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LI
INTRODUCTION

Le rondeau dramatique, que nous avons déjà rencontré à deux reprises sur notre chemin (p. xxxviii et xli), a fait l’objet d’une étude spéciale[1] ; il a cela de particulier qu’il possède un refrain toujours complet, qu’il est chanté non plus par un seul personnage, mais par plusieurs, et qu’enfin il comporte certaines répétitions de vers que nous ne trouvons pas dans le rondeau ordinaire.

Le rondeau-chanson, simplement appelé chanson dans les manuscrits et éditions de Charles d’Orléans[2], ne présente au premier abord aucune différence avec le rondeau littéraire ; mais il est facile de supposer par le titre même de chanson qui sert à le désigner, que nous sommes ici en présence d’une composition poétique, essentiellement destinée à être chantée, et qui tout en reproduisant la même forme littéraire que le rondeau proprement dit de cette époque, sert peut-être de trait d’union entre l’ancien rondeau d’Adam de la Halle et le rondeau musical actuel.


II. — BERGERETTES.

La bergerette est définie de la façon suivante par Pierre Fabri[3] : « Bergerette est en tout semblable à l’espèce de rondeau excepté que le couplet du mylieu est tout entier, et d’autre lisiere, et le peult l’on faire d’autre taille de plus ou moins de lignes que le premier baton ou semblable a luy». La bergerette est donc un ron-

  1. L. Müller, op. cit. ; voy. plus haut p. xxxviii, note 3.
  2. Éd. d’Héricault, t. II, p. 1-72.
  3. Op. cit., fol.xxxiv vo.