Valvèdre/Dédicace

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Valvèdre (1861)
Michel Lévy frères (p. 1-2).



À MON FILS


Ce récit est parti d’une idée que nous avons savourée en commun, que nous avons, pour ainsi dire, bue à la même source : l’étude de la nature. Tu l’as formulée le premier dans un travail de science qui va paraître. Je la formule à mon tour et à ma manière dans un roman. Cette idée, vieille comme le monde en apparence, est pourtant une conquête assez nouvelle des temps où nous vivons. Pendant de longs siècles, l’homme s’est pris pour le centre et le but de l’univers. Une notion plus juste et plus vaste nous est enseignée aujourd’hui. Plusieurs la professent avec éclat. Adeptes fervents, nous y apporterons aussi notre grain de sable, car elle a besoin de passer dans beaucoup d’esprits pour faire peu à peu à tous le bien qu’elle recèle. Elle peut se résumer en trois mots que ton livre explique et que le mien tentera de prouver : sortir de soi. — Il est doux d’en sortir ensemble, et cela nous est arrivé souvent.


Tamaris, 1er mars 1861.