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LES DIEUX ONT SOIF

Sans s’arrêter d’écrire :

— Et toi, citoyen, comment vas-tu ?

— Bien. Quoi de nouveau ?

— Rien, rien. Tu vois : tout est bien tranquille ici.

— Et la situation ?

— La situation est toujours la même.

La situation était effroyable. La plus belle armée de la République investie dans Mayence ; Valenciennes assiégée ; Fontenay pris par les Vendéens ; Lyon révolté ; les Cévennes insurgées, la frontière ouverte aux Espagnols ; les deux tiers des départements envahis ou soulevés ; Paris sous les canons autrichiens, sans argent, sans pain.

Fortuné Trubert écrivait tranquillement. Les sections étant chargées par arrêté de la Commune d’opérer la levée de douze mille hommes pour la Vendée, il rédigeait des instructions relatives à l’enrôlement et l’armement du contingent que le « Pont-Neuf », ci-devant « Henri IV », devait fournir. Tous les fusils de munition devaient être délivrés aux réquisitionnaires. La garde nationale de la section serait armée de fusils de chasse et de piques.

— Je t’apporte, dit Gamelin, l’état des cloches qui doivent être envoyées au Luxembourg pour être converties en canons.