Traité de la peinture (Cennini)/CXV

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CXV.Comment on doit enduire avec du gros plâtre le plat du tableau ou de la planche.

Quand le panneau est bien sec, prends une pointe de couteau de forme ronde qui gratte bien, et cherche si tu trouves des nœuds ou des coutures, enlève-les. Aie du gros plâtre de Volterre purgé et tamisé comme de la farine ; mets-en une écuelle sur la pierre à broyer, et broyés avec la colle à force de mains, comme si c’était de la couleur ; recueille-le avec le couteau de bois, mets-le sur le plat du panneau, et avec un couteau de bois bien plat et assez grand, couvres-en toute la surface. Partout où tu peux atteindre avec ce couteau, vas-y ; puis aie du même plâtre broyé, chauffe-le. Prend un pinceau de soies doux, et passe de ce plâtre sur les corniches, sur les frises et sur le plat de la planche. Sur les corniches et autres lieux, donnes-en trois ou quatre couches ; mais sur les plats, tu n’en peux trop donner.

Laisse sécher deux ou trois jours ; puis reprends le grattoir rond de fer, et gratte partout sur la surface. Fais faire de ces petits outils de plusieurs espèces, que l’on nomme petits crochets ; tu en verras chez les peintres ; ils serviront à unir les corniches et les frises pour que les détails ne restent pas empâtés. S’il y a des inégalités, ou d’autres espèces de défauts, ou des morceaux qui manquent aux corniches, raccommode-les avec le plâtre.