Page:Œuvres de Blaise Pascal, IV.djvu/45

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INTRODUCTION XXVII

posés à leur date les problèmes soulevés par les œuvres qu’il publie. Nous voudrions continuer cette tâche au seuil de cette dernière partie de notre édition, en suivant la parole de Herder, d’un si fort accent pascalien : Eclairer un écrivain par lui-même, c’est ce que l’honnête homme doit à l’honnête homme : Einen Schrifsteller aus sich selbst zu erklären ist die honestas jedem honesto schuldig 1 .

Dans cet esprit, nous nous proposons ici d’étudier brièvement les problèmes essentiels que soulève la vie de Pascal, depuis le Mémorial du 23 novembre 1654 jusqu’à sa mort; c’est-à-dire: l’origine et la signification de sa conversion définitive, — son attitude au temps des Provinciales, — son rôle dans le concours de la Roulette, — son dissentiment avec Port-Royal sur la signature du Formulaire, et la portée des déclarations que Beurrier, curé de Saint-Étienne-du-Mont, put recueillir au lit de mort de Pascal.


I. — LA CONVERSION DÉFINITIVE.

Le 23 novembre 1654, Pascal avait pris l’engagement de la renonciation totale et douce; il s’abstenait de poursuivre la rédaction de tous ces travaux dont l’énumération complaisante remplissait l’adresse qu’il écrivait, au cours de cette même année 1654, pour l’ Académie parisienne des Sciences (supra T. III, p. 305) ; il s’abstenait même de publier les traités mathématiques qui étaient déjà

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1. Cité par M. Emile Boutroux, dans la conclusion d’un mémoire dont nous nous sommes inspirés dans les pages précédentes : De l’objet et de la méthode dans l’histoire de la philosophie (Bibliothèque du Congrès international de philosophie tenu à Paris en 1900, 1902, p. 7).