Traité de la peinture (Cennini)/CLIII

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CLIII.Manière de faire un autre mordant avec l’ail, et où il vaut mieux l’employer.

Il y à un autre mordant qui se fait ainsi. Prends des gousses d’ail épeluchées de la quantité de deux, trois ou une écuelle ; écrase-les en pâte dans un mortier, tamise-les à travers un linge deux ou trois fois ; prends ce jus et broie-le avec un peu de blanc et de bol, léger autant que faire se peut. Mêle bien, mets-le dans un vase couvert et conserve-le. Plus il est vieux et ancien, meilleur il est. Ne prends pas de gousses d’ail petites ou jeunes, prends-les dans leur maturité. Quand tu veux te servir de ce mordant, mets-en peu dans un vase de verre avec un peu d’urine, remue avec un petit fétu doucement et tant selon toi qu’il soit courant au pinceau et qu’il puisse être travaillé délicatement. Quand il est employé comme je t’ai indiqué, tu peux appliquer l’or comme dessus au bout d’une demi-heure. Ce mordant a cette particularité qu’il est bon pour mettre l’or au bout d’une demi-heure, d’une heure, d’un jour, d’une semaine, d’un mois, d’un an et quand on veut. Tiens-le cependant bien couvert et garanti de la poussière. Ce mordant ne pourrait se défendre contre l’eau et l’humidité, il n’est bon ni sur mur ni sur brique dans les églises. Sa place est sur panneau, sur fer et dans tous travaux qui doivent être recouverts par le vernis.

Ces deux espèces de mordants te suffisent.