Contes et fables/Les Punaises
Il se laissa tomber par terre et feignit d’être mort.
L’ours s’approcha et flaira l’homme; mais comme celui-ci retenait son souffle, l’animal le crut mort et s’éloigna.
Quand l’ours fut loin, l’autre descendit de l’arbre et demanda en riant à son camarade :
— Qu’est-ce donc que l’ours te disait à l’oreille ?
— Il me disait que celui qui abandonne son ami dans le péril est un lâche !
[modifier] LES PUNAISES
CONTE
Je m’arrêtai, une nuit, dans une auberge pour m’y reposer. Avant de me coucher, je pris la bougie, et en examinant les coins du lit et des murs, je vis partout des punaises; je réfléchis alors au moyen de m’installer pour éviter ces vilains insectes.
J’avais un lit pliant, mais je savais que si je le plaçais au milieu de la chambre, les punaises descendraient le long des murs, et, par les pieds du lit, monteraient jusqu’à moi. Je priai donc l’aubergiste de me donner quatre coupes en bois; je mis de l’eau dans les coupes, et dans chacune d’elles je plaçai un pied du lit. Je me couchai, je mis la bougie par terre, et j’observai ce que faisaient les punaises.
Les insectes, me sentant, arrivaient en foule; je les vis courir sur le parquet, grimper au bord de la coupe; les unes tombaient dans l’eau, et les autres s’en retournaient.