Thresor de la langue françoise/Jean Masset (francais)

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Thresor de la langue françoise, Douceur, 1606

A ILLVSTRES ET

GENEREVX SEIGNEVRS

M. George Louys, & M. Jean

Casimir freres, Çomtes de Le-

weinstein, Seigneurs de Scharp-

feneck.


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esseignevrs,

La crainte que i’auoy de prophaner l’honeur de vos merites, en vous dediant vn labevr si puerile, comme est cettvy-ci de l’acheminement à la langue Françoise, m’a m’a long temps combattu, auant que de m’estre peu resoudre, à l’oser entreprendre. Car d’vn costé venant à approcher ce mien petit auorton, de vostre grandeur, vne tant apparente disproportion, me couuroit le visage de honte, & me faisoit departir de mon dessein : Et d’ailleurs, la deuotion que i’ay de longue main à vostre seruice, (mesmes de mes tres-honorez seigneurs FREDERIC : WOLFGANG ERNEST : & IEAN TIDERIC, freres, & Comtes de Leweinstein, vos bien aymez cousins, dont les vertus & rares qualitez, vous auroyent serui d’esguillon pour venir en France) me venoit subit rallluminer le courage, par vn zele indiscret, qui me reportait tousiours sur les erres de ma premiere resolution. Mais sur tout cette naturelle debonnaireté, qui reluit en vous, venant tout à coup à gaigner le dessus, m’a finalement leué tout scrupule de l’ame, me promettant par vne certaine serenité de front, que cette mienne oblation, quoy que petite, ne vous serait point du tout desagreable. Et, à vray dire, que pouuoy-ie mieux faire pour authoriser ce petit traitté de la langue Françoise, que de l’adresser entre les mains, de vous, seigneurs du monde qui en estes les plus amateurs, tesmoins les veilles & gracieux trauaux que vous luy auez si heureusement contribuez, que l’on la diroit non point entee, mais naturelle en vous, qui rebattans les chemins de l’ancienne vertu de vos genereux ancestres, n’excellez seulement à bien dire, en plusieurs langages, ains a bien faire en tous exercices qui ont l’hõneur pour bout de leur carriere. Prenez doncques en gré, mes tres-honorez seigneurs, que ie mette ici, cõme Dieux tutelaires, les brillantes images de vos perfections taillées de mes mains (rudes & grossieres en verité, mais bien affectionnées à l’execution de vos commandemens) au front de ce petit bastiment, pour en guise de deux Mercures, ou plustost de deux Astres flamboyãs acheminer & introduire par vostre bōheur,outre nos freres les Germains, tous estrangers à l’intelligence de nostre langue, où finalement paruenus,chargez de vœux, ils poseront sur vos autels, les ofrandes du bien qu’ils vous veulent, entonnans vos louanges pour action de grace d’vne telle vostre courtoisie. Et seront tellement vos pourtraits icy mis en teste, que les originaux m’en demeureront eternellement empreins au cœur, qui n’aura iamais de plus grand’ ambition, que de vous tesmoigner en tous ses mouuemēs, que sa derniere fin n’est autre que de vous seruir. Que si tant estoit que ce mien petit seruice enflé de l’influence de vos graces, peust croistre iusques a desborder sur toute la genereuse natiõ Germaine(que i’ayme, honore & cheri, pour sa naturelle fidelité,cōstance & magnanimité) puis d’elle sur toutes les autres, ie receuroy vn indicible contêtemêt en mon ame, voyant naistre à terme le fruit de mõ esperãce, qui est de profiter au public par le moyen de vostre accoustumée bienueillance enuers moy.

Vostre deuet & bien affectionné serviteur.
I. MASSET.

EXACT ET FACILE

ACHEMINEMENT A LA

langue·françoise.


PAR. I. MASSET.


ET PREMIER DES LETTRES

& de leur prononciation.

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ES, François se seruent de vingt & deux lettres, dont y a cinq voyelles, a, e, i, o, u. Ces deux i & u, sont consones quant iointes auec vne autre voyelle ou diphthongue suyuante, elles ne font qu’vne mesme syllabe, comme, ie, vous, vos.

A se prononce la bouche ouuerte (comme en Latin) auarè. Si par fois il se trouue double, c’est pour le faire long, aage, baailler.

E, sa pronontiation est triple, é masculin, c’est à dire acut & clair cōme aymé, quasi ayma : E ouuert, mais, non sinon suyuant s, qui se prononce en ouurant vn peu d’auantage la bouche qu’en é masculin, comme en ces mots, mes, tes ,ses, contester, quasi e feminin, quand il se prononce à la sourdine, entre les dents, comme honeste, qui au bout des vers n’est à rien compté.

Est à noter la difference qu’il y a entre és, acut, & ouuert, qui se prononce tousiours comme, ais, & ex, en serrant vn peu plu- la bouche, comme on voir en ces deux, prés, & prez, mesmes les dictions finies en consones & les suyuantes commencées par voyelles, nous les prononçons comme si lesdites consones estoienr iointes aux mots suyuans, comme, ce sont dé shonneste shommes, & il fau t’auoir, &c.

D’auantage tour e feminin suiuy d’vne autre voyelle se retranche & au prononcer & à l’escrire : mesmement, seulement en l’article feminin, la, & non ailleurs, exemple. l’homme est formé à l’image de Dieu. I’ay dit e feminin, car le masculin n’endure iamais l’apostrophe, ains s’escrit & se prononce comme en l’exemple cy dessus ou formé a ces deux voyelles é, a, se prononcent, comme font toutes les autres. Exemple, qui y est ? sinon en cette particule, si, suyuanr il, elle, on, comme s’il, s’elle, s’on pour si il, si elle, si on.

Commencement en la seconde personne pluriere du present indicatif de ces deux verbes auoir, & scauoir, nous retranchons cette syllabe uez, & ce par interrogation seulement, auons fait cela ? scauons bien cela ? pour auez vous fait cela ? scauez vous bien cela ? mesmes en cet adiectif, grand’ puissance, au lieu de grande. Et d’autant que l’apostrophe ne se fair que de la lettre e, principalement, i’en ay bien voulu traitter par mesme moyen.

L’vſage veut que nous syncopions ces mots en leurs feminins seulement, m’amye, t’amye, s’amye, m’amour, t’amour, s’amour, & non m’amy, au masculin.

Ie vous veux aussi aduertir, qu’entre les troisesmes personnes singulieres en a, & en e, & ces particules il, elle, on, se prononce ordinairement, t ,comme, que dira til ? que dira-il ? te semble til ? que compte ton, pour te semble-il ? que compte-on, ou l’on, ce qui se fait és interrogations,ou parētheses, comme, c’est la verité (dira-il, elle, on).

L’apostrophe ne retranche iamais qu’vne voyelle, & ne dit on point i’aymé pour i’ay aymé.

E, Deuant n, & m, en mesme syllabe se prononce comme vn a, entierement, comme, entieremant, sinon quand vn i, le precede, car alors il retient sa prononciation comme on oit en, rien , mien, tien, &c. excepté, science, experience, audience, inconuenient, expedient.

I, se prononce greslemēt come en Latin, y, entre deux voyelles se prononce, comme deux ii voyelles, dont le premier ioint

auec les precedantes par diphtongue fait vne syllabe & l’autre auec les suyuantes en fait vne autre, comme en ces mots, moyen, quasi moi-en, ioyau, quasi ioï-ïau.


i. Deuant ll, liquefie le dernier, comme, fille, piller, bailler, quasi, filie, pilier, balier, excepté les noms tirez du Latin, ville, mille, huyle, piller. Plus liquefie, l finial œil, conseil, trauail, quasi oelie, travalie, conselie, mais à coup excepté, il, fil, subtil, outil, vtil, vil, mil, cil, pour celuy, que si ai, & ci precedent ll, i, ne se prononce point, mais le dernier, l, se liquefie, en i, comme dit est, comme taille, abeille, quasi talie, abelie.

O, Se prononce la bouche ronde.

V, François se prononce, en portant la langue vers les dens d’embas, & n’ouurant que fort peu la bouche, ou les estrangers le prononcent en retirát la langue en dedans, & ouurant la bouche d’auantage, comme si nous auions à sonner ou.

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DES NEVF DIPHTONGUES

Ai, se prononce comme é, acut, sinon ioint auec n, ou, m, en mesme syllabe, car alors il se prononce comme ei, ou comme nous sonnons, in à la Françoise, faim, pain, quasi, feim, pein, ou fin, pin.

Ei, Comme, l, peindre, feindre, teindre, quasi pindre, findre, tindre.

Au, Se prononce comme o, mais si vne autre voyelle suit apres, u:a, premier fait vne syllabe, & u,comme cōsone, ioint auec la voyelle suyuante, fait vne autre syllabe, comme, auarice, comme en Latin.

Eu, en ouurant vn petit plus la bouche, que quand on prononce, u, & en estendanr la langue,comme heure, demeure, feu, peu, heur, douleur.

En ces noms, e, ne se prononce point, seur ,meur, quasi sur, mur.

Plus és noms en euve, comme, enfleure, blesseure, quasi enflure, blessure.

D’auantage ne se prononce point, e, de ce diphthongue, en, és preterits des verbes qui sont participes passifs, receu, veu, leu, apperceu, quasi reçu, vu, lu, apperçu, oi, comme oe, noir, noire, quasi, noer, noere.

Ie, faut entendre,i, & o, mais à coup en mesme fyllabe, comme, parlions, disions, faisions, & ainsi és imparfais des indicatifs de tous les verbes, & non point és noms ou, i, & o, sont deux syllabes comme action.

Ou, Comme les estrangere prononcent leur u comme, ouurage.

Vi, Exprime ses deux voyelles, en mesme syllabe,comme, luire, nuit, suyure.

Ie, Conioinctement, comme, soulier, ou lier, ne fait qu’vne syllabe.

En plusieurs mots, i, e, sont deux syllabes, premier, és dictions, en, le, comme, amie, partie.

Plus és verbes terminez en ier, comme,lier, sier,&c.

En après és adiectifs en yeux,comme otieux, curieux.

D’auantage, és noms de nation & d’art, comme, Italien, musicien, & peu d’autres, ancien, gardien, lien.

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DES TRIPHTONGVES.

LE son des triphtongues depend des diphtongues, & se prononcent à coup, comme, Dieu, mieux, eau, tonneau.

Oei, D’vn mesme trait de voix, ou l, final se liquefie en i, comme œil, dont y en a fort peu.

Vei, Comme e, presque, fueille, quasi felie.

Oui, Comme ou, mouiller, souiller, quasi moulier, soulier, ou i, ne se sonne point : mais le dernier i, se liquefie en œu, comme eu, œuvre, quasi euvre.

Veu, Ce triphtōgue ne se fait , qués dictions ou g precede, & pour le faire prononcer autrement que j, comme queule, fougueux, &c. car autrement si l’on escrivoit gueule, on prononceroit, jeule.

Oié, Pour les verbes seulement, & non ailleurs : & se prononce, comme oé, ouurant mediocrement la bouche & tenant cette syllabe longue, comme, parloient, seroient, quasi parloéet, servoés, sans prononcer, n. ·

DES CONSONES.

IL faut distinguer entre b,(qui se prononce mollement, & sans violence) & p, (auec vn son sec à la fin des dictions, il est muet, plomb, quasi plom.

Le mesme faut il obseruer entre d,(qui final se prononce comme t, accord, quasi, accort, hazard, quasi hazart,) & t, celuy la mollement, celluy-cy durement.

Entre v, mol consone, & f, dur, comme vaut, faut.

Entre g, mol, & r,dur.

Mesme entre i, consone, & ch, voicy des exemples, boire, poyre, iard, tard, vin, fin, goust, coust, ioye, choye, du verbe choyer.


Le c, se prononce en en sifflant & pressant les dens d’enhaut de la langue, mais deuant les voyelles, a, o, u, il sonne, comme, k, Capitaine. quasi, kapitaine, cotton, quasi, koton, curieux, quasi kurieux.

Que si nous y adioustons vne queuë, ou y interposons e, sa dureré sera amolie, en ss, comme en ce mot garçon, quasi garsson.


Es verbes nous interposons vn e, comme dit est, commenceons, ou bien vne queuë il n’importe.

On fair le mesme de g, deuant lesdites voyelles a, o, u, mais plus mollement, garder, gouster, augurer, pour lequel amollir en i, nous y interposons aussi vn e, comme au c, mangeons, quasi manjons, & mangeasmes, quasi manjasmes : ortographe que ie voudrois suyure.

Quand n, suit le dit, g, il se liquefie en i, & se prononce apres n, mignon, minion, mais á coup cette syllabe, nion, donnant du plat de la langue concte le palais d’enhaut.

Le mesme se fair es verbes en eindre, Comme feindre, nom feignons, quasi finnions.

Mais en ce verbe cognoistre, g, ne se prononce point du tout, cognoissons, quasi conoessions, mais a coup, noes, d, se prononce au milieu en ces voix, admettre, aduersaire, aduerbe.

H, Es didions naturellement Francoises se prononce auec aspiration, comme en ces trois, hardy, hache, hayv, hairon, hale, halecret, haleter, hameau, halier, souhaitter, halebarde, hanap, hameçon, haye, hanter, haquence, harnie, hober, hazard, hibou, hucher, vne huche, hocher, hoquet, honnir, haure, heaume, houe, humer, anhanner, haras, harasser, haster, hausser, boublon, annihiler, pour annuller, herissonner, hauy, pour bruslé, harangue, horreur, hydeux, honte, heurter, hacher, & hachiz, hardes, hareng, comme aussi és dictions deriuees des susdittes, hanche, hauet, haire, haillon, harpe, Henry, hinnir, hante, houlette, houx, housse, harnois, haste, harceler, haleter, halecret, hupe, houppe.


Es autres, h, n’aspire point, comme, habiter, habit, habille, quasi, abiter, abit, abille, &c.

Pour le regard des autres consones, il n’y a point de difficulté.

Q, se prononce comme K, quand, quasi Kand ? coq quasi, koq.

s, Au commencement d’vne diction siffle durement, comme, sonder, sembler, mais au milieu entre deux voyelles, s, s’amollit, en z, comme, maizon.

Es dictions composées, se trouuant au milieu, retient le mesme son qués simples, comme, sembler, resembler, excepté ces deux composez de soudre, & sonner, resoudre, quasi rezoudre, & resonner, quasi rezonner.

En diuerses dictions la consone suyuante estouffe la precedante, comme, dites nous vos raisons, quasi, ditte nou vo raisons, exceptéz les noms & particules en v, & al, comme, pour l’amour de vous, & non, pou l’amour de vous, & non, pou l’amou de vous, & ce cheval est esgal au vostre, & non ce cheva est esga.

s, Se prononce au milieu en certaines dictions qui viennent du Latin, comme, esprit, espoir, esperancee, veste, geste, peste, leste, niste, piste, risque, moresque, sudesque, toscane, baste, espion, poste, astre, desastre, lustre, astuce, espace, masque, rustique.

Mesmes és soms qui viennent des Latins en ftus & stus, celeste, modeste,(excepté honeste, plus és deriuez des susdits, exceptée espier, ou f,ne prononce point.)

Finalement , se prononce ordinairement és composez de ces prepositions, as, comme, astreindre, abs, abstenir, sub, substituer, pro, prostituer, proscrire, in, instruire, dis, disposer, se, resttituer, respirer, (excepté restablir, con, constituer, trans, transporter.

Mais és autres dictions naturellemenr Françoises s, s’esuanouit, mais conuertit é, acut, en ê, couuert, qui sonne comme vn ai, vt, teste, beste, quaisi, taite, baite,etc.

T, Es noms descendans des Latins qu’on appelle verbaux en io, se prononce comme, c, action, quasi, accion, mais non point, si s le precede, comme, combustion.

I’ay dit cy dessus qu’on prononce vn t, entre la tierce personne en a, & en e, & ces particules il, elle, on, comme,vous pouuez auoir veu és exemples.

C’est pourquoy ie vous veux bien aduertir qu’encores que deux voyelles s’entresuyuent, on ne fait point d’apostrophe, & ne reiette point la premiere voyelle e ou a, és troisiesmes personnes singulieres de l’indicatif suyvāt, il, elle, on, ains en prononçeant, y, interpose l’on vn t, comme dit est, ainsi, chante elle bien, quasi, chante telle bien.

Es noms finis par trois consones, celle du milieu ne se sonne point comme, corps, quasi cors, temps, quasi tems, soit seuls en oraison, soit ioints auec des dictions commencées par voyelles : mai par consones les deux dernieres sont muettes comme les corps le plus robustes : ou, ps. ne se prononcent point.

Es autres finis par deux consones, suyuant vne diction commencée par vne voyelle, toutes les deux se prononcent, comme,il est fort amateur de lettres, mais suyuant vne consone, la premiere seule se prononce, comme, la mort donne l’espouuante aux plus resolus, ou t, en ce mot mort, ne se prononce point.

x & z finaux se prononcent comme s, paix, quasi pays.

Quand aux accens bien que nous en semblions auoir, toutesfois le meilleur est de n’en point faire : & de prononcer toutes les syllabes d’vn ton & mesure esgalle, comme les frappant toutes de la main d’vn mesme tact, pour s’y accoustumer, ce qui seruira mesmes pour reprimer le begayement de langue, ou la difficulté qu’aucuns ont a bien prononcer, & sur tout se faut bien garder de faire la premiere syllabe des mots François desmesurémenr longue.

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DES PARTIES D’ORAISON


NOus ferons neuf parties d’oraison,l’article, le nom,le pronom,le verbe,l’adverbe le participe,la conionction la preposition l’interjection.

DES ARTICLES


NOs articles font finiz: ou infinis.

Du finy.

·

Nous n’en remarquons que deux, le, masculin & la, feminin.

Pour les genitifs & ablatifs,nous nous nous seruons de ces propositions, de, du, des, & pour les datifs, de ces autres, a, au, aux. Et d’autant que l’ablatif est semblable au genitif, & l’accusatif au nominatif, nous ne descrirons que trois cas, scauoir le nominatif, le genitif, & le datif.

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DECLINAISON DE L’ARTICLE FINI.

M. S. le, du, au,

PL.M.F. Les, des, aux,

F. S. La, de la, à la,

De l’infiny.

De, Et, A

De l’impropre.

M. S. Vn, d’vn, à vn.

PL.M.F, Des, de, a.

F. Vne, d’vne, a vne.


LE, la, les, se mettent deuant les appellatifs, selon leur genre, soit generalement, comme, l’animal, le fou, le ciel, soit specialement, comme, le manteau de Pierre, &, les loix de cette ville. Mesmes deuant les noms propres de fleuues, & de regions, comme, la France, La Seyne.

Plus, deuāt les noms d’offices & de dignitez,cōme,le Prince, le Connestable, le Chancelier, soit pris en general, soit en particulier.

En outre deuant ces pronoms soit estans relatifs, comme, c’est le mien, le tien, le sien, le nostre, le vostre, le leur, soit estans substantifs, comme, chascun le sien, n’est pas trop.

Aussi deuant les adjectifs faits substantifs, comme, le profond des eaux, le large, le long, le rond de la terre.


Deuant les infinitifs des verbes, pris pour substantifs, comme, le taire, le parler, &c.

Deuant les adjectifs des noms propres, comme, Alexandre le grand, Platon le divin.

Deuant les participes pris pour nous, cōme, l’amās, l’affligé, &c.

Finalement deuāt certains aduerbes, pris pour nous,comme, le deuant, le derriere, le dessus, le dessous, le dedans, le dehors.

Les noms propres d’hommes, de femmes, & de villes, ne veulēt point d’articles nominatifs le, la, ny ce, si ce n’est que pour plus grande emphase, & pour mieux exprimer ceux ou celles dont nous parlons : nous voulions dire ainsi : c’est le Pierre, ou ce Iehan que vous cognoissez.

Ne veulent point aussi d’articles nominatifs,les appellatifs appropriez par quelque apposition de nom, ou de pronom possessif, comme, maistre Pierre, mon Prince, & quand au demonstratif ce ou cet, il sert tousiours d’article, le, comme, c’est cet homme, ce cheval.

Ce saint nom Dieu, ne veut point d’article nominatif, le, sinon enrichy de quelque epithete, comme, le Dieu viuant, eternel, &c.

Est a noter ceste maniere de parler sans les articles le, la, és appellatifs regis d’vn verbe actif, ou substantif, ie suis, comme, ie suis un homme pour ce faire. Ie cognoy marchand, qui vous fournira, mesmes apres ces verbes impersonels auoir & estre, comme, il y a medecin en cette ville qui vous guerira & il est heure de partir.

Quand les Allemans vsent de leur verbe es, ist, & seynds, nous vsons du nostre il y a.

Outre ce que les articles, le, la, les, servent pour distinguer les genres, cas & nombres, ils restreingnent aussi & particularisent les noms communs, ou appellatifs.

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DES ARTICLES OBLIQVES

du, & au, de la, a la.


NOus vsurpons, du, és genitifs ou ablatifs masculins, comme, de la, és feminins, & au és datifs masculins, à, la, és feminins, auec les noms appellatifs, commencez par consones, soit pris pour la voix, generalement, in abstracto, soit pour la chose, particulierement in concreto, comme disent les dialecticiens. Exēple : le naturel du Lion, le propre du feu, & c'est le devoir du fils au pere, c’est l’obeissance de la fille à la mere, termes dont nous pouuons vser, & en general selon la voix, & en particulier, selon la chose : mais auec ceux qui commencent par voyelle nous prenons de, & a, en repetant les articles nominatifs le, la, pour fuyr toute dissonance, pourueu toutesfois que les mesmes articles le, la, les, precedent les premiers substantifs, comme la pesanteur de l’or, le propre de l'homme, les inflammations de l'air, autrement si l’article impropre vn, vne, des, precedoit au lieu de le, la, les, nous ne les repeterions point deuant les cas obliques, ains se prendroit le substantif dernier adiectiuement, comme, c’est vn cheual d’Empereur, vne file d'esprit, des habits d'homme, de femme, & si d’auenture nous ne voulions parler de quelque chose en particulier, comme, c’est vne tasse de l'argent que vous scauez.

Es noms de quantité, de matieres & d’instrumens nous ne repetons point le, la, deuant les noms commencez, par voyelle, comme, vn verre d'eau, & non de l’eau, vn anneau d’or, vn coup d’espée, &c. sinon en specifiant & referant ainsi quelque chose de particulier comme, il a bev vn verre de l’ eau que que luy auez enuoyée &, vne bague faite de l’or de France, ie lvy eusse baillé vn coup de l'espée sur les oreilles, sçauoir est de la presupposée & pretendue entre nous.

Notez aussi qu’il faut dire, iouër de l'espinettte de la harpe, de la viole, du violon, &c. quoy que generallement.

Mais nous disons , c’est vn iouëur d’espinette, de harpe, de luth, de viole, de violon, &c.

Nous vsons aussi de cet article, infini, de, pour genitif masculin, feminin singulier, pluriel auec noms, cōmencez par consones quand ces articles impropres vn, vne, des, precedent, soit exprimez : soit soubs entendus : ce qui se fait quelquesfois auec beaucop de grace principalement en plurier, comme, ce sont contes de vieilles : & amour de grand seigneur n’est pas heritage, &, c’est vne race de gens, vne secte de philosophes, mesmes en voix adiectiue deuāt des consones, comme, des iours de festes, de poisson,de marché, &c.

Mais si les articles finis le,la les, sont proposés, nous prendrons les obliques finis du, de, au singulier & des au plurier deuāt les appellatifs, comme la robe du maistre, le propre de l'homme, de la femme, &, la memoire des Roys, &c.

Ex & ab præpositiōs Latines se traduisent en du masculin, pour vne chose certaine & particuliere, fuyuant des consones, cōme, il vient du Palais, &, il est fauory du Roy, &c. & en de suyuāt des voyelles comme, il reuiendra bientost de l'hostel, de la maison, és feminins, comme aussi deuant les noms propres & appropriez comme, i'ay appris cela de Iacques, de mon Prince, de ces hommes là.

Tous noms de poids, de mesure, de nombre, gouuernent de, quoy qu’auec des pluriers, vne liure de cerises, vn quarteron de noix, douxaine d’eguillettes, grand nombre de personnes, vne avlne de drap, vn tas, vn monde, vne Illiade de maux.

Bref l’article infini de est genral, & des, special.

Tous pronōs ont auec eux de, & a, tant au singulier qu’au plurier, au masculin, qu’au feminin, mesmes ces noms, de plusieurs, de certains, de tous, de deux, de trois & tous les autres semblables, de quelques vns, d’aucuns, de nuls, de la plus part, de pas vn, &c.

Sont exceptés de la reigle, mien, tien, sien, nostre, vostre, leur, soit estans relatifs, soit faits substantifs, & ont du, & au.

Le mesme se fera de l'article datif, a, que de l’article de, & de du, que de au, vsant quelquefois de l'impropre a vn pour a.

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CONCLVSION.


NOus concluerons done qués noms propres & appropriés nous vsons de ces articles de, au genitif & de a, au datif, mais sans adiectifs, car alors nous seriōs contrains de prēdre les finiz du & au pour restraindre la vague significatiō des adiectifs.

Exemple, la maison de Pierre,la ville de Paris, quoy que par apposition, &, à Iacques, à Paris.

Mais pour restreindre la vague signification des appellatifs à vn certain particulier, nous nous seruons des articles finis du, au, deuant des consones, comme. la volonté du Roy. ie le diray au maistre, & deuant des voyelles, des infiniz de, a, que nous definissons en redoublant les articles nominatifs le, la comme. la courtoisie de l'hoste, &, ie le diray à l’hoste.

Mais parlāt en termes generaux & Þcedāt l'article impropre, vn


vne, des, pris pour quelqu’vn ou quelques-vns que ce soient nous prenons, de & a, comme, c’est vne œuure de maistre non point en particulier. mais en general.

Tous aduerbes de quantité pris pour noms recoyuent deuant eux de & a : & apres eux de, moult, pev, beaucoup, trop, gueres, assez, prov, plus, moins de vin, d'argent, &c. point nye absolument, comme, Ie n'ay point d'argent c’est â dire du tout & Ie n'ay pas tousiours de l’argent comme voulant dire, trop bien quelquesfois.

Es noms cōmencez par voyelles nous disons de, le & a la, pour signifier vne partie, comme és autres par consones nous disons du aussi pour vne partie, & des au pluriel.

Ie, les, pour le tout entier,comme donnez moy de l'argent, du pain, du vin, des pommes, des roses c'est à dire vne partie : mais le pain, les cerises pour le tour.

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DECLINAISON DES NOMS AVEC L'AR-

TICLE FINI.

M. Le maistre, du maistre, au maistre,

Les maistres, des maistres, aux maistres,

F. La femme de la femme, á la femme

Les Femmes, des femmes aux femmes.
Avec l'infin.

M. Maistre, de maittre â maistre.

Maistres, de maistres, maistres

F. Fille de fille, á fille

Filles, de filles, â filles.
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DECLINAISON DE NOM AVEC L'AR-

TICLE IMPROPRE.

M. Vn Prince, d’vn Prince, á vn Prince

PL. Des Princes, de Princes, á des Princes

F. Vne maison, d’vne maison, á vne maison.

PL. Des maisons, de maisons, á des maisons.


On peur aussi renuercer ces phrases, c’est vn habit de gentilhonmme. Et c’est l'habit d’vn gentilhomme. Et c’est vne beurce de femme, ou c'est la bource d’vne femme.

On dit c’est l'homme au cheual, ou du cheual, la femme aux cerises pour les specifier, & particulariser.

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DE LA FORMATION DU PLURIEL.


Adoustant s au singulier nous formons le pluriel, comme, bon, bons, &c.

Les noms finis en t, & d les changent en s petit, petis, grand, grans, se change en v, puis mettant x au lieu de s, liberal, liberaux, noms en al, œil fait yeux.

Les noms en s, x, z, ne changent rien au pluriel, temps, odieux, nez, propos.

Les noms de metaux, de fleuues, de vents, & de regions, n’ont point de pluriel, sinon ces regions qui sont diuisées en plusieurs prouinces, de mesme nom, comme les Allemagnes, les Espagnols, les Gaules.

Faim, soif, neant, autruy, gré, repos, miel, laict, sang, beurre, &c. n’en ont point aussi,

Ceux cy n’onr point de singulier, mœurs, plusieurs, entrailles, des tablettes, des vergettes, fiançailles, accordailles, espousailles.

Ces pluriels ne reçoiuent point s, quatre, cinq, sept, huict, neuf, onze, douze, treize, quatorze, quinze, seize, dixsept, dixhuit, dixneuf, vingt, qui a vn pluriel vingts, puis, trente, quarante, cinquante, soixante, septante, octante, nonante, pour lesquels le commun dit soixante, & dix, quatre vingts dix, puis cent, deux cents, mil, deuz mil, &c.

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DES GENRES.


Nous n’en auons que deux, masculin, & feminin, car les neutres des Latins, sont masculins en François,tant és substantifs, qués adiectifs.

Le genre se recognoist partie par la signification, suyuant laquelle, tous noms d’hommes, d’offices d’hommes, de mois, de iours, de monnoye, & d’arbres sont masculins,excepté vne maille.

Tous noms de femmes, d’offices de femmes, de fruits d’arbres, finiz en voyelles, sont feminins & finiz en consones, ils suyuent le genre de leur terminaison,excepté vne noix.

Les noms de villes pour la pluspart sont masculins.

Partie se recognoir di-ie à la terminaison fuyant laquelle les noms en au sont masculins, excepré peau, eau.

En e, sourd ou feminin sont aussi masculins venans des neutres, latins, le vice, l'office.

Excepté moustarde, semence, lexiue, estable, feminins.

Les adiectifs en ce mesme e feminin ou sourd, sont communs sous vne mesme terminaison comme, iuste, honeste, &c.

Exceptez les nom s en e, feminin, qui viennent des Latins feminins, & qui retiennent leur mesme genre comme Iustice, Ainsi que sont tous les autres qui renduz Latins sont feminins, comme, table, nourriture, marchandise, &c.

Excepte, espée, maladie, iournée, année, course, qui sont feminins.

Sont masculins, en é masculin, comme, blé, gré, clergé, mais Comté, & Duché sont indifferens.

Excepté les noms deriuez des Latins en tas, comme, liberalité, &c.

En Eu sont masculins comme, feu, ieu, lieu. Aussi en y, comme, hardy, mary, amy.

Excepte ces feminins, mercy, foy, loy, paroy.

Les noms en ou, sont masculins, vn clou, vn trou, & en v, vn festu.

Excipe la Vertu.

Plus les noms en b c d f g l p q r, sont tous masculins.

Excepté la nef, la soif, la clef.

En m, masculins, excepté la faim.

En n sont masculins, la pluspart, Chien, butin, &c.

Excepté la main, la fin, raison, chanson, maison, prison, façon, rançon, & tous ceux qui viennent des Latins en io, comme, la disposition.

En r masculins, Heur, honneur.

Excepté, faueur, odeur, chaleur, ardeur, profondeur, largeur, hauteur, couleur, espaisseur, fleur, frayeur, Mesmement vne tour, la mer, mais amour pour conuoitise est feminin, pour amitié est masculin.

En s masculins, vn os, bras.

Excepte, vne brebis, vne vis, vne fois, vne perdris,

En t, la pluspart participes actifs, comme, Dormant, le tort, le fort, le port.

Mesmes en d, qui sonne comme t, hazard.

Excepte la mort, part, court, forest, iument, gent & dent. Aussi quelquesfois marculin, La dent, &c, le dent.

Pour les diminutifs, ils suyuent leur terminaison.

Finalement les infinitifs des verbes, les aduerbes, les prepositions, prises pour noms, sont tous masculins.

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DE LA FORMATION DES

FEMININS.


ELle se fait adioustant vn e, aux masculins, comme, Amy, amye, grand, grande.

Es noms en s, on la redouble, comme, Bas, baffe : frais fait fraische.

Les masculins en c, prennent h, comme, Blanc, blanche, sec, seche.

Excepte Grec, turc, public, qui font Grecque, turque, publicque.


F se change en u, comme, vif, viue.

Les noms en x, le changent en s, heureux, heureuse.

Excepté faux, qui fait fausse.

Ceux-cy ne changent x, prefix, prefixe, perplex, perplexe.

Ces noms qui ont double terminaison, beau, nouveau, (dont on vie suyuant vne diction qui commence par consone, comme, beau cheual, nouueau liure) & bel, nouuel, suyuant une voyelle, comme, Nouuel accident, bel homme : A ces deus adioustant le, on forme les feminins, belle, nouuelle.

Les masculins en l n t, font leurs feminins en les doublant, comme, Loyal, loyalle, bon, bonne, duret, durette.

Les noms en e feminin qui ne conuiennent pas soubs vne mesme terminaison, prennent sse, comme, Prince, Princesse, maistre maistresse, hoste, hostesse, pecheur, pecheresse.

Les autres suyuant les Latins, Tuteur, tutrice, Empereur, Emperieure, & Imperatrice, Dieu, Deesse, Duc, Duchesse, Roy, Royne, fils, fille, clerc, clergesse, loup, louue, larron, larronnesse, nepueu, niece.

Les noms des oyseaux & des poissons, quelquesfois soubs vn mesme genre & terminaison signifient l’vn & l’autre sexe, comme, Moyneau, ou passereau, vn lieure, vn heron, vn brochet, vne lamproye, vne anguille, vne alloüette.

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DES DEGREZ DE COMPARAISON.


Adioustant plus, & moins, ou trop, & trop peu, quelquesfois nous auons le comparatif, comme, Docte, plus docte, & moins docte. Comme ces particules. Tres, fort, bien, grandement, &c. Font le superlatif, comme, Tresdocte, fort sçauant, & bien honeste, grandement riche. Ils reçoyuent aussi tous autres aduerbes de quantité, comme, assez, moyennement, honnestement, raisonnablement, autant.

Les noms dont la signification ne peut accroistre ny diminuer ne se comparent point, comme, Premier, extreme, superieur, maieur, mineur, dernier, &c.

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IRREGULIERS.


BOn, meilleur, tresbon, monnaie, parc, & plus mauuais, tres-mauuais, petit, moindre, & plus petit, tres-petit.

Les aduerbes se comparent comme les noms : mais ceux-cy sont irreguliers, Bien, mieux tresbien, mal, pis, & plus mal, tres-mal.

Tout comparatif regit (que) comme, Plus docte que luy : Mieux qu’eux.

Mais au lieu du superlatif, nous vsons du comparatif, en y proposant l’article le : & lors il regit l’article oblique de, comme, C’eſt le plus docte homme de tous.

Il, elle, eſt, &c. se preposent au comparatif : & ceſt, au superlatif.

On dit aussi bonnement, & pirement.

Les prepositions ont vn comparatif, comme, Outre plus outre, auant, plus auant, derriere, plus derriere.

Ces trois ont aussi vn superlatif, loing, plus loing, tres loing, pres, pluspres, trepres, contre, plus contre, tout contre, ou fort contre.

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DES DIMINUTIFS.


Qelques noms reçoyuent diminution, auffi bien que augmentation, comme, pré, preau, table, tableau, & tablette, chat, chateau, couche, couchette, poche, pochette, broches, brocheton, val, valon, ou valée, noir, noiret, & noiraut, brun, brunet, blanc, blanchet, fueille, fueillet, coffre, coffret, &c.

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DV PRONOM.


LEs vns sont primitifs, Ie, tu, soy, ce, il, mon, ton, son, mesme, tous les autres font derivatifs.

Ie, tu, soy, sont communs, les deux premiers, demonstratifs, & le dernier relatif.

ie, tu, il, ils, seruent de supports aux verbes, & iamais moy, toy, soy, luy, dont nous vſons absoluement ainsi. Qui a fait cela ? Ie respons. Moy, toy, luy, eux.

DECLINAISON DES PRONOMS.

 
IE, moy,
Nous,
Tu, toy,
Vous,
Soy,
de moy,
de nous,
de toy,
de vous,
de soy,
a moy,
a nous,
a toy,
a vous,
a soy.
M. Il, luy, le,
Ils, eux, les,
de luy,
d’eux,
a luy.
a eux.
F. Elle, la,
Elles, les,
de la,
d’elles,
a la.
a elles.
M. Ce, de ce, a ce,
Pl. ces, de ces, a ces,
F. Cete, de cete, a cete,

Ceſtes, eſt fort peu en vsage, pour lequel nous prenons, ces, de ces, a ces, quelquesfois, cet, suyuant vne voyelle cet homme, & ce, suyuant vne conſone, ce cheual.

De ce primitif sont deriuez cetuy-cy, cetuy-la, cete-cy, cete-la : car, cy signifie proximité, & la, remotion.

Cecy, cela, quoy, n’ont point de plurier : car alors ils sont comme neutres, mesmes en François, & se declinent ainsi.

Cecy, de cecy, a cecy,
Cela, de cela, a cela,
Quoy, de quoy, a quoy.

Eſt a noter que ce, ou cet, auec les substantifs : cy, & la, sont mis apres, comme, cet homme cy, & cete femme la.

Plus nous vsons du neutre ce, quand apres le verbe impersonel eſtre, suit vn substantif, ou vn adiectif, auec auec les aticles le, la, ou vn, vne, comme, C’eſt la verité, C’eſt vne chose certaine, C’eſt le propre de l’homme.

Et des composez cecy, cela, suyuant vn adiectif, sans les articles susdicts, comme, Cela eſt imposable, vray, &c.

Mesmes nous disons, Cecy eſt or. Conſiderant la matiere sans avoir esgard a la forme, Cela eſt or. signifiant l’vne & l’autre, &

c’eſt de l’or, c’eſt a dire, vne partie ou portion.

Leur, de leur. a leur.

De tour genre.

Leurs, de leurs. a leurs.

De ces pronoms, il, 1e, luy, sont composez ces autres.

Celuy, de celuy. a celuy.
Ceux, de ceux. a ceux.
Celle, de celle. a celle.
Celles, de celles. a celles.

Pronom, dont nous n’vsons sinon, ou auec ces particules cy, la, absoluement, comme, Celuy-cy, celuy-la, ceux-cy, ceux-la, ou mettant vn epithete deuant le substantif exprimé en l’oraison, pour plus grande emphase, comme, Celuy grand personnage, & Celuy tant renommé Philosophe, mais au plurier, iceux, & icelles.

Nous faisons le semblable de cetuy, qui empruntera iceux pour son plurier, comme, Cetuy vaillant soldat, & au plurier, iceux inuincibles capitaines. Au feminin cete & cetes. Esquels nous pouuons adiouster cy, la, quand nous voulons diicerner le premier du second, le pres du loing.

Mais quand nous referons quelquechose dont nous aurions parle au parauant soit en l’exprimant auec le relatif, ou non, nous vsons du ſuyuant.

Ieluy, d’iceluy. a ieluy.
Iceux, d’iceux. a iceux.
I celle, d’icelle. a icelle.
Icelles, d’icelles. a icelles.

Comme ayant parle du Magistrat, Ie diray, C’eſt la volonté d’iceluy, ou D’iceluy Magistrat, & non point de celuy.


Et ayant parlé d’vne femme, nous disons, c’eſt l’humeur d’icelle, & non point de celle, sinon en referant, ou ainsi : L’intention de celluy, de celle, de cettuy, de cete mesme femme que vous sçauez. Sans l’antecedent nous disons bien, C’eſt son humeur, & C’eſt sa façon, leur, & leurs.

Qui, eſt de tour genre nominatif, plurier & singulier, exemple, c’eſt celity, cello, ceux celles qui furent bier ity accuratif toutesfois, ſingulier, plurier, maſculin & feminin quand par interrogation il precede le verbe, comme, Qui penſez vous attoir fait cela ?

Que, eſt accusatif de Mut genre pluriér, ſingulier, comme, c’eft celuy, celle, ceux, celles que vous cognoiſſez.

Vray eſt qu’il peut care auſſi nominatif : mais au neutre, comme, izt_te vous ſemble ? Qu’eſt-ce ? Mais quoy, ſe met abſoluement, comme, guay rooyanher c.

Qu’eſt-ce ? pour les chofes animées, & izit’eft-ce ? pour les inanimées.

Qui, de qui. a qui.

Masculin & feminin, ſingulier & plurier, , & ſe met feut en oraiſon, ſans ſubſtantif, comme, Qu’eſt-ce ? De qui tenez-vous cela ? &c. A qui l’auez vous donné ? ſans aucune diſtinction de ſexe.

Quel, dequel. a quel.
Quels, de quels. a quel.
Quelle, de quelle. a quelle.
Quelles, de quelles. a quelles.

Ce relatif se met auec les substantifs, ſans les articles le, la, les, n’eſtans point prepoſez, cōme. Quel homme êtes-vous ? êtes-vous ? Quelle femme dittes-vous ? Touſiours par interrogation & demande de la qualiré & condition Mais, lequel, de la diſcretion entre pluſieurs ſe peut mettre ſeul en oraiſon, & refere ce dont on auroit parlé auparauant. On le met ſeul, par interrogation diſcretiue, comme ſi ie diſois, Apportez moy mon liure. S’il y en a pluſieurs pour en diſcerner vn d’auec les autres, ie demanderois, lequel ? ou, lequei eſt-ce ? mais hors d’interrogation il ſe peut mettre ſeul, quand il n’eſt pas beaucoup eſloigné de ſon antecedent.

Mais ainſi, nous nous feruons plus communément de (qui) comme, Ie cherche vn homme qui, ou lequel puiſſe exercer cet office.

Eſt a noter que nous vſons elegamment de cete voix dont, pour & au lieu des genitifs & ablatifs, Duquel, de laquelle deſquels, deſquelles.


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DES PRONOMS POSSESSIFS.

Mon, de mon. a mon.
Mes, de mes. a mes.
Ma, de ma. a ma.
Ton, de ton. a ton.
Ton, de ton. a ton.
Tes, de tes. a tes.
Ta, de ta. a ta.
Son, de son. a son.
Ses, de ses. a ses.
Sa, de sa. a sa.

Nostre, de nostre, a nostre.

Noz, de noz, a noz.

Vostre, de vostre, a vostre.

Voz, de voz, a voz.

Leur, de leur, a leur.

Leurs, de leurs, a leurs.

Mon, ton, son, signifie vne chose singuliere, appartenante a vn : Mes, tes, ses, plusieurs, appartenames a vn, Nostre, vostre, leur, vne chose singuliere, appartenante a plusieurs, Noz, voz, leurs, plusieurs choses appartenantes a plusieurs.


Nous vſons des susdits sans l’article finy le, la, & sans le pronom demonstratif ce : mais seulement auec les substantifs ausquels ils seruent d’adiectifs, comme, Mon liure, & non point, le, ou ce mon liure.

Mon, ton, son, se mettent aussi deuant les feminins, commencez par voyelles, pour fuir la cacophonie, comme, Mon ame, mon espée, mon intention, mon oraison, mon vtilité.

Le mien, du mien, au mien,

Les miens, des miens, aux miens,

La mienne, de la mienne, a la mienne,

Les miennes, des miennes, aux miennes.

Dont nous vsons auec les articles finiz & propres, pour vne chose determinée & finie, comme, C’est le, ou ce mien frere, sçauoir est, dont ie vous ay parlé. Mais auec ces articles impropres, vn, vne, des, lors que nous en voulons designer vn, quelques vns d’entre tous les autres, comme, C’est vn mien cousin : C’est le liure d’vn mien cousin, Il est a vn mien cousin, comme voulant dire, A vn de mes cousins. Et au plurier, Ce sont des miens cousins : C’est vne opinion, ou, ce sont des opinions de certains miens cousins : Ie l’ay dit a certains miens cousins, adioustant cet adiectif certain, qui signifie icy, quelque vn entre autres, pour leur donner plus de grace.

Nous en vsons encor ainsi ayant parlé de quoy que ce soit, Il est mien, tien, sien, nosre, vostre, leur : Et au plurier, Ils sont miens, tiens, siens, nostres, vostres, leurs. Mais si ce pronom demonstratif ce, precede au lieu de il, ou elle, nous dirons, C’est le mien, le tien, le sien, le nostre, le vostre, le leur, & au plurier, Ce sont les miens, &c. Et de mesme au feminin, La mienne, &c.

Outre ce, eſt a noter que ces pronoms poſſeſſifs, Mien, tien, ſien, noſtre, voſtre, leur, ſont auſſi pris ſubſtantitiuement, au neutre genre. pour tour ce que nous poſſedons, & en cete ſignification dont point de plurier.

Le mien, du mien, au mien.

Le tien, du tien, au tien,

Le ſien, du ſien, au ſien.

Le noſtre, du noſtre, au noſtre,

Le voſtre, du voſtre, au voſtre,

Le lear, du leur, au leur.

L’autruy, de l’autruy, a l’autruy,

I’y adiouſte cetuy-cy, qui eſt auſſi neutre, & vient de ce mot autruy ſoubs cete terminaiſon ſignifie les deux ſexes.

Autruy, d’autruy, a autruy.

Faut obſeruer que ces pronoms, Ie, tu, il, nous, vous, ils : Gouuernez par des verbes ſoit au datif, ſoit en l’accuſatif, precedent touſiours les verbes les deux premiers, ie, tu, prenans, ſoit pour datif, ſoit pour accuſatif, me, te : mais le troiſieſme il, prend pour datif luy, pour accuſatif le, au plurier datif leurs, en l'accuſatif les, ſans aucuns articles sous, comme, Il me tient, Il te tient, Il le tient, Il nous tient, Il vous tient, Il les tient pour ſes amys. Exemple du datif, Il me donne, Il te donne, Il luy donne, Il nous donne, Il vous donne, Il leur donne ce qu’il a de plus pretieux

Mais ces meſmes pronoms ſuyuent premier en la ſeconde perſonne ſinguliere : premiere & ſeconde plurieres de l'imperatif, comme, Donne moy, Donne toy, Donne luy, Donnez nous, Donnez vous, Donne leur, Donnez leur, & Deffendons nous, Deffendez vous : mais, qu’ils les deffendent.

Auſſi les verbes reciprocques, comme, Ie me recommande a toy, a luy, a vous, a eux, &c.

Plus, en ce verbe, Ie boy a vous.

En apres, quand a ſe prend pour auec, comme, Ie parle a toy, Ie viens a vous, pour auec vous.

Finalement és interrogations comme, Que dy-ie ? que dis tu ? Que fait il ? Que ferons nous ? Que ferez vous ? Que feront ils ?


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DES PARTICVLES

En, & Y.

En & y, sont quelquesfois pronoms relatifs, & referent or en singulier, or en plurier la chose, ou les choses, ou partie des choses dictes auparauant, precedant vn, vne, des.

En, represente vn genitif, ou ablatif auec la preposition de,

comme, ayant parlé de chose que ce soit qu’on veut referer, on diroit : N’en parlons plus, comme disant, Ne parlons plus de ces choses.

En, refere aussi vne partie de toutes choses qui se peuuent partir, comme, Question ? Prestez moy de l’argent. Responce, Ie n’en ay point. Et, Vous auez des cerises, donnez m’en. Et, En auez-vous ? C’est a dire, vne partie, & non vn tout, car lors on diroit, le, la, les auez-vous ?

r, represente vn datif, soit singulier, soit plurier, comme, Prenez garde a vous ? I’y prens garde. Et, Ils sont meschans, mais i’y donneray ordre. Et, ils ont propose de belles questions : mais i’y respondray, comme disant, Ie respondray a icelles, ie donneray ordre a iceux, Ie prendray garde a moy, &c.

En, & y, quelquefois sont relatifs aduerbes & referent or en singulier, or en plurier, !e lieu ou les lieux dont seroit faite mention au parauant, comme, A vous esté au Palais ? Ouy i’en viens comme disant, Ie viens de là, ou, de ce lieu là. Mais y, vaut autant comme, ylà, ou, en ce lieu là, ou, par là, commme, Allez au Palais, I’y vay, &, I’y fuz hier, I’y ay passé.

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DV VERBE.


Les verbes sont ou personnels, (qui reçoyuent deuant eux les pronoms prepofitifs, Ie, tu, il, nous, vous, ils, par trois personnes, & deux nombres, singulier & plurier) ou imperſsonels : dont les vns sont actifs, comme, Il faut, Il fait, Il semble, Il est : En Alleman, es ist : Les autres passifs, ausquels nous preposons on, quasi homme, au lieu de il, & vaut autant a dire que, Qui que ce soit. Mann, en Alleman.

Les personels derechef sont actifs, (qui font vn participe de signification passiue, comme, Ayme) ou neutres, qui n’en font point, comme, Allé, venu : Qui, quoy qu’ils le semblent ne sont pourtant vrais participes, mais preterits venans des verbes, Aller, venir.

Car quand aux passifs, nous ne les coniugons que par la circonscription du verbe, Ie suis. Et le preterit passif, Aymé, aymée, pour le singulier, Aymez, aymées. Pour le plurier, ainsi, Ie suis, Tu es, Il est aymé. Nous sommes, Vous estes, Ils sont aymez. Et ainsi par tous les temps & modes de ce verbe, Estre.

Nous auons deux verbes auxiliaites, I’ay, & Ie suis, moyennant lesquels, tous preterits parfaits & plus que parfaits se coniuguent auec le participe passif, comme, Aymé, fait, &c.

Les Allemans ont leurs ich hab, & ich bin : suiuant lesquels, ils vseront des nostres, I’ay, & Ie suis, esdits preterits. Nos verbes ont cinq modes. Indicatif, imperatif, optatif, subiunctif, & infinitif : Trois temps principaux, present, passé & futur. Le passé se diuise en imparfait, aoriste simple, parfait, plus que parfait, aoriste composé, & parfait, tres-parfait.


Est a noter, que nous vsons de l’aoriste simple, qui vient immediatement du verbe, en oraison borné par aduerbes de teps passé, ou autre circonscription que ce soit de temps, par laquelle nous deffinissons l’action indefinie, a vn certain temps determiné.

Despend tousiours ce temps d’vn discours precedant, narratif de ce qui se seroit passé en ce temps, ou Iieu, dont nous aurions ia commencé a parler, comme on peut voir en ce discours, Lors qu’il fut question de combattre, le Roy mest son armée en tres-belle ordonnance, fait ioüer le canon, & vint fondre avec tout le gros de sa caualerie, comme vn foudre sur l’ememy. Monsieur N. descendant comme vn torent impetueux, du haut d’vne colline, le vint ioindre incontinent, & choquevent l’ennemy si rudement, qu’ils le mirent en desordre, & luy passerent sur le ventre, & le menerent deux grandes lieues battant.

Lequel discours nous voyons a ſceil, ependre tour de la premiere deſcription de temps, (lort que) & retient touſiours reſprit de l’eſcoutant ſuſ-pens. Obſeruez, quel nous n’en vſons iamais pour vne adtion du iour auquel nous fonames, ny de la nuit,prg,- cedenre uy me fme auec les adterbes dia tempo preſent., ,assiossn- Any, ~tintend«, a cete heure, &e ſinon allee (de, duwnn ets deux) le ne levey d’auiourd’insy. Vamienrd’Ing ie né bent fie manjay.

Les Allemans vſent ordinairement de leur imparfait au lieu de ce nottre aotifte, d quoy lis prennent garde.

On peut ayférnent voir accognoiftre 4uand il enfant vſer, en ce que , d’arranture nous omettions la deſcription du temps auquel nous voulons dire, quelque chote auoir eſté faire, oir que fefcourant ne fent} pas entendu. Dont comme incertain St en ſuſpens, Il feroir volontiers-cete queſtiou quarid? comme, Si ie commencois mon diſcours ainſi, (ce qui ne ſe fait iamais poe-. tant ſans determination de temps) te choninay nok Go. loatr, &fit touttrempi. Car ainſi, nous denseurons torn eonfuz„ dt pon nous ſatisfaite 8c refoudreferious contrnins demander. en quel temps: de sçauoir, que c’est vne chose faite, sans particulariser le temps & la saison en laquelle la chose auroit esté faite.

Touchant doncques le preterit parfait & general, il n’y a aucune difficulté, car il comprend tout temps passé, sans en excepter vn seul moment.

Et ne m’arresteray non plus sur l’vsage du plusque-parfait, puisque ces deux temps nous sont communs auec tous autres languages.

Mais de l’aoriste, composé des simples aoristes, des verbes auxiliaires : I’eu, & Ie fu. Ie diray que l’vsage en despend du simple, estant mesmement indefiny, & partant le faut-il tousiours determiner par les aduerbes, Deuant, auant, apresque, quand, außitost, incontinent, ou bien le borner par certaine espace de temps, dans lequel nous dirions quelque chose auoir esté faite, comme, En vn an, mois, sepmaine, iour, heure, moment, instant, clein d’il, &c. Signifie la fin & l’accomplissement de l’action, & despend tousiours d’vn discours precedant, comme, I’eu fait cela deuant qu’il vinst : ou, qu’il fust venu.

Quand au parfait tresparfait composé de ces voix eu, & esté, l’vsage en despend aussi du parfait, sinon qu’il denote aussi par plus grande emphaſe la derniere fin l’accompliſſement de racrtion, ne depend d’vn diſcours precedant , non plus que fait le preterit parfait, dont il vient, auec cette difference toutesfois, qu’il ne ſe pratique iamais abſoluement, mais auec les meſmes circonſcriptions de wulps que deffas, comme, l’oy eo fait cela l'ne heure> Pers apres qu’il fut orrusé, Pén &mant qu’il fnft-venn,&e,


Outre le futur ſimple, dont l’vſage eſt, nous eu auons auſſi vn compoſé, qu’aucuns penſeroyent eſtre, non point indicatif, mais ſubiunctif, ce qui ne peut eſtre toutesfois, attendu qu’il ſe peut pratiquer ſans la particule gaand, &e. & ſignifie, (comme les ſuſdits) le parfai accompliſſement preſuppoſé de raftion fruitte, & dont on n’vſe iamais, ſinon auec les ſufinentionnées particules, comme, l’auray fata cela en moins de rien, &c.

Quand a l’vſage de l’imperatif, il n’y a rien de particulier.

L’optatif reſte tous fes temps de l’indicatif, a ces modes ou manieres de ſouhaitter. Volontiers, de bon cœur, pleuft a Dieu que, Ie -ra rdr:o qste, Dieu ~Oe que , a br 17Iitltne volonté que , plaift Duo que .

La premiere voix de l’optatif, peut eſtre preſente, quand par hypotheſe ou preſuppoſition, nous repreſentons vne choſe ou qui ſeroit, ou qui pourroit, ou qu’aucun pretendroit eſtre, & regarde touſiours le preſent. Nous le nommerons preſent ſuppoſitif, qui eſt vn vray ſtyle de pratique, dont les prafticiens vſent, en faiſant leurs nartcz des torts, plaintifs, raiſons, actions, & pretcmions de leurs cliens.

De ce temps eſt compoſé vn preterit auſſi ſuppoſitif, d6t nous vſons tout de meſme comme de ce preſent, par preſomption, hypothefe, preſuppotition, & quelquesfois auſſi par conceſſion, pont (comme die e fc) repreſenter 8c deſpeindre au naïf ce qui feit: dr, pourroit quelqu’vn preſumeroit nous eſtre arriué, & regarde toufiou es le paſſe.

Cete ’neme voix optatiue , dy-ie , peut eſtre auſſi imparfaite, c’eſt a dire, non du tout accomplic : más qui nor 5 &tut.

Tantoſt nous en vſons en luy prepoſant ces formules de ſouhaitter, Volontiers, de bon cœur, & peut commencer le diſcours, & tantoſt abſoluement, ſans icelles. (Et lors preſuppoſe touſiours vn ſiou vn mais) car quand a ces particules ſuſdites de ſouhaitter, nous les exprimons ou ſupprimons ſelon que nous nous monſtons plus ou moins affettionnez a faire, ou ſouffrir quelque choſe eſtre faite, comme, Volontiers ie profiterois au public, ſi ie pouvois, & non pourrois, car auec la particule ſi, nous vſons de l’imparfait indicatif, au lieu de ce meſme imparfait optatif.

Pour l’aoriſte, peut commencer l’oraiſon auec ces manieres de ſouhaitter, Pleuſt a Dieu que, ou a la mienne volonté que, & non auec autres : ou tout ſeul, ſçauoir lors qu’il depend d’vn autre diſcours, commencé par quelque temps que ce ſoit de l’indicatif, (horſmis du preſent & futur) meſmes de l’imparfait de l’optatif, comme, Il falloit que ie feiſſe cela, Il me commanda que ie parlaſſe au maiſtre, ie vous ay cy devant eſcrit que room vinfier. en cet e-rille, fapais penft Itt’il IV ?tamme aannam, &e.

Lors gd:1 en fut temps iets bien topt:at:24 qu’on nous entioyall du ſecours, i’ary ets toft depefebé mon laquay roers luy a ce qrs’il-vinftfans daisy. Er, le dweil /rt’iffeijtcefapourntey.


Le parfait optatif, resoit deuant ſoy ou bics eete form e de defiter, Die» -vigilie que, ou bien il depend d’vn autre diſcours commencé par vn preſent indicatif, comme, 11 entend que vous ayex mirt fait c, la , deuant qu’il Menne. Par vn parfait : a biet, fiat re i’ccyc aebrué ce i’awycontrnencjIt par le futntalpenfèra vele m en ..51f all.,..pcur de p.trler iny.

Le parfait ſuppoſitif ne eeqoir Uucune formule de ſoultaitter, finou, roiOntiers: Ce tl.’ps ’rne znanigre de parler par preſuppoſizion & hypotheſe,tém e fav dit etcleffAVS,voyez en icy l’vſage.

firft fait que dit. Er, i’auroys acheué en deux heures. gricluenzent offencé par vn quidam, rant de pardes que de main. mifè que lek fiepphant en feroit a preſent detenu marade au bit, &e. mentionnées particules, d’elpace de tempo, comme, II ataroit plu-

Nous vſons encor de ce remps en adion hcmirée par les fufsupplie humblement 7. dilant que depuis buit jours en fa, ibauroitlhe,

Quand a l’aoriſte compoſé, qui eſt le pluſque-parfait, il regoit ces formules de fonhaitter, Ika Dien que, J 14 mgenneroolonté .pbe, Yolontiers, De bon mto., 8z, Ie voudrov., comme, Ie roondroy que i’etiffe arbeid, qui eſt vne phraſe durerte au lieu de quoy nous difons par l’infinitig le voudroy, &, Nous veiedrions anoi, r fait : mais faut dire, le voudro7 ; que nolo fnigions, que vans fulhex, Itt’ils Ment en

b’EenfaaduieOuftant ccre voix eis, nous compofons derechef tous -ces preterits, comme, l’aye eac fair, I’mons eu fait, feuffe tm fait. mais l’vſage en depend des premiers, auec cete reale difference, qu’ils ſignifient vue adion, non point ſeulement encommencée, mals du tout accompli e & acheuée eſtans plus pathetiques, oci paſſionnez que les autres, que nous pouuons nommer abſolumét, Prercrirs de— Ptoapt if ; &ces autres, Preterits trefinarfoits de l’optatif :

Pour le futur ii regoit to u fio urs, Dieso vueille que d’auanture il ne dependoit d’vn nutte diſcours, commence par l’indicatif, comme, Il —vent que t’aille parler luy, &c.

Le ſubiundif ne differe en tien de l’optatif, , & n’auons qu’a changer ces formules optatiues en co ni ti nétiues, qui font, Bie » ; que, iapit que, encores que, comme ainji 1 : 2it que•quand, pand bie ».

Le preſent du ſubiunctif, eſt le inefine futur de l’optatif, & recoit routes ces formules ho r Cm is, qua ncl qui ſe met deuant l’imparfait, comme,..Quandieparieroi ;.

Meſmes snee le parfait ſuppo Grif, _egand i’aurcry fair, & pluſque parfait,..Q1Loand t’etalfe finr, (qui regoiu en t anti-J les autres)comme, Bien que i auroy dit, Et, Ent-eros 514e i’enffi,

Le ſubiundif a vn premier faut cornporé du verbe auxiliaire, i’auray, & admet la particule, goand, comme fait Ie ſecond fut=compoſé,.Q., u_nrod ataray

Nous auons deux tempo doEl sets de l’infinitif, le prefenr, d ; re, & le pluſque-patfait compoſé du verbe nxiliaire, dont nous audons vſe au preterit, auoir : car, auoir es dit, &le parfait, treſparfait, Irenir, eff re vena, auoir eſté roemt.

0…oand au futur nous le repreſentons par cete circutnlocution du futur indicatif, fee ieferay, que tu ferar, qu’il fera, &c. Pour les getundifs des Latins en di, nous vſons des ia en leurs preporant de, comme, De fitir e, d :’auoir

Pour reus en do, du participe preſent des Verbes, auec erk, contme, En padant. Et pour ceux en doorn, du preſent infinitif, aucc your, comme, rourfaiïe.

Pour le premier ſupin, de l’infinitif prefé’t, cii me, re nti ! vay boiler. Et pour le dernier auſſi : mais auec a. Ome, Ceta eſt aiſe a faire, par l’adif : muis par le pita’, de, co mine, Digue de/lee entendu.

Nous appelons verbes reciproques, on reflexifs, qui ſignifient aetion 8t pafliôn tont en ſemble, par le moyen des accuſatifs perſonnels, qu’its ont touſiours deuant rus, comme, ie m’ayme eaymes,.11Payme : MOUS nows.9rnons, Vous vous aynex Ils.Payment, &c. & ont roos potte verbe auxiliaire, Ie fooys, comme. Ie meligs aymg. Et, Nous nous ſommes ayme.

______________________________________

DES PARTICULES que, ET si DEVANT LES VERBES.


IL faut regarder quand cete particule sjue. eſt coniondion rationelle en Luis qua, (qui ſe peut accommoder par tous les temps de l’indicatif, & meſmes de l’optatif, exceptez l’aoriſte de preterit parfait, & futur dudit optatif) oul, quand elle eſt conion-- dion finale en Latin, vr, dont os peut vſer mnfi, en l’aſſemblage & connedion des modes inclicatif& opatif, auec le ſubiundif. Et premier, le preſent & futur indicatifs, anec Ie preſent ſubiunctif, comme, 11 dit, &, ii dito, , que ie faffé coda.

L’imparfait, Paorifte, 8t pluſ que-parfait indicatifs, auecl’aorifte ſubiunctif, comme, xl m’efivitroir, &, 1lmefcroc.oit, m’auoit eferit que ion’en doffe.

Le parfait indicatif, auec le prefent fulaiundif., Es verbes de commander, & de prier, , comme, 1 m’a énuoyj disc que ie faſſe cela potor boy, & quand os commande ou prie auec plus d’inftice, auſſi auec l’aorifte ſubiunctif, rinow a enioint Om nous enfions a faire cela, &c.

Autrement il fe joint auec le preterit parfait, comme, il a penfei, que i’aye dit cela a ſon octafion.

Le preſent ſuppofitif de l’optatif, ou auec le mesme temps, ou auec le preterit ſuppofitif, stile de barreau comme apres quelque diſcours, Diroit neanmoins le dit demandeur, que ie ſauray grandement offencé, dont il demanderoit, que ie fusse condamné, &c.

4.

Autrement eſtant imparfait, il ſe mettroit auec l'aoriſte ſubiunctif, comme, il voudroit que ie faſſe cela.

L'aoriſte optatif, auec l'aoriſte ſubiunctif, mais auec les formules optatiues, ainſi, Pleuſt a Dieu qu'il m’eſcriuiſt que ie m'en allaſſe en Italie.

Le parfait auec le prefent coniuntlif, auec tete formule optatiue, int peil na’ayt efint que ie ni’en aide.

Le parfait fuppofitif, auec raorille, comme, II sn’atorois donni chaTe que i’expetbajli. fon affaire.

Le plufque parfait (dit aorifle compofé)auec raorifte fubiu nair, CoMine, lim’eultárrg4 OU, Plemp. a Dien qu’d risixf} &fits efire que ie m’en retournajfe.

Le futur optatif, auec le prefent fubiunaiecomme, Dieu vistale peil me mande que m’en adie.

si, particule dubitatiue en Latin "tram conuient a tous les temps de rindicatif

Mcfmes deuant le ptefent optatif mais y faut adioufter point, comme au preterit fuppolitif, comme, Ie 74C ffity f ; i1 dimt point, on, n’auroit point dit cela pour faire preutse de ma muft-ante.

Deunt le plufque-parfait, comme, Ie ne fOty fi ie n’euffe point fait pis.

Mais eflant con ditionnelle, elle ne conuient iamais auec les futurs, au lieu defquels elle fe plai do prefent indicatif, comme, si ie fity, & non fallè.

Ne fe znet point auffi deuant le prefent opratif, pour lequel elle prend rimparrait indicatif, comme, Si i’auoiscela ie feron, Ete.

Ne fe prepofe point deuant raorifte ny deuant les prererits optatifs trop bieu deuant le plufq’ue-parfait, comme deuant rimparfait. pat fait, 8t Flut-que-parfait de rindicatif.

Ces conionétions, reu que, coisfulffé que, attendu que, (qui ont la mernae force) ne conuie nn ent iamais auec le prefent du fubiunetif , au lie u duquelelles prennent le prefent indicatif, comme, I/ eis que ie vos « fly ce plaifir.

Ne faccordent point aldra deunt.raorifte, ny deuant le prererit parfait fubi uzi& ifs, au lieu defquels dies fe rangent auec les praait fuppcnitif, plufque-parfait, comnae auffi auec mus les temps de rindicatif.

Ces autres particules, incontinent que, si tof} que, subit que, apres que, fe plailent fort auec horifte compofé, indicat if, com me,.., apres que now Mines entrev… Et ainfi des mattes, po ur quelle maniere de patler nous difons elegamment, Entreque nous firfmes.

Poot-rico que, lint oyennant que, con uiennent auec Ic feul fubiun_ ctif, outre auec le futur de l’indicatif : más non pas, MMS pi, qui fe ioint auec le fubiunétif par tout, horfiuis auec fon futur, lieu du quel il prend le preterit parfait du fubiunetif, fait pris pont conioinaion, foie pour aduerbe de =ps.

DE LA CONIVGAISON.

Nous auons quatre terminaisons de coniugaison.


DES AVXILIAIRES.

S.
I’Ay, tu as, il a.

P. Nous auons, vous auez, ils ont.

Preterit imparfait.

S. I’aury, tu aurys, il auryt.

P. Nous auions, vous auiez, ils auaient.

Aoriſt.

I’eu, tu eus, il eut.

P. Nous euſmes, vous euſtes, ils eurent

Pres. parf.

S. I’ay eu, tu as eu, il a eu.

P. Nous auons eu, vous auez eu, ils ont eu.

Pres. pluſque parf.

S. I’auray ey, tu aurays eu, il aurayt eu.

P. Nous aurions eu, vous auriez eu, ils auraient eu.

Futur.

S. I’auray eu, tu auras eu, il aura eu.

P. Nous aurons eu, vous aurez eu, ils auront eu.

Imperatif.

Present & futur.

S. Ayes, qu’il ayt.

P. Ayons, ayez, qu’ils ayent.

Optatif. Prefènt, s. rauroy, aurgs, atoroyt. P. Nous afwin:h-voos auriex ás aurogent. orgie . Pleuft a Diego que, s. tegofte, 001,d eift. P. moe egoftions, root« eofiex, ils euffint. Parfait. Diego -essalle que, S. raye ego, to ayes eig, glayt ego. r. Nous ayons eo, Tons ayexegi,ils ayent 0. Parfait fop p ofitif. olonners, PeitieFire que, S . l’aogroy mto aoroys eo, aoroyt eo. P, Now arorgons voos agoriekons, sis aonnient eo. Plulque-parfigit. Plegoft a Diro que, S reuffe er o, to euffes en, il euft eo, P. Now eof?ions en, voos ils eoffent eo. Donor. D ;eo roueitle que, raye, ayes, ayt. P. Now ayons, voos ityex, ils ayent. Sgobionffif. • Prefent. Combien qgoe, &c. S. l’aye , &e. Comme Ie futur precedant. Efta n t au rette du tour femblable a Poptatif, en changeant les formules prepofitiues, comme i’ay ditey deuan c. (band au futur , c’eft le huur inditatif, compofé mefine en luy preporant,quancf. Prefent, ragé. Foto r. Gerond:ft. Prefent. Paffé. Second á-erondif Prefent. Paffé. Troifiefine serundif PrefOnt. raffé. • Pa rrieopes. refent. Paft é. . . .ify.ant em. F . ..4"yant egoe’. Prejint S. Ie fuyb to es, 0. P. Nous fommes,voin eftes, ils font. onparfait S . .refiny, eftoys, P. Nous eftions, VOO eftie,ils eibient. , onfte S. Ie fa, to fox, il r. Wens frofmes,yogos foren:, S. - Parfait. ray ellé,too as efié, d a 06. P. Nou anon dij, ’vosss asieeflé,ils out efté. Pliafqgse-parfrit. ragooy to auoys efié,ilagooytefti. Nom assions go dons( atomist orint comp. efié;161ein efté, ruft effé. NingS eofines efté, voos eufles efié,ifs norent Parfait ,trefisarf• . ray ego efte., to as eo efié, il 4,10eflé: Now mons ego efté, voos aue.r.em eité, ils ont egi Floor. S. Ie feray,toféras, arms. P. Notgeferons,roossferek,, ilsféront. 1 eu. geoe i’ettoray , &c. D’agroir. agooir eo. En ayant. En ayant eo. Pour auo ir. Otir 41fOir M. 11.

F otor compofj. s . efte, to anrae :loom efié. P. Wow aurons effé, -poen auretefté, zij auto ut cfk:. Imperatif. Pref. ey futor. S. Soys foyt. S gons, foye, qu’asfoyent. Optatif. Prefent, onponfart. Yolantiers, fèroys, euferoyo, afmat. Nous ferions, -toto feriet ,ferayent: orifte. Ia mioune -volonté que, Ie fis/re, turuifes, afrijt. 1, 0tosfyie05, vous fuffiet ils Mut. Pret. parfart. Dien -vocale que faye eg to ayes ofte; il ayt effe. Wow ayons eflé,-vous ayetelté,ils ayent efié. Prererirfisppijig. Volontoors l’auroy efte*, to AN roys ey, ilauroyt effé. Nom aur loos ofte’, rom agniee fié, ;Is art roi ent eflé. Plulque- parfait. Pleuft a Dien ome retofj cfk’, to rups ofte, sleufteflé. W000s eft é, -voos eoffike:teffe.iis Ces tro is tempo: Parfait, parfait fuppofiti f,& urqu e-parfait, en pen uent cempofer trois autres , auec ie participc pallif, eo, & les appellerons trcfparfaits , puls qu is (ignifient vne aCtion du tour parfaire & accomplie , & non feulernent encommcncée, comme pon uez icy vair. Pret. patfait f ast. Dieft -mei& que l’aye eo effé, tos ayes en efté, dayt eu effe’. ’Nous gons eo eité, -voos nye efté,ilo ayent en effe-. Pret. ftoppofttof tre#arfait. Voionuers, l’auro:y en ey, auroys en ejté auroyt eflé. Wous asorsons eo Oe ’VOUS azoroces ejlé,ilo asoroyent eneflo". Plo.(que- parfait ,trefparfait. Pleuffa Dien que l’enife esa ofte, eo volks en elk, ot cos)} eo effe. Nous e ugion. ets effe, wou eorfieken effé, ilo enffent en efl. Donor. Dien -vurige que eflys, tisfiys,foyt. N.osoloyons, voos foye{ , ils fo . yent. Stobional:f. ’tien que InJTnitif Prefent. Preterit,parfait,ey plaflite-parpit ./fooir cfk’. nv/turft:it. .,quo;ren eflé. Putto% gue ie feray , &e. Geronolifs. Prefènt. D’effr e. Preteritpmfait. D’atooir efte: trefliarfait. D’anoir to. cfk. Second. Prefènt. Dr eftant. Parfait. ....Iyant cp". Trejpalfait. }Iyant eu effé Lefquelles voix font aufli participes. EXEMP LE D E L .Ar P1tE7447 EltE

Imparfait.

Ie chantoy, tu chantoys, il chantoit.

Nous chantions, vous chantiez, ils chantoient.

Aoriste.

Ie chantay, tu chantas, il chanta.

Nous chantasmes, vous chantastes, i1s chanterent.

Parfait.

I'ay chanté, tu as chanté, il a chanté.

Nous avons chanté, vous avez chanté, ils ont chanté.

Plusque-parfait.

I'avoy chanté, tu avoys chanté, il auoit chanté.

Nour auions chanté, uous auiez chanté, ils auoient chanté.

Aoriste.Composé.

l’ets chargé, ot rbanté, ast rhanté.

Now esoftnes cltanté, roosto euffes rhanté, ils ettrent &anti :

Parf. Cornpn :

l’ay est chanté, tu as ex chanté, il a eu chantl.

Nous auons eas chauté, -pous asseettchanté, ils ons au duwt,

Figur.

te, rhanteray, to chanterar, il chantant.

Nous chanterons, —wou rhanteret, chanterout, „

Tutor romp..

auray chantl, to aam chanté, il aura rhanté

NOM atit0115 chanté, room aurekrbanté, intron :. cl, anté.

Inneratif

Charste, qu’il chante.

Chantons, rhantet, chantent,

Prefér t7& tas.i imi : perfait.

chanteroy, tnchanteroys, ilchanteroit.

Nous rbanterions, roosts chanteriot, ils chatneroient.

Pleufta Diere que,

ie chantage, tu rhantaffe s, ti rhantaft.

Now &aut. : 140.0, 7os « chantafiex, ils chantallèni.

Pret. patf.

Dies-maa lues

l’ajlecbanté,.tu ayesebanté, ayt chanté.

NOPPS ayonschanté, roous ayeushanté, i s ayént chargé.

Pret.fujyofitif

l’auroy &anti, tu auroys cbante, ilattroit chanté.

Nom attrions chanté, roosts auriexchanté, i4 auroient chanté..

Plufsse-parf. ditt aorift. robp

la mienne roolonté que,

rhanté, essffes chanté, etiff chant

NOW enfitons &anti, vous estfliexchanté, dis enfant dunste’.

Pret.par.f. trefparf.

Die : tweed/a que, 1

l’aye rbanté, turtyes os rhanté, i1 ayt eu éhanté.

Nous ayons est chanté,’nous aye.ters chauté, ils ayent chanté.

. pret.frpp. trelparf

Yolontiers,

l’aseroi est rbanté, i0 attroys eu cbanté, ilauro est cbanté.

mut aurions en chanté, 1, 0141auriexem chanté, auroient chanié

Pret. plufq. parf. trefparf :

Pleuft a Dien Tse,.

l’euffe chanté, to on fe s eu cbanté, cent cbanté.

Now estfirm chanté, roorts euf.iexemcliatité, iiseuf fint eu

Putur…

Plané a Die » que,

te &ante, tu drunter, rhante.

•Nous chantions, roout rhantiex, ils d : ante : st ;

subitsna. Pref.,

Encores que,

le chantc, 8ce. comme en foptati£ finon fes futurs. Le premier comme le fecond bodicatif, 8c l’autte eompofé de Cif chanté. comme, gstandi’auray est thanté, &c.

Prefent.

er p•un-t te-

Treparfait.

Gerundifs.

1. Pref. De cbanter.

Parf. D’auoir chanté.

Tresp. D’auoir eu chanté,

2. Pres..En chantant.

Parf. Ayant chanté.

Tresp. Ayant eu chanté.

3. Pres. Pour chanter.

Pret. Pour auoir chanté.

Tresp. Pour auoir chanté

En la preinicre, fcconde,& quatriefme coniugaifon,le prefent iud scati vien t de l’infinitif, oftanr r, 8r. prenant le pronotri,comin e, 4 yam-, ioyme. V,ir, ie voy. • Fetfrnir. te foarny. En Ia troifichne oftant la (taaiere fyllabe,cornme, Dire,ie dy. L’imparfait fe forrne de Ia premiere pluricre de findicatif, cbontow.cbaatoy , ou eiwoots Car tonus ces premieres perfonnes en ey, perment pzendres, (jij/riant vne voyelle. La troifiefme pluricre des temp en oy, fe prononce aiudi , oat. De l’aorifte i en ay patlé cy delfus. Toutes premieres en ay, ont oo, a, en la z. & 3. perfonnes fingnlieres. Les 3. plurieres des indicatifs , & des aoriftes , fe prononcent, comme fl e, &• n, n’y eftoient point, comme,cbanttatantert.rban- Lijft, &c. Le parfait fe compofe de i’ay, & du participe preterir. Le plufque parfait,de towy, & du participe preterit. L’aorifte cornpolé du fimplc auxiliaire , Ie & du parricipe pallif. Le trefparfait, du parfait auxiliaire, I’ ay es, ou dudic participe pallif. Le futur, ad iou Rant nry> a las. du prefent indicatif. La fecondc pel fonne de fimperatif, , eft la premiere de l’indicatif, ofta ot Ie pronona. La troiliefine fingu I iere, comme Ia prerniere du futur optatif. La premiere , fcconde , & tierce , comme Ic plurier du mefme futur optatif. Le prefent optatif fe forme de la premiere finguliere du futur indicarif ay, en oy. L’aorifte, de la reconde de l’aorille indicatif,adiouflantfe. Le parfait, du fueut optatif des verbesauxiliaires, Coye , & fe f9s. Le parfait fuppofitif, du prefent optatif des verbesauxiliares, fanny; lefirsy. Le pl (live-parfait , dit aorifte compofé des aoriftes optatifs des verbes auxiliaires, tz le pp. Le tref-parfair dit parfait optatif: des parfaits optacifs , des verbes auxili lires aye es & Caye e7ké ou felon aucuns, iefoys éte. Et le tref-parfait du plufque-parfait , des plufque-parfaits , ou aonites co in pofez deidits verbes auxiliaires , ren/Teen, 8c reriffe ou i ejuJjeeie, veulent aucuns. P our le huur de l’optatif, és verbes de la premiere ii eft, comme le pront indicatif, finon qu’il faut interpofer vn i, aux preleconde, plurieres deuant e. Q2and au refte , ii n’y a plus aucune difficulté : car fay monftré cy deunt comme le fubiunaiftire tous fes remps de l’optatif. changeant les formules prepoGriues. Nous auons deux participes : vn du prefent, qui fe fotm e de la premicre plutiere du prefent indicatif, changeant om, en ant. Et barre du precair, qui fe forin c en oftant r, a l’infinitif de Ia preini ere, en changeant aa-, en ert, a Ia feconde. Er ht-h-e, acre, sire , a cern: qui font ainfi termincz de Ia troiliefme, en es, our qui eft Ia mefme voix de leur aorifte indicatif. Dce, en dm, mais l’aorifte en ey, ouy, ii n’importe. 12„ en t, a plufieurs =min= en re, comme, Dire, dir, myre,,alit, nnire,nuir. Excepté Lire deu, »Jure, :kyr> Il faut ofter Ie d, a ceux en eindre, comme ,Peindre , peint , Feindre, Teint, qui prennent tousg, au plurier du prefent indicatif, par tour l’imparfaitgney, qui fe change engny, en l’aorifte. Mefmes le futur de l’optatif de ces verbes fe forme en changeant feulemency, de faorifte en e. Qu_and sla quatriefme, on retranche r, á l’infinitif, comme,. parnr,parry, Buur, beny, &c. .Maisvenic, men., & leur conipofez font venk, &mam soaffrtr fair fottffert, cunirir,oatiert, & fes comporez.

f Pleit» diett que le veile, &e. Pret.plufii.palf ./atrementaoriffecompoli. .."1"14 ?nieuw volonti que reuffevest. Parf.Tresparfait. .9" la wieme volonté que l’aye ett vest,&e. Yoloutiers fattras e» wo. pret. phofq.parftrell,arf. Pleult a Dien que I'euffe et> veu,&e. Plaift Die» que le voye,&e. Paspit trelpatf. Comme ainfi feit que raye etovek&e. Biet> que l’auroys es vert,0‹ £ncores que l’eure Tero,ere.

../Iyant "eo, ont—posr. Postr anon—reu. ?oor d»Oir WO. Voyant. Jeune vett. .eryant etreest,eonsme lesgerondif s. r I E train , to trains, ilcraint. ’Nous raignons ,roontoussnes,tis crasueur. Imparf. Ie tragnoy,&e, joril Ie craigny, ou eraigney,&c. pad: ray craints&c. Plof/. P’"1-• fauoy craint,&e. .eontr. reit craint,C.-e. pret. trefparf. ray en craint,&e. Foto% ’Simp. craindray,&c. Eutur.comp. I:auray traint Imperat• cCrra4tginr i’o9n’4s1,c crra:zgig,luteek.t qu „uigneonpt u. s.. prefent & in,parf. Ie craindroy,ou,craindroys. jon la mienne-polonté que craigij’fie’°11Pe7,fer’ijimicet",nt: Volonté re aye craint ,&c. pad; PIPPO]: ’01011tiCrS ou, t’aurois craint.riufiFparf.ou, d’orifte Plag} it D iese que ,C7C. ryell,arfait. Die» que raye tut crang,&e. Treipar j: soppoi; E’olontiers pamrays craint , &c; re jp.daplifq.par.f, Plcuft t.t, Die» Tie l’euffe ets crasnr,&e • putto. Dien vueille que i.ne. tratguet craigne.).j xoso cratznonsirons.1 , ntaria sitAut„ be.lns cahafi.: ong. prefent. Videndurn Videns. Vifusr&c. TERTIA CONIVGAT.

1. crairant. .4:yant ../iyant eo traint. Bien que .reolle eo crainr, &C . .Qoand .rauray traint. 3. Timenditm- Foor eraindre Peur asioircrainr, Poot arm& eu craint .n • •n • d. • • •n• IP • WWI • (..".?,,__V ARTA CONIVG. CVM .Q.J7JITR„IESME C01,:i1VG. ..4"VEC auxiliari font. le -perbe anxiliatre ,lé fuis Indicat. Incliearif Przfens. Pref-ent. ’h '‘ Ifcedo,difcedis,difcedit. T T, par, ta pars, il part. li Difcedimus,difceditis,difcedunr, INou e partonsivoua partmils parten!. Imperf. impail: Difcedeband,&c. repartay,&c.. Aorift. , ..4 orifi-. Difeefli,difcenifii, difceflit. Ie party oupartey,toparlys,i1partit. T.)ifceffunus,elifcefliftis,difcefferunt. ?Lotti partifines,roompartifkes,i15 partirent. Parfait. Definitum. kliek party,tu es partyal ijl party. Noteijimmespartisivoto ejtes partisils font part ;,. Plu fquam perf. Plufq. pof; , Difceirerarn,&c. I. efkoy party,tu efhis party,i1 efloit party. NOtbt effior5s partk, "mus efkiekpartit, ils efkyent partk. Aorift.comp, ../lerift eornp. ! reo efk e: parejstaietikefriparty,ilenfieftiparty. xot55 eafmes eftépartk,vous eufles ey pardx„,ils enrent efiéparti:c.. Perfediff. Trefparf. . fayelti party,tu a5 e f k é party,i1 a Oe’ party. , NOM asem EP’ parttwrom anek 0 paltkils Wit- ey p dit’t i,... Futur. 1, . raar. , z . • .: Difcedam , &c, ic partiray, &c . , Fut. 2.. For. 1. Difceffero. ze feray party,tu ferat party, tl fkra party. , Xrnstfèrons partk,vous ferexpartixals ferant partn,, Imperf. tinpenttif Proef. & fut. Prefent & flow. , Difcede,difcedat, Pars, qtrilparte. Ditcedamus,difcedite,difcedant. partons,pattex,gri’ilspartenr. 1-Ixc verba qux habent »4m pro auxiliaribus ill przteritis, lia- Cerperbes qui ont ie ruis pot« awriliairet mix pret:rits , °ne acigi vn bent etiam vnum prxtericum finperatiui. preterit imperatif. Difceireris,difcefferit. sote5 party,qu’il foit party. Difcefferimus,difcefferitis,difcefrerint. soyons partix,foyex partix, gu’ils fiyent partk. Optat. optatif. ’ Prat: & impert Prefènt, e, imparf. Di fcederem, &c. fe partiroit,&e. , Aoriltus. ..4 orifie . Perfea: le partiy,t55 partij f es,:1 parteft. Nom partOons,Tom partifsim,d5partlfren, V tinam. dl la mienne imlonté que Difcederem,&c. Vrinam . Di°5-meinr que Par fait . ’45

Ie sois party, tu ſois party, il ſoit party.

Nous ſoyons partiz, Vous ſoyez partyz, ils ſoyent partyz.

Parfait ſupp
Volontiers

Ie ſerois party, tu ſerois party, il ſeroit party.

Nous ſerions partyz, Vous ſeriez partyz, ils ſeroyent partyz.

Plusq. parfait ſupp
A la mienne volonté que

Ie fuſſe party, que tu fuſſes party, qu'il fuſt party.

Que nous fußions parrtys, que vous fußiez partyz, qu'ils fuſſent partys.

Treſparfait
Dieu Vueille que

I'aye eſté party, que tu ayes eſté party, qu'il ait eſté party.

Nous ayons eſté partyz, vous ayez eſté partyz, ils ayent eſté partys.

Treſparfait Suppoſ.
Volontiers

I'aurois eſté parti, tu aurois eſté party, il auroit eſté party.

Nous aurions eſté partys, vous auriez eſté partys, ils auroyent eſté partyz.

Treſp. du plusq. parf.
A la mienne volonté que

I'euſſe eſté party, tu euſſes eſté party, il euſt eſté party.

Nous eußions eſté partiz, vous eußiez eſté partys, ils euſſent eſté partys.

Futur.
Dieu veuille que

Ie parte, que tu partes, qu'il parte.

Nous partions, vous partiez, ils partent.

Subjunctif.
Present.
Bien que

Ie parte, &c.

Imparf.
Quand

Ie partirois, &c.

Aorist.
Bien que

Ie partisse, &c.

Parfait.
Bien que

Ie sois party, &c.

Parf. Supp
Quand

Ie ſeroy party, &c.

Plusq. parf.
Bien que

Ie fuſſe party, &c.

Treſparfait.
Bien que

Que i'aye eſté party. &c.

Tresp. Suppoſ.
Quand

I'aurois eſté party. &c.

Treſp. du pluſq. parf.
Bien que

I'euſſe eſté party, &c.

Futur. i
Quand

Ie seray party.

Futur. 2
Quand

I'auray eſté party.

Infinitif.
Present.

Partir.

Parf. & pluſq. parf..

Eſtre party.

Treſparf..

Auoir eſté party.

Futur.

Que ie partiray, &c.

i
Gerondifs
Present.

De partir.

Parfait.

D'eſtre party.

Preſparf.

D'avoir eſté party.

2.

En partant.

Eſtant party.

Ayant eſté party.

3.

Pour partir.

Pour eſtre party.

Pour auoir eſté party.

Participas.
Præſent.

Partant.

Parf.

Eſtant parti.

Treſparf.

Ayant eſté parti.

Toutes ſortes de verbes ſe coniugueront à l’exemp!e de ceux-cy. Horſmis quelques irreguliers que i'ay bien-voulu comprendre en ce traitté de la langue Françoiſe pour ne rien laiſſer en arriere, & pour ſatisfaire du tout aux amateurs d’icelle.

Ce verbe aller commencera le branſle. :

Indicatif.
Preſent.

Ie vay, tu vas, il va.

Nous allons, vous allez, ils vont.

Imparf.

I'allay, &c.

Aoriſt.

I'allay, &c.

Parfait.

Ie suis allé, &c.

Plaſq. parf.

I'eſtois allé, &c.

Aor. compo.

Ie fuz allé, &c.

Perfectiſſ.

I'ay eſté allé.

Futur. i.

I'iray, &c.

Futur. 2.

Ie ſeray allé.

Imperat.
Preſent & Futur.

Va, qu'il aille.

Allons, allez, qu'ils aillent.

Parfait.

Sois allé, qu'il ſoit allé.

Soyons allez, ſoyez allez, qu'ils ſoyent allez.

Optatif.
Preſ. & imparf.

Volontiers.

I'irais, &c.

Aoriſt.

Pleuſt à Dieu que

I'allaſſe, &c.

Parfait.

Dieu vueille que

Ie ſois allé, &c.

Parf. ſuppoſi.

Volontiers

Ie ſerois allé, &c.

pluſq. parf.

A la mienne volonté que

Ie fuſſe allé, &c.

Treſparf.

Dieu vueille que

I'aye eſté allé.

Treſp. ſuppoſ.

Volontiers

I'aurois eſté allé.

Treſpar. du pluſ que parfait.

Pleuſt à Dieu que

I'euſſe eſté allé, &c.

Futur.

Dieu vueille que

I'aille, tu ailles, il aille.

Nous allions, vous alliez, ils aillent.

Subiunct.
Preſent.

Bien que

I'aille, &c.

Imparf.

Quand

I'iray, &c.

Aoriſt.

Bien que

I'allaſſe, &c.

Parfait.

Bien que

Ie ſois allé.

Parf. supp.
Quand

Ie serois allé, &c.

Plusq. parf.
Bien que
Ie fusse allé, &c.
Tresparf.
Iaçoit que
I’aye esté allé, &c.
Tresp. suppos.
Quand
I’aurois esté allé, &c.
Tresp. du plusq. parf.
Bien que
I’eusse esté allé, &c.
Futur. I.
Quand
Ie seray allé, &c.
Futur. 2.
Quand
I’auray esté allé, &c.
Infinitif
Present
Aller.
Parf. & plusq. parf.
Estre allé.
Tresparf.
Avoir esté allé.
Futur.
Que i’yray, &c.
Gerondifs.
Present.
D’aller.
Parfait.
D’estre allé.
2.
En allant.
Estant allé.
Ayant esté allé.
3.
Pour aller.
Pour estre allé.
Pour avoir esté allé.
Ardre.
Present.
I’ars, tu ars, il ard.
Nous ardont, vous ardez, ils ardent.
Imp.
I'ardoy, &c.
Aorist.
I'ardy, &c.
Parfait.
I'ay ari, &c.
Aſſaillir.
Present.

{{Alinéa|I'aſſaie, tu aſſaies, il aſſait.

Nous aſſaillons, vous aſſaillez, ils aſſaillent.

Aoriſt.

I'aſſailly, &c.

Perf.

I'ay aſſailly, &c.

Abſoudre

Present.

I'abſous, tu abſous, il abſout.

Nous abſoudons ou abſoluons, vous abſoudez,

ou abſoluez, ils abſoudent, ou abſolvent.

Aoriſt.

I'abſous ou i abſolu.

Perf.

I'ay abſous, ou abſolu.

Perf.

I'ay absou, ou abſolu, &c.

Attraire
Present.

I'attray, yu attrais, il attrait.

Nous attrayons, vous attrayez, ils attrayent.

Aor.

I'attray, tu attrays, il attrayt.

Nous attrayſons, vous attrayſez, ils attrayent.

Parfait.

I'ay attrait, &c.

Aſſeoir
Present.

Ie m'aVié, tu t'aſieds, il s'aſied.

& Ie m'aſſoy, tu t'aſſoye, il s'aſſoye.

Nous nous aſſeyons, vous vous aſſeyez, ils s'aſſeyent.

ou nous nous aſſyons, vous vous aſſyez, ils s'aſſyent. Imp.

le m’assoyoy, &c. ou, Ie m’aßioy. Aorist.

Ie m’aßi, tu t’aßis, il s’aßit.

Nous aßismes, vous vous aßistes, ils s’aßirent.

Parf.

Ie me suis aßis, &c.

Ie m’asserray, ou m’assoyray.

Imperat.

Aßies toy, qu’il s’ßise.

Aßions nous, aßiez vous, qu’ils s’aßisent, ou ainsi.

Assoy toy, qu’il s’assoye. Assoyons nous, assoyez vous, qu’ils s’assoyent.

Fut. de l’optatif. Dieu vueille que

Ie m’ßise, ou Ie m’assoye, &c. S’asseoir.

Part. Præt.

S’asseant, ou s’assoyant. Preterit.

S’estant aßis.

I’ay expres voulu coniuger icy ce verbe pour sa difficulté, à ce que personne ne s’y trompe.

I’en ay remarqué cet vsage & coniugaison és meilleurs autheurs & entre les plus renommez à bien dire en nostre langue. Le simple Ie me sié, & és autres composez,comme rasseoir, & susseoir, se coniugueront tout de mesme.

Battre.

Ie bA,t11 bo~~,il bat. No lU batt~m, .,o11s l•.lllt.1!, b.rtlmt.

.Aot•ift.

Boire.

Ir bt?,hl boi!,ilboit. Nollf ln•uoiU,YOKf btiiHtf(.,iÛ bo:JHtnt.

Aorist.

ltWII,III b~11,ilbn~t,

I’IIJ bn~,&r.

Nous beuJÏim,Yous luujfes ,ol• bmwnt

Prtttrlt, Parf.tir.

futur.

lt boyr.,,& vulgairement beuray.

1mp••·arif.

Bo],’]•’il b"]ut. BtHuom,bruW:t.’J"’•/s bo]Utnt.

Bouillir.

lt boul,t• bo•ls,il bo11t.

Noftl ,_lloiiS,YOIH bo11~i/s bo11llmt,& bo11iUo111 ,boHillrd•ouillmt.

Ic bo11iUy,& b.,.a. .. z’ 4’J botti/Jy,& bo11U

Brayre.

Prtfont. l t brA:J1111 br4:JS1i/brA:Jl

’NOIU bi’4:JÎDIIS, YOIU brlfyitt;,Ï/s br.tyilllt,

JIor.

lt br.,,, ., br.,s,il brAJt.

NotH briJimts,YOIIf br.,itts, ils b.·.,imlt.

P4rf.

Bruire.

Prtfmt.

It br»y, t11 bmys ,i!b!’Hit. No•u brwyom,’VJKs l•no_yet,•ls h,,_,rnr. 3mjf.

r.uf.

Coudre.

leroll,tut,.,,ilcollt. NJN1 cvu(o•u, ... aHf coufr~ ,/,cou/<"’

..,4 OJ’IJ’.

Ir rbi,t• e/Jés,il clltt.

ltCWJ,Ô’

1’4] euit,

Cheoir.

Nous d.~om,Yollf ciJét,,lllclo.:ral.

Ao•·•ftr.

Cuyre.

NotH mJ{oiiS, "~’" cuiftt,rll c11•:r111.

Parf.

I’ay cuit.

Clorre.

lcclo,tlltlos, 1/ cot. ’NONirlooiiS, Yollfelon,,ol; domr.

Aorist.

Ie clos, &c.

Parfait.

I’ay clos.

Ceindre.

Ie cein, tu ceins, il ceint. Nous ceignons, vous ceignez, ils ceignent.

 

Aorist.

Ie ceigny, &c.

Parfait.

I'ay ceint, &c.

Contraindre.

Ie contrain, tu contrains, il contraint.

Nous contraignons, vous contraignez, ils contraignent.

Aorist.

Ie contraigny, &c.

Parfait.

I'ay contraint, &c.

Futur.

Ie contraindray, &c.

Car tous ces verbes en eindre qui prenent g, au plurier de l'indicatif, & autres temps susdits, le present ou futur & autres temps formez d'iceluy, & reprenent d, de leur infinitif.

Conclure.

Ie conclu, tu conclus, il conclut.

Nous concluons, vous concluez, ils concluent.

Aorist.

Ie conclu, &c.

Parfait.

I'ay conclu, &c.

Craindre.

Ie crain, &c. Aorist. Ie craigny, &c.

Parf. I’ay craint, &c.

Confire.

Ie confi, tu confis, il confit.

Nous confifons, vous confisez, ils confisent.

Aorist.

Ie confis, &c.

Parfait.

I'ay confi, &c.

Courir, ou courie.

Ie cour, tu cours, il court.

Nous courons, vous courez, ils courent.

Aorist.

Ie couru, &c.

Parf.

I'ay couru, &c.

Destruyre.

Ie destruy, tu destruys, il destruyt.

Nous destruysons, vous destruysez, ils destruysent.

Aorist.

Ie destruy, &c.

Parf.

I'ay destruy, &c.

Dormir.

Ie dors, tu dors, il dort.

Nous dormons, vous dormez, ils dorment.

Aorist.

Ie dormy, &c.

Parf.

I'ay dormy, &c.

Duire.

Ie duy, tu duys, il duyt.

Nous duysons, vous duysez, ils duysent.

Aorist.

Ie duy, &c.

Parf.

I'ay duit, &c.

Dire.

Ie dy, tu dys, il dyt. Nous disons, vous disez, ils disent.

Aorist.

Ie dy, &c.

Parf.

I'ay dit, &c.

Deuoir.

Ie doy, tu doys, il doit.

Nous deuons, vous deuez, ils doyuent.

Aorist.

Ie deu, &c.

Parf.

I'ay deu, &c.

Douloir.

Ie me deul, tu te deuls, il se deult.

Nous nous doulons, vous vous doulez, ils se deulent.

Aorist.

Ie me doulu, &c.

Parf.

Ie me suis doulu, &c.

Escrire.

I’escry, tu escris, il escrit.

Nous escriuons, vous escriuez, ils escriuent.

.Aorijf

Faillir

1~ {4111t» fa~M,il [411t, ou;, faillr, ,,.faillrs, ;z faiU•

No~MfaiU.ns,wfiS failk-t.ils failknt

1~ faill], dl’r

1’ay faiay

Aor

Futflr

1t faiHlr"J, ou foi/Ut·ay,&r

lmpwatif

Fau, ou faiiU,ij ..il fai/U

Fai/Wns,failk~’j,.ils faiiJmt,r;!r dela,le futut·optati(

DNfl YJHifk ’jUt lt fai/U, C)’r

Faire • 1• f"J• tf1 fai1, il{11#

No N~ faifom, ’"'"faites, ils-font

.Aol’ijft

J’ay fait 1C)’r, Fendre

ltf••• ’"fem ,ilfmJ

No111 foratlons, .,o., fendt-t ils fmdtnt.

Aorijf

lt fentli, C)’r

Par{

Fondre

le fon, 111 fom, il fond

No Illforatlom, -ro11s fonde~ ûs fondeiJf

.Amjf

Fuyr

1e fWJ,hl fu·JS, il fWJt

NoiM fw:~om, "" fWJt’t, ils fw:~enr

Aorijf

Frire

1~ fi, tfi fi"ys,il.ftit, Nolll fr.Jons, ’NIII fr.JI(, ilsfr.Jmt

Aorijf

f’arf

l’Utlll’

Haïr

1t ,..,,, ht~Js,il hayt

No141 ha:yom,.,ow h"Jtli(.Jils h4Jtiii10U baylfons,ht~JfJt:tc.,il$1ury!{mt

Aorist.

Ie hay, &c.

Parf.

Joindre

Ie ioins, tu ioins, il ioint Nous ioignons, vous ioigniez, ils ioignent.

Aorist

Ie ioigni, &c.

Parfait

I’ay ioint, &c.

Iſſir.

Nom yſſons, vous yſſez, ils yſſent sans ſingulier.

Aoriſt.

J’iſſy, &c.

Parfait

I'e suis iſſu, &c.

Luire.

Ie luy, tu lys, il luit.

Nous luyſons, vous luyſez, ils luyſent.

Parfait

I'ay luy, &c.

Moudre, ou meudre.

Ie moul, tu mouls, il mould.

Nous moulons, vous moulez, meulent.

Aoriſt.

Ie moulu, &c.

Parf.

I'ay moulu, &c.

Futur.

Ie moudray, &c.

Mouuoir.

Ie meu, tu meus, il meut.

Nous mouuons, vous mouuez, ils mouuuent.

Aoriſt.

Ie meu, &c.

Parf.

I'at meu.

Futur.

Ie mouueray, &c.

Mordre.

Ie mor, yu mors, il mord.

Nous mordons, vous mordez, ils mordent.

Aoriſt.

Ie mordu, &c.

I'ay mordu, ou I'ay mort.

Mettre.

Ie met, tu mes, il met. Nous mettons, vous mettez, ils mettent.

Aoriſt.

Ie mis, &c.

I'ay mis, &c.

Mourir.

Ie meurs, &c.

Ie mourus, ie suis mort.

Ie mourray.

Naistre.

lt ,·..,,,, naü,il ,.,;,•

Ie nay, tu nais, il nait.

Nous naiſſons, vous naiſſez, ils naiſſent

Aoriſt.

Ie naſquis, &c.

Ie suis né, &c.

Nuire.

Ie nuy, &c. comme Ie duy.

Oyr.

I'oy, tu oys, il oyt.

Nous oyons, vous oyez, ils oyent.

Aoriſt.

I'ouy, &c.

Parfait

I'ay ouy, &c.

Ouurir.

I'ouure, &c. En l’Aoriſte I’ouury, & au preterit. I’ay ouuert

Occire.

I'occy, &c. En l’Aoriſte I’occy, & au preterit. I'ay occiſ.

Paistre.

Ie pai, tu pais, il paiſt.

Nous paiſſons, vous paiſſez, ils paiſſent.

Aoriſt.

Ie paus, &c.

I'ay peu, &c.

Paroiſtre.

Ie paroy, tu parois, il paroit.

Nous paroiſſons, vous paroiſſez, ils paroiſſent.

Aoriſt.

Ie paru, &c.

Parfait

I'ay paru, &c.

Prendre.

Ie pren, tu prens, il prend.

Nous prenons, vous prenez, ils prennent.

Aorist.

Ie pris, &c. pour Ie prius.

Parfait.
Pondre.

Ie pon, tu pons, il pond. Nous pondons, vous pondez, ils pondent. ou, ponnent, &c.

Aorist.

Ie ponnus, &c.

Parfait.

I'ay ponnu, &c.

Futur.

Ie pondray, &c. ou, Ponneray.

Pendre.

Ie pen, tu pens, il pend. Nous pendons, vous pendez, ils pendent.

Aorist.

Ie pendry, &c.

Preterit.

I'ay pendu, &c.

Perdre.

Ie per, tu pers, &c. Aorist. Ie perdy. Le preterit. I'ay perdu, &c.

Pouvoir.

Ie peu, ou puis, tu peus, il peut. Nous pouvons, vous pouvez, ils peuvent.

Aorist.

Ie peu, tu peus, il peut. Nous poujons, &c.

Preter. I'ay peu, &c.

Puir.

Ie pu, tu us, il put. Nous puons, vous puez, ils puent.

Aorist. Ie pui. Parf. I'ay pui. Fut. Ie pueray, &c.

Plaire.

Ie play, plais, plait. Plaisons, plaisez, plaisent.

Aorist. Ie pleu. Parfait, I'ay pleu.

Quérir.

Ie quier, tu quiers, il quiert. Nous querrons, vous querrez, ils querrent.

Aorist. Ie quis, &c. Parfait, I'ay quis, &c.

Rire.

Ie ry, tu rys, il ryt. Nous rions, vous riez, ils rient.

Aorist. Ie ry, tu rys, il ryt. Nous rismes, vous ristes, ils rirent.

Parfait. I'ay ry. Futur. Ie riray.

Rompre.

Ie romp, tu romps, il rompt, &c. Ie rompy. I'ay rempu, &c.

Recevoir.

Ie reçoy, &c. Nous recevons, vous recevez, ils reçoivent. Ie reçeu. I'ay receu.

Ramentevoir.

Ie ramentoy, &c. Nous ramentevons, vous ramentevez, ils ramentevoyent.

Ie ramenta. I'ay ramentu, &c.

Respondre.

Ie respon, &c. Ie respondy, &c. I'ay respondu.

Sentir.

Ie sens, tu sens, il sent. Nous sentons, vous sentez, ils sentent.

Aoriste, Ie senty, &c. Parfait, I'ay senty, &c.

Servir.

Ie sers, tu sers, il sert. Nous servons, vous servez, ils servent.

Aoriste, Ie servy. Parfait, I'ay servy, &c.

Saillir.

Ie sau, tu saus, il saut. Nous saillons, vous saillez, ils saillent.

Aoriste, Ie sailly. Preterit, I'ay sailli.

Sçavoir.

Ie sçay, tu sçays, il sçayt. Nous sçavons, vous sçavez, ils sçavent.

Aorist. Ie sçeu. Parf. I'ay sçeu. Fut. Ie sçauray. Imperatif, Sçache, qu'il sçache, sçachons, sçachez, qu'ils sçachent. Le futur de l'optatif est de mesme. Et le participe, sçachant, pour mettre difference avec le nom qui est sçavant.

Souloir.

Sans singulier. Nous soulons, vous soulez, ils soulent. Imparfait, Ie soulay, &c. Ce verbe est fort deffectueux, nous l'exprimons par circonlocution, I'ay coustume, tu as coustume, il a coustume, &c.

Suyvre.

Ie suy, &c. Ie suyvy. I'ay suy, &c.

Tordre.

Ie tor, tu tors, il tord, &c. Ie tordy. I'ay tordu, &, I'ay tors, &c.

Tystre ou Tissit.

Ie ty, tys, il tyt. Nous tissons, vous tissez, ils tissent. Ie tissy. I'ay tissis, &c.

Tollir.

Ie tolly, tu tollys, il tollit. Nous tollissons, vous tollissez, ils tollissent.

Ie tollu. I'ay tollu.

Tendre.

Ie ten, tu tens, il tend, &c. Ie tendy. I'ay tendu, &c.

Teindre.

Ie teins, tu teins, il teint. &c. Ie teignaiay, &c. I'ay teint, &c.

Tenir.

Ie tiens, tu tiens, il tient. Nous tenons, &c. Ie teins, &c. I'ay tenu, &c.

Vendre.

Ie ven, &c. Ie vendy, &c. I'ay vendu, &c.

Vestir.

Ie ves, tu ves, il vest. Nous vestons, vous vestez, ils vestent.

Ie vesty, &c. I'ay vestu, &c.

Vaincre

Ie vainc, tu vainct, il vainct. Nous vainquōs, vous vainquez, ils vainquent.

Ie vainquy. I'ay vaincu, &c.

Vouloir.

Ie veux, tu veux, il veut. Nous voulons, vous voulez, ils veulent.

Ie voulu, &c. I'ay voulu, &c.

Valoir.

Ie vau, tu vaux, il vaut. Nous valons, vous valez, ils valent.

Ie valu. I'ay valu, &c.

Vivre.

Ie vy, &c. Ie vesquy. I'ay vescu.

Voir.

Ie voy, &c. Ie vey. I'ay veu.

Venir.

Ie viens, tu viens, il vient. Nous venons, vous venez, ils viennent.

Ie veins. Ie suy venu, &c.

Es aoristes, ne se faut estōner, si quelquesfois ie me dispense de l'anciēne ortographe, omettāt e, deuant i, cōme, dy, pour dey, &c.

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DES IMPERSONELS.


LEs vns sont de signification actiue, comme, Il pleut, &c. Les autres passiue,comme, On dit, &c. Et se coniuguent tous par les troisiesmes persones singulieres, de tous les modes & temps des personels. Ie ne m’amuseray point aux exemples és reguliers : mais ie proposeray icy quelques irreguliers.

Chaloir.

Il chaut, il chalut, il a chalu.

Falloir.

Il faut, il falloit, il fallut, il a fallu, il faudra, Bien qu'il faille, &c.

Y auoir.

Il y a, il y auoit, il y eut, il y a eu, &c.

Faire.

Il fait, il faisoit, il feit, &c.

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DES ADVERBES.


LEs vns sont de lieu, Arriere, ailleurs, ceans, leans, dedans, Là, dehors, yicy, ylà, ou, ça, deça, dela, haut, bas, d'enhaut, d'enbas, Dont quelques prepositions se peuuent icy referer,;sur, dessus, soubs, dessoubs, chez, vers, endroit, deça, dela, de trauers, de biaiz, droit, tortu.

Les autres de temps, comme, Maintenant, ores, uy, meshuy, aujourd'huy, iadis, le passé, hier, demain, parcy deuant, lors, alors, aucune fois, iusques, iusques icy, n'agueres, mais que, que ça.

De nombre.

Vne foys, deux foys, &c. Maintes foys, souuentefoys, beaucoup de foys.

D’ordre.

Premierement, secondement, incontinent, soudainement, apres, deuant, depuys, si tost que.

D’interroger.

Pourquoy ? comme ? comment ? non pas ?

D’affirmer.

Certes, certainement, vrayment, asseurement, veritablement.

De nier.

Ne, qui se prepose au verbe, & non, dont on vse absolument, comme, Nony, nullement.

De demonstrer.

Voy, voyez, voyla.

De quantité.

Beaucoup, moult, prou, peu, guerres, trop, assez, pas, qui nie, mais non si absolument que point. D’auantage, plus, moins.

De qualité.

Bien, mal, malement, bonnement, aysement, facilement, iustement, & autres infiniz deriuez des noms.

De comparaison.

Plus, moins, mieux, pire, pirement, &c.

De prohiber.

Ne,comme, Ne dittes pas cela.

D’exclamation.

ô.

De desirer.

Volontiers, Pleust à Dieu que, A la mienne volonté que.

De douter.

Poßible, peut estre, d’auanture, parauanture.

D’appeler.

He, hau, hola, qui sont aussi interiections. Ha, heu, has, hola.

D’exhorter.

Auant, sur, orsur, hay, hayauant, courage.

De similitude.

Ainsi, tout ainsi que, de mesme, presque, a peu pres, außi, autant, si, tans. Est a obseruer que ne, se met tousiours deuant le verbe, & pas, point; iamais, apres : Ainsi, Ie n'ay pas fait. Et non, I'ay ne pas fait, ou ie pas n'ay fait.

D’assembler.

Ensemble, quand & quand, auec moy, &c. pareillement, tout d’vne main, de compagnie, de fil en aiguille, &c.

De separer.

A Part, A l’escart, arriere, robbe a part, &c.

D’augmenter.

Si fort, si fort, tout, du tout, entierement, entre-deux, mediocrement, totalement.

D’amoindrir.

Tout beau, bellement, pas a pas, a peine, a gr’and'peine, &c.

Comme l'aduerbe ioint a l'article, se prend pour nom : De mesme le nom se prend pour aduerbe, comme, Cours viste, subit, pour vistement, subitement. Il y auoit vn, vingt persones. Vn, c'est a dire, Presque, enuiron. Il y auoit vn monde de gens, c'est a dire : Presque. Vous venez premier d'estre appelé.

Toutes ces phrases se prennent pour aduerbes.

Sur le champ, d'arrachepied, tout court, a la haste, de pied coy, a loysir, sur le pied, a l'improuiste, de guet a pan, a escient, a dessein, expres, par megarde, sans y penser, de propos deliberé, en gros, en détail, sommairement, par le menu, a veuë d'oeil, a boule veuë, mal a propos, a la volée, a l'etiquette du sac, serré, large, susbout, suspied, debout, a bas, a propos, le surplus, le reste, le demeurant, paix, a l'auenir, le passé, a present, dela en auant, le lendemain, le iour ensuyuant, le iour deuant, cy deuant, cy apres, de la en auant, a la parsin, trouble, clair, goutte, d'an en an, tousiours, tous les iuors, a cete heure, apres, deuant, & bien, a iamais, a perpetuité, sans plus, si, que, tant, que, tellement, que, de mode, que, de sorte, de façon que, comme, a tousiours-mais, volontiers, impunément.

Quand, outre sa signification de tēps, se prend aussi quelquefois pour, Veu que, ainsi, Cōment feroit-il cela, quand il n'en a point d'enuie ?

Puis, aduerbe d'ordre, se dit aussi quelquesfois par indignation & despit, comme, Il a fait cela, On respond, Et puis.

Ou, se prēd aussi quelquefois pour, Au lieu que, ou, Veue que, cōme, Vous estes sorty sans dire mot, ou, Vous deuriez prēdre congé de la cōpagnie.

Comme, & Ainsi que, outre leur signification se prennent aussi pour, A mesme temps, A mesme heure. Exemple, comme, ou, Ainsi qu'il pensoit fuy, l'ennemy le vint außi tost inuestir.

Parfois nous vsons de deux aduerbes de mesme signification, tout ensemble, comme, Puis-apres, Ceans-dedans.

Par fois l'aduerbe redonde, comme, Montez en haut, &c. Deuallez en bas, ou, Courez vous ainsi ?

Mesmes pour commander ou parler auec plus de modestie & douceur, nous disons, Venez vn peu icy.

Ne, point, ou, pas, se fuyuent l’vn deuant, & l’autre apres le verbe : Ainsi, Ie n'ay pas fait cela.

Ne, rien, comme, Ie ne veux rien dire de luy, &, Pour rien, Pour chose du monde, vaut autant que, pour tout cde qui est du monde : Car, chose, par fois se prend pour rien, comme, Ie n'ay chose du monde, c'est a dire, rien. Personne, nemo, nul. Il n'y a personne, nemo est.

Non pas, non point, & par fois par interrogation, comme, Non pas ? Non point ?

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DES PREPOSITIONS.


DE ces prepositions, de, du des, a, au, aux, nous en auons parlé au traité des articles. Restent a obseruer ces manieres de parler, auec cete preposition de, ou a, Vn homme de cheval, de pied &c. Il est a cheval, a pied. Et, il ne tiendra pas a moy, &c.

Parfois a, signifie selon, comme, A mon iugement.

Parfois auec, comme, A loysir.

Quelquefois pour, comme, Ie tiens ce bien a perdu.

A, Ioint a l’infinitif present, denote vn futur, comme, I'ay cela a faire.

A, & de, sont par fois soubsentenduz, cōme, si Dieu plaist, pour s'il plaist a Dieu. La ruë saint Iaques, pour De saint Iaques. L'eglise Nostre Dame, pour, De nostre Dame.

Toutefois,cela ne se fait és nōs propres, qui n’ont point d’adiectifs ioints auec eux, comme, La ville de Rome, La riviere de Seyne, & non, La ville Rome, &c.

Du, & de, par fois signifient vne patrie de quelque chose, du, és masculins, comme:, Nous avons du feu. De, és feminins, comme, Apportez de la chandelle.

Au, se prend pour les masculins, Ie vay au Palais.

Et a, pour les feminins, Ie retourne a la maison, A l'Eglise, &c. Et parfois au, és feminins principalement, comme, Ie vay en la chambre, en ville, en Cour, en France, &c.

Pour les noms de ville nous nous seruons de a, Alez a Lyon.

Es, parlant en plurier, Es champs, Es beux, au lieu de quoy nous disons souuent, aux.

Obseruez cette maniere de parler, Habillé à la Françoise, A la courtisane, pour, A la maniere, à la mode, de France, de la Cour, &c.

Chez, signifie tousiours la maison, le logis, ou la demeure de quelq'vn, comme, il est chez nous.

Apres, quelquefois se supprime, & se change ainsi, Ayant fait cela, pour, Apres auoir fait cela, &c.

Sur, par fois denote vn office particulier, comme, Il est sur tous les autres, Surintendant de la maison, &c.

Autrefois il signifie. sur toutes choses, comme, sur tout, faites cela.

Dés. quelquefois il signifie. auec, cōme, Dés le point du iour, il est party.

Pour, signifie vne cause finale, comme, Il est venu pour dire cela, il fait cela pour cette occasion.

Parfois pour, denote vne puissance a l’advenir, comme, Il est pour faire cela, Pour estre grand.

Les autres prepositions sont, Iusques, outre, parmy, pres, depuis, sans, selon, auant, contre, entre, soubs, sus.

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DES ·CONIONCTIONS.


Les vns sont copulatiues. comme, Et, außi, ainsi que, que, sçauoir est, ne, ny, encores, outreplus, d’auantage, apres, en apres, or, ores, tant que, si que.

Distinctiues, ou, autrement, ne, ny.

Discretiues,ou aduersatiues, Mais, ains, ainçois, bien que, au moins, du moins, a tout le moins.

Conditionnelles, si, si-ne, sinon, sinon que, mais que, pourveu que, moyennant que.

Rationelles, Dont, donc, doncques, parquoy, partant, a tant, parce, pource, par ainsi.

Causales, Car, parce que, affinque, puisque.

Si, telle fois signifie, toutesfois, ou, neantmoins, comme, Quoy qu’a regret, si le ferez vous. Et, Il avoit vn bel esprit, & si estoit de mauuaise grace.

Obseruez la difference qu’il y a entre cette particule, què. pour quôd, & que pour vt, comme, Il dit que ie suis noneste, & en cette signification il se peut conjoindre auec tous les temps des verbes, Mais que, pour vt, se met ordinairement auec le futur de l’optatif, ou, comme veulent aucuns, auec le present du conionctif qui est vne mesme chose, comme, Mais que ie fasse cela, dont ie parleray plus amplemenr au traitté des verbes, comme de si, pris pour aduerbe dubitatif, & pris pour conioncton conditionnelle.

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DES INTERIECTIONS.


Ha, par fois signifie tristesse, Ha que ie suis miserable. Par fois ire, Ha perfide, tu mourras. Et redoublée,liesse, & ris, comme Ha, ha, ha.

O ! pour admirer, O, que cela est beau !

He, pour appeler, Vien ça he, au singulier. Et, Venez ça hau, au pluriel.

Ai, quand nous craignons quelque danger pent ou grand, Ai, I’ay pensé, ou cuydé, choir, ou tomber.

Phi, Pour detester.

Las, helas, Es lamentations pour se complaindre.

He, & hola, Pour appeler

Ah, Pour s’exclamer auec douleur, Ah moy chetif.

Quand a la Syntaxe,vous la remarquerez esparse en toutes les parties d’oraison, cy dessus, la proprieté de nostre langue le voulant ainsi, obseruez seulement ces constructions a icelle particulieres. Et premier, soient esmeuz de desdain, ou de cōpassion, ou autremēt par ieu, suyuit deu substātifs, ou vn adiectif, & vn substantif apres vn pronom demonstratif, nous mettōs le dernierr au genitif, cōme ; ce drole de garçon, le bon hõme de maistre, &, Ce vilain de serviteur, &c. Plus nous disons, C’est un grānd Capitaine, que cetuy la, &, Il vient luy troisiesme. Cette voix generale qui, est de tout genre, cas, & nōbre. Cete autre luy, datif, est masculin & feminin, gouuerné par tous verbes, soit deuant, soit apres,cōme, Dittes luy cela, & non, a luy, ou a elle. Plus, Il s’en va mourant, au lieu de mourir, &, Il fait du pis, ou du mieux qu’il peut. Quelquefois, le participe passif, ioint au verbe auxiliaire, s’accorde auec le subftantif suyuāt, en genre, cas, & nōbre, commo, il auoit acheuée son oraison, &c. Nous disons aussi, par les parcicipes, ayant dit, fait, achevé, au lieu de, apres que ie, tu, il, nous, vous, ils eurent fait, achevé, &c. au lieu de ie, tu, il nous, vous, ils eurent fait., ou ainsi, apres auoir fait cela. D’abondant, Ie n’en puis mais, pour, Ie n’en suis pas cause. Aussi, Estrillez moi bien ce meschant. Moy, c’est à dire en ma faveur. Et luy de courir, de fuyr, & moy apres, &c. Il y a bien a dire, c’est a dire de la difference. Et, il a adoré (c’est a dire esgaré) mon livre. Il y a cinq sols a dire de mō compte. Plus, cela est a vendre, a donner, a prester, &c. Ie ne fay que de sortir de table, &c. Et, il se prend a rire, dire, &c. Apres les verbes d’enseigner nous mettons a devant l’infinitif, Il montre a lire, &c. Apres ceux qui signifiēt prohiber, de, Gardez vous de tomber. Quād le verbe de deuant signifie mouuemēt, il ne faut point de preposition, Venez parler a moy, &c. Aussi disons nous, mais peu ciuilement, non ay, cy ay, au lieu de, Sauf vostre honneur, &c. Nous vsons du verbe aller, quand il y a quelque distance du lieu ou nous sommes quand nous parlons, au lieu ou nous voulons aller. Autrement, si nous y sommes tous portez, nous vsons de venir, comme estans ia au lieu ou nous tendions, nous disons, Ie vous viens voir, sinon, ie vous vay voir, &c. Plus, Il y a bien a faire a luy, pour, Il est bien difficile. Et, C’est moy, toy, luy, nous, vous, eux, pour, Ce suys-ie, &c.

FIN.