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Dans un voyage que fît le général Vernet, ministre des finances, au Port-au-Prince, ce colonel l’invita à aller passer une nuit sur l’ancienne sucrerie du baron de Santo-Domingo qu’il tenait à ferme de l’Etat. Il lui fit voir les belles plantations de cannes qui y existaient comme dans l’ancien régime, et lui dit : « Demain matin, ministre, vous boirez votre café avec du sucre de ces cannes. — C’est impossible, colonel, on n’en aurait pas le temps. — Ministre, remarquez les cannes de cette pièce ; c’est de là que sortira le sucre que je vous ferai présenter demain malinmatin avec votre café, et on les coupera à une heure après minuit. » La gageure fut acceptée et gagnée par le commandant de l’arrondissement du Port-au-Prince. Il avait peut-être obtenu un résultat plus grand que celui de l’empereur, qui fonda une sucrerie à Marchand-Laville en moins d’une année.
 
Par ses soins, les plantations de cannes sur l’ancienne sucrerie de Caradeux ''le cruel'', devenue l’une des fermes de l’empereur, avaient été effectuées en deux mois. Les cultivateurs avaient dû travailler nuit et jour. Il est vrai qu’à l’arrivée des Français, en 1802, ils s’étaient mutinés contre Dessalines à son passage dans la plaine du Cul-de-Sac : sous Toussaint Louverture, il tenait aussi cette habitation à ferme.
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