Sous le signe du quartz/12

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Texte établi par Édition Bernard Valiquette,  (p. 249-262).

LA MORT DE STANLEY-E. SISCŒ


Le moteur emplissait l’espace de son chant régulier. L’avion survolait des villages qui, d’en haut, semblaient des jouets d’enfants. Puis, ce fut un espace blanc, immense comme les siècles et où s’étendaient, ici et là, des taches sylvestres. Après, l’avion franchit une chaîne de collines et vola à la hauteur nécessaire pour survoler les pics qui dominaient. Ce fut, sans transition, un pays tourmenté. Mais ici et là, des lames vertes de résineux ondulaient au gré des collines, ainsi qu’une mer démontée…

Stanley Siscoe, un des quatre pionniers de l’exploitation minière en Abitibi, était parti de Montréal en avion, le matin du 20 mars 1938, en route pour ses placers du lac de Montigny. Le pilote Wrathall était aux commandes. Au départ le temps était beau, mais il change vite à cette époque de la fin de l’hiver canadien. Au reste, on avait remarqué que le baromètre était à la baisse. Tant qu’on fut au-dessus des territoires colonisés du nord de Montréal, tout alla bien.

Mais voici que bientôt des nuages bas couvrirent le sol tandis qu’une autre couche sombre cachait le ciel. Vite, les deux masses obscures se rejoignirent, et l’appareil, subitement secoué par de furieuses rafales, se mit à tanguer et à rouler comme un canot sur un lac tourmenté. Tantôt, à travers des trous d’air, brutalement il s’enfonçait dans une vertigineuse descente d’ascenseur ; tantôt il était happé comme par une puissance invisible. Les vents brassaient de formidables courants qui secouaient la machine.

Stanley Siscoe, avec une formidable énergie, se cramponnait aux garnitures de la cabine intérieure pendant que le pilote, comme avec désespoir, s’arcqueboutait aux commandes, crispant ses mains au « manche à balai ». Puis la neige, par flocons épais, se mit à cingler de ses lanières sifflantes, frappant les plans de l’appareil, étouffant presque le bruit du moteur. Les malheureux s’attendaient à tout instant de percuter. Wrathall tâtonnait, attendant toujours une accalmie ; cherchant en de rapides coups d’œil, la surface plane d’un lac gelé afin de se poser dans le sens qui lui paraîtrait le meilleur. Pendant plus d’une demi-heure, l’avion fut aux prises avec la tornade, bourdonnant comme un gros insecte pris au piège. Et puis allait-il, avant d’atterrir, épuiser sa réserve de combustible ? Le pilote vit soudain son altimètre baisser, l’avion pris dans un fort courant descendant. Il chercha à faire demi-tour mais le contrôle de l’appareil lui échappa. La tempête maintenant assaillait l’appareil comme les vagues d’un raz de marée battant une digue. Il regardait avec angoisse la chute de l’altimètre quand tout à coup éclata un sinistre bruit de ferraille ; le moteur étouffait.

Les malheureux se sentirent perdus. Mais, oh ! bonheur, voici qu’une éclaircie leur permet d’apercevoir, au-dessous d’eux, la surface blanche et unie d’un lac. Wrathall coupa le contact et fît brusquement redresser la machine qui s’immobilisa après un choc sonore. La neige durcie la fit capoter en fin de course.

Lorsque Siscoe et Wrathall se furent dégagés, ils sautèrent prestement hors de la carlingue. L’avion était dans un piteux état : le train d’atterrissage était faussé ; les longerons butés, le fuselage disjoint, le moteur bloqué… Pas très rose, la situation.

La danse des flocons tournoyait, endiablée, autour d’eux, leur fouettant cruellement le visage. Le vent s’insinuait, glacé, sous leurs légers vêtements. Mais la tempête visiblement tirait à sa fin. Bientôt, en effet, les sifflements du vent se turent. Il était midi.

Mais où se trouvait-on ?

Au beau milieu du lac Matchi-Manitou, à vingt-sept milles de Senneterre. Que faire ? Inutile de tenter les réparations à la machine ; on manquait de tout ce qui était nécessaire à cette fin. Les deux hommes tentèrent d’abord de faire des signaux en brûlant de l’essence. Que pouvait-on apercevoir de ces misérables lueurs à vingt milles au moins des premiers habitants de la région ?… Le froid devenait plus vif. Encore qu’on fut à la fin de mars, l’hiver, en cette région, continuait de pénétrer toutes choses de son silence glacé. Wrathall se protégeait assez bien grâce à sa capote de cuir, mais il n’en était pas de même du pauvre Stanley Siscoe qui était parti de Montréal en vêtements de ville, coiffé d’un chapeau melon, chaussé de souliers fins…

On s’arrangea toutefois pour passer la nuit dans la carlingue de l’avion. On fit l’inventaire des vivres. On trouva un fond de bouteille de rhum, quelques sandwiches et une boîte de sardines. Le matin, de nouveau, on fit des signaux, mais en vain. Le jour s’était levé, sale, couvert de nuages bas qui s’effilochaient çà et là en spirales floconneuses. À la tempête avait succédé un temps humide et glacé.

Durant toute la journée, les deux malheureux guettèrent l’azur. Leur retard allait sûrement provoquer l’inquiétude, soit à Montréal, soit à la mine. Oh ! le bonheur d’entendre enfin le vrombissement d’un avion dans le silence immatériel des solitudes immaculées ! Mais rien ! Et une pleine journée s’écoula sans le se­cours attendu. On passa une seconde nuit dans la carlingue.

Au tout petit matin, Stanley Siscoe résolut de partir malgré Wrathall qui persistait à at­tendre le secours. Siscoe partit dans la direction du sud. La tempête avait balayé la neige et il marchait assez facilement. Wrathall attendit. Il fut plus heureux que son compagnon. Durant la journée, en effet, arriva un avion de secours que Siscoe qui avait gagné la forêt du côté sud du lac, ne vit pas, sans doute. Wrathall partit aussitôt avec l’avion sauveteur à la recherche de son compagnon qu’il ne put retrouver avant le brun de la nuit. Ils retournèrent à Senneterre d’où était parti l’avion de secours.

Que devenait pendant ce temps le malheu­reux Stanley Siscoe ? Il marchait toujours vers le sud alors qu’il aurait dû se diriger vers le nord. Il avait vite quitté le lac et gagné la forêt où il s’enfonça. Il marcha jusqu’à la nuit. Le froid était toujours vif. Vers le soir, il eut peur ; et pourtant, il était d’ordinaire assez inaccessi­ble à l’affolement. Devant lui toujours la solitu­de, le silence. Un instant, il s’arrêta ; il réfléchit avec placidité. Alors, il résolut de retourner vers l’avion désemparé, de rejoindre son pilote. À deux, pensa-t-il, on est mieux pour mourir ; car, maintenant découragé, n’espérant plus aucun secours, il pensait pour de bon mourir.

Ah ! l’atroce calvaire du retour vers l’avion ! À l’approche de la nuit, le froid était devenu plus vif. Maintenant, il lui déchirait la poitrine à chaque inspiration. Il grelottait abominablement sous ses légers vêtements et ses pieds gelèrent malgré les courses forcées qu’il s’imposait pour se réchauffer. Même il ne fit plus que courir, ne voulant plus s’arrêter car il sentait qu’en arrêtant il serait du coup envahi par l’engourdissement. Tout de même, une minute, il s’arrêta pour dégager ses chaussures de la neige qui s’y était infiltrée. Puis il reprit sa marche d’animal blessé… Tout à coup, il se sentit comme écrasé par une fatigue insupportable. À ce moment, il marchait sous la lumière laiteuse de la lune et il avait gagné le lac. Vers la mi-nuit, il trébucha ; tomba à la renverse sur la neige. Meurtri dans ses membres ankylosés, ses pieds, ses mains, toutes ses articulations devenues insensibles, il se sentit tout à coup, après tant de souffrances, comme envahi par un délicieux bien-être. Où était-il exactement ? Il l’ignorait, ne cherchait pas à le savoir… Rester là, dans cette neige douce qu’attiédissait son corps… fermer les yeux… dormir ! Il ferma les paupières… Il vit sa jeune femme qui, dans le douillet intérieur de son hôtel, à Montréal, l’attendait, caressant les têtes bouclées de ses deux fillettes… Elles ne manqueront de rien pendant cet éternel, ce bienheureux sommeil dans la neige du lac Matchi-Manitou et où il va tout oublier. Il peut donc s’étendre tout à son aise, se reposer, dormir… Il voit encore, oh ! si loin, le village de sa Pologne martyrisée, où il est né, où il a vécu les premières années de sa vie. Péniblement, il ouvrit les yeux dont les cils se cerclaient de glace, tourna la tête à droite, et là, là… pas loin, sur la plaine blanche du lac… une masse noire. C’est son avion. Va-t-il pouvoir s’y traîner, y mourir ? Un effort… par une sorte d’automatisme acquis à force de tension têtue… mais qui réveilla toutes les douleurs qui habitaient son corps. Non, plutôt se reposer, dormir ; et, de nouveau, dans le bien-être caressant de l’euphorie, il revit les boucles blondes des fillettes filtrant entre les doigts effilés de la compagne de ses jours tourmentés de prospecteur heureux… Non, elles ne manqueront de rien. De l’argent, de l’or… elles en auront… l’épouse, la douce Canadienne française qu’il a associée à sa vie aventureuse, et les deux blondes fillettes… De l’or !… Oui, tout l’or de l’Île Siscoe qu’il a acquis au large du lac de Montigny et dont il lui semble apercevoir les chevalements sur un fond de forêt vierge, aussi clairement qu’il voit là, toujours, cette tache noire… Mais qu’est-ce donc ?

L’Île Siscoe avec ses moulins, ses puits, ses broyeurs, ses tranchées d’où l’on a extrait déjà tant d’or que, des déchets du minerai sorti du fond du lac, on a fait de l’île comme une presqu’île. Et de cette activité de l’Île Siscoe ont surgi, sur la terre ferme, d’autres moulins ; se sont creusés d’autres puits, d’autres tranchées d’où l’on sort de l’or, toujours de l’or… Non. elles n’en manqueront pas, l’épouse et les fillettes !…

Sous ce froid intense, et qu’il sent pourtant bienfaisant, qui paralyse toutes ses douleurs, s’épure sa mémoire autant que sa vision. Il se rappelle tout ; il voit tout sous les clartés lunaires qui bleuissent la neige… Voilà vingt ans, oui, c’est bien cela, en 1915, il prospectait dans la plaine abitibienne qu’il imaginait comme un vaste banc de quartz recouvert d’une très mince couche de terre alluvionnaire. Des découvertes d’or, alors, avaient déjà été faites en juillet 1911, par J.-J. Sullivan et Hertel Authier, sur les bords du lac Keinawisik, — aujourd’hui de Montigny — ​, et il avait découvert lui-même la même hallucinante couleur sur cette île qui porte son nom alors qu’il en avait déjà trouvé sur la presqu’île qui s’avançait du nord-est vers l’île… Alors, il se mit à travailler à la mise en valeur de ces terrains aurifères… Il n’était pas un mineur ; mais l’or est où il se trouve… Les meilleures découvertes n’ont pas été faites par des prospecteurs de métier, mais par des amateurs qui souvent maniaient le pic pour la première fois… À ce moment, il se glorifie de son flair. Il sourit sous le givre qui recouvre ses lèvres… D’autres souvenirs affluent sous sa tête enfiévrée… De l’or !… Mais neuf fois sur dix, c’est le hasard qui enrichit le prospecteur. Tiens !… au Yukon, lors de la ruée de 1898, un mineur, en cherchant à dérouiller sa cuiller avec du sable, découvrit un filon précieux de quartz aurifère… Un autre dut une immense fortune à son chien qui, occupé à poursuivre un rat, mit à jour des pépites d’or… C’est pas plus difficile que ça !… Avec l’or de l’Île Siscoe, celui des rives du lac, de la presqu’île… organisons des compagnies pour l’exploiter !… Ah ! me voilà gérant de ma mine !… Oui, elles en auront de l’or, l’épouse aux boucles brunes, les fillettes aux boucles blondes… Succès, succès partout !… Me voilà classé parmi les pionniers de l’industrie minière du Nord-Ouest de Québec avec les James J. Sullivan, les John Beattie, les Edmund Horne… Gloire, honneur, argent, or !…

Argent !… Or !… banknote ! Il y a l’homme qui court après tout cela ; il y a celui qui attend tout cela dans son lit… Et, cela vient souvent. Mais il y a l’homme, il y a tous les hommes qui, un jour, doivent laisser tout cela… Mais tout de même, le métier de chercheur d’or est encore le seul métier vraiment honnête ; on n’exploite personne ; on ne trompe personne. Ce qui vient de la mine retourne à la mine. Stanley Siscoe a la conscience tranquille… Il peut s’en aller… s’en aller, mourir !… Déjà ! Vrai ; c’est trop tôt ; il est trop jeune : quarante-deux ans seulement… Les sourires de l’avenir sont trop engageants… Allons, un effort ! Non, mais, qu’est-ce ? C’est à peine s’il peut, sur son coussin de neige, tourner la tête. Il n’y a plus devant ses yeux qu’un carré du ciel plein d’étoiles… Comme il est faible ! Il lui semble que son visage s’élime, que ses yeux s’enfoncent dans leurs orbites, que son corps se rapetisse, que sa voix devient mince et apeurée. Il tente de crier, de se dire quelque chose à haute voix ; des mots, au hasard, comme ils lui viennent. Il ne les entend pas. Alors il eut peur… N’y aurait-il donc vraiment plus d’espoir dans le secours ? Plus même de cet espoir de vivre qui n’abandonne jamais les plus misérables ?…

Mais tout cet or, à quoi il a consacré le meilleur de sa vie, qu’il a cherché, qu’il a trouvé au tréfonds de la terre et qu’il a fait reluire au soleil, pourquoi ne vient-il donc pas, lui, le sauver ? Il est, soit, un des pionniers de ce nouveau Klondyke québécois, l’Abitibi ; il a contribué, jusqu’à présent, à enrichir le monde de vingt millions d’or ; dans ce territoire qui entoure le lac gelé où il meurt, trois cents millions sont investis en des entreprises minières dont il est l’un des quatre pionniers… Tout cet or, que de billets de banque cela représente ! Des banknotes… ah ! oui, il en a dans la poche intérieure de son veston ; un paquet, un lourd paquet de billets de banque… Et pourtant, la mort le tient, là, misérable, la chair souffrante, seul, abandonné… Oh ! ces billets de banque, quel fardeau maintenant sur sa poitrine qu’endolorit le froid de cette atroce nuit !…

Tirant de son être le peu de force qui lui reste, Stanley Siscoe réussit à porter son bras droit dans l’intérieur de son veston ; il en extrait son portefeuille bourré des précieux papiers, les saisit par poignées qu’il lance, qu’il sème de toute la force dont il peut disposer, autour de lui… Dormir !… Se reposer ! Il ne voit plus rien ; ou plutôt, comme une seule étoile qui brille très haut, très loin… Il le sent, c’est la fin. Il va mourir ; et par sa pensée, il recommande à Dieu son âme… Puis, l’étoile cesse de luire là-bas. Ce n’est plus qu’un grand trou noir…

Notre destin se forme et se dénoue comme un nuage errant. Tendresse, amour, passion, richesse, tout se perd, tout s’efface dans le vide. Un instant sur l’écran lumineux de ce qu’on nomme la vie, nous ne faisons qu’apparaître avec notre part de chance, d’insolence ou de mérite… Le temps de traverser cet étroit intervalle qui sépare la nuit du néant, nous ne sommes plus qu’un souvenir…

Au petit matin, le pilote Wrathall a pu faire appareiller à Senneterre deux avions qui partirent aussitôt à la recherche du malheureux Stanley Siscoe. Au bout d’une heure, on le découvrit étendu sur la neige, face au ciel qui riait dans les lueurs rosées de l’aube ; son paletot était largement ouvert ; autour de lui, éparses, des liasses de billets de banque.

Le corps de l’infortuné gisait à tout au plus mille pieds de l’avion désemparé qu’il n’avait pu atteindre. Stanley Siscoe avait terminé là, sur ce coin désert du lac Matchi-Manitou, sa dernière « stampede ».

Il y avait vingt-cinq ans qu’il avait trouvé son premier caillou strié d’un imperceptible filet jaune : à peu près vingt-cinq sous d’or… et qu’il découvrait sur la presqu’île du lac de Montigny. Alors, il avait pressenti que l’or gisait dans le lit du lac, sur l’île où, en effet, il le découvrit en 1915. Aussi, est-ce là qu’il construisit ses moulins et creusa ses premiers puits ; sur cette île en train de devenir presqu’île grâce au résidu des usines qui achève de remplir un étroit du lac sur une distance d’un mille, formant un isthme qui reliera bientôt l’île à la terre ferme.

Et sur le littoral du lac, autour de la mine Sullivan, isolée d’abord, se sont établis des camps miniers qui portent le nom de Stanley Siscoe : Dorval — Siscoe, Siscoe — Extension, West — Siscoe, etc.

Jusqu’en 1937, la mine Siscoe venait immédiatement après Noranda pour la production de l’or. Les moulins de l’Île Siscoe sont en exploitation depuis janvier 1929. Au 1er janvier 1938, on y avait traité, depuis les débuts, un total de 934,003 tonnes de minerai et la somme des dividendes payés par Siscoe à ses actionnaires était, à cette date, de $4,985,162. La mine est loin d’être épuisée puisqu’en 1937, elle s’est enrichie de 275,123 tonnes de minerai nouveau et que le 1er janvier 1938, sa réserve totale était de 526,448 tonnes d’une teneur moyenne de $11.23 au lieu de $13.25 pour les 451,827 tonnes de la précédente réserve.

Après la mort tragique de Stanley Siscoe, son épouse, une Canadienne française entreprenante et énergique, continua activement et avec succès de s’occuper de l’industrie aurifère de son mari…

Dans cet immense « stampede » du Nord-Ouest québécois, les femmes, elles aussi, celles des humbles, des petits, des obscurs prospecteurs, comme les compagnes des ingénieurs, même celles des capitalistes cossus qui brassaient des millions pour en obtenir d’autres, toutes ces femmes se montrèrent héroïques. Et il suffit de voir aujourd’hui les femmes du Témiscamingue et de l’Abitibi, leur air content et heu­reux, dans les plus humbles hameaux comme dans les villes, pour deviner l’admiration ins­tinctive qu’elles eurent, en y arrivant, pour leur pays d’adoption. Filles des vieilles villes et des gros villages de l’est et du sud, elles se sentirent capables, dès l’arrivée avec leurs hommes, au pays des mines, d’affronter les crocs du froid ou de regarder sans clignoter le soleil brûlant les roches. Tout de suite leur âme expansive s’ac­climata au milieu d’un paysage morose et revê­che. Et devant le travail ardu et toujours plein d’espoirs, l’émotion les a prises en croupe, et à travers les steppes où elles devaient maintenant vivre et où elles avaient leurs foulées, elles se lancèrent avec enthousiasme, à la suite de leurs maris, de leurs fils, à la conquête de la bien­heureuse « couleur », SOUS LE SIGNE DU QUARTZ.

FIN