Page:Abadie - L’Angelus des sentes, 1901.djvu/35

La bibliothèque libre.
Aller à : Navigation, rechercher
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.




La Coupe


À Albert Fleury

 
Suivant un vol de colombes, tu l’as surprise
À l’heure où le baiser des matinales brises
Enivrait sa beauté d’une églogue d’oiseaux.
Son réveil ingénu se mirait dans les eaux.
Et tu sentais monter, en hymnes clairs, vers elle
Le frisselis de l’herbe et l’aveu des oiselles
Le battement des rocs de brume bleue noyés
Et la plainte des bois et des pics foudroyés
Et l’émerveillement de la montagne énorme ;
Puis, sous une avalanche d’aube, au bord des ormes