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II

LA MÉPRISE D’ALLAH

Cheik-el-Zaki ouvrit la fenêtre. Des lampes s’éclairaient bigarrant les murs de taches jaunes et grises. La foule se retirait dans les cafés, les salles de danse, les tabagies. Accroupis à côté de leur panier ou de leur âne, les marchands se reposaient en se contant des histoires gaies.

Seul de tous ses confrères, un restaurateur ambulant remontait la rue en quête d’un client. Il n’en avait pas encore rencontré, bien qu’à maintes reprises il eut parcouru le quartier. Dessous l’énorme plateau qu’il portait sur sa tête, montait par moments un appel :

— Envoie ! Envoie

— Eh ! que veux-tu qu’il t’envoie ? cria un marchand de friture occupé à ranger ses poêles. À force de tracasser Allah, tu vas te faire envoyer une grosse calamité sur la tête !