Une Campagne de vingt-et-un ans/Chapitre XII

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Librairie de l’Éducation Physique (p. 108-117).


XII

LA RÉSISTANCE DE LA GRÈCE



À part du télégramme par lequel S. M. le roi des Hellènes avait bien voulu, au cours du Congrès de 1894, nous remercier de nos hommages et former des vœux pour le succès des Jeux Olympiques restaurés, la première adhésion officieuse sinon officielle à nos projets nous fut apportée par un billet du lieutenant-colonel Sapountzakis, aide de camp du prince royal, adressé le 3 juillet 1894 à M. Bikelas. « Le duc de Sparte, y était-il dit, a appris avec beaucoup de plaisir que les Jeux Olympiques seront inaugurés à Athènes. Je puis être certain que le roi et le prince héritier accorderont leur patronage à la célébration de ces Jeux ». L’été passa. À la fin de septembre M. Bikelas retourna en Grèce où il était convenu que je le rejoindrais bientôt. Il y avait à Athènes une commission permanente sur laquelle nous comptions pour servir d’embryon à l’organisation future. Elle était chargée d’administrer la fondation Zappas. Les frères Zappas avaient en effet légué jadis à la ville d’Athènes des sommes considérables destinées à l’érection d’un monument, appelé de leur nom le Zappeion, où se tiendraient des expositions et des réunions de tout genre. Ils avaient en outre stipulé que des concours d’exercices physiques auraient lieu périodiquement aux frais de leur fondation. Cette dernière clause était restée en souffrance comme plusieurs autres d’ailleurs, le gouvernement roumain ayant saisi une partie de l’héritage des frères Zappas qui résidaient en Roumanie et refusé de laisser s’exécuter leur testament. Quoiqu’il en soit, la commission du Zappeion existait et, puisqu’elle n’avait pas de besogne, nous comptions lui en donner. Elle se composait de MM. E. Dragoumis, député, ancien ministre, Stefanou, Phocion Negris, Pandia Ralli et Valetta, directeur d’un des grands journaux d’Athènes.

Le 4 octobre, M. Bikelas m’écrivait d’Athènes, arrivé de la veille : « Depuis Brindisi jusqu’ici, tous mes compatriotes que j’ai rencontrés me parlent des Jeux Olympiques avec joie ». Il croyait savoir « que le président du conseil est disposé à faire tout ce qu’il est possible pour la réussite de l’entreprise ». Entre temps, il se proposait de réunir la commission du Zappeion. « Elle sera, ajoutait-il, l’intermédiaire entre nous et le gouvernement ; elle ne Prince royal de Grèce
s.a.r. le prince royal de grèce
duc de sparte
contient que de mes amis et j’espère pouvoir avec eux préparer une organisation à vous soumettre à votre arrivée ». M. Bikelas se faisait de grandes illusions sur les dispositions de M. Tricoupis. Le premier ministre était d’ores et déjà décidé à tout faire pour empêcher les Jeux Olympiques d’avoir lieu et bientôt je crus sentir dans les lettres de M. Bikelas l’écho de ces mauvaises dispositions. Rappelé soudainement à Paris par un deuil cruel, ce dernier ne put assister à la séance de la commission du Zappeion dont il avait demandé la réunion. M. Dragoumis eut donc toute liberté pour faire prévaloir les vues du premier ministre et voici le texte significatif du memorandum qui me fut adressé par ses soins. Ce texte n’a jamais été publié encore :


Athènes, 1er novembre 1894.

« Monsieur le baron,

Je viens vous remercier de la communication que vous avez bien voulu me faire au sujet des Jeux Olympiques internationaux.

Le choix fait d’Athènes pour la première célébration de ces concours ne pouvait manquer de produire en Grèce un mouvement de satisfaction et d’éveiller en même temps des sentiments de reconnaissance. Il n’en est pas moins vrai que l’honneur fait à notre peuple en considération de son illustre passé constitue, pour les descendants des anciens instaurateurs des Jeux, une lourde charge dont je doute qu’ils puissent s’acquitter avec profit pour l’œuvre civilisatrice votée par le Congrès athlétique de Paris. M. Bikelas a pu se rendre compte, lors de son dernier séjour à Athènes, de l’hésitation qui s’est déclarée parmi nous dès que l’idée de la présidence du premier concours a été nettement formulée et pour ainsi dire officiellement notifiée.

Je ne veux pas insister sur un point qui doit particulièrement préoccuper notre gouvernement. Comment pourrait-il songer à se mettre à la tête du mouvement, à lancer des invitations, à prendre n’importe quelle initiative dictée par l’intérêt du succès d’une grande fête internationale au moment où, se trouvant aux prises Prince royal de Grèce
m. d. bikelas
Membre du Comité International Olympique pour la Grèce
avec une forte crise économique, il se voit obligé de faire face à des complications extérieures de la plus haute gravité. Le devoir qui lui incombe de veiller à la dignité du pays, la sollicitude dont il se sent animé en faveur de la noble entreprise dont nous désirons tous la réussite lui commanderont très probablement une extrême réserve.

Il y aurait fausse honte à ne pas vouloir avouer que dans un nouveau pays où il reste encore beaucoup à faire avant d’atteindre la plénitude des conditions essentielles à l’existence d’un peuple civilisé, la notion exacte de ce que vous appelez les « Sports athlétiques » n’existe pas[1]. Et c’est précisément à un pareil pays que, par déférence pour son passé, on veut confier le mandat de présider au premier établissement de ces jeux réglementés sur une base nouvelle et extrêmement compliquée.

La grande fête internationale, annoncée par la France pour l’année 1900, offrirait sans contredit les plus grands avantages si l’on se décidait à y rattacher la première célébration des Jeux Olympiques Internationaux. À Paris, avec les immenses ressources dont dispose cette capitale, à proximité des grands centres de la civilisation, au milieu même de la tradition, aidé du concours de sociétés puissamment organisées, on peut être sûr du succès. Ne serait-il pas prudent de remettre à cette date l’ouverture des luttes pacifiques modernes ? Les nouvelles Olympiades ne pourraient que gagner en éclat tout en prenant un meilleur point de départ : le commencement du siècle.

Je viens de vous donner, Monsieur le baron, une idée sommaire des opinions qui ont prévalu au sein de notre Comité. Il vous sera aisé de comprendre combien fort est notre regret de devoir décliner un honneur gracieusement offert à notre pays et perdre en même temps l’occasion d’associer nos efforts à ceux des hommes d’élite qui président à l’œuvre du rétablissement d’une belle institution antique. Conscients de la faiblesse des moyens dont dispose actuellement le peuple grec, pénétrés de la conviction que la tâche dépasse nos forces, nous n’avons pas eu la liberté du choix.

Veuillez agréer, Monsieur le baron, l’assurance de ma haute considération et de mon dévouement le plus entier.

Étienne Dragoumis. »

Sentant venir cette lettre, j’avais résolu de la devancer. J’eus à peine le temps de conférer avec M. Bikelas à son arrivée. Il ne désespérait pas du reste. Sa vaillante nature répugnait au découragement même dans les circonstances douloureuses qu’il traversait alors. Il puisait dans un patriotisme admirable la force de résister à toutes les épreuves que la vie ne lui avait pas ménagées et qui atteignaient cruellement son âme très sensible et très fine. À l’heure donc où la lettre de M. Dragoumis arrivait à Paris, j’arrivais moi-même à Athènes. J’avais au reste pris mes précautions pour le cas, improbable pourtant où nous n’arriverions pas à vaincre la résistance qui s’esquissait. Budapest devait en 1896 célébrer en grande solennité le millénaire de l’État hongrois. Si les Jeux ne pouvaient se tenir en Grèce, ils se tiendraient en Hongrie. Une lettre de notre collègue hongrois, M. Kemény m’attendait à Athènes, suggérant en ce cas pour la présidence du Comité d’organisation la personnalité du comte Czaky et rendant compte de l’accueil favorable qu’avait reçu la discrète ouverture faite par lui sur ma demande au ministère de l’Instruction publique. Mais ce ne serait là qu’un pis-aller. Avant cela, il fallait tout tenter pour faire céder le gouvernement grec. Je répondis à la lettre de M. Dragoumis dont une copie me fut remise le jour même de mon arrivée que je me permettais « de douter que l’opinion s’associât à la résolution prise par ses collègues et par lui », que je croyais au Prince royal de Grèce
m. alexandre mercati
Secrétaire du Comité d’organisation des Jeux Olympiques de 1896
reste « à un simple malentendu provenant d’une interprétation erronée des intentions du Comité International » et que je lui demandais de vouloir bien réunir au plus tôt la Commission du Zappeion pour en délibérer à nouveau. La Commission ne se réunit pas. Ce fut M. Tricoupis lui-même qui entra en scène. J’avais passé la première journée à déposer des cartes. Le matin du second jour, le premier ministre vint me trouver à l’hôtel de la Grande-Bretagne où je recevais en même temps la visite du chargé d’affaires de France, M. Maurouard. Sa bienvenue fut très cordiale, mais il me dit en substance : « Voyez, examinez, étudiez nos ressources à loisirs ; vous vous convaincrez que c’est impossible ! »

Or j’arrivai en peu de jours à une conviction exactement contraire. Dès le premier contact avec l’Hellade, un double étonnement m’était venu de la trouver d’abord si vivante et ensuite si traditionnelle. D’instinct, j’avais toujours réprouvé les moqueuses critiques d’About et de son école. La résurrection grecque me semblait un assez grand miracle du patriotisme pour imposer le respect. Mais je m’attendais, je dois l’avouer, à trouver des Grecs « albanisés », orientalisés, ayant recouvré le droit de vivre libres, mais perdu à jamais celui d’influencer la civilisation. Mon impression première fut tout autre et depuis elle a sans cesse été se confirmant. Je crois que l’hellénisme a un grand rôle à jouer dans le monde. Libéré, il s’est très rapidement dépouillé de ses scories ; il est redevenu lui-même ; la force matérielle lui reviendra peu à peu et il n’a rien perdu de sa force morale.

De même, je trouvai Athènes bien différente de la bourgade agrandie que me promettaient les récits de voyageurs peu sympathiques ou n’osant pas, en marquant leurs sympathies, combattre des préjugés répandus. La ville de Pallas en son blanc vêtement de marbre était vraiment « taillée en capitale ». Les jeux olympiques y feraient aisément belle figure. Au point de vue technique, elle possédait tout le nécessaire sauf un vélodrome qu’il était depuis longtemps question d’y construire. La rotonde du Zappeion conviendrait à merveille aux concours d’escrime ; le vaste manège du quartier de cavalerie, un stand médiocrement entretenu mais bien situé, la baie de Phalère pour le yachting et l’aviron, celle de Zéa pour la natation ne nécessitaient que des compléments d’aménagement ; les courses à pied et les concours de gymnastique auraient lieu dans le Stade qu’il n’était bien entendu nullement question de rétablir dans son intégralité marmoréenne. Je n’aurais pas même eu l’idée de le conseiller si les fonds s’étaient trouvés à portée ; et ils ne s’y trouvaient pas. La forme du stade en effet constituait techniquement un fâcheux anachronisme auquel il était convenable de recourir par égard pour l’inauguration d’une nouvelle série d’olympiades et pour un sol si vénérable mais qu’on ne devait pas chercher à prolonger. Je me contentais de le rebâtir en imagination, assis sur un talus pittoresque — et de calculer prosaïquement le nombre de drachmes nécessaires pour faire sa toilette et y dresser des tribunes provisoires.

La Société littéraire le Parnasse dont le président était alors M. Politis et le secrétaire général M. Lambros m’ayant demandé une conférence, j’exposai le 16 novembre devant un très nombreux auditoire la question des Jeux Olympiques de 1896 telle qu’elle me semblait se poser devant le public athénien. Bien entendu je me gardai de faire allusion aux disputes qui s’ébauchaient à ce sujet dans le monde politique et que synthétisait assez drôlement une caricature parue dans un journal satirique et représentant M. Delyanni boxant avec M. Tricoupis à propos des Jeux. Il devenait notoire en effet que M. Delyanni sans se compromettre ouvertement se montrait favorable à leur célébration. M. Rhalli l’était plus encore. Il voulait interpeller à la Chambre et je le suppliai de n’en rien faire. Les plus chauds partisans de l’olympiade se trouvaient parmi le petit commerce d’Athènes et parmi les cochers de fiacre. Les boutiquiers qui savaient le français m’interrogeaient avec un intérêt croissant et les cochers descendaient parfois de leurs sièges pour me faire traduire leurs impressions par les personnes qui m’accompagnaient d’habitude. Au premier rang de ceux-ci étaient Sp. Antonopoulo, secrétaire de la Société Panhellénique de Gymnastique,
École alsacienne au Bois de Boulogne
athènes : l’académie
dont le dévouement et le zèle intelligent me furent infiniment précieux et Alexandre Mercati, fils du directeur de la banque Ionienne, resté depuis lors pour moi un ami cher et fidèle. Il y avait encore Georges Melas, fils du maire d’Athènes et Constantin Mano qui joua par la suite un rôle dans les affaires de la Crète.

Peu de jours après la conférence du Parnasse, j’adressai au directeur de l’Asty la lettre suivante. « Monsieur le directeur : Je tiens à vous remercier de l’honneur que vous avez fait à ma conférence en la publiant in extenso dans les colonnes de l’Asty, malgré ses encombrantes dimensions et je profite de cette occasion pour remercier également toute la presse athénienne qui m’a fait un accueil sympathique et encourageant. La question des Jeux Olympiques est désormais tranchée et un accord est intervenu dont je me félicite parce qu’il établit nettement les situations et les responsabilités. M. le Président du conseil ne croit pas pouvoir engager le gouvernement en cette circonstance mais il suivra nos efforts avec bienveillance et il autorise la Commission du Zappeion à nous prêter son concours pour l’organisation des Jeux Olympiques de 1896. Un comité sera prochainement formé qui fera appel au patriotisme de vos compatriotes pour couvrir les frais — peu élevés d’ailleurs, de cette grande solennité. Nous avons chez nous un proverbe qui dit que le mot impossible n’est pas français ; quelqu’un m’a dit ce matin qu’il était grec. Je n’en crois rien. »

J’avais en effet obtenu de M. Tricoupis, après un entretien décisif où je m’étais déclaré prêt à aller de l’avant même sans appui officiel, une promesse de neutralité. Le Zappeion serait mis à notre disposition ; un point, c’était tout. Ce qui m’encourageait à me contenter de ce maigre appui, c’était la sympathie franche et cordiale de S. A. R. le prince royal. Régent du royaume en l’absence de son père alors en Russie pour les funérailles d’Alexandre iii, le prince royal m’avait, en une série d’entretiens, donné l’impression d’un vif désir de voir aboutir le projet. Très pondéré, très sage et en même temps, je le devinais, très enthousiaste, le duc de Sparte semait pour ainsi dire la confiance autour de lui. Il avait accepté la présidence du futur comité tout en ne jugeant pas possible en sa qualité de régent de se rendre à la séance inaugurale. Cette séance se tint au Zappeion le 24 novembre. Elle fut singulière en ce que j’avais dû la provoquer et la convoquer moi-même, la fameuse Commission refusant de se déjuger en paraissant assumer la moindre initiative. Presque tous les conviés vinrent. Un programme général fut adopté. Il comprenait pour les courses à pied et à l’aviron les distances et conditions habituelles. J’avais avant de quitter Paris prié M. Strehly de proposer les épreuves de gymnastique qu’il jugeait utiles ; M. Roussel et M. Todd m’avaient fait parvenir les propositions de l’Union vélocipédique de France et de la National Cyclist’s Union concernant la vélocipédie. La Société d’Encouragement de l’Escrime s’était chargée de préparer le règlement des divers assauts et l’Union des Yachts français, celui du yachting. Quatre vice-présidents furent élus : MM. le colonel Mano le commandant Soutzo Étienne Scouloudis député, ancien ministre et Retzinas, maire du Pirée. M. Paul Skousès fut nommé trésorier ; MM. A. Mercati et Georges Melas, secrétaires. Ayant porté au prince royal qui les agréa les résultats de la séance, je n’avais plus qu’à partir. Je m’en allai vers Patras pour de là visiter Olympie et répondre à l’aimable appel de la Société Panachaïque de gymnastique qui me fêta à grands renforts de discours et de Marseillaises. Puis, je recueillis à Corfou les vœux réconfortants de l’archimandrite, M. Boulgaris et finalement j’arrivai à Naples où, sous les auspices du duc d’Andria, membre du Comité International pour l’Italie, je fis au cercle Philologique que présidait l’éminent député M. Bonghi, une conférence sur les Jeux olympiques passés et futurs.

M. Scouloudis s’était beaucoup fait prier pour accepter l’une des vice-présidences du Comité. Il avait tour à tour donné puis retiré sa démission. C’était un ami intime et un confident de M. Tricoupis. Je tenais à lui pour cette raison et j’eus grand tort : à peine étais-je hors de Grèce qu’il assembla en catimini les trois autres vice-présidents et commença de les chapitrer. On avait parlé d’une loterie en vue de recouvrer les fonds. M. Scouloudis s’empressa d’apporter la nouvelle que le gouvernement refusait de l’autoriser. Mon devis de dépenses montait à deux cent mille drachmes. M. Scouloudis prouva à grand renfort de chiffres qu’il en faudrait le triple. À ces conférences, les secrétaires dont il craignait l’enthousiasme juvénile n’avaient pas été convoqués. Je n’en fus pas moins tenu très au courant de ces manigances. Finalement le 6 décembre, M. Scouloudis appela chez lui le bureau au complet et proposa de se rendre chez le prince royal pour lui présenter un rapport dont les conclusions étaient absentes mais dont le sens était défavorable. On s’en remettrait alors à la décision du prince. Le même jour, il y eut à la Chambre grecque une interpellation au sujet des Jeux. Toute l’opposition donna ; MM. Papamichalopoulo, Eftaxia, Embirico, Zycomala parlèrent en faveur de leur célébration ; M. Tricoupis laissa à ses lieutenants MM. Dragoumis et Scouloudis le soin de répondre en termes vagues et malgré la mise en demeure du chef de l’opposition Delyanni, il n’ouvrit pas la bouche. Les journaux, le lendemain, le lui reprochèrent avec véhémence.

La réponse de son Altesse Royale ne fut pas ce que le premier ministre espérait. M. Scouloudis avait cru l’intimider par sa démarche collective. Mais le prince posément mit le rapport sur son bureau et dit qu’il l’étudierait à loisir. Il laissait ainsi très habilement la question en suspens ; son parti pourtant était déjà pris. Ce n’est un secret pour personne en Grèce que M. Tricoupis en voulut grandement à l’héritier du trône de cet acte d’indépendance et que cette animosité ne fut pas étrangère à sa chute du pouvoir qui advint au début de l’année 1895, dans des circonstances étrangères à l’objet de mon récit.

Le duc de Sparte prit donc en mains la direction même de l’affaire. Il reconstitua le Comité en l’augmentant, en supprimant les vice-présidents, en faisant choix d’un secrétaire-général qui fut un ancien maire d’Athènes. M. Philémon, et en adjoignant deux nouveaux secrétaires, MM. C. Mano et Streit à ceux précédemment désignés. Puis il disposa son état major en commissions dont deux furent présidées par les princes Georges et Nicolas de Grèce ses frères. Dès lors tout le monde fut pour les Jeux… hormis M. Scouloudis qui, m’écrivait M. Bikelas, le 10 janvier, « a demandé la permission de ne pas faire partie du Comité ». M. Bikelas était retourné à Athènes une quinzaine de jours après mon départ. Son entrain, sa charmante bonne humeur, la finesse de sa diplomatie avaient été pour son Altesse Royale d’un secours précieux au moment de la réorganisation du Comité.



  1. Il existait pourtant à Athènes deux sociétés gymnastiques et athlétiques, un cercle d’escrime, une société d’aviron et plusieurs sociétés vélocipédiques.