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Ruine (Gilkin)

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La NuitLibrairie Fischbacher (Collection des poètes français de l’étranger) (p. 240).




RUINE



À quoi bon ces regards, ces baisers, ces caresses ?
Je t’aime par douleur, tu m’aimes par ennui.
Nous ne fûmes jamais plus tristes qu’aujourd’hui
Et nous pleurons tous deux nos menteuses ivresses.

N’espère plus trouver, ô reine des maîtresses,
Les beaux jours qui pour nous jamais, hélas ! n’ont lui.
Le désir, l’espérance et la foi, tout a fui,
Et rien ne répond plus au cri de nos détresses.

Mes yeux désespérés rencontrent dans tes yeux
Le même désespoir et ton cœur anxieux
Trouve une angoisse égale au fond de ma poitrine.

Qu’avons-nous à nous dire ? Et comment transformer
En un palais nouveau notre amour en ruine ?
Nous nous connaissons trop pour pouvoir nous aimer.