Sous les tilleuls

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Walther von der Vogelweide Sous les tilleuls (Under der linden)

traduit par Ernest Combes.

Sous les tilleuls,
Sur la bruyère,
On a dormi : nous étions seuls.
Ô doux mystère
Que dut trahir
L’herbe et les fleurs qu’on dut flétrir !
Bois ombreux ! fraîche vallée !
Tandaradei !
Ô chanson d’amour envolée !

Cœur tout tremblant
Je suis venue —
Dejà m’attendait mon amant.
Je fus reçue,
Vierge des cieux !
À ne désirer jamais mieux.
Ses baisers ! ô douce chose !
Tandaradei !
Voyez comme ma bouche est rose !

Puis il cueillit
Des fleurs pour faire
Tout en riant un petit lit ;
De la bergère
Comme il rira
Le passant qui par là viendra !
Fleur des champs, terre jonchée —
Tandaradei !
Dit où ma tête était couchée.

À mon côté
J’aurais grand’honte
Si l’on savait qu’il est resté.
Nul ne raconte,
Même tout bas,
Nos doux jeux, nos plus doux ébats !
Un oiseau seul nous vit faire —
Tandaradei !
Mais petit oiseau sait se taire.