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L’abbé Jérôme Coignard. 35

à ses réflexions, après un siècle et demi, quelque prix et une certaine utilité. Nous y pouvons apprendre à mieux connaître nos propres mœurs et à démêler le mal qui s’y trouve.

Les injustices, les sottises et les cruautés ne frappent pas quand elles sont communes. Nous voyons celles de nos ancêtres et nous ne voyons pas les nôtres. Or, comme il n’est pas une seule époque, dans le passé, où l’homme ne nous paraisse absurde, inique, féroce, il serait miraculeux que notre siècle eût, par spécial privilège, dépouillé toute bêtise, toute malice et toute férocité. Les opinions de M. l’abbé Coignard nous aideraient à faire notre examen de conscience, si nous n’étions semblables à ces idoles dont les yeux ne voient point et les oreilles n’entendent point. Avec un peu de bonne foi et de désintéressement, nous verrions bien vite que nos codes sont encore un nid d’injustices, que nous gardons dans nos mœurs l’héréditaire dureté de l’avarice

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