Visite pastorale de Villeneuve le 27 février 1763

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G 1276

Procez verbal de visite de la
parroisse de Villeneuve[1]

L’an mille sept cents soixante trois et le vingt sept jour du mois de fevrier, Nous M. Pierre Täscher, chanoine du reverendissime et illustrissime chapitre de Coire[2] aux Ligues grises[3], aumonier pour le Roy à l’hôtel de ville de Paris, et M. Charles Gen Olieu, vicaires generaux de Monseigneur l’illustrissime et reverendissime Gabriel Francois de Moreau eveque et seigneur de Vence[4], du Broc[5], L’Olive[6], Bezaudun[7] et autres lieux, abbé commandataire de Saint Sauveur d’Aniane[8], conseiller du Roy en tous les conseils [et]c[9], en vertu de la conmission[10] à nous donnée par notredit seigneur eveque en la date du quinze du present mois, duement signée, contresignée et scellée, pour nous rendre à la parroisse de Villeneuve, constater de l’état d’icelle, les repararations urgentes et nous faire representer par le greffier de Monseigneur l’eveque dans notre cours de visite l’ord[onnan]ce rendue par Mr l’abbé Guillot de Mondesir, aussy vicaire general de notredit seigneur eveque, lors de sa visite dans cette parroisse en date du huit decembre mille sept cents soixante, scavoir si on a satisfait a icelle et surtout en dresser procez verbal, pour, iceluy presenté à notre dit seigneur eveque, etre par luy ordonné ce qu’il apartiendra, laquelle conmission a eté duement annoncée dans lad. parroisse de Villeneuve et publiee au prone le vingt du courant en vertu du mandement de notredit seigneur eveque en date du dix sept du meme mois de fevrier. Sommes partis de la ville de Vence vers les huit heures du matin avec me Jean Mars, notaire royal, apostolique dud. Vence et greffier de notredit seigneur eveque, suivi de nos domestiques, sommes arrivéz en ce lieu de Villeneuve vers les neuf heures et demi, et hors le village avons trouvé mre Audifret prieur curé de cette parroisse avec mrs les consuls, et principaux du lieu qui etoient venus au devant de nous ; et avons eté conduits dans la maison curialle où nous y avons eté complimentés par led. sieur prieur, et consuls sur notre arrivée, auxquels avons repondû, et nous etant reposés quelques moments et causé avec led. sr prieur et consuls sur les affaires de la parroisse et leur ayant fait part de notre commission, avons eté à l’église parroissialle où nous avons eté conduits par led. sieur vicaire et trouvé à la porte d’icelle lesd. srs consuls et principaux qui avoient eté nous y attendre, avons entré dans lad. eglise et pris de l’eau benite par le goupillon que led. sr vicaire nous à presenté, avons fait notre priere au m[aîtr]e autel sur un prie Dieu qui nous y avoit eté préparé couvert d’un tapis, ensuite nous M. Tascher avons celebré la messe, et donné la benediction du Saint Sacrement au peuple, après laquelle nousdits vicaires generaux avons procedé à la visite du tabernacle dans lequel y avons trouvé un ciboire renfermant les saintes hosties en bon etat, la doublure dud. tabernacle a besoin d’etre refaite en entier ; avons trouvé l’hotel[11] qui etoit suffisemnent paré en bon etat, après quoy avons visité l’ostensoir et un calice dont la coupe argent doré avec la patene en bon etat, ensuite avons fait lire en presence dud. s. vicaire et des consuls et de tout le peuple l’ordonnance qui avoit eté rendue par mr l’abbé Guillot lors de sa visite dans cette parroisse le huit decembre mille sept cents soixante et en leur presence avons verifié article par article et trouvé qu’au cimetière on n’a encore mis de croix ny de serrure à la porte, qu’il y à beaucoup d’herbasse, led. vicaire et les consuls nous ont dit que cette herbe etoit venue depuis l’ordonnance de mr Guillot et que celle qui y etoit alors avoit eté arrachée en execution de lad. ord[onnan]ce.

Qu’aux font baptismaux n’y à point de serrure, qu’au dessus du bois il y faut quelques clous pointus pour empecher qu’on ne puisse y monter dessus ny si[12] asseoir ; avons trouvé dans lesd. fonts baptismaux les cremieres d’etain en bon etat de meme que la cuve.

Que les fenetres de l’eglise sont dans le plus mauvais etat ; que la plus grande partie des murs interieurs de l’eglise sont decrepies[13], que nous n’avons trouvé que quelques carreaux du pavé de la nef à[14] reparer, ayant remarqué que le sanctuaire l’avoit eté à neuf ; qu’à la porte principalle de l’eglise il n’y à qu’un mauvais verrouil[15], qu’à la porte collateralle de lad. eglise on n’a fait ny serrure ny verrouil pour la fermer.

Avons visité le clocher et trouvé qu’il menace une ruine evidente et que depuis l’ord[onnan]ce rendue par mr Guillot il n’y à eté fait aucune sorte de reparation, et endommage meme la portiere du mur de l’eglise qui en est mitoyenne ainsy que la voute.

Ensuite avons visité les degrés des portes et trouvé en mauvais etat et n’avoir pas eté reparés en execution de lad. ord[onnan]ce, à l’egard du toit de l’eglise le sr vicaire nous à declaré avoir fait faire la recherche sur la partie concernant le sanctuaire de l’eglise et les srs consuls nous ont declaré que la comm[unau]té n’a pas fait rechercher la partie restante, qu’en ce chef l’ord[onnan]ce de mr Guillot n’est pas executée.

Visité la chaire à preche et les confessionaux et trouvé qu’ils n’ont pas eté raccomnodez[16] comme est porté par lad. ord[onnan]ce.

Les srs consuls nous ont representé que le confessional qui est placé au devant de lad. chaire, masque le banc de la communauté ; en sorte qu’ils ne peuvent pas voir le pretre à l’autel ; à quoy led. sr vicaire à répliqué qu’il ne trouvoit pas d’endroit dans l’eglise qui fut plus en seureté attendu la ruine du clocher ; lesd. consuls ont encore dit que ce n’est que depuis quelques mois que led. confessional est placé ou il est à present.

Ensuite nous avons visité la chapelle de Saint Marc dont nous avons trouvé les murs non recrepis, l’autel[17] indecemment tenû, et sans carton, avons trouvé dans le tabernacle de cet autel[18] qui ne ferme pas, un reliquaire d’argent renfermant une clef, led. reliquaire etant sans autentique[19], ayant fait appeller Antoine Layet et Boniface Layet, recteurs de lad. chapelle, nous ont dit que dez demain, ils alloient faire proceder à la reparation du tabernacle, de l’autel et des murs de lad. chapelle, sur les plaintes que nous leur avons faite de l’inexecution de l’ord[onnan]ce de mr Guillot.

Ayant visité l’autel de Saint Joseph auquel on n’a fait aucun changement depuis l’ord[onna]ce de mr l’abbé Guillot et que nous avons neantmoins trouvé paré malgré l’interdit porté par lad. ordonnance, nous en avons fait reproche à Jean Honnoré Louïs Giraud qui nous a dit etre de la famille des fondateurs de lad. chapelle, et être prêt à le réparer incessamment ; avons fait deparer led. autel où il y avoit trois napes, un devant d’autel, trois cartons, deux chandeliers et une croix de bois dont le tout a eté retiré par Louïs Giraud qui a promis de le presenter toutes les fois que besoin sera. Et ne le plus paré qu’apréz qu’il aura eté reparé et levé de l’interdit ; avons trouvé le calice de lad. chapelle et autres ornements enoncéz au procés verbal de mr l’abbé Guillot, entre les mains de mr le prieur et en bon etat.

Avons visité la chapelle de Notre Dame du Rosaire et trouvé en bon état et paré avec sa pierre sacrée, et ayant dit au sr vicaire que nous etions surpris que cet autel fut paré à cause de l’interdit, nous à repondu que l’interdit avoit eté levé par mr Guillot depuis qu’on avoit mis la pierre sacrée ; nous n’avons pas trouvé à l’autel de lad. chapelle des cartons convenables, le recteur nous à promis sur les reproches que nous luy avons fait d’en acheter dans huitaine, ayant interdit ceux qu’il y a.

Ayant demandé aux srs consuls si le vicaire se servoit les jours des grandes fetes de la croix donnée par mr Preise ont répondu qu’il s’en servoit, et ont demandé que led. sr vicaire s’en servit encore le troisieme dimanche du mois et le jour de St Marc.

Ensuite avons procedé à la visite des murs exterieurs de l’eglise parroissialle et avons trouvé qu’en partie ont besoin d’etre recrepis par le pied, et que la partie du mur voisine au clocher est endommagée à cause du mauvais etat dud. clocher, le sr vicaire nous à dit que la cloche qui se trouve placée actuellement dans une fenetre de l’eglise à cause de l’interdit du clocher n’est point entendue par les habitants et pas meme par led. sr prieur ; nous avons observé que cette cloche est tout à fait mal placée. Cette cloche n’est pas meme entendue du chateau du seigneur.

Et attendu l’heure de une[20] après midy, nous avons eté diner chéz mr le prieur qui nous en à prié et renvoyé la continuation de notre visite à deux heures.

Et lad. heure obvenue, nousdits vicaires generaux ayant fait appeller les srs consuls, recteurs et marguilliers des chapelles de cette parroisse pour nous rendre compte de chacun endroit soye[21] de leur administration concernant les chapelles, fabriques et hopital, se seroit presenté Jean Baptiste Aubier recteur de la confrerie du Saint Sacrement de cette parroisse et luy ayant demandé son compte, nous à répondu qu’il ne l’avoit pas tout à fait pret pour nous le presenter en forme ; luy a eté presenté un rolle du sr Savornin mre apoticaire de Vence par lequel il paroit que la confrerie de Corpus Domini luy doit trente trois livres quatorze sols trois deniers pour reste de plus grande somme provenant de fournitures que led. sr Savornin à fait pour lad. confrerie, sur quoy led. Aubier à reconnu que le compte dud. sr Savornin est veritable[22], et promet de luy payer à compte environ dix huit livres qu’il à en main de lad. confrerie ; à compte des fournitures faites en l’année mille sept cents soixante, temps auquel led. Aubier etoit recteur ; led. Savornin à encore presenté deux autres rolles par lesquels il paroit que la confrerie de St Marc luy doit cinq livres treize sols d’un cotté et vingt deux livres dix sols de l’autre lesquels rolles sont joints au present procez verbal ; sur le rolle dud. Savornin concernant la confrerie de Corpus Domini, led. Aubier à declaré qu’il ne le reconnoit qu’aux chefs concernant son administration de lad. confrerie et que pour le surplus n’y prend aucune part comme n’ayant pas eté recteur. Et nous etant fait representer par Jean Honnoré Giraud trezorier de la confrerie de Saint Marc trezorier de la confrerie dud. Saint Marc[23] en l’année mille sept cents cinquante deux son compte de lad. année, avons trouvé que led. Giraud avoit rendu son compte de lad. année à mr l’abbé Guillot lors de la visite en cette parroisse qu’il l’avoit duement arreté et signé au bas.

Ensuite avons demandé au sr vicaire si les recteurs des confreries de cette parroisse et de l’hopital de ce lieu avoient rendu leur compte conformement à l’ord[onnan]ce de mr l’abbé Guillot et apréz que les srs consuls et principaux du lieu toujours à notre suite nous ont dit avoir fait avertir tous les recteurs des confreries ; et meme par la cloche ; de se rendre aupréz de nous pour y representer leurs comptes, s’est presenté Jean Blancard recteur de la confrerie de Notre Dame du Rosaire qui nous a presenté un compte de lad. confrerie[24] de l’année mille sept cents soixante jusques en mille sept cents soixante deux ; lequel avons verifié et signé au bas, nous ayant led. Blancard declaré qu’il ne prend nulle part aux recteurs à lui antecedents et qui n’ont point rendu de compte ; et en outre comme consul demande que monseigneur l’eveque ordonne que lesd. recteurs antecedents rendent leur compte, par le compte dud. Blancard il paroit qu’il est debiteur de douze livres dix huit sols envers la confrerie du Rozaire de laquelle somme il promet d’en acheter des cartons pour l’autel, de faire faire un banc et une croix pour lad. chapelle, et à l’egard du recteur de la confrerie de St Marc de l’année derniere qui est Antoine Layet nous a presenté un compte qui n’etoit pas en forme, les recteurs de l’hopital et des conferies qui doivent rendre leurs comptes n’ont point comparû excepté ceux cy devant denomés[25] ; avons au surplus paraphé le[26] registres de la parroisse des mariages sepultures et baptemes ; ayant interpellé le sr vicaire de declarer s’il avoit quelque autre à nous dire dans notre visite et sur l’etat de la parroisse nous à repondu qu’il n’avoit rien autre[27] à nous representer, et avons egallement interpellé les srs consuls et principaux du lieu de nous declarer de nous declarer[28] s’ils avoient d’autres representations à nous faire, nous ont repondu qu’ils n’en avoient plus, de tout quoy nous en avons dressé notre present procez verbal et nous sommes retiréz aud. Vence et avons eté accompagnés par led. sr vicaire, consuls et principaux du lieu jusques hors le village, fait et achevé aud. Villeneuve la visite ce jourd’huy vingt sept fevrier mille sept cents soixante trois. Täscher vic[aire] gen[énéral], Olieu vic[aire] gen[énéral], Audiffret p[rieu]r curé, Bellissime maire sans prejudice de tout se qui peutrete preziable[29] aus droit[30] de la commu[nau]té, Giraud, Giraud, Gallou, Mars greffier


  1. Villeneuve-Loubet, département des Alpes-Maritimes, chef-lieu de canton. NdÉ.
  2. Coire, Suisse, région de Plessur, chef-lieu du canton des Grisons. NdÉ.
  3. Les Ligues grises (ou grisonnes ou rhétiques), aussi dites Trois Ligues, sont une alliance de territoires correspondant à l’actuel canton des Grisons. NdÉ.
  4. Vence, département des Alpes-Maritimes, chef-lieu de canton. NdÉ.
  5. Le Broc, département des Alpes-Maritimes, canton de Nice-3. NdÉ.
  6. L’Olive, fief situé sur la susdite commune du Broc. NdÉ.
  7. Bézaudun-les-Alpes, département des Alpes-Maritimes, canton de Vence. NdÉ.
  8. Aniane, département de l’Hérault, canton de Gignac. NdÉ.
  9. Abréviation des autres titres de Gabriel François de Moreau. NdÉ.
  10. Sic, pour « commission ». NdÉ.
  11. Sic, pour « autel ». NdÉ.
  12. Sic, pour « s’y ». NdÉ.
  13. À la suite, une répétition ( « la plus grande partie » ) a été raturée. NdÉ.
  14. Le mot « à » a été corrigé sur « que ». NdÉ.
  15. Sic, pour « verrou ». NdÉ.
  16. Sic, pour « raccommodez ». NdÉ.
  17. Le mot « autel » est corrigé sur « hotel ». NdÉ.
  18. Le mot « autel » est corrigé sur « hotel ». NdÉ.
  19. Un authentique est un acte officiel par lequel une autorité ecclésiastique authentifie une relique et en garantie l’authenticité. Le terme peut aussi désigner, à défaut, une simple indication écrite, dépourvue de la caution d’une autorité. NdÉ.
  20. Le mot « une » a été corrigé. À la suite, le mot « heure » a été raturé. NdÉ.
  21. Sic, pour « soi ». L’expression « chacun endroit soi » signifie « chacun pour ce qui le regarde ». NdÉ.
  22. Après le mot « veritable » figure un signe de renvoi ( « + » ), repris plus bas dans la page avant les mots « qu’aux chefs ». Il est incohérent et incompréhensible. En effet, pour faire sens, le texte doit être lu tel qu’il est copié au fil de la page, sans tenir compte de ce système. NdÉ.
  23. Sic, répétition. NdÉ.
  24. À la suite, une répétition ( « de la dite confrerie » ) a été raturée. NdÉ.
  25. Le mot « denomés » a été corrigé. NdÉ.
  26. Sic, pour « les ». NdÉ.
  27. Sic, pour « rien d’autre ». NdÉ.
  28. Sic, répétition. NdÉ.
  29. Sic, pour « ce qui peut être préjudiciable ». NdÉ.
  30. Sic, pour « droits ». NdÉ.