Sur un buste de Psyché

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Sur un buste de Psyché
Revue des Deux Mondes5e période, tome 30 (p. 686-687).

SUR UN BUSTE DE PSYCHÉ


Au fond du parc désert d’un palais très lointain
Où, seul, un oiseau chante et l’abeille butine,
Le buste, dans sa grâce hellène ou florentine,
Fleur de marbre fleurit un fût de serpentin.

De l’églantier qui l’enguirlande, au frais matin
A la rosée, à peine éclose, une églantine
Épanouit sa rose à la lèvre enfantine,
Dont l’invisible chant semble un rire argentin.


Faisant poudroyer l’or des étamines frêles
Sous le frémissement azuré de ses ailes
Voici qu’un papillon s’y pose et boit le miel ;

Et j’ai cru voir, mêlant en un rêve d’Attique
La beauté de la terre et l’ivresse du ciel,
Sur ta bouche, ô Psyché ! palpiter l’âme antique.