Traité de la peinture (Cennini)/XCIII

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xciii.Comment on doit broyer les couleurs à l’huile et les employer sur mur.

Recommençons à broyer couleur par couleur comme tu as fait pour travailler à fresque. Hors que là où tu broyais à l’eau tu devras maintenant broyer avec cette huile ; et quand tu l’as fait pour chaque couleur (toutes reçoivent l’huile excepté le blanc de Saint-Jean), mets-les dans de petits vases de plomb ou d’étain. Si tu n’en trouvais pas, prends-en de verre, mets dedans tes couleurs broyées, et place-les dans une cassette, qu’ils se tiennent propres. Puis avec ton pinceau d’écureuil, quand tu veux faire un vêtement de trois teintes comme je te l’ai dit, divise-les, et place-les bien chacune en leur lieu, joignant bien une teinte avec l’autre et tenant la couleur épaisse. Arrête-toi quelques jours avant de revenir ; considère alors comment le fond est couvert ; recouvre s’il en est besoin. Opère de même pour les chairs et pour tout ce que tu veux peindre, montagnes, arbres, et n’importe quoi. Il te faut aussi un godet d’étain ou de plomb de la hauteur d’un doigt, comme celui d’une lanterne. Remplis-le à demi d’huile, tu y mettras tes pinceaux pour qu’ils ne sèchent pas.