Vie du pape Pie-IX/La journée de Pie IX

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CHAPITRE XXXV.

Pie IX protecteur des arts et des sciences.


On a souvent reproché à Pie IX de vouloir briser complètement avec la civilisation moderne, même en ce que celle-ci peut avoir de bon. En étudiant un peu la vie du saint Pontife on voit toute la fausseté de cette accusation. Personne n’a plus fait que Pie IX pour encourager le véritable progrès, la véritable science, l’art véritable.

Il fonda le séminaire Pie, destiné à donner à l’Église universelle des prêtres fortifiés par de longues études faites à la source de toute vérité et de toute science. Il établit, à ses propres frais, un nouveau collège anglais, adjoint, pour l’habitation seulement, à l’ancien collége de ce nom, un collége pour l’Amérique septentrionale et un autre pour l’Amérique méridionale. Il fit ériger de nouveaux édifices pour le collége irlandais, agrandit et meubla parfaitement le collége français, augmenta considérablement le collége grec-ruthène et dota l’Université romaine de deux chaires nouvelles, d’un musée anatomique fourni de tout ce qu’exigent les perfectionnements de la science, de cabinets d’histoire naturelle, d’un jardin zoologique et d’un jardin botanique.

Pie IX encouragea aussi les beaux arts et l’architecture. Durant son pontificat il a fait construire le pont d’Arica, dont la beauté classique excite l’admiration de tous les connaisseurs. Il a complété la restauration de la basilique Saint-Paul, sur la route d’Ostie, chef-d’œuvre du temps de Constantin devenu la proie des flammes en 1823 ; il a terminé les travaux commencés sur la voie Appienne qu’on appelle la reine des voies ; il fit agrandir et décorer la chapelle de la crypte de la basilique de Sainte-Marie-Majeure où, suivant une pieuse tradition, ont été déposées les têtes de saint Mathias, apôtre, et de sainte Epafra, ainsi que le corps de saint Jérôme. Pie IX a de plus ordonné la restauration de la basilique de Saint-Laurent, hors des murs, construite par Constantin, et qui renferme les reliques de saint Laurent. Il a fait ériger à ses frais, au milieu du Campo Santo, une grande chapelle dans laquelle on remarque un riche autel expiatoire pour les âmes des trépassés. Après les batailles de Castelfidardo et de Mentana, le Saint-Père ordonna que sur la partie la plus en vue du Campo Santo fût érigé un monument surmonté de statues colossales destinées à perpétuer la mémoire des héros tombés pour la défense du trône de saint Pierre.

Le Vatican rendu à son ancienne splendeur, les peintures, les reliefs, les fresques de ce magnifique palais restaurés par des artistes d’un talent éprouvé, la forteresse d’Ostie rebâtie, le port de cette ville amélioré, la prison Mamertine, que le prince des apôtres a sanctifiée par son emprisonnement, arrachée à la ruine, voilà quelques-uns des nombreux travaux de ce genre qui ont marqué le règne de Pie IX.

Pie IX fonda, sous le titre de « Commission pour l’archéologie sacrée » une réunion de savants, chargés d’approfondir cette belle science dans toutes ses branches, d’en décrire les découvertes les plus importantes et d’étudier le meilleur mode de classement pour les objets retrouvés. Il aida la commission de ses propres deniers, acheta les terrains au-dessus et auprès des catacombes et établit le nouveau musée chrétien de Latran. Il enrichit aussi les musées d’archéologie profane.

Pie IX ne négligeait pas non plus les grands travaux d’utilité publique. Il agrandit l’asile des aliénés de Sainte-Marie de la Piété et ramena les prisons à leur destination primitive de correction autant que de châtiment. Il ouvrit de nouveaux hôpitaux et en améliora d’autres, notamment le fameux hôpital du Saint-Esprit fondé par les Anglo-Saxons au temps du roi Ina.

Enfin, dit un auteur, [1] de quelque côté qu’on jette les yeux, sur les mille et mille travaux de ce pontificat, depuis les restaurations et les embellissements des principales basiliques comme des plus humbles églises, les améliorations des chemins comme les ponts de fer, on a droit d’affirmer que, sous le règne de Pie IX, l’aspect de la capitale du monde s’est renouvelé comme par enchantement.

Et cependant, c’est Pie IX, qui a tant fait pour les arts, pour les sciences et pour la véritable civilisation, qu’on a si souvent représenté comme un rétrograde. Que les journalistes incrédules et les faiseurs de livres impies sont ignorants et méchants !



  1. Francesco Massi.