L’Origine des espèces

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L’Origine des espèces
Édition de 1906 (Schleicher Frères, Editeurs)
Traduit par Edmond Barbier en 1876


CHARLES DARWIN


L’Origine des Espèces



Variation des espèces à l’état domestique. — Variation à l’état de nature. — La lutte pour l’existence est très acharnée entre les individus et les variétés de la même espèce. — La sélection naturelle ou la persistance du plus apte. — Sélection sexuelle. — Loi de la variation. — Hypothèse de la descendance. — Objections à la théorie de la sélection naturelle. — Instinct. — Conclusions.





Schleicher Frères
AVIS DU TRADUCTEUR

Il ne nous appartient pas de faire une préface à l’Origine des espèces. Tout a été dit sur ce livre célèbre, qui, plus qu’aucun autre peut-être de tous ceux publiés à notre époque, a soulevé d’ardentes discussions.

Plusieurs éditions en ont déjà paru en France. Aucune n’est complète, car l’auteur, dans chaque nouvelle édition anglaise, a apporté d’importants modifications à son ouvrage.

La nouvelle traduction que nous soumettons aujourd’hui au public a été faite sur la sixième édition anglaise. C’est l’édition définitive, nous écrit M. Darwin.

Nous ne prétendons pas avoir traduit l’ouvrage de l’illustre naturaliste anglais mieux que n’ont fait nos devanciers. C’est la précision que nous avons cherchée, plus que l’élégance du style. Il nous a semblé que notre premier devoir était de respecter scrupuleusement la pensée de l’auteur, et nous avons voulu surtout que notre version eût toute l’exactitude possible.

Edmond Barbier

TABLE



Pages
Notice historique sur les progrès de l’opinion relativement à l’origine des espèces avant la publication de la première édition anglaise du présent ouvrage XI
Introduction 1
CHAPITRE I.
De la variation des espèces à l’état domestique.
7
Causes de la variabilité. — Effets des habitudes. — Effets de l’usage ou du non-usage des parties. — Variation par corrélation. — Hérédité. — Caractères des variétés domestiques. — Difficulté de distinguer les variétés et les espèces. — Nos variétés domestiques descendent d’une ou de plusieurs espèces. — Pigeons domestiques, leur origine et leurs différences. — La sélection applique depuis longtemps ses effets. — Sélection méthodique et inconsciente. — Origine inconnue de nos animaux domestiques. — Circonstances favorables à l’exercice de la sélection par l’homme.
CHAPITRE II.
De la variation à l’état de nature.
45
Variabilité. — Différences individuelles. — Espèces douteuses. — Les espèces ayant un habitat fort étendu, les espèces très répandues et les espèces communes sont celles qui varient le plus. — Dans chaque pays, les espèces appartenant aux genres qui contiennent beaucoup d’espèces varient plus fréquemment que celles appartenant aux genres qui contiennent peu d’espèces. — Beaucoup d’espèces appartenant aux genres qui contiennent un grand nombre d’espèces ressemblent à des variétés, en ce sens qu’elles sont alliées de très près, mais inégalement, les unes aux autres, et en ce qu’elles ont un habitat restreint.
CHAPITRE III.
La lutte pour l’existence.
66
Son influence sur la sélection naturelle. — Ce terme pris dans un sens figuré. — Progression géométrique de l’augmentation des individus. — Augmentation rapide des animaux et des plantes acclimatés. — Nature des obstacles qui empêchent cette augmentation. — Concurrence universelle. — Effets du climat. — Le grand nombre des individus devient une protection. — Rapports complexes entre tous les animaux et entre toutes les plantes. — La lutte pour l’existence est très acharnée entre les individus et les variétés de la même espèce, souvent aussi entre les espèces du même genre. — Les rapports d’organisme à organisme sont les plus importants de tous les rapports.
CHAPITRE IV.
La sélection naturelle ou la persistance du plus apte.
85
La sélection naturelle ; comparaison de son pouvoir avec le pouvoir sélectif de l’homme ; son influence sur les caractères a peu d’importance ; son influence à tous les âges et sur les deux sexes. — Sélection sexuelle. — De la généralité des croisements entre les individus de la même espèce. — Circonstances favorables ou défavorables à la sélection naturelle, telles que croisements, isolements, nombre des individus. — Action lente. — Extinction causée par la sélection naturelle. — Divergence des caractères dans ses rapports avec la diversité des habitants d’une région limitée et avec l’acclimatation. — Action de la sélection naturelle sur les descendants d’un type commun résultant de la divergence des caractères. — La sélection naturelle explique le groupement de tous les êtres organisés ; les progrès de l’organisme ; la persistance des formes inférieures ; la convergence des caractères ; la multiplication indéfinie des espèces. — Résumé.
CHAPITRE V.
Des lois de la variation.
144
Effets du changement des conditions. — Usage et non-usage des parties combinées avec la sélection naturelle ; organes du vol et de la vue. — Acclimatation. — Variations corrélatives. — Compensation et économie de croissance. — Fausses corrélations. — Les organismes inférieurs multiples et rudimentaires sont variables. — Les parties développées de façon extraordinaire sont très variables ; les caractères spécifiques sont plus variables que les caractères génériques ; les caractères sexuels secondaires sont très variables. — Les espèces du même genre varient d’une manière analogue. — Retour à des caractères depuis longtemps perdus. — Résumé.
CHAPITRE VI.
Difficultés soulevées contre l’hypothèse de la descendance avec modifications.
181
Difficultés que présente la théorie de la descendance avec modifications. — Manque ou rareté des variétés de transition. — Transitions dans les habitudes de la vie. — Habitudes différentes chez une même espèce. — Espèces ayant des habitudes entièrement différentes de celles de ses espèces voisines. — Organes de perfection extrême. — Mode de transition. — Cas difficiles. — Natura non facit saltum. — Organes peu importants. — Les organes ne sont pas absolument parfaits dans tous les cas. — La loi de l’unité de type et des conditions d’existence est comprise dans la théorie de la sélection naturelle.
CHAPITRE VII.
Objections diverses faites à la théorie de la sélection naturelle.
238
Longévité. — Les modifications ne sont pas nécessairement simultanées. — Modifications ne rendant en apparence aucun service direct. — Développement progressif. — Constance plus grande des caractères ayant la moindre importance fonctionnelle. — Prétendue incompétence de la sélection naturelle pour expliquer les phases premières de conformations utiles. — Causes qui s’opposent à l’acquisition de structures utiles au moyen de la sélection naturelle. — Degrés de conformation avec changement de fonctions. — Organes très différents chez les membres d’une même classe, provenant par développement d’une seule et même source. — Raisons pour refuser de croire à des modifications considérables et subites.
CHAPITRE VIII.
Instinct.
276
Les instincts peuvent se comparer aux habitudes, mais ils ont une origine différente. — Gradation des instincts. — Fourmis et pucerons. — Variabilité des instincts. — Instincts domestiques ; leur origine. — Instincts naturels du coucou, de l’autruche et des abeilles parasites. — Instinct esclavagiste des fourmis. — L’abeille ; son instinct constructeur. — Les changements d’instinct et de conformation ne sont pas nécessairement simultanés. — Difficultés de la théorie de la sélection naturelle appliquée aux instincts. — Insectes neutres ou stériles. — Résumé.
CHAPITRE IX.
Hybridité.
315
Distinction entre la stérilité des premiers croisements et celle des hybrides. — La stérilité est variable en degré, pas universelle, affectée par la consanguinité rapprochée, supprimée par la domestication. — Lois régissant la stérilité des hybrides. — La stérilité n’est pas une qualité spécial, mais dépend d’autres différences et n’est pas accumulée par la sélection naturelle. — Causes de la stérilité des hybrides et des premiers croisements. — Parallélisme entre les effets des changements dans les conditions d’existence et ceux du croisement. — Dimorphisme et trimorphisme. — La fécondité des variétés croisées et de leurs descendants métis n’est pas universelle. — Hybrides et métis comparés indépendamment de leur fécondité. — Résumé.
CHAPITRE X.
Insuffisance des documents géologiques.
354
De l’absence actuelle des variétés intermédiaires. — De la nature des variétés intermédiaires éteintes ; de leur nombre. — Du laps de temps écoulé, calculé d’après l’étendue des dénudations et des dépôts. — Du laps de temps estimé en années. — Pauvreté de nos collections paléontologiques. — Intermittence des formations géologiques. — De la dénudation des surfaces granitiques. — Absence des variétés intermédiaires dans une formation quelconque. — Apparition soudaine de groupes d’espèces. — De leur apparition soudaine dans les couches fossilifères les plus anciennes. — Ancienneté de la terre habitable.
CHAPITRE XI.
De la succession géologique des êtres organisés.
389
Apparition lente et successive des espèces nouvelles. — Leur différente vitesse de transformation. — Les espèces éteintes ne reparaissent plus. — Les groupes d’espèces, au point de vue de leur apparition et de leur disparition, obéissent aux mêmes règles générales que les espèces isolées. — Extinction. — Changements simultanés des formes organiques dans le monde entier. — Affinités des espèces éteintes soit entre elles, soit avec les espèces vivantes. — État de développement des formes anciennes. — Succession des mêmes types dans les mêmes zones. — Résumé de ce chapitre et du chapitre précédent.
CHAPITRE XII.
Distribution géographique.
424
Les différences dans les conditions physiques ne suffisent pas pour expliquer la distribution géographique actuelle. — Importance des barrières. — Affinités entre les productions d’un même continent. — Centres de création. — Dispersion provenant de modifications dans le climat, dans le niveau du sol et d’autres moyens accidentels. — Dispersion pendant la période glaciaire. — Périodes glaciaires alternantes dans l’hémisphère boréal et dans l’hémisphère austral.
CHAPITRE XIII.
Distribution géographique (suite).
461
Distribution des productions d’eau douce. — Sur les productions des îles océaniques. — Absence de batraciens et de mammifères terrestres. — Sur les rapports entre les habitants des îles et ceux du continent le plus voisin. — Sur la colonisation provenant de la source la plus rapprochée avec modifications ultérieures. — Résumé de ce chapitre et du chapitre précédent.
CHAPITRE XIV.
Affinités mutuelles des êtres organisés ; morphologie ; embryologie ; organes rudimentaires.
487
Classification ; groupes subordonnés à d’autres groupes. — Système naturel. — Les lois et les difficultés de la classification, expliquées par la théorie de la descendance avec modifications. — Classification des variétés. — Emploi de la généalogie dans la classification. — Caractères analogiques ou d’adaptation. — Affinités générales, complexes et divergentes. — L’extinction sépare et définit les groupes. — Morphologie, entre les membres d’une même classe et entre les parties d’un même individu. — Embryologie ; ses lois expliquées par des variations qui ne surgissent pas à un âge précoce et qui sont héréditaires à un âge correspondant. — Organes rudimentaires ; explication de leur origine. — Résumé.
CHAPITRE XV.
Récapitulation et conclusions.
542
Récapitulation des objections élevées contre la théorie de la sélection naturelle. — Récapitulation des faits généraux et particuliers qui lui sont favorables. — Causes de la croyance générale à l’immutabilité des espèces. — Jusqu’à quel point on peut étendre la théorie de la sélection naturelle. — Effets de son adoption sur l’étude de l’histoire naturelle. — Dernières remarques.
Glossaire des principaux termes scientifiques employés dans le présent volume. 577
Index 589