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Sonnet (Corneille, V)

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Poésies diverses, Texte établi par Charles Marty-Laveaux10 (p. 164).
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LVII

Sonnet.

Ce sonnet a été publié d’abord à la page 88 de la cinquième partie des Poésies choisies de Sercy.


D’un accueil si flatteur, et qui veut que j’espère,
Vous payez ma visite alors que je vous voi,
Que souvent à l’erreur j’abandonne ma foi,
Et crois seul avoir droit d’aspirer à vous plaire.

Mais si j’y trouve alors de quoi me satisfaire, 5
Ces charmes attirants, ces doux je ne sais quoi,
Sont des biens pour tout autre aussi bien que pour moi ;
Et c’est dont un beau feu ne se contente guère.

D’une ardeur réciproque il veut d’autres témoins,
Un mutuel échange et de vœux et de soins, 10
Un transport de tendresse à nul autre semblable.

C’est là ce qui remplit un cœur fort amoureux :
Le mien le sent pour vous ; le vôtre en est capable.
Hélas ! si vous vouliez, que je serois heureux !