Page:Œuvres de Blaise Pascal, IV.djvu/48

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XXX INTRODUCTION

parce qu’elle les domine, de les éclairer en les complétant l’un par l’autre, de même que le système augustinien de la grâce, aux yeux de Pascal, concilie dans une vue supérieure les interprétations partielles et les erreurs antagonistes de Calvin et de Molina.


II. — LES PROVINCIALES.

A. — L’Intervention de Pascal.

L’ Entretien avec M. de Saci, Ernest Havet en particulier l’a montré avec force, prélude aux Pensées. Il prépare aussi les Provinciales ; du moins explique-t-il à merveille quel paradoxe était l’intervention de Pascal dans un procès engagé depuis plusieurs années sur des matières de pure théologie et déjà plaidé devant les autorités de l’Église catholique, — comment l’heureuse singularité de ce paradoxe fit le succès immédiat de l’œuvre, et lui assura une portée durable.

La lutte entreprise par Saint-Cyran pour la rénovation de la vie religieuse en France est à la veille de se dénouer par la condamnation d’Arnauld. Contre la Sorbonne, tribunal dont la composition et la procédure étaient mal définies, il n’y a pas de recours à espérer : l’absence du cardinal de Retz a mis le désordre dans l’archevêché de Paris ; Rome, dont la juridiction sur l’Église gallicane est d’ailleurs sujette en plus d’une manière à restriction ou à discussion, est prévenue contre les défenseurs de Jansénius ; l’autorité royale n’est pas encore tout à fait affermie, et d’ailleurs l’influence de la reine mère, sinon de Mazarin, est acquise aux ennemis d’Arnauld. Pour sauver sa liberté, Port-Royal devra donc saisir d’office un tribunal nouveau, le monde ; il est superflu de montrer à nouveau