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Voluptés bizarres/VIII

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Georges de Lesbos
( ?)
S. N. (p. 105-117).

Voluptes bizarres frise ch2-3-5-8



CHAPITRE VIII.


DERNIÈRES DÉBAUCHES.


Un an se passa, sans amener de changement appréciable dans l’existence tourmentée de la trop célèbre courtisane…

Nous croyons qu’il est superflu de raconter les aventures banales d’Hélène…

C’était toujours un peu la même chose…

Les aventures purent être différentes, mais le résultat fut toujours ce qu’il devait être inévitablement.

Nous en arriverons donc immédiatement à la partie presque capitale de cette très véridique histoire, certain que le lecteur nous saura gré de passer sous silence tout ce qui peut être empreint de quelque banalité…

Hélène s’éprit donc d’un jeune poète chevelu, un soir que les hazards de ses courses vagabondes l’avaient menée „Au Matou Noir,” que tous les Parisiens connaissent…

Marius avait vingt-cinq ans ; c’est dire assez, qu’il devait posséder ces belles et juvéniles ardeurs de la jeunesse… Il était pâle, de cette pâleur particulière aux gens qui ne passent pas très précisément leurs nuits dans les bras de Morphée, et ses grands yeux noirs, estompés par les fatigues d’un travail incessant, avaient des reflets étranges, avec quelque chose, dans les profondeurs de leurs mobiles prunelles, de doux et de mélancolique.

Marius était un incompris, et les refus, jadis peu polis, des éditeurs auxquels il n’avait pas craint de soumettre ses œuvres l’avaient progressivement amené à un dégoût violent pour tout ce qui l’entourait.

Les femmes lui semblaient bêtes à l’excès, infâmes, répugnantes.

Il s’engageait dans cette voie sombre, qui a le spleen pour résultat.

Et voilà qu’Hélène avait mis dans sa vie comme un rayon de soleil…

Maintenant, la vie paraissait plus belle, le ciel plus bleu ; Marius était sous le charme, sous ce charme puissant, où Hélène tenait tous les hommes qui l’approchaient.

Aimer cette femme !…

La désirer avec tant d’ardeur et ne pouvoir l’approcher…

Pourquoi Marius n’était-il pas riche ?

Il se serait plu à couvrir de bijoux précieux chacune des parties de ce corps magnifique !…

Mais quels pouvaient être ses espoirs, à lui, pauvre diable de poëte, plus riche d’idées que d’écus ?…

Et les nuits de Marius s’écoulaient, lentes, pénibles, dans une insomnie abrutissante, avec, toujours devant les yeux, l’image chérie, qu’une jalousie bizarre lui montrait tendrement accolée à d’imaginaires rivaux !…

Deux mois s’écoulèrent ainsi dans un halètement affreux, dans une fièvre folle !…

Marius ne travaillait plus…

Maintenant, la nuit, sous la chaleur intense, envoyée sur son crâne par la lampe de travail, il restait là des heures entières, bouche bée, le regard perdu dans le vague, incapable de rien, d’aligner deux vers, leur musique eut elle été destinée à charmer l’idole…

Mais un soir, le poëte n’y tint plus…

C’était trop de souffrances…

La mort était préférable aux tourments inouïs qu’il endurait…

Il la voulait, il fallait qu’il la vît…

Il lui peindrait son amour avec tant de force, tant de vérité, qu’elle ne pourrait demeurer insensible à de semblables accents…

Et il se rendit „Au Matou Noir.

Hélène vint, un peu grise…

On ne court pas les cabarets de nuit, sans laisser au fond des verres un peu de sa raison.

Marius fut magnifique, ce soir-là…

Il eut des inspirations géniales…

Ses bons amis même, daignèrent le féliciter…

Et, au milieu d’un concert de louanges, et des applaudissements féminins, le poëte se laissa choir près d’Hélène, disant, en s’épongeant le front, moite de sueur, et pour dérober la furtive rougeur qui envahit ses joues :

— Vous seule n’applaudissez pas, Madame…

Elle le regarda, souriante…

Le poëte eut la sensation d’une chaleur très douce, dans laquelle son cœur aurait baigné…

Écoutez, fit-il, d’une voix brève, je vous adore comme vous ne pouvez vous l’imaginer. Laissez-moi vous reconduire, ce soir, vous avez besoin dans l’existence d’un être qui vous soit absolument dévoué, prenez la mienne…

On sentait qu’il ne mentait pas…

Hélène le comprit bien.

Aussi répondit-elle, après quelques courts instants de réflexion :

— Ma voiture est là, venez…

Ils partirent.

Arrivés à l’hôtel de la rue de B**, Hélène fit entrer le poëte dans un magnifique boudoir, où elle le laissa, disparaissant dans le cabinet de toilette, d’où elle sortait, quelques minutes après, vêtue d’un long peignoir de gaze verte, dont la transparence idéale laissait admirer les splendeurs inestimables du corps entièrement nu de la jeune femme.

Marius poussa un cri, cri de folie, et se précipita aux genoux de la courtisane, dont il se mit à baiser les pieds avec passion…

Mais elle le releva, et le fit asseoir sur le sopha, tout près d’elle…

Sur un guéridon, le Champagne pétillait dans les coupes…

Nonchalamment, et avec un geste délicieux, la courtisane saisit une coupe, et la porta à ses lèvres, invitant le poëte à l’imiter…

— Marius, fit-elle alors, je ne t’aime pas, je ne t’aimerai jamais…

— Hélène !…

— Quelles richesses déposeras-tu donc à mes pieds, en échange de ces jouissances que tu sollicites ?

— Des richesses !… fit le poëte, qui retombait ainsi brutalement dans la plus décevante des réalités… Tu le sais, je n’en possède point. Mais je t’aime et te désire assez, pour te donner ma vie. Dis-moi que tu seras heureuse de partager ta couche avec le pauvre Marius ; dis-moi que tu voudras bien laisser mes mains s’égarer sur les marmoréennes rondeurs de tes seins, dis-moi que tu ne me repousseras point, quand mes lèvres se promèneront sur ton ventre rutilant, sur tes cuisses, sur tes fesses, idéalement blanches ; dis-moi, que, lorsque mon membre pénétrera au plus profond de ton être, tu ne me cèleras pas ta jouissance et ne retiendras pas ton foutre ; oh ! dis-moi tout cela, mon amour, ma folie, et je veux que cette nuit de délices soit la dernière pour moi, et je veux ne plus voir l’aurore aux longs doigts de rose !… Ma vie, en échange de cette nuit de délices.

J’ai du poison sur moi, le voici ; prends-le et verse-le toi-même… Son effet ne se produira guère qu’au matin, et, ne voulant pas te compromettre, j’irai mourir ailleurs…

— Donne, fit Hélène en se saisissant du flacon. Elle le prit et se leva…

— Où vas-tu ? dit-il.

— Je vais donner des ordres et je reviens…

— Tu acceptes donc ?

— J’accepte… La proposition est trop belle pour que je puisse refuser… Tu m’aimes assez, je le vois, et puisque je suis convaincue de cet amour, je serais une misérable, si je refusais à celui qui me sacrifie sa vie, les jouissances qu’il réclame de moi.

Elle sortit, puis entra de nouveau…

Elle le prit par la main et le conduisit dans la chambre à coucher…

Marius se dévêtit complètement et enlaça la courtisane…

— Bois, fit-elle, en lui présentant une coupe où elle avait versé tout autre chose que du poison

Il but, sans hésitation, avec ivresse, cette affreuse boisson, qui lui sembla quelque nectar…

Son dard redressait orgueilleusement la tête !… Il prit la courtisane par dessous les fesses, et, avec une capacité dont on ne l’aurait pas cru capable, il l’enleva jusqu’à hauteur de son dard, tandis qu’elle lui entourait les reins de ses deux jambes enlacées…

Le membre pénétra tout entier dans la grotte de volupté, et quand les deux nouveaux amants sentirent le foutre gonfler leurs sexes, ils s’arrêtèrent…

Alors, Hélène, le ventre et les seins sur la chaise longue, les fesses en l’air, écarta ces dernières de ses deux mains, dévoilant le tour dépourvu de tout poils…

Marius y enfonça sa pine brûlante, passant ses deux mains sous le ventre de la jeune femme, dont il se mit à chatouiller le bouton.

Il allait doucement, se pénétrant de cette volupté inouïe !…

Mais, tout d’un coup, les rideaux de l’alcôve furent soulevés, et M. Vimol apparut, complètement nu, sa longue verge bien redressée, suivi de Suzanne, également nue, et qui, très excitée par le voluptueux tableau qu’il lui avait été donné d’admirer, se pelotait les fesses, en roulant des hanches.

On s’expliqua…

M. Vimol n’était pas jaloux. Oh ! Non ! Il comprenait parfaitement qu’Hélène devait avoir besoin de ces jouissances, qu’il n’était pas souvent en mesure de lui procurer, hélas !…

Puis, il se répandit en amers reproches…

— Eh quoi ! elle n’avait pas craint de céder aux prières de ce jeune homme, et l’avait froidement empoisonné ?…

Hélène avoua alors la supercherie à laquelle elle avait eu recours. Loin d’être un breuvage de mort, la boisson qu’elle avait fait prendre à Marius, devait, au contraire, l’exciter aux voluptueux travaux…

M. Vimol était radieux !

Un si joli jeune homme !… Et bâti !… Des fesses de femme !… Et un joli petit dard !…

Le vieillard palpait les jumelles rondeurs du poëte, frottant son membre redressé contre leurs chairs roses…

Il faillait passer une soirée délicieuse…

Tous les quatre bandaient effroyablement.

L’orgie devint complète…

Le vieillard eut une idée…

S’attachant, au bas de ses vieilles fesses, un godmiché de belle taille, il annonça qu’on allait faire la chaîne anglaise…

Marius se plaça derrière Hélène, dont le cul, grand ouvert, sollicitait avec succès son beau dard amoureux.

M. Vimol enfonça sa verge dans le derrière du poëte, tandis que le godmiché qui ornait la partie postérieure de son individu, pénétrait dans le temple arrière de Suzanne qui se branlait

Et le foutre coula bientôt avec abondance.

Le reste de la nuit s’écoula dans de nouvelles et excessives jouissances…

Hélène avait maintenant trente-cinq ans…

Elle avait bu à la coupe de toutes les voluptés et n’avait plus rien à désirer.

Un jour d’hiver, elle se rencontra à l’Opéra avec son malheureux mari. En revoyant sa femme, celui-ci sentit renaître en lui son ancienne passion.

Il pardonna à Hélène, s’enfuit avec elle en province, et l’ancienne courtisane, actuellement âgée de quarante-huit ans, se fait encore enculer dans les prés, jupes troussées, fesses au vent, par son mari, le plus heureux des hommes.


frise de fin de chapitre