Différences entre les versions de « Walden ou la vie dans les bois/Commenté/1 »

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Si j'envisage mes voisins, les fermiers de Concord, au moins aussi à leur aise que les gens des autres classes, je constate que, pour la plupart, ils ont peiné vingt, trente ou quarante années pour devenir les véritables propriétaires de leurs fermes, qu'en général ils ont héritées avec des charges ou achetées avec de l'argent emprunté à intérêt, - et nous pouvons considérer un tiers de ce labeur comme représentant le coût de leurs maisons - mais qu'ordinairement ils n'ont pas encore payées. Oui, les charges quelquefois l'emportent sur la valeur de la ferme, au point que la ferme elle-même devient toute une lourde charge, sans qu'il manque de se trouver un homme pour en hériter, lequel déclare la connaître à fond, comme il dit. M'adressant aux répartiteurs d'impôts, je m'étonne d'apprendre qu'ils sont incapables de nommer d'emblée douze personnes de. la ville en possession de fermes franches et nettes de toute charge. Si vous désirez connaître l'histoire de ces domaines, interrogez la banque où ils sont hypothéqués. L'homme qui a bel et bien payé sa ferme grâce au travail fourni dessus est si rare que tout voisin peut le montrer du doigt. Je me demande s'il en existe trois à Concord. Ce qu'on a dit des marchands, qu'une très forte majorité, même quatre-vingt-dix-sept pour cent, sont assurés de faire faillite, est également vrai des fermiers. Pour ce qui est des marchands, cependant, l'un d'eux déclare avec justesse que leurs faillites, en grande partie, ne sont pas de véritables faillites pécuniaires, mais de simples manquements à remplir leurs engagements, parce que c'est incommode, - ce qui revient à dire que c'est le moral qui flanche. Mais voilà qui aggrave infiniment le cas, et suggère, en outre, que selon toute probabilité les trois autres eux-mêmes ne réussissent pas à sauver leurs âmes, et sont peut-être banqueroutiers dans un sens pire que ceux qui font honnêtement faillite. La banqueroute et la dénégation de dettes sont les tremplins d'où s'élance pour opérer ses culbutes pas mal de notre civilisation, tandis que le sauvage, lui, reste debout sur la planche non élastique de la famine. N'empêche que le Concours Agricole du Middlesex se passe ici chaque année ''avec éclat''<ref>En français dans le texte.</ref>, comme si tous les rouages de la machine agricole étaient bien graissés.
 
Le fermier s'efforce de résoudre le problème d'une existence suivant une formule plus compliquée que le problème lui-même. Pour se procurer ses cordons de souliers il spécule sur des troupeaux de bétail. Avec un art consommé il a tendu son piège à l'aide d'un cheveu pour attraper confort et indépendance, et voilà qu'en faisant demi-tour il s'est pris la jambe dedans. Telle la raison pour laquelle il est pauvre ; et c'est pour semblable raison que tous nous sommes pauvres relativement à mille conforts sauvages, quoique entourés de luxe. Comme Chapman<ref>George Chapman (1559-1634), poète et auteur dramatique anglais, ayant eu le sens profond de son devoir elet de sa responsabilité comme poète et penseur. Eut bien entendu maille à partir avec le Gouvernement et les gens de son temps.</ref> le chante :
 
: La fausse société des hommes -
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