî.)

1. Il marche, il s’avance entouré de lumière. Il vient se placer entre le Ciel (et la Terre), son père et sa mère.

2. Il brille entre eux deux, éteignant et ranimant son souffle tour à tour. De ses grands rayons il éclaire le ciel.

3. Il a trente demeures qu’il illumine (successivement). Le soir et le matin la voix (de la prière) s’élève vers l’oiseau (céleste).


HYMNE XLVIII.
La Création, par Aghamarchana, fils de Madhoutchhandas.
(Mètre : Anouchtoubh.)

1. Le Juste et Bon est né de l’ardente Piété. De là naquit aussi la Nuit ; de là le Samoudra[45] mobile.

2. Du Samoudra mobile est né Samvatsara[46]. Le maître de tout ce qui voit a établi la distinction du Jour et de la Nuit.

3. Dhâtri dans le commencement a formé le Soleil et la Lune, le Ciel et la Terre, l’Air et la Lumière.


HYMNE XLIX.
À Agni. — Richi : Savanarasa.
(Mètres : Anouchtoubh et Trichtoubh.)

1. Ô Agni, maître généreux, tu te mêles à tout ce qui existe. Dans la demeure de l’Offrande, tu allumes tes feux. Apporte-nous la richesse.

2. Venez, rassemblez-vous pour vous entendre. Que vos âmes se comprennent. C’est en s’unissant que les antiques Dévas ont obtenu leur part (d’immortalité).

3. Les (mortels) ici assemblés n’ont qu’une prière, un vœu, une pensée, une âme. J’offre dans ce sacrifice votre prière et votre holocauste présentés par une intention commune.

4. Que vos volontés et vos cœurs soient d’accord : que vos âmes s’entendent, et le bonheur est à vous.



  1. Les auteurs de presque tous les hymnes de cette lecture sont supposés. Ce sont des Richis imaginaires.
  2. Atri est une forme d’Agni. Voyez son aventure, page 13, col. 1 ; page 109, col. 2 ; p. 115, col. 2 et alibi.
  3. Voy. page 50, col. 1 ; page 73, col. 2 et alibi.
  4. C’est le feu nouveau.
  5. Voy. page 109, col. 2 et alibi. Bhoudjyou, fils de Tougra (l’eau), me semble être le nuage tombé dans la mer, et ramené à travers les airs par la force des rayons du Jour. C’est peut-être aussi le Soma extrait du Samoudra.
  6. Traduction de l’épithète oûrdhwacrisana, dont le commentaire fait un nom propre.
  7. Nous avons vu que cet épervier est la Gâyatrî, le mètre poétique.
  8. Ahîsouva est un Asoura. Voy. page 423, col. 1. Je suis loin d’être d’accord avec le commentaire pour la traduction de ce passage.
  9. Je suppose que l’oiseau, enfant de l’épervier, c’est l’hymne lui-même.
  10. Indrâni est le rig, la prière consacrée à Indra, et regardée comme son épouse.
  11. C’est-à-dire la déesse de l’Aranî.
  12. Je crois qu’il est question d’Agni.
  13. L’Andjana est un collyre, dans lequel il doit y avoir du sandal.
  14. C’est évidemment le Nuage. Le commentaire dit que c’est Agni Vêdyouta.
  15. Il s’agit de l’astre du soleil. Le commentaire pense que ce passage se rapporte à Soma.
  16. Le texte porte le mot mrilîca, que le commentateur regarde aussi comme un nom propre, de sorte que l’on pourrait traduire : Viens en faveur de Mrilicâ. Le distique 4 m’a empêché d’adopter ce sens.
  17. Sraddhâ est la déesse de la foi religieuse.
  18. Bhaga doit être ici considéré comme Agni.
  19. Le manuscrit du texte présente ici un long passage intercalé.
  20. C’est-à-dire l’offrande.
  21. Dhâtri est un nom d’Agni, comme Parwata est aussi un nom de Vâyou.
  22. Tchakchous.
  23. Un nom de l’épouse d’Indra.
  24. Je suppose que les fils et la fille de Satchî, qui est l’œuvre du sacrifice, ou la prière, ce sont les rayons et la flamme du foyer.
  25. Appelée râdjayakchma.
  26. Divinité surnommée Grahi.
  27. Dournâman.
  28. Le commentaire semblerait indiquer une espèce de sangsue (capilaca).
  29. Manasaspati : sans doute Agni.
  30. Je pense que c’est un nom d’Agni.
  31. Je suppose que ce pigeon (capota) est l’avant-coureur et même le symbole de la nuit.
  32. Ce mot signifie taureau.
  33. C’est une des déesses du sacrifice : c’est le quinzième jour de la lune.
  34. Vibhrât.
  35. Ces trois premiers distiques renferment un jeu de mot, fondé sur l’expression abhivartta. J’ai tâché de le reproduire.
  36. Ces enfants des Ribhous, suivant moi, sont les rayons du sacrifice, qui s’élèvent sur le foyer de terre. Leurs ennemis, ce sont les ténèbres.
  37. Târkchya est un nom de Garouda, l’oiseau céleste qui est le soleil.
  38. Voy. page 95, col, 1.
  39. Gharma est la chaleur du feu.
  40. Nom d’Agni, ainsi que Vrihaspati.
  41. Épithète d’Agni, tête brûlante.
  42. Le manuscrit du texte insère ici un varga parasite.
  43. Voy. page 184, col. 2
  44. Voy. page 69, col. 1.
  45. J’ai employé le mot Samoudra, parce que je ne sais s’il est question de la mer ou de l’air. Le commentaire croit que c’est l’air, antarikcha.
  46. Samvatsara, autrement Câla ou le temps, dont le soleil est l’image.