Page:Agoult - Histoire de la révolution de 1848, tome 1.djvu/19

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INTRODUCTION La vie des peuples, comme la vie même du globe où s’accomplissent leurs destinées, n’est qu’une per- pétuelle métamorphose. Sans s’arrêter jamais, cette puissance insaisissable que nous appelons la vie opère dans la société, comme elle le fait dans toute la nature, un travail simultané de formation et de dissolution, soumis, malgré les apparences fortuites qu’y produit l’intervention de la liberté humaine, à des lois mystérieuses au sein d’un ordre invariable. Crises violentes de la nature sociale, les révolutions ne font autre chose que précipiter tantôt le travail de dissolu- tion, c’est-à-dire la décadence d’un peuple, tantôt le travail de formation, c’est-à-dire le progrès de ce même peuple dans la civilisation qui lui est propre.