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Vingt ans après/Chapitre 58

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J.-B. Fellens et L.-P. Dufour (p. 370-375).

CHAPITRE LVIII.

L’ÉCOSSAIS, PARJURE À SA FOI, POUR UN DENIER VENDIT SON ROI.


lettrine Et maintenant, il faut que nos lecteurs laissent voguer tranquillement le Standard, non pas vers Londres, où d’Artagnan et Porthos croient aller, mais vers Durham, où des lettres reçues d’Angleterre pendant son séjour à Boulogne avaient ordonné à Mordaunt de se rendre, et nous suivent au camp royaliste, situé en deçà de la Tyne, auprès de la ville de Newcastle.

C’est là, placées entre deux rivières, sur la frontière d’Écosse, mais sur le sol d’Angleterre, que s’étalent les tentes d’une petite armée. Il est minuit. Des hommes qu’on peut reconnaître, à leurs jambes nues, à leurs jupes courtes, à leurs plaids bariolés et à la plume qui décore leur bonnet, pour des highlanders, veillent nonchalamment. La lune, qui glisse entre deux gros nuages, éclaire à chaque intervalle qu’elle trouve sur sa route les mousquets des sentinelles, et découpe en vigueur les murailles, les toits et les clochers de la ville que Charles Ier vient de rendre aux troupes du parlement, ainsi qu’Oxford et Newart, qui tenaient encore pour lui dans l’espoir d’un accommodement.

À l’une des extrémités de ce camp, près d’une tente immense, pleine d’officiers écossais tenant une espèce de conseil présidé par le vieux comte Lewen, leur chef, un homme vêtu en cavalier dort couché sur le gazon et la main droite étendue sur son épée.

À cinquante pas de là un autre homme, vêtu aussi en cavalier, cause avec une sentinelle écossaise ; et grâce à l’habitude qu’il paraît avoir, quoique étranger, de la langue anglaise, il parvient à comprendre les réponses que son interlocuteur lui fait dans le patois du comté de Perth.

Comme une heure du matin sonnait à la ville de Newcastle, le dormeur s’éveilla, et après avoir fait tous les gestes d’un homme qui ouvre les yeux au sortir d’un profond sommeil, il regarda attentivement autour de lui, et voyant qu’il était seul, se leva, puis faisant un détour alla passer près du cavalier qui causait avec la sentinelle. Celui-ci avait sans doute fini ses interrogations, car après un instant il prit congé de cet homme et suivit sans affectation la même route que le premier cavalier que nous avons vu passer.

À l’ombre d’une tente placée sur le chemin, l’autre l’attendait.

— Eh bien ! mon cher ami, lui dit-il dans le plus pur français qui ait jamais été parlé de Rouen à Tours.

— Eh bien ! mon ami ? il n’y a pas de temps à perdre, et il faut prévenir le roi.

— Que se passe-t-il donc ?

— Ce serait trop long à vous dire. D’ailleurs, vous l’entendrez tout à l’heure. Puis le moindre mot prononcé ici peut tout perdre. Allons trouver milord de Winter.

Et tous deux s’acheminèrent vers l’extrémité opposée du camp, mais comme le camp ne couvrait pas une surface de cinq cents pas carrés, ils furent bientôt arrivés à la tente de celui qu’ils cherchaient.

— Votre maître dort-il, Tomy ? dit en anglais l’un des deux cavaliers à un domestique couché dans un premier compartiment qui servait d’antichambre.

— Non, monsieur le comte, répondit le laquais, je ne crois pas, ou ce serait depuis bien peu de temps, car il a marché pendant plus de deux heures après avoir quitté le roi, et le bruit de ses pas a cessé à peine depuis dix minutes ; d’ailleurs, ajouta le laquais en levant la portière de la tente, vous pouvez voir.

En effet, de Winter était assis devant une ouverture pratiquée comme une fenêtre, qui laissait pénétrer l’air de la nuit, et à travers laquelle il suivait mélancoliquement des yeux la lune, perdue, comme nous l’avons dit tout à l’heure, au milieu de gros nuages noirs.

Les deux amis s’approchèrent de de Winter, qui, la tête appuyée sur sa main, regardait le ciel ; il ne les entendit pas venir et resta dans la même attitude, jusqu’au moment où il sentit qu’on lui posait la main sur l’épaule. Alors il se retourna, reconnut Athos et Aramis, et leur tendit la main.

— Avez-vous remarqué, leur dit-il, comme la lune est couleur de sang ?

— Non, dit Athos, elle m’a semblé comme à l’ordinaire.

— Regardez, chevalier, dit de Winter.

— Je vous avoue, dit Aramis, que je suis comme le comte de la Fère, et que je n’y vois rien de particulier.

— Comte, dit Athos, dans une position aussi précaire que la nôtre, c’est la terre qu’il faut examiner, et non le ciel. Avez-vous étudié nos Écossais et en êtes-vous sûr ?

— Les Écossais ? demanda de Winter ; quels Écossais ?

— Eh ! les nôtres, pardieu ! dit Athos ; ceux auxquels le roi s’est confié, les Écossais du comte de Lewen.

— Non, dit de Winter. Puis il ajouta : Ainsi, dites-moi, vous ne voyez pas comme moi cette teinte rougeâtre qui couvre le ciel ?

— Pas le moins du monde, dirent ensemble Athos et Aramis.

— Dites-moi, continua de Winter toujours préoccupé de la même idée, n’est-ce pas une tradition en France, que, la veille du jour où il fut assassiné, Henri IV, qui jouait aux échecs avec M. de Bassompierre, vit des taches de sang sur l’échiquier ?

— Oui, dit Athos et le maréchal me l’a raconté maintes fois à moi-même.

— C’est cela, murmura de Winter, et le lendemain Henri IV fut tué.

— Mais quel rapport cette vision de Henri IV a-t-elle avec vous, comte ? demanda Aramis.

— Aucune, messieurs, et en vérité je suis fou de vous entretenir de pareilles choses, quand votre entrée à cette heure dans ma tente m’annonce que vous êtes porteurs de quelque nouvelle importante.

— Oui, milord, dit Athos, je voudrais parler au roi.

— Au roi ? mais le roi dort.

— J’ai à lui révéler des choses de conséquence.

— Ces choses ne peuvent-elles être remises à demain ?

— Il faut qu’il les sache à l’instant même, et peut-être est-il déjà trop tard.

— Entrons, messieurs, dit de Winter.

La tente de de Winter était posée à côté de la tente royale ; une espèce de corridor communiquait de l’une à l’autre. Ce corridor était gardé non par une sentinelle, mais par un valet de chambre de confiance de Charles Ier, afin qu’en cas urgent, le roi pût à l’instant même communiquer avec son fidèle serviteur.

— Ces messieurs sont avec moi, dit de Winter.

Le laquais s’inclina et laissa passer.

En effet, sur un lit de camp, vêtu de son pourpoint noir, chaussé de ses bottes longues, la ceinture lâche et son feutre près de lui, le roi Charles, cédant à un besoin irrésistible de sommeil, s’était endormi. Les hommes s’avancèrent, et Athos, qui marchait le premier, considéra un instant en silence cette noble figure si pâle, encadrée de ses longs cheveux noirs que collait à ses tempes la sueur d’un mauvais sommeil et que marbraient de grosses veines bleues, qui semblaient gonflées de larmes sous ses yeux fatigués.

Athos poussa un profond soupir ; ce soupir réveilla le roi, tant il dormait d’un faible sommeil. Il ouvrit les yeux.

— Ah ? dit-il en se soulevant sur son coude, c’est vous, comte de la Fère ?

— Oui, sire, répondit Athos.

— Vous veillez tandis que je dors, et vous venez m’apporter quelque nouvelle.

— Hélas ! Sire, répondit Athos, Votre Majesté a deviné juste.

— Alors, la nouvelle est mauvaise, dit le roi en souriant avec mélancolie.

— Oui, Sire.

— N’importe, le messager est le bienvenu, et vous ne pouvez entrer chez moi sans me faire toujours plaisir, vous dont le dévoûment ne connaît ni patrie ni malheur, vous qui m’êtes envoyé par Henriette ; quelle que soit la nouvelle que vous m’apportez, parlez donc avec assurance.

— Sire, M. Cromwell est arrivé cette nuit à Newcastle.

— Ah ! fit le roi, pour me combattre ?

— Non, Sire, pour vous acheter.

— Que dites-vous ?

— Je dis, Sire, qu’il est dû à l’armée écossaise quatre cent mille livres sterling.

— Pour solde arriérée ; oui, je le sais. Depuis près d’un an mes braves et fidèles Écossais se battent pour l’honneur.

Athos sourit.

— Eh bien ! Sire, quoique l’honneur soit une belle chose, ils se sont lassés de se battre pour lui, et, cette nuit, ils vous ont vendu pour deux cent mille livres, c’est-à-dire pour la moitié de ce qui leur était dû.

— Impossible ! s’écria le roi, les Écossais vendre leur roi pour deux cent mille livres !

— Les Juifs ont bien vendu leur Dieu pour trente deniers.

— Et quel est le Judas qui a fait ce marché infâme ?

— Le comte de Lewen.

— En êtes-vous sûr, monsieur ?

— Je l’ai entendu de mes propres oreilles.

Le roi poussa un soupir profond, comme si son cœur se brisait, et laissa tomber sa tête entre ses mains.

— Oh ! les Écossais ! dit-il, les Écossais ! que j’appelais mes fidèles ; les Écossais ! à qui je m’étais confié, quand je pouvais fuir à Oxford ; les Écossais ! mes compatriotes ; les Écossais ! mes frères ! Mais en êtes-vous bien sûr, monsieur ?

— 


Charles ier.



Couché derrière la tente du comte de Lewen, dont j’avais soulevé la toile, j’ai tout vu, tout entendu.

— Et quand doit se consommer cet odieux marché ?

— Aujourd’hui, dans la matinée. Comme le voit Votre Majesté, il n’y a pas de temps à perdre.

— Pourquoi faire, puisque vous dites que je suis vendu ?

— Pour traverser la Tyne, pour gagner l’Écosse, pour rejoindre lord Montrose, qui ne vous vendra pas, lui.

— Et que ferais-je en Écosse ? une guerre de partisans ? une pareille guerre est indigne d’un roi.

— L’exemple de Robert Bruce est là pour vous absoudre, Sire.

— Non ! non ! il y a trop longtemps que je lutte ; s’ils m’ont vendu, qu’ils me livrent, et que la honte éternelle de leur trahison retombe sur eux.

— Sire, dit Athos, peut-être est-ce ainsi que doit agir un roi, mais ce n’est point ainsi que doit agir un époux et un père. Je suis venu au nom de votre femme et de votre fille, et, au nom de votre femme et de votre fille et des deux autres enfants que vous avez encore à Londres, je vous dis : Vivez, Sire, Dieu le veut !

Le roi se leva, resserra sa ceinture, ceignit son épée, et essuyant d’un mouchoir son front mouillé de sueur :

— Eh bien ! dit-il, que faut-il faire ?

— Sire, avez-vous dans toute l’armée un régiment sur lequel vous puissiez compter ?

— De Winter, dit le roi, croyez-vous à la fidélité du vôtre ?

— Sire, ce ne sont que des hommes, et les hommes sont devenus bien faibles ou bien méchants. Je crois à leur fidélité, mais je n’en réponds pas ; je leur confierais ma vie, mais j’hésite à leur confier celle de Votre Majesté.

— Eh bien ! dit Athos, à défaut de régiment, nous sommes trois hommes dévoués, nous suffirons. Que Votre Majesté monte à cheval, qu’elle se place au milieu de nous, nous traversons la Tyne, nous gagnons l’Écosse et nous sommes sauvés.

— Est-ce votre avis, de Winter ? demanda le roi.

— Oui, Sire.

— Est-ce le vôtre, monsieur d’Herblay ?

— Oui, Sire.

— Qu’il soit donc fait ainsi que vous le voulez. De Winter, donnez les ordres.

De Winter sortit ; pendant ce temps, le roi acheva sa toilette. Les premiers rayons du jour commençaient à filtrer à travers les ouvertures de la tente lorsque de Winter rentra.

— Tout est prêt, Sire, dit-il.

— Et nous ? demanda Athos.

— Grimaud et Blaisois vous tiennent vos chevaux tout sellés.

— En ce cas, dit Athos, ne perdons pas un instant et partons.

— Partons, répondit le roi.

— Sire, dit Aramis, Votre Majesté ne prévient-elle pas ses amis ?

— Mes amis ! dit Charles Ier en secouant tristement la tête, je n’en ai plus d’autres que vous trois. Un ami de vingt ans qui ne m’a jamais oublié ; deux amis de huit jours que je n’oublierai jamais. Venez, messieurs, venez.

Le roi sortit de sa tente et trouva effectivement son cheval prêt. C’était un cheval isabelle qu’il montait depuis trois ans et qu’il affectionnait beaucoup. Le cheval en le voyant hennit de plaisir.

— Ah ! dit le roi, j’étais injuste, et voilà encore, sinon un ami, du moins un être qui m’aime. Toi, tu me seras fidèle, n’est-ce pas, Arthus ?

Et comme s’il eût entendu ces paroles, le cheval approcha ses naseaux fumants du visage du roi, en relevant ses lèvres et en montrant joyeusement ses dents blanches.

— Oui, oui, dit le roi en le flattant de la main ; oui, c’est bien, Arthus, et je suis content de toi.

Et avec cette légèreté qui faisait du roi un des meilleurs cavaliers de l’Europe, Charles se mit en selle, et, se retournant vers Athos, Aramis et de Winter :

— Eh bien ! messieurs, dit-il, je vous attends.

Mais Athos était debout, immobile, les yeux fixés et la main tendue vers une ligne noire qui suivait le rivage de la Tyne et qui s’étendait dans une longueur double de celle du camp.

— Qu’est-ce que cette ligne ? dit Athos, auquel les dernières ténèbres de la nuit, luttant avec les premiers rayons du jour, ne permettaient pas bien de distinguer encore. Qu’est-ce que cette ligne ? je ne l’ai pas vue hier.

— C’est sans doute le brouillard qui s’élève de la rivière, dit le roi.

— Sire, c’est quelque chose de plus compact qu’une vapeur.

— En effet, je vois comme une barrière, dit de Winter.

— C’est l’ennemi qui sort de Newcastle et qui nous enveloppe, s’écria Athos.

— L’ennemi ! dit le roi.

— Oui, l’ennemi. Il est trop tard. Tenez ! tenez ! sous ce rayon de soleil, là, du côté de la ville, voyez-vous reluire les côtes de fer ?

On appelait ainsi les cuirassiers dont Cromwell avait fait ses gardes.

— Ah ! dit le roi, nous allons savoir s’il est vrai que les Écossais me trahissent.

— Qu’allez-vous faire, sire ? s’écria Athos.

— Leur donner l’ordre de charger et passer avec eux sur le ventre de ces misérables rebelles.

Et le roi, piquant son cheval, s’élança vers la tente du comte de Lewen.

— Suivons-le, dit Athos.

— Allons, dit Aramis.

— Est-ce que le roi serait blessé ? dit de Winter. Je vois à terre des taches de sang.

Et il s’élança sur la trace des deux amis. Athos l’arrêta.

— Allez rassembler votre régiment, dit-il, je prévois que nous en aurons besoin tout à l’heure.

De Winter tourna bride, et les deux amis continuèrent leur route. En deux secondes le roi était arrivé à la tente du général en chef de l’armée écossaise. Il sauta à terre et entra. Le général était au milieu des principaux chefs.

— Le roi ! s’écrièrent-ils en se levant et en se regardant avec stupéfaction.

En effet, Charles était debout devant eux, le chapeau sur la tête, les sourcils froncés, et fouettant sa botte avec sa cravache :

— Oui, messieurs, dit-il, le roi en personne ; le roi qui vient vous demander compte de ce qui se passe.

— Qu’y a-t-il donc, Sire ? demanda le comte de Lewen.

— Il y a, monsieur, dit le roi, se laissant emporter par la colère, que le général Cromwell est arrivé cette nuit à Newcastle, que vous le saviez et que je n’en suis pas averti ; il y a que l’ennemi sort de la ville et nous ferme le passage de la Tyne, que vos sentinelles ont dû voir ce mouvement, et que je n’en suis pas averti ; il y a que vous m’avez, par un traité infâme, vendu deux cent mille livres sterling au parlement ; mais que de ce traité au moins j’en suis averti. Voici ce qu’il y a, messieurs, répondez et disculpez-vous, car je vous accuse.

— Sire, balbutia le comte de Lewen, Sire, Votre Majesté aura été trompée par quelque faux rapport.

— J’ai vu de mes yeux l’armée ennemie s’étendre entre moi et l’Écosse, dit Charles, et je puis presque dire : j’ai entendu de mes propres oreilles débattre les clauses du marché.

Les chefs écossais se regardèrent en fronçant le sourcil à leur tour.

— Sire, murmura le comte de Lewen courbé sous le poids de la honte, Sire, nous sommes prêts à vous donner toutes preuves. — Je n’en demande qu’une seule, dit le roi. Mettez l’armée en bataille et marchons à l’ennemi. — Cela ne se peut pas, Sire, dit le comte. — Comment ! cela ne se peut pas ! et qui empêche que cela se puisse ? s’écria Charles Ier. — Votre Majesté sait bien qu’il y a trêve entre nous et l’armée anglaise, répondit le comte. — S’il y a trêve, l’armée anglaise l’a rompue en sortant de la ville contre les conventions qui l’y tenaient enfermée ; or, je vous le dis, il faut passer avec moi à travers cette armée, et rentrer en Écosse, et si vous ne le faites pas, eh bien ! choisissez entre les deux noms qui font les hommes en mépris et en exécration aux autres hommes : ou vous êtes des lâches, ou vous êtes des traîtres !

Les yeux des Écossais flamboyèrent, et, comme cela arrive souvent en pareille occasion, ils passèrent de l’extrême honte à l’extrême impudence, et deux chefs de clan s’avancèrent de chaque côté du roi :

— Eh bien, oui, dirent-ils, nous avons promis de délivrer l’Écosse et l’Angleterre de celui qui depuis vingt-cinq ans boit le sang et l’or de l’Angleterre et de l’Écosse. Nous avons promis, et nous tenons nos promesses. Roi Charles Stuart, vous êtes notre prisonnier.

Et tous deux étendirent en même temps la main pour saisir le roi ; mais avant que le bout de leurs doigts pût toucher sa personne, tous deux étaient tombés, l’un évanoui et l’autre mort.

Athos avait assommé l’un avec le pommeau de son pistolet, et Aramis avait passé son épée au travers du corps de l’autre.

Puis, comme le comte de Lewen et les autres chefs reculaient épouvantés devant ce secours inattendu qui semblait tomber du ciel à celui qu’ils croyaient déjà leur prisonnier, Athos et Aramis entraînèrent le roi hors de la tente parjure, où il s’était si imprudemment aventuré, et sautant sur les chevaux que les laquais tenaient préparés, tous trois reprirent au galop le chemin de la tente royale.

En passant ils aperçurent de Winter qui accourait à la tête de son régiment. Le roi lui fit signe de les accompagner.



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