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I

LE CHEIK D’EL-AZHAR


Quand Cheik-el-Zaki sortit de l’Université, quelques hommes se précipitèrent à sa rencontre. C’étaient des boutiquiers du voisinage auxquels, après sa conférence quotidienne, le maître éminent enseignait les éléments de la lecture et de la calligraphie. Ce soir-là, il passa devant eux le visage morne et, d’un geste, les écarta. Ils s’étonnèrent de cette brusquerie, car le cheik avait toujours accueilli avec une douceur charitable leur ignorance et leur pauvreté.

La cour d’El-Azhar, quadrilatère immense bordé de trois cent quatre-vingts colonnes, formait avec le ciel, percé de minarets, un monde splendide et isolé. Douze mille étudiants venus du Maghreb, du Soudan, du Yémen, du Turkestan de l’Inde, de la Perse, s’abreuvaient à cette fontaine de sagesse, la plus pure de l’Islam. Ils