Utilisateur:Bradype/Brouillon

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En terminant cette œuvre,
je la dédie :

Aux âmes libres, — de toutes les nations, —
qui souffrent, qui luttent,
et qui vaincront.

R. R.

PRÉFACE AU DERNIER VOLUME
DE
JEAN-CHRISTOPHE

J’ai écrit la tragédie d’une génération qui va disparaître. Je n’ai cherché à rien dissimuler de ses vices et de ses vertus, de sa pesante tristesse, de son orgueil chaotique, de ses efforts héroïques et de ses accablements sous l’écrasant fardeau d’une tâche surhumaine : toute une somme du monde, une morale, une esthétique, une foi, une humanité nouvelle à refaire. — Voilà ce que nous fûmes.


Hommes d’aujourd’hui, jeunes hommes, à votre tour ! Faites-vous de nos corps un marchepied, et allez de l’avant. Soyez plus grands et plus heureux que nous.


Moi-même, je dis adieu à mon âme passée ; je la rejette derrière moi, comme une enveloppe vide. La vie est une suite de morts et de résurrections. Mourons, Christophe, pour renaître.

Romain Rolland.

Octobre 1912.