Sacountalâ

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Théâtre, Texte établi par Maurice DreyfousG. Charpentier (p. 359-398).


SACOUNTALÂ


BALLET-PANTOMIME EN DEUX ACTES


tiré du drame indien de calidasa


MUSIQUE DE M. ERNEST REYER


Représenté pour la première fois, à Paris, sur le théâtre impérial de l’Opéra, le 14 juillet 1858.




PERSONNAGES
Douchmanta, roi de l’Inde Sacountalâ
Madhavya, favori du roi Hamsati, favorite du roi
Canoua, brahme, père adoptif de Sacountalâ Gautami, gouvernante des jeunes princesses
Durwasas, fakir Priyamwada, amie de Sacountalâ
Bourreau Anousouya, id.
Pêcheur Parabhritica, id.
Sarnagrava Tchatourica, id.
Saradouata Bayadères, Prêtresses, Nymphes, Déesses, Génies, Apsaras, etc.
Courtisan
Courtisans, Écuyers, Jongleurs, etc. etc.  

Le pénitent Wiswamitrâ était parvenu, par ses austérités et ses prières, à un tel degré de perfection, que les dieux en devinrent jaloux et char gèrent la nymphe Ménaca de le distraire de ses exercices ascétiques. Le saint ne fut pas insensible à la tentation, et de son péché résulta une petite fille qui fut exposée sur les rives du Malini. Comme l’ardeur du soleil l’incommodait, les oiseaux compatissants voltigeaient au-dessus d’elle et lui faisaient de l’ombre, d’où lui vint le nom de Sacountalâ (protégée des oiseaux). Le sage Canoua recueillit l’enfant et l’éleva dans sa retraite, sachant par son don prophétique qu’elle était réservée à de grandes destinées. En effet, de l’union de Sacountalâ avec le roi Douchmanta naquit le conquérant de l’Inde, le héros du Mahabhârata, ce poëme gigantesque dont la lecture publique dure six mois.

Les amours de Douchmanta et de Sacountalâ en forment un épisode dont le poëte Calidasâ, contemporain de Virgile, fit un drame en sept actes, considéré comme un des chefs-d’œuvre de la poésie indienne.

C’est à ce drame qu’est empruntée la fable de ce ballet.



ACTE PREMIER
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Le théâtre représente une forêt sacrée non loin de l’Himalaya, sur les bords du Milani : elle est formée d’arbres des Banians, d’amras, de malicas, de madhavis, que rejoignent des lianes. À droite, s’élève une petite pagode ; à gauche, l’on aperçoit dans les feuillages les cabanes de roseaux des richis (ermites) ; au fond, des marches de marbre descendent à un étang sacré (Thirtâ).


Scène première
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Canoua, chef des brahmes, assisté de brahmatcharis, est en prière devant le temple. Une flamme brille sur l’autel, la fanfare et le bruit d’une chasse se font entendre, des profanes ont pénétré dans la forêt. Canoua éteint la flamme, et envoie un brahmatchari voir qui est assez hardi pour troubler la retraite et les dévotions des saints ermites.


Scène 2
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Le roi Douchmanta, à cheval, un arc à la main, suivi de chasseurs, fait son entrée ; il a été entraîné à la poursuite d’une antilope, et son intention n’est pas de violer l’enceinte consacrée à Brahma. Il descend de sa monture, relève avec bonté Ganoua, qui a fléchi le genou devant lui, et renvoie ses courtisans ; lui-même, il veut prier devant l’autel, et dépouille ses ornements royaux par humilité.


Scène 3
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Douchmanta, resté seul, s’incline et offre des fleurs et des fruits sur l’autel ; mais il se relève bientôt avec curiosité. Des sons harmonieux annoncent l’arrivée de personnages plus aimables que les mounis et les richis (ascètes). Pour les voir sans être vu, et ne pas les gêner de sa présence, il cherche une cachette et la trouve dans le temple.


Scène 4
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Les jeunes filles qui desservent le temple et soignent les fleurs de la forêt sacrée apparaissent portant des vases qu’elles vont remplir d’eau. Sacountalâ, fille de la nymphe Ménaca et de Wisaoumitra, élevée par les soins de Canoua, le chef des brahmes, entre en dansant et reçoit les salutations affectueuses de ses compagnes.

Elle va, penchant sur les fleurs des madhavis et des sirichâs les urnes que lui présentent ses amies Priyamwada et Anousouya. Tout à coup, du calice d’une malicâ s’élance une abeille qui voltige autour de la jeune fille la prenant pour une autre fleur. Sacountalâ, redoutant l’aiguillon de l’abeille, cherche à l’éviter ou à la chasser.

Ses bonds effrayés la conduisent près du temple, d’où sort Douchmanta, qui fait fuir l’abeille et retient sur son cœur Sacountalâ palpitante. De sa retraite, le roi a observé les grâces de la jeune fille, et il sent l’amour s’emparer de son âme.

La présence subite de Douchmanta étonne les jeunes filles, et rend Sacountalâ confuse ; elle reste rougissante et les mains croisées sur sa poitrine, mais déjà troublée par la beauté et l’air noble de l’étranger.

Sacountalâ, un peu remise de sa frayeur, interroge Douchmanta. Le roi lui répond qu’il est un jeune brahmatchari (élève brahme), qui vient étudier les Vêdas (livres saints) dans la retraite des pieux solitaires. Comme il a dépouillé les insignes de la royauté, cette réponse n’a rien que de plausible.

Dès cet instant, Douchmanta est admis comme un hôte dans la forêt sacrée. Sur l’ordre de Sacountalâ, Priyamwada, Anousouya et leurs compagnes, après avoir conduit le roi à un banc de mousse, lui présentent des corbeilles de fleurs et de fruits ; Sacountalâ va elle-même puiser de l’eau, et l’offre à Douchmanta, dans une écorce de grenade.

Pendant qu’on lui rend tous ces soins, le roi fixe sur la jeune fille des yeux enflammés ; il se lève, se rapproche d’elle, et veut lui exprimer sa passion. Sacountalâ l’évite avec une coquetterie pudique, mais il finit par la rejoindre, et danser avec elle un pas de deux, qu’il termine en la pressant sur son cœur, comme ivre d’amour.

SCÈNE V
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Un des chasseurs portant l’arc du roi entre sur la scène ; il s’incline devant Douchmanta, et lui dit qu un éléphant furieux ravage la forêt. Les flèches du roi, qui n’ont jamais manqué leur but, peuvent seules en avoir raison. À lui appartient l’honneur d’abattre le monstre. Douchmanta saisit l’arc, et s’éloigne en faisant signe à Sacountalâ et aux jeunes filles qu’il reviendra bientôt.

SCÈNE VI
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Le roi parti, Sacountalâ redescend la scène, toute pensive. Elle porte la maîn à son cœur comme pour en comprimer les battements. L’amour qui l’agite lui fait peur ; celui qu’elle prenait pour un simple brahmatchari est un roi puissant. De retour à son palais, sans doute il oubliera bientôt l’humble fille rencontrée dans la forêt des ermites. Accablée par cette idée douloureuse, elle se laisse tomber sur un banc de gazon ; ses compagnes t’entourent et tâchent de la rassurer ; elles la complimentent sur l’amour qu’elle a inspiré au roi ; mais Sacountalâ, oppressée et brûlante, cache sa tête dans ses mains. Pour calmer la fièvre à laquelle elle est en proie, ses amies l’éventent doucement, lui jettent des fleurs fraîches, et, voyant le sommeil descendre sur ses yeux, s’éloignent avec précaution sur la pointe du pied.

SCÈNE VII
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Après avoir tué l’éléphant, le roi revient ; inquiet de ne pas voir Sacountalâ, il parcourt la scène à grands pas. Il aperçoit à la fin celle qu’il aime, endormie sur les fleurs. Il se rapproche, s’agenouille, l’admire dans une contemplation passionnée, tend les mains vers elle et lui envoie des baisers ; à travers son sommeil, Sacountalâ semble avoir conscience du retour de son royal amant : elle soupire, elle tressaille et se lève comme en extase, se rapprochant toujours de Douchmanta qui l’attire ; au bout de quelques pas, elle finit par se trouver entre les bras du roi et se réveille avec un mouvement d’effroi et de pudeur. On pourrait les voir. Les jeunes brahmes errent dans la forêt.

Douchmanta, sans l’écouter, lui dit qu’il l’aime éperdument ; mais Sacountalâ ne veut pas croire à ses protestations. Un trop grand intervalle les sépare, toute union est impossible entre eux ; elle essaye de se dégager des étreintes du roi, lui échappe, et va se réfugier dans le temple. Douchmanta la détache de l’autel, la ramène près du banc de mousse, se jette à ses pieds, l’entoure de ses bras et lui promet de l’épouser. Elle sera reine dans le beau palais d’Hastinapourou, la ville sainte. La jeune fille, comme enivrée, penche sa tête sur l’épaule du roi, qui lui met un baiser au front ; en même temps, il lui passe au doigt son anneau qui lui ouvrira les portes du palais et la fera reconnaître pour une fiancée royale.


SCÈNE VIII
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Pendant la fin de cette scène, le mouni (ermite) Durwasas, personnage très-orgueilleux de sa science, et connu dans les poëmes de l’Inde pour son extrême irascibilité, traverse la forêt sacrée avec un air de fatigue et d’accablement ; il est las, il a faim, il a soif, et demande l’hospitalité. Il s’incline à plusieurs reprises auprès du groupe amoureux, qui ne prend pas garde à lui et reste comme perdu dans son extase. Durwasas, déjà mécontent qu’on ne lui rende pas les hommages voulus, est en outre choqué de voir profaner de la sorte par un amour coupable la retraite des dieux et des sages, et adresse des reproches aux deux amants qui se réveillent comme d’un songe. Sacountalâ se précipite aux pieds de Durwasas et tâche de le fléchir, mais en vain. Le roi joint ses prières a celles de Sacountalâ ; mais le courroux du farouche personnage ne s’apaise pas. Se laissant aller à un mouvement de colère, Douchmanta menace l’ermite, qui se redresse de toute sa hauteur et prononce avec des gestes magiques une terrible formule d’imprécation.

Sous le coup de cette malédiction, la tête du roi paraît se troubler, ses yeux deviennent hagards ; il repousse Sacouutalâ. La puissance de Durwasas bouleverse la nature : le ciel se couvre, des lueurs rouges brillent, les feuillages de la forêt sacrée s’agitent, et, à travers les branches, on voit se dessiner les formes monstrueuses de rakkasâs (mauvais génies) qui grimacent, ricanent et désignent du doigt comme maudits le roi et Sacountalâ.

SCÈNE IX
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Douchmanta a perdu la raison et la mémoire. Il ne reconnaît plus celle à qui tout à l’heure il offrait la couronne. C’est ainsi que Durwasas se venge de ceux qui le dédaignent ou qui le bravent.

Les courtisans à la recherche du roi entrent et le trouvent en proie au délire. Il se débat entre leurs mains, et ils l’emmènent en donnant des signes de respect et de douleur. Sacountalâ est tombée évanouie au pied d’un arbre.

SCÈNE X
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Durwasas, satisfait de son commencement de vengeance, s’approche de Sacountalâ ; profitant de son évanouissement, il retire du doigt de la jeune fille l’anneau que le roi lui a remis et va le jeter au loin dans l’étang sacré ; les jeunes filles, les brahmatcharis, les gourous entrent ayant en tête le sage Canoua. Ils aperçoivent Sacountalâ évanouie, la relèvent et la font revenir à elle. Du doigt elle désigne l’ermite, dont la physionomie exprime toujours le courroux, et raconte à Canoua, son père adoptif, qu’elle est aimée du roi, qu’elle l’aime et qu’il lui a juré de l’épouser ; mais Durwasas, offensé involontairement, a, par ses maléfices, fait perdre la raison et le souvenir au roi Douchmanta. — Durwasas, qui a écouté ce récit, se rapproche du groupe et dit : — Jamais ta fille ne sera la femme du roi. — Et qui l’empêcherait ? répond Canoua. — Moi, réplique Durwasas, les yeux brillants de haine, sans se laisser attendrir par les supplications de Sacountalâ tombée à ses genoux.

Ces menaces répandent la consternation parmi les jeunes filles et les bramatcharis, qui connaissent la rancune et le pouvoir de Durwasas.

Canoua d’un air calme rassure sa fille et dit qu’il va faire ses efforts pour conjurer le sort. Si Durwasas est puissant pour le mal, lui est puissant pour le bien. Il s’approche du temple, récite une formule et jette sur l’autel une poignée de l’herbe cousâ. Le feu brille, et, dans la fumée qui s’élève et se sépare, se dessine un groupe représentant Douchmanta posant une couronne sur la tête de Sacountalâ. Une lueur d’un bleu céleste éclaire ce tableau. Les malédictions du méchant Durwasas seront neutralisées par les prières du pieux Canoua. Ce présage heureux rassure la jeune fille et ses compagnes.

Mais l’irascible ermite, qui a regardé cette scène d’un air méprisant, s’approche de l’autel, invoque Shivat dieu de la destruction, répand de l’herbe sacrée sur le feu et fait apparaître dans la fumée un tableau où l’on voit Sacountalâ agenouillée sur un bûcher en flamme. Une lueur rouge jette son reflet sinistre sur cette scène.

Un sentiment d’angoisse s’empare de tous les cœurs. Lequel de ces deux présages faut-il croire ? Sacountalâ d’abord laisse pendre ses deux bras avec abattement ; mais bientôt elle relève la tête. La courageuse jeune fille bravera les malédictions et les présages funestes ; elle ira malgré tout retrouver, au palais d’Hastinapourou, l’infortuné Douchmanta, qui peut avoir besoin de son dévouement. — Le sage Canoua l’approuve et la bénit.

Elle va partir, mais ses vêtements sont trop simples pour se présenter à la cour. Comment faire ? les brahmes vivent dans la pauvreté, et la sainte solitude n’a pas de bazar où l’on puisse acheter de riches habits.

Canoua répond qu’il ne faut pas s’en inquiéter, et que le Ciel y pourvoira.

On commence la toilette de Sacountalâ, ses compagnes la dépouillent de ses voiles.

Tout à coup la jeune fille s’aperçoit avec terreur qu’elle n’a plus son anneau.

Comment désormais pénétrer dans le palais d’Hastinapourou, et se faire reconnaître comme fiancée du roi ?

— Reste avec nous, dit Priyamwada. — Non, je braverai tout, répondit la jeune femme. — N’as-tu pas l’amour du roi ! dit Anousouya, il te reconnaîtra à ta beauté ; qu’as-tu besoin de l’anneau ?


SCÈNE XI

Sacountalâ, on ne l’a pas oublié, est, par sa mère, d’origine céleste. La nymphe Ménaca, dont elle est fille, vient à son secours dans ce moment suprême ; les cimes des arbres s’écartent, laissant passer des flots de lumière. Les apsaras descendent du ciel apportant des étoffes en toile de soleil et en gaz de lune ; des têtes de nymphes apparaissent à travers les interstices du feuillage. Les arbustes allongent leurs branches fleuries comme de petites mains portant des bijoux, des colliers d’or, des fils de perles.

Sa toilette finie, Sacountalâ se prosterne devant les déesses, les génies et les apsaras, qui remontent au ciel.

Anousouya, Priyamwada et les autres jeunes filles l’entourent et l’admirent en la voyant si belle ; certes, le roi Douchmanta ne peut manquer de la bien accueillir, malgré le sort jeté par l’ermite : n’est-elle pas d’ailleurs sous la protection des apsaras ?

Il est temps de partir. Sacountalâ fait ses adieux à ses compagnes, à son antilope, à ses plantes chéries, qu’elle embrasse tour à tour comme si c’étaient des êtres doués d’une âme.

Le sage Canoua, avec quelques brahmatcharis et Gautami, la gouvernante des jeunes prêtresses, accompagne Sacountalâ, qui, avant de s’éloigner, se retourne plusieurs fois et jette des baisers à ses amies.

Durwasas, qui veut contrarier l’influence salutaire de Canoua, son rival en sainteté, laisse prendre un peu d’avance au cortège, se revêt d’une robe de brahme, et sort à grands pas du même côté. Les jeunes filles, qui regrettent Sacountalâ, se groupent dans des poses abattues et mélancoliques.


ACTE SECOND
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Le théâtre représente la façade du palais de Douchmanta, dans la ville d’Hastinapourou, du côté des jardins. Architecture singulière et gigantesque, superposition des terrasses, grands escaliers monumentaux descendant par des degrés de marbre du terre-plein sur lequel s’élève le palais. Dans le jardin, masses de fleurs et de végétation exotique, plantes à larges feuilles, fleurs à calices énormes. Au fond, au-dessus de la ligne tracée par le couronnement du palais, apparaît la tour de Megatchanna.


SCÈNE PREMIÈRE
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Au lever du rideau, le roi Douchmanta est assis sur un divan en forme de trône ; la reine Hamsati est à côté de lui. Les bayadères sont rangées de chaque côté du trône, plongées dans la tristesse. Ne sachant comment distraire le roi, le favori Madhavya prend sa guitare ; aux premiers accords, les femmes se lèvent lentement et exécutent les danses favorites du roi. Mais celui-ci ne prête à ces divertissements qu’une attention machinale, comme celle d’un fou regardant un spectacle dont il ne comprend plus le sens.


SCÈNE II
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La danse finie, le roi quitte son divan, et se promène d’un air distrait au milieu de ses femmes. En vain Madhavya, son favori, lui fait remarquer leur beauté. La reine, à son tour, reproche au roi son indifférence et sa froideur ; ce dernier ne paraît pas entendre Hamsati. Le favori essaye de calmer la reine, en lui assurant que ce n’est pas l’amour qui a ainsi frappé le roi, mais une profonde mélancolie, et qu’il faut le distraire et non le quereller.

Hamsati se rend à ses conseils, et se montre aussi aimable qu’elle était hautaine et impérieuse tout à l’heure. Elle invite ses femmes à danser.


Divertissement
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SCÈNE III
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Après la danse, on vient annoncer au roi que des étrangers demandent à être introduits auprès de lui.

Le roi fait signe qu’on les laisse entrer.

Sacountalâ, accompagnée de Canoua, le vertueux ermite, des brahmatcharis, de Gautami, de Priyamwada, d’Anousouya, de Parabhritica et de Tchatourica, ses amies, s’avance modestement jusqu’au pied du trône.

La reine s’inquiète de l’arrivée de cette jeune femme. Madhavya conduit Sacountalâ devant le roi, qui paraît surpris en la voyant.

Mais Durwasas, qui est entré avec les autres ermites, se place à coté du trône, et, par des gestes conjurateurs, augmente la folie du roi et l’empêche de reconnaître Sacountalâ.

La pauvre jeune femme se prosterne devant le monarque, puisse relève lentement, lui pose les mains sur les genoux et lui offre sa figure en pleine lumière. Le roi s’incline, regarde attentivement, et fait signe que cette femme lui est inconnue.

Marques de joie de la reine Hamsati, qui s’alarmait de la beauté surhumaine de Sacountalâ, et qui craignait en elle une rivale venant faire valoir des droits à l’amour du roi.

Sacountalâ, confuse, se relève et va se réfugier dans les bras de sa gouvernante, qui lui murmure un conseil à l’oreille.

La reine cherche à persuader au roi qu’il faut chasser cette femme.

Sacountalâ, d’après le conseil que vient de lui donner Gautami, essuie ses larmes, et répète la scène du bois sacré. Elle veut lui montrer la bague qu’il lui a donnée ; mais la bague est perdue. Désespoir de Sacountalâ.

Au même instant, Durwasas fait un nouveau geste de conjuration, afin de neutraliser l’effet que peut produire cette scène sur la mémoire du roi.

Décidément, Douchmanta ne connaît pas Sacountalâ, Hamsati triomphe et veut renvoyer cette intrigante, cette femme qui vient poursuivre, jusque sur le trône, un prétendu amant.

Sacountalâ lève fièrement la tête, et fait comprendre à Hamsati que c’est elle qui est la reine, mais que, puisque le sort est contre elle, elle va s’éloigner.

Mais, avant de partir, elle veut se jeter encore aux pieds de Douchmanta, qui détourne la tête.

Sacountalâ se retire tout éplorée ; le favori Madhavya, qui s’intéresse à elle, lui fait signe de se cacher dans quelque endroit voisin.


SCÈNE IV
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La reine, satisfaite, donne à ses femmes le signal de la danse ; le roi, pensif et agité, fait bientôt comprendre qu’il désire être seul.


SCÈNE V
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Le roi, accablé, s’est endormi sur son divan. À ce moment, Madhavya, jugeant l’occasion favorable, se dirige vers une porte dérobée et ramène Sacountalâ. Il lui montre le roi qui est seul, et sur la raison duquel elle peut tenter un effort suprême ; puis il se retire. Sacountalâ essaye de nouveau, par différentes poses, de rappeler à la mémoire du roi des souvenirs qui paraissent lui avoir complètement échappé.


SCÈNE VI
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Tout à coup, Durwasas paraît. Il fait un geste de vengeance, et appelle la reine.

Celle-ci, surprenant Sacountalâ seule avec le roi, s’abandonne à toute sa colère. Les autres femmes se joignent à elle comme un chœur irrité. Hamsati injurie et maltraite Sacountalâ, qui résiste et tombe à genoux ; mais la reine la repousse violemment : et Durwasas, qui se trouve devant elle, la fait reculer épouvantée ; « Je t’avais prédit le bûcher, » lui dit-il. Sur un geste de la reine, le bourreau parait avec ses aides, et elle ordonne qu’on inflige à Sacountalâ les supplices les plus affreux. Ils seront encore trop doux pour cette malheureuse, qui a tenté d’abuser la bonne foi royale. Sacountalâ la supplie d’avoir pitié ; la reine est inflexible. Elle cherche en vain le roi ; elle ne rencontre que l’implacable figure de Durwasas.

Les aides s’emparent d’elle, et le bourreau lui jette un voile noir sur la tête.

Sacountalâ, saisie d’une angoisse mortelle, tombe : on l’entraîne au supplice.

Tout le monde sort.

Hamsati, rayonnante et désormais sans rivale, s’asseoit sur le trône, à côté de Douchmanta, promenant fièrement ses regards autour d’elle. Quant au roi, Il est resté pensif, et il cherche à son doigt l’anneau royal, dont il aperçoit l’absence pour la première fois.


SCÈNE VII
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Un tumulte se fait entendre. Les officiers barrent le passage à un pêcheur qui essaye de pénétrer jusqu’au roi. On le repousse ; mais le roi, désirant savoir la cause de cette altercation, fait venir le pêcheur au pied de son trône.

Le pauvre homme raconte qu’il a trouvé l’anneau dans le ventre d’un poisson péché par lui, et qu’il dépeçait pour la vente.

Le roi reconnaît aussitôt son anneau, et récompense richement le pêcheur.

Plus Douchmanta examine l’anneau, plus il sent sa raison s’éclaircir. Il se rappelle maintenant tout ce qui s’est passé dans le bois.

Un rayon soudain a traversé le cerveau du roi ; l’obscurité qui l’environnait se dissipe, car le vindicatif ermite s’est retiré, sachant que l’anneau retrouvé suspend son influence sur Douchmanta.

Ainsi, cette femme qu’il a repoussée tout à l’heure, c’était Sacountalâ ! Il l’a livrée au bourreau !

Éperdu, il interroge tout le monde ; pour toute réponse, on détourne tristement la tête. La reine s’avance, et annonce, avec une satisfaction cruelle, que Sacountalâ a subi sa punition.

Douchmanta, irrité, la secoue avec violence, et fait un geste de menace terrible ; les femmes de la reine se précipitent éplorées, et entourent Douchmanta, qui ordonne aux bourreaux qui ont emmené Sacountalâ d’entraîner à son tour la perfide Hamsati.


SCÈNE VIII
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En ce moment une musique céleste se fait entendre. L’apsara Misrakési descend du ciel, et au fond du théâtre, on aperçoit Sacountalâ sur son bûcher, dont les flammes se changent en fleurs sous la puissante influence de l’apsara protectrice.

En même temps, des torrents de lumière, où tourbillonnent des génies bienfaisants, inondent le fond du théâtre ; des foules d’Apsaras et de filles célestes apparaissent sur les terrasses les plus élevées du palais.

Sacountalâ radieuse se jette dans les bras du roi, qui tombe à ses pieds et implore une grâce déjà accordée.

Hamsati, se dégageant des mains de ses gardiens, s’incline devant Sacountalâ, et vient baiser humblement le bord de son voile. Sacountalâ lui pardonne.

Douchmanta remet au doigt de Sacountalâ l’anneau royal, qu’elle ne perdra pas cette fois, et se prosterne devant l’apsara Misrakési, qui remonte au ciel.


Pas de deux
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Divertissement
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FIN DE SACOUNTALÂ.


LA PREMIÈRE REPRÉSENTATION DE SACOUNTALÂ


Notre embarras est extrême : le critique dont relève l’Opéra se repose à Vichy des musiques de l’hiver et du printemps ; — il jouit de cette douceur de ne rien entendre et de ne rien voir des choses du théâtre, comme s’il n’était qu’un simple mortel. — Vacances bien gagnées, car c’est un rude labeur que d’essayer le plaisir des autres comme un échanson qui goûte le vin de la coupe, avant de la passer à son maître, et de dire au public : « Buvez, ou ne buvez pas ! » S’il eût été ici, vous eussiez gagné à sa présence un de ces feuilletons si judicieux, si sensés, si spirituels, si au courant du moindre détail, qui font attendre impatiemment le retour du dimanche. Mais il n’y est pas, que faire ? Passer Sacountalâ sous silence ? Notre amour-propre n’en souffrirait pas ; l’autour d’un livret de ballet est presque étranger à son œuvre, dont tout le mérite revient au chorégraphe, au musicien et au décorateur. D’autre part, un ouvrage bon ou mauvais, joué à l’Opéra, excite une curiosité que le journal doit satisfaire. Faut-il aller chercher un critique blond ? Hélas ! il n’y en a plus. Ils sont devenus gris, chefs d’emploi ou morts à la peine ; il ne nous reste d’autre ressource que de faire nous-même ce compte rendu. Cela semble difficile au premier abord, et rien n’est plus facile en réalité.

L’idée première du ballet ne nous appartient pas. Nous avons emprunté à l’admirable poème dramatique de Calidasa, un contemporain de Virgile qui florissait à la cour de Wieramaditya, l’Auguste de l’Inde, la fable très-peu compliquée de notre ballet, n’ajoutant que les scènes nécessaires pour rendre visible ce qui était en récit dans la pièce, ne retranchant que les voyages mythologiques du roi à la recherche de la Saconntulâ perdue, voyages qui débordaient du cadre ordinaire de deux actes. — Ceci dit, nous pouvons nous asseoir comme le premier spectateur venu dans notre stalle d’orchestre.

Après une introduction en fa mineur, pleine de motifs charmants et instrumentée avec une science et une maestria qu’on ne pouvait pas attendre d’un jeune compositeur, qui maniait pour la première fois le puissant orchestre de l’Opéra, la toile se lève et découvre une forêt sacrée de l’Inde dans tout son luxe de végétations bizarres, pour nos yeux, du moins, accoutumés à des frondaisons plus sages.

Les figuiers des Banians, sur troncs monstrueux et curieusement coudés, forment comme les piliers de cette pagode touffue. Des talipots, des mangliers, des lataniers poussent en tous sens leurs jets vigoureux et leurs larges feuilles métalliques. Des plantes étranges, dont les branches s’écartent comme les bras multiples des dieux indous portant des fleurs dans leurs mains, se hérissent confusément au pied des arbres gigantesques. Partout éclatent des calices énormes, aux parfums pénétrants, aux vives couleurs ; des lianes où les oiseaux se prennent l’aile comme dans un filet, enchevêtrent leurs mailles et se pendent aux rameaux séculaires. Amras, malicas, madhavis, sirichàs, mille arbustes ou fleurs dont les noms mélodieux comme de la musique, sembleraient barbares à nos oreilles accoutumées aux grincements de la bise septentrionale, étoilent, bordent, festonnent, embaument les premiers plans. Au fond par une percée, miroite l’eau d’un thistà, — étang sacré : — çà et là des cabanes en claies de jonc se devinent à travers la luxuriance des feuillages. Un petit temple, avec son idole à triple tête et à bras sextuples montre que la trimourte de Brahma, de Wishnou et de Shiva a des adorateurs jusque dans celle solitude où l’homme semble n’avoir jamais pénétré.

Ce beau décor a été peint par M. Martin, un habile homme, qui a quinze ans habité l’Inde et s’est approprié les tons de l’ardente palette, dont le soleil là-bas colore les objets. Il ne faut pas s’étonner si sa forêt ne ressemble ni au Bas-Bréau, ni au bois de Vincennes.

Là vivent parmi les fleurs, les parfums, les rayons, les rosées, les chants, dans l’intimité des plantes, des oiseaux et des gazelles, en parfaite communion avec la nature, sous la direction du sage Canoua et de la prudente Gautami, Sacountalà, Anousouya, Priyamwada cl le chœur des jaunes prêtresses leurs compagnes.

L’antilope chérie de Sacountalâ s’est hasardée hors de la forêt ; vivement poursuivie, elle revient à son gîte, amenant après elle toute une chasse royale dont les clameurs et les piétinements épouvantent les échos paisibles du bois et troublent les dévotions des brahmes retirés dans cet asile pour étudier les Védas.

Le roi Douchinanta n’est point un impie ; il remet dans son carquois la flèche ajustée sur l’arc, renvoie sa suite, dépouille par humilité les insignes royaux, relève le chef des brahmes prosterné à ses pieds, et jette sur l’autel une poignée de l’herbe cousâ, offrande agréable aux Dieux. Les brahmes se retirent, et le roi resté seul, entendant venir les jeunes prêtresses qui accourent des urnes sur l’épaule, se cache derrière un massif de verdure pour ne pas les effrayer. Sacountalâ parait et verse de l’eau pure de l’étang sacré à ses plantes favorites. Du calice d’une malica sort une abeille qui poursuit Sacountalâ, la prenant pour une fleur et cherche à se poser sur ses lèvres roses : les bonds agiles de la jeune fille l’ont bientôt conduite auprès du roi, qui se montre et chasse l’insecte bourdonnant. Après le premier mouvement de surprise à la vue de cet inconnu, Anousouya et Priyamwada le font asseoir sur un banc de mousse, lui offrent des fleurs et des fruits. — Toute rougissante et toute émue, Sacountalâ va puiser pour lui de l’eau fraîche… Voyez la force de l’habitude ! Ne voilà-t-il pas que nous retombons dans le petit train train de l’analyse, comme s’il s’agissait du ballet d’un autre ! — C’est bien assez d’avoir écrit le livret.

Ici commence un long duo d’amour où pour la première fois peut-être l’enivrante poésie de Calidaça a été traduite dans son vigoureux parfum, ses langueurs pâmées et ses roucoulements de tourterelle. M. de Chezy eut été bien étonné de voir madame Ferraris interpréter couramment le sanscrit et le pâli sans faire une faute, et rendre ainsi du bout de ses petits pieds les slokas qui lui ont donné tant de peine ; à l’endroit où il fait une note hérissée de variantes, la danseuse commente le passage difficile en fermant à demi les yeux, en inclinant la tête comme une fleur chargée de rosée, en se penchant avec une volupté morte sur l’épaule de son danseur, et tout le monde comprend.

Tantôt seule, tantôt entourée de ses compagnes, Sacountalâ voltige sur les fleurs comme une plume d’oiseau tombée d’un nid de la forêt et promenée par une brise aromatique ; puis, brisée d’émotion, le sein palpitant, effrayée de l’amour qui l’envahit, elle s’affaisse sur un banc de mousse pour se réveiller contre le cœur du roi, aux grondements de l’orage, aux lueurs rouges de l’éclair, aux cris des rackasas, sous la malédiction de Durwasas, le terrible ascète indigné de voir un amour coupable profaner la sainte solitude. La raison de Douchnianta se trouble, il s’agite comme un furieux ; les gardes l’emmènent ; Durwasas arrache à Sacountalâ évanouie l’anneau royal, gage de fiançailles, et le jette aux flots dormants de l’étang sacré. Malgré la perte de sa bague et les fantasmagories funèbres dont le méchant Durwasas cherche à l’effrayer, Sacountalâ part pour le palais d’Hastinapourou, habillée de la main des apsaras envoyés par Menaça sa mère céleste, accompagnée de ses fidèles amies Priyamwada et Anousouya, après avoir adressé aux oiseaux, aux fleurs, aux plantes des adieux où respire la touchante sentimentalité panthéiste de 1 Inde.

Tout cet acte (chorégraphiquement) n’a été qu’une suite d’ovations pour madame Ferraris et Petipa.

De la forêt sacrée, nous passons au palais d’Hastinapourou, de l’ombre à la lumière, du silence au tumulte, de la solitude à la foule, de la simplicité ascétique au faste royal, et quel faste ! celui d’un roi de la dynastie lunaire, d’un de ces princes chimériques plastronnes de diamants, ruisselants de pierreries, qui brûlaient les yeux comme le soleil, lorsqu’ils passaient sur des tapis de cachemire en palanquin d’or massif au dos d’un éléphant caparaçonné de perles. La décoration, sans vouloir médire des autres, est une des plus belles qu’on ait vues depuis longtemps à l’Opéra. Figurez-vous une de ces prodigieuses architectures de John Martynn escaladant le ciel et se perdant en perspectives infinies. Mais cette fois il n’y a pas de ténèbres bibliques, pas un nuage noir éventré par la foudre. Un jour « blanc, flamboyant et rutilant » déverse des rasades de clartés sur les gigantesques superpositions de terrasses, sur les escaliers monumentaux, sur les étages de colonnades à chapiteaux bizarres, qui descendent de la ligne extrême du ciel jusqu’aux portiques de la cour intérieure.

Ce portique est soutenu par des colonnes trapues et des éléphants de granit, aux défenses cerclées d’or, à la housse de métal, les uns agenouillés gravement et recourbant leur trompe comme Genésa, le dieu d» la sagesse, les autres la dressant en clairon comme pour barrir une fanfare triomphale. Des escaliers de marbre, conduisant à la première plate-forme, se déroulent en fer à cheval de chaque côté du théâtre. À travers les architectures s’élancent des palmiers, des arbres exotiques, aux immenses fleurs rafraîchissant de teintes vertes et roses l’ardeur étincelante de toutes ces constructions colossales calcinées de soleil.

Au milieu de la cour, le roi Douchmanta, privé de raison, de mémoire, par la malédiction de l’ascète Durwasas, est assis sur son trône dans une altitude inerte, à côté de la reine Hamsati ; les femmes de l’anta-pourah, couchées sur les marches du trône avec des poses d’accablement, de langueur et d’ennui, semblent attendre que le maître daigne abaisser son regard vers elles. Madhavva, le favori du roi, fait résonner sa guitare, — nous n’osons pas mettre le nom sanscrit, il n’y a plus d’à dans les casses d’imprimerie; — et lentement ces corps endormis se réveillent, étirent leurs membres souples, cambrent leurs tailles minces, et commencent une de ces danses orientales énervées, désossées, où les femmes ondulent comme des serpents et semblent à chaque pas mourir de lassitude et d’amour. A ces danses qui ne font aucun effet sur le roi, en succèdent d’autres plus vives, plus légères, qu’interrompt l’arrivée de Sacountalâ, accompagnée de son gracieux cortège de jeunes prêtresses. Elle vient rappeler au roi les promesses du bois sacré. Hélas ! elle a beau lui montrer sans voile son charmant visage, mimer la scène de l’abeille, essayer de ranimer cette mémoire éteinte par un maléfice ; elle n’y peut parvenir. On lui a d’ailleurs ravi l’anneau qui confirmerait la vérité de son histoire. La jalouse Hamsati appelle des bourreaux et ordonne qu’on prépare un bûcher pour celle femme qui ose poursuivre, jusque sur le trône, un amant qui ne la connaît pas. À peine a-t-on emmené Sacountalâ, qu’un pêcheur rapporte à Douchmanta, l’anneau royal qu’il a trouvé dans le ventre d’un poisson. A la vue de son anneau, le roi se rappelle tout, la raison lui revient et il demande où est Sacountalâ. L’apsarâ Minakesi a sauvé la jeune fille et changé en fleurs les flammes du bûcher. — Rien ne s’oppose plus à l’union de Douchmanta et de Sacountalâ, qui doit donner le jour au grand conquérant de l’Inde, au héros du Mahabhârata, poème gigantesque comme les montagnes, les fleuves, les forêts et les pagodes de cette terre excessive en tout.

La musique d’Ernest Reyer justifie toute la confiance, que nous inspirait depuis longtemps ce jeune compositeur, pour qui nous avons rimé les. paroles du Sélam. Outre son talent de musicien, Page:Gautier - Théâtre, Charpentier, 1882.djvu/389 Page:Gautier - Théâtre, Charpentier, 1882.djvu/390 Page:Gautier - Théâtre, Charpentier, 1882.djvu/391 Page:Gautier - Théâtre, Charpentier, 1882.djvu/392 Page:Gautier - Théâtre, Charpentier, 1882.djvu/393 Page:Gautier - Théâtre, Charpentier, 1882.djvu/394 Page:Gautier - Théâtre, Charpentier, 1882.djvu/395 Page:Gautier - Théâtre, Charpentier, 1882.djvu/396 Page:Gautier - Théâtre, Charpentier, 1882.djvu/397 Page:Gautier - Théâtre, Charpentier, 1882.djvu/398 Page:Gautier - Théâtre, Charpentier, 1882.djvu/399 Page:Gautier - Théâtre, Charpentier, 1882.djvu/400 Page:Gautier - Théâtre, Charpentier, 1882.djvu/401 Page:Gautier - Théâtre, Charpentier, 1882.djvu/402 Page:Gautier - Théâtre, Charpentier, 1882.djvu/403 Page:Gautier - Théâtre, Charpentier, 1882.djvu/404 Page:Gautier - Théâtre, Charpentier, 1882.djvu/405 terre, montant et descendant, enveloppant les groupes, se mêlant aux danseurs mortels pour célébrer les noces de Douchmanta et de Sacountalâ, de qui doit naître le dominateur de l’Inde. Dans un coin, Gautami et Canoua se réjouissent du sort heureux de leur élève ; des torrents de lumière où tourbillonnent des génies bienfaisants inondent le fond du théâtre. Douchmanta et Sacountalâ montent sur leur trône et la toile tombe.


fin du second acte.


Manuscrit, daté : janvier 1858.