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Vingt ans après/Chapitre 10

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J.-B. Fellens et L.-P. Dufour (p. 60-65).

CHAPITRE X.

L’ABBÉ D’HERBLAY.


lettrine Au bout du village, Planchet tourna à gauche, comme le lui avait ordonné Aramis, et s’arrêta au-dessous de la fenêtre éclairée. Aramis sauta à terre et frappa trois fois dans ses mains. Aussitôt la fenêtre s’ouvrit, et une échelle de corde descendit.

— Mon cher, dit Aramis, si vous voulez monter, je serai enchanté de vous recevoir. — Ah çà, dit d’Artagnan, c’est comme cela que l’on rentre chez vous ? — Passé neuf heures du soir, il le faut, pardieu, bien ! dit Aramis ; la consigne du couvent est des plus sévères. — Pardon, mon cher ami, dit d’Artagnan ; il me semble que vous avez dit pardieu ! — Vous croyez ? dit Aramis en riant, c’est possible ; vous n’imaginez pas, mon cher, combien, dans ces maudits couvents, on prend de mauvaises habitudes et quelles méchantes façons ont tous ces gens d’église avec lesquels je suis forcé de vivre. Mais vous ne montez pas ? — Passez devant, je vous suis. — Comme disait le feu cardinal au feu roi : « Pour vous montrer le chemin, sire. »

Et Aramis monta lestement à l’échelle, et en un instant il eut atteint la fenêtre. D’Artagnan monta derrière lui, mais plus doucement ; on voyait que ce genre de chemin lui était moins familier qu’à son ami.

— Pardon, dit Aramis en remarquant sa gaucherie, si j’avais su avoir l’avantage de votre visite, j’aurais fait apporter l’échelle du jardinier. Mais pour moi seul celle-ci est suffisante.

— Monsieur, dit Planchet lorsqu’il vit d’Artagnan sur le point d’achever son ascension, cela va bien pour M. Aramis, cela va encore pour vous, cela, à la rigueur, irait aussi pour moi, mais les deux chevaux ne peuvent pas monter à l’échelle.

— Conduisez-les sous le hangar, mon ami, dit Aramis en montrant à Planchet une espèce de fabrique qui s’élevait dans la plaine. Vous y trouverez de la paille et de l’avoine pour eux.

— Mais pour moi ? dit Planchet.

— Vous reviendrez sous cette fenêtre, vous frapperez trois fois dans vos mains, et nous vous ferons passer des vivres. Soyez tranquille, morbleu ! on ne meurt pas de faim ici, allez !

Et Aramis, retirant l’échelle après lui, ferma la fenêtre.

D’Artagnan examinait la chambre.

Jamais il n’avait vu appartement plus guerrier à la fois et plus élégant. À chaque angle étaient des trophées d’armes, offrant à la vue et à la main des épées de toutes sortes, et quatre grands tableaux représentaient dans leurs costumes de bataille le cardinal de Lorraine, le cardinal de Richelieu, le cardinal de Lavalette et l’archevêque de Bordeaux. Il est vrai qu’au surplus rien n’indiquait la demeure d’un abbé ; les tentures étaient de damas, les tapis venaient d’Alençon, et le lit surtout avait plutôt l’air du lit d’une petite maîtresse avec sa garniture de dentelle et son couvre-pied brodé, que de celui d’un homme qui avait fait vœu de gagner le ciel par l’abstinence et la macération.

— Vous regardez mon bouge ? dit Aramis. Ah ! mon cher, excusez-moi ; que voulez-vous ! je suis logé comme un chartreux. Mais que cherchez-vous des yeux ?

— Je cherche qui vous a jeté l’échelle ; je ne vois personne, et cependant l’échelle n’est pas venue toute seule.

— Non, c’est Bazin.

— Ah ! ah ! fit d’Artagnan.

— Mais, continua Aramis, mons Bazin est un garçon bien dressé, qui, voyant que je ne rentrais pas seul, se sera retiré par discrétion. Asseyez-vous, mon cher, et causons.

Et Aramis poussa à d’Artagnan un large fauteuil, dans lequel celui-ci s’allongea en s’accoudant.

— D’abord, vous soupez avec moi, n’est-ce pas ? demanda Aramis.

— Oui, si vous le voulez bien, dit d’Artagnan, et même ce sera avec grand plaisir, je vous l’avoue ; la route m’a donné un appétit du diable.

— Ah ! mon pauvre ami ! dit Aramis, vous trouverez maigre chère, on ne vous attendait pas.

— Est-ce que je suis menacé de l’omelette de Crèvecœur et des théobromes en question ? N’est-ce pas comme cela que vous appeliez autrefois les épinards ?

— Oh ! il faut espérer, dit Aramis, qu’avec l’aide de Dieu et de Bazin nous trouverons quelque chose de mieux dans le garde-manger des dignes pères jésuites… Bazin, mon ami, dit Aramis, Bazin, venez ici.

La porte s’ouvrit et Bazin parut, mais, en apercevant d’Artagnan, il poussa une exclamation qui ressemblait à un cri de désespoir.

— Mon cher Bazin, dit d’Artagnan, je suis bien aise de voir avec quel admirable aplomb vous mentez, même dans une église.

— Monsieur, dit Bazin, j’ai appris des dignes pères jésuites qu’il était permis de mentir lorsqu’on mentait dans une bonne intention.

— C’est bien, c’est bien, Bazin, d’Artagnan meurt de faim et moi aussi ; servez-nous à souper, de votre mieux, et surtout montez-nous du bon vin.

Bazin s’inclina en signe d’obéissance, poussa un gros soupir et sortit.

— Maintenant que nous voilà seuls, mon cher Aramis, dit d’Artagnan en ramenant ses yeux de l’appartement au propriétaire, et en achevant par les habits l’examen commencé par les meubles, dites-moi, d’où diable veniez-vous lorsque vous êtes tombé en croupe derrière Planchet ?

Eh, corbleu ! dit Aramis, vous le voyez bien : du ciel !

— Du ciel ? reprit d’Artagnan en hochant la tête ; vous ne m’avez pas plus l’air d’en revenir que d’y aller.

— Mon cher, dit Aramis avec un air de fatuité que d’Artagnan ne lui avait jamais vu du temps qu’il était mousquetaire, si je ne venais pas du ciel, au moins je sortais du paradis, ce qui se ressemble beaucoup.

— Alors voilà les savants fixés, reprit d’Artagnan. Jusqu’à présent on n’avait pas su s’entendre sur la situation positive du paradis ; les uns l’avaient placé sur le mont Ararat ; les autres, entre le Tigre et l’Euphrate ; il paraît qu’on le cherchait bien loin tandis qu’il était bien près. Le paradis est à Noisy-le-Sec, sur l’emplacement du château de M. l’archevêque de Paris. On en sort non point par la porte, mais par la fenêtre ; on en descend, non par les degrés de marbre d’un péristyle, mais par les branches d’un tilleul ; et l’ange à l’épée flamboyante qui le garde m’a bien l’air d’avoir changé son nom céleste de Gabriel en celui plus terrestre de prince de Marsillac.

Aramis éclata de rire.

— Vous êtes toujours joyeux compagnon, mon cher, dit-il, et votre spirituelle humeur gasconne ne vous a pas quitté. Oui, il y a bien un peu de tout cela dans ce que vous me dites, seulement, n’allez pas croire, au moins, que ce soit de Mme de Longueville que je sois amoureux.

— Peste ! je m’en garderais bien, dit d’Artagnan. Après avoir été si longtemps amoureux de Mme de Chevreuse, vous n’auriez pas été porter votre cœur à sa plus mortelle ennemie.

— Oui, c’est vrai, dit Aramis d’un air détaché ; oui, cette pauvre duchesse, je l’ai fort aimée autrefois, et il faut lui rendre cette justice, qu’elle nous a été fort utile ; mais, que voulez-vous ! il lui a fallu quitter la France ; c’était un si rude jouteur, que ce damné cardinal ! continua Aramis en jetant un coup d’œil sur le portrait de l’ancien ministre ; il avait donné l’ordre de l’arrêter et de la conduire au château de Loches ; il lui eût fait trancher la tête, sur ma foi, comme à Chalais, à Montmorency et à Cinq-Mars ; elle s’est sauvée, déguisée en homme, avec sa femme de chambre, cette pauvre Ketty : il lui est même arrivé, à ce que j’ai entendu dire, une étrange aventure dans je ne sais quel village, avec je ne sais quel curé à qui elle demandait l’hospitalité, et qui, n’ayant qu’une chambre et la prenant pour un cavalier, lui a offert de la partager avec elle. C’est qu’elle portait d’une façon incroyable l’habit d’homme, cette chère Marie. Je ne connais qu’une femme qui le porte aussi bien. Aussi avait-on fait ce couplet sur elle :

Laboissière, dis-moi, etc.

Vous le connaissez ?

— Non pas, chantez-le, mon cher.

Et Aramis reprit du ton le plus cavalier :

Laboissière, dis-moi,
Suis-je pas bien en homme ?
— Vous chevauchez, ma foi,
Mieux que tant que nous sommes.


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D’Artagnan chez Aramis.

ParmiElle est,
Parmi les hallebardes,
Au régiment des gardes,
AComme un cadet.

— Bravo ! dit d’Artagnan ; vous chantez toujours à merveille, mon cher Aramis, et je vois que la messe ne vous a pas gâté la voix.

— Mon cher, dit Aramis, vous comprenez… du temps que j’étais mousquetaire, je montais le moins de gardes que je pouvais ; aujourd’hui que je suis abbé, je dis le moins de messes que je peux. Mais revenons à cette pauvre duchesse.

— Laquelle ? la duchesse de Chevreuse ou la duchesse de Longueville ?

— Mon cher, je vous ai dit qu’il n’y avait rien entre moi et la duchesse de Longueville : des coquetteries peut-être et voilà tout. Non, je parlais de la duchesse de Chevreuse.

— L’avez-vous vue à son retour de Bruxelles, après la mort du roi ?

— Oui, certes, et elle était fort belle encore.

— Oui, dit Aramis. Aussi l’ai-je quelque peu revue à cette époque, je lui avais donné d’excellents conseils dont elle n’a point profité ; je me suis tué de lui dire que le Mazarin était l’amant de la reine ; elle n’a pas voulu me croire, disant qu’elle connaissait Anne d’Autriche, et qu’elle était trop fière pour aimer un pareil faquin. Puis, en attendant, elle s’est jetée dans la cabale du duc de Beaufort, et le faquin a fait arrêter M. le duc de Beaufort et exilé Mme de Chevreuse.

— Vous savez, dit d’Artagnan, qu’elle a obtenu la permission de revenir.

— Oui, et même qu’elle est revenue. Elle va encore faire quelque sottise.

— Oh ! mais, cette fois peut-être, suivra-t-elle vos conseils.

— Oh ! cette fois, dit Aramis, je ne l’ai pas revue ; elle est fort changée.

— Ce n’est pas comme vous, mon cher Aramis, car vous êtes toujours le même ; vous avez toujours vos beaux cheveux noirs, toujours votre taille élégante, toujours vos mains de femme qui sont devenues d’admirables mains de prélat.

— Oui, dit Aramis, c’est vrai, je me soigne beaucoup. Savez-vous, mon cher, que je me fais vieux ? je vais avoir trente-sept ans.

— Écoutez, mon cher, dit d’Artagnan avec un sourire, puisque nous nous retrouvons, convenons d’une chose, c’est de l’âge que nous aurons à l’avenir.

— Comment cela ? dit Aramis.

— Oui, reprit d’Artagnan ; autrefois c’était moi qui étais votre cadet de deux ou trois ans, et, si je ne fais pas d’erreur, j’ai quarante ans bien sonnés.

— Vraiment ! dit Aramis. Alors c’est moi qui me trompe, car vous avez toujours été, mon cher, un admirable mathématicien. J’aurais donc quarante-trois ans, à votre compte ? Diable ! diable ! mon cher, n’allez pas le dire à l’hôtel Rambouillet, cela me ferait tort.

— Soyez tranquille, dit d’Artagnan, je n’y vais pas.

— Ah çà mais ! s’écria Aramis, que fait donc cet animal de Bazin ?… Bazin ! dépêchons-nous donc, monsieur le drôle ! nous enrageons de faim et de soif !

Bazin, qui entrait en ce moment, leva au ciel ses mains chargées chacune d’une bouteille.

— Enfin, dit Aramis, sommes-nous prêts, voyons !

— Oui, monsieur, à l’instant même, dit Bazin ; mais il m’a fallu le temps de monter toutes les…

— Parce que vous vous croyez toujours votre simarre de bedeau sur les épaules, interrompit Aramis, et que vous passez votre temps à lire votre bréviaire. Mais je vous préviens que si, à force de polir toutes les affaires qui sont dans les chapelles, vous désapprenez à fourbir mon épée, j’allume un grand feu de toutes vos images bénites et je vous y fais rôtir.

Bazin, scandalisé, fit un signe de croix avec la bouteille qu’il tenait. Quant à d’Artagnan, plus surpris que jamais du ton et des manières de l’abbé d’Herblay, qui contrastaient si fort avec celles du mousquetaire Aramis, il demeurait les yeux écarquillés en face de son ami.

Bazin couvrit vivement la table d’une nappe damassée, et sur cette nappe rangea tant de choses dorées, parfumées, friandes, que d’Artagnan en demeura tout ébahi.

— Mais vous attendiez donc quelqu’un ? demanda l’officier.

— Heu ! dit Aramis, j’ai toujours un en cas ; puis je savais que vous me cherchiez.

— Par qui ?

— Mais par maître Bazin, qui vous a pris pour le diable, mon cher, et qui est accouru pour me prévenir du danger qui menaçait mon âme si je revoyais aussi mauvaise compagnie qu’un officier de mousquetaires.

— Oh ! Monsieur ! fit Bazin les mains jointes et d’un air suppliant.

— Allons, pas d’hypocrisies ! vous savez que je ne les aime pas. Vous ferez bien mieux d’ouvrir la fenêtre et de descendre un pain, un poulet et une bouteille de vin à votre ami Planchet, qui s’extermine depuis une heure à frapper dans ses mains.

En effet, Planchet, après avoir donné la paille et l’avoine à ses chevaux, était revenu sous la fenêtre et avait répété deux ou trois fois le signal indiqué.

Bazin obéit, attacha au bout d’une corde les trois objets désignés et les descendit à Planchet, qui, n’en demandant pas davantage, se retira aussitôt sous son hangar.

— Maintenant soupons, dit Aramis.

Les deux amis se mirent à table, et Aramis commença à découper poulets, perdreaux et jambons avec une adresse toute gastronomique.

— Peste ! dit d’Artagnan, comme vous vous nourrissez !

— Oui, assez bien : j’ai pour les jours maigres des dispenses de Rome que m’a fait avoir M. le coadjuteur, à cause de ma santé ; puis j’ai pris pour cuisinier l’ex-cuisinier de Lafollone, vous savez ? l’ancien ami du cardinal, ce fameux gourmand qui disait, pour toutes prières, après son dîner : « Mon Dieu, faites-moi la grâce de bien digérer ce que j’ai si bien mangé. »

— Ce qui ne l’a pas empêché de mourir d’indigestion, dit en riant d’Artagnan.

— Que voulez-vous ! reprit Aramis d’un air résigné, on ne peut fuir sa destinée !

— Mais pardon, mon cher, de vous faire la question que je vais vous faire, reprit d’Artagnan.

— Comment donc ! faites, vous savez bien qu’entre nous il ne peut y avoir d’indiscrétion.

— Vous êtes donc devenu riche ?

— Oh ! mon Dieu, non ! je me fais une douzaine de mille livres par an, sans compter un petit bénéfice d’un millier d’écus que m’a fait avoir monsieur le prince.

— Et avec quoi vous faites-vous ces douze mille livres ? dit d’Artagnan : avec vos poèmes ?

— Non, j’ai renoncé à la poésie, excepté pour faire de temps en temps quelque chanson à boire, quelque sonnet galant ou quelque épigramme innocente. Je fais des sermons, mon cher.

— Comment, des sermons ?

— Oh ! mais des sermons prodigieux, voyez-vous ! à ce qu’il paraît, du moins.

— Que vous prêchez ?

— Non, que je vends.

— À qui ?

— À ceux de mes confrères qui visent à être de grands orateurs, donc !

— Ah ! vraiment ? Et vous n’avez pas été tenté de la gloire pour vous-même ?

— Si fait, mon cher, mais la nature l’a emporté. Quand je suis en chaire et que par hasard une jolie femme me regarde, je la regarde ; si elle sourit, je souris aussi. Alors je bats la campagne ; au lieu de parler des tourments de l’enfer, je parle des joies du paradis. Eh ! tenez, la chose m’est arrivée un jour à l’église Saint-Louis, au Marais. Un cavalier m’a ri au nez, je me suis interrompu pour lui dire qu’il était un sot. Le peuple est sorti pour ramasser des pierres ; mais pendant ce temps j’ai si bien retourné l’esprit des assistants, que c’est lui qu’ils ont lapidé. Il est vrai que le lendemain il s’est présenté chez moi, croyant avoir affaire à un abbé comme tous les abbés.

— Et qu’est-il résulté de sa visite ? dit d’Artagnan en se tenant les côtes de rire.

— Il en est résulté que nous avons pris pour le lendemain soir rendez-vous sur la place royale. Eh ! pardieu ! vous en savez quelque chose.

— Serait-ce par hasard contre cet impertinent que je vous aurais servi de second ? demanda d’Artagnan.

— Justement. Vous avez vu comme je l’ai arrangé.

— En est-il mort ?

— Je n’en sais rien, mais en tout cas je lui avais donné l’absolution in articulo mortis. C’est assez de tuer le corps, sans tuer l’âme.

Bazin fit un signe de désespoir qui voulait dire qu’il approuvait peut-être cette morale, mais qu’il désapprouvait fort le ton dont elle était faite.

— Bazin, mon ami, vous ne remarquez pas que je vous vois dans cette glace et qu’une fois pour toutes je vous ai interdit tout signe d’approbation ou d’improbation. Vous allez donc me faire le plaisir de nous servir le vin d’Espagne et de vous retirer chez vous. D’ailleurs, mon ami d’Artagnan a quelque chose de secret à me dire. N’est-ce pas, d’Artagnan ?

D’Artagnan fit signe de la tête que oui, et Bazin se retira après avoir posé le vin d’Espagne sur la table.

Les deux amis, restés seuls, demeurèrent un instant silencieux en face l’un de l’autre. Aramis semblait attendre une douce digestion. D’Artagnan préparait son exorde. Chacun d’eux, lorsque l’autre ne le regardait pas, risquait un coup d’œil en dessous.

Aramis rompit le premier le silence.


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