Traité de paix sino-tibétain de 822

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Traité établissant les frontières entre le Tibet et la Chine


Signé en 822

Signataires : L’empereur de Chine Wen Wu Hisiao-te Hwang-ti, pour la Chine
Le roi du Tibet Tri Ralpachen pour le Tibet

Voir aussi : w:Traité de paix sino-tibétain de 822


Texte rédigé en Tibétain et en Chinois, signé par Tri Ralpachen et Wen Wu Hisiao-te Hwang-ti, gravé sur 3 piliers, à Lhassa (sur un doring), à Chang'an et à la frontière entre le Tibet et la Chine.

Le Grand Roi du Tibet, Divin Seigneur Miraculeux, et le Grand Roi de Chine, le Souverain Chinois Hwang-ti, étant par parenté neveu et oncle, sont convenus d'unir leurs royaumes. Ils ont conclu et ratifié un grand accord. Tous les dieux et les hommes le savent et attestent qu'il ne pourra jamais être changé ; et le récit de cet accord a été gravé sur ce pilier de pierre pour qu'en soient informés les âges et générations à venir.

Le Divin Seigneur Miraculeux Trisong Dretsen et le Roi de Chine Wen Wu Hisiao-te Hwang-ti, neveu et oncle, cherchant dans leur immense sagesse à prévenir toutes causes de préjudice au bien de leur pays maintenant comme à l'avenir, ont étendu leur bienveillance impartialement sur tous. Avec pour seul désir de promouvoir la paix et l'intérêt de leurs sujets, ils sont tombés d'accord sur la haute importance d'assurer un bien durable; et ils ont fait ce grand traité en réponse à leur décision de rétablir l'ancienne amitié et le respect mutuel de jadis, et les vieilles relations de bon voisinage.

Le Tibet et la Chine se maintiendront dans les limites qu'ils occupent aujourd'hui. Tout ce qui est à l'Est est le pays de la Grande Chine; et tout ce qui est à l'Ouest, incontestablement, celui du Grand Tibet. Dorénavant, d'un côté ni de l'autre, il n'y aura ni guerre ni prise de territoire. Si quelque personne fait l'objet de soupçon, elle sera arrêtée; ses affaires seront examinées, après quoi elle sera reconduite sous escorte.

Maintenant que les deux royaumes sont liés par ce grand traité, il est nécessaire que les messagers puissent à nouveau être envoyés par l'ancienne route pour la poursuite des communications et l'échange de messages amicaux touchant les rapports harmonieux entre le neveu et l'oncle.

Entre les deux pays, on ne verra ni fumée ni poussière. Il n'y aura pas de soudaines alarmes, et le mot même d' "ennemi" ne sera pas prononcé.

Les gardiens des frontières eux-mêmes n'auront ni inquiétude ni crainte et pourront travailler et dormir à leur aise. Tout le monde vivra en paix et connaîtra pendant dix mille ans la bénédiction du bonheur. Tous les lieux qu'éclairent le soleil et la lune en seront informés. Cet accord solennel ouvre une grande époque, où les Tibétains seront heureux sur la terre du Tibet, et les Chinois, sur la terre de Chine. Pour qu'il ne puisse jamais être changé, les Trois Précieux Joyaux de la religion, l'Assemblée des Saints, le Soleil et la Lune, les Planètes et les Étoiles ont été invoqués comme témoins. Un serment a été prononcé en termes solennels, avec sacrifices d'animaux, et l'accord a été ratifié.

Si les parties n'agissent pas en conformité avec cet accord, ou qu'elles le violent, que ce soit le Tibet ou la Chine, rien de ce que pourra faire l'autre par représailles ne sera considéré comme une rupture de traité de sa part.

Les Rois et Ministres du Tibet et de la Chine ont prêtés le serment prescrit à cet effet, et l'accord a été écrit en détail. Les deux Rois ont apposé leur sceaux. Les Ministres spécialement chargés de l'exécution de l'accord ont inscrit leurs signatures, et des copies ont été déposées dans les archives royales des deux parties.