Page:Ades - Josipovici - Mirbeau - Le Livre de Goha le Simple.djvu/13

La bibliothèque libre.
Aller à : navigation, rechercher
Cette page a été validée par deux contributeurs.


notre amitié à une épreuve qui m’a détaché de tant d’amis ! La franchise n’est pas chez moi un principe. Elle est un mouvement de l’être qui domine toute préoccupation. On a dit que j’étais violent… Pourquoi n’a-t-on jamais voulu comprendre que je suis tout simplement sincère ? et pourquoi exiger mon admiration quand je ne puis donner que ma tendresse ?

Mon appréhension fut de courte durée… Pauvres êtres que nous sommes, nous tous qui ne voyons des choses que ce qu’il nous est impossible de ne point voir. J’avais aimé la profonde intelligence de Josipovici et Adès, le sain équilibre de leur jugement… Je m’applaudissais de leur amitié, de notre amitié… Et dans nos longs entretiens, pas une fois je ne me doutai qu’ils étaient en train d’achever une œuvre de génie.

Le Livre de Goha le Simple… Vous comprendrez mon émotion à la lecture de ces pages magnifiques, lorsque vous connaîtrez mon dégoût des livres durant les jours tragiques, sanglants, qui réclament notre être et plus que notre être. Quelques œuvres réalisent le miracle de fixer notre pensée malgré le tumulte des heures présentes : Gargantua et Don Quichotte, Jude l’Obscur, les chefs-d’œuvre de Stendhal, de Flaubert et de Tolstoï. Goha le